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Ressources en danger : le défi des carrières illégales au Liban

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Le rôle croissant des carrières dans la dégradation environnementale

Une industrie non régulée

Depuis des décennies, l’exploitation des carrières au Liban contribue à une dégradation alarmante de l’environnement. Ces sites, souvent exploités de manière illégale ou semi-légale, ont causé des dommages irréversibles aux écosystèmes, notamment par la destruction des montagnes, la pollution des sols et des eaux, et l’émission de poussières nocives. Selon Al Joumhouriyat (15 janvier 2025), plus de 75 % des carrières au Liban opèrent sans licence valide, ce qui reflète un manque criant de contrôle étatique.

Des impacts économiques et sociaux

Les carrières illégales ne causent pas seulement des dégâts environnementaux, elles ont également un impact social et économique. Ces exploitations favorisent un marché parallèle échappant à tout contrôle fiscal, privant l’État de revenus considérables. Par ailleurs, les communautés locales subissent des nuisances importantes, comme le bruit, la pollution et l’érosion des terres agricoles, ce qui compromet leur qualité de vie.

Les acteurs impliqués et leurs responsabilités

Les propriétaires influents des carrières

Derrière l’exploitation des carrières illégales se cachent souvent des acteurs influents, bénéficiant de réseaux politiques solides. Parmi les propriétaires identifiés dans Al Akhbar (15 janvier 2025) figurent des entreprises dirigées par des figures politiques ou des familles influentes, telles que :

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Indicateurs économiques du Liban

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  • La famille Makhzoumi, active dans le domaine de la construction et des matériaux.
  • L’entreprise Harb Excavation, connue pour opérer dans la région de Kesrouan sans permis.
  • Groupes affiliés à Gebran Bassil, cités dans Al Quds (15 janvier 2025) pour leur implication présumée dans l’exploitation de carrières dans le nord du Liban. Ces connexions politiques compliquent toute tentative de régulation stricte, car les fermetures de carrières se heurtent à une forte résistance, y compris au sein des administrations locales.

Le rôle de l’État

L’inaction de l’État face à cette crise est un facteur clé. Bien que le Liban dispose d’une législation stricte sur l’exploitation des carrières, comme le décret 8803/2002, son application est largement inefficace. Les inspections sont rares et souvent biaisées par des interférences politiques. Selon Ad Diyar (15 janvier 2025), « l’État ne parvient pas à sanctionner les contrevenants en raison de l’influence des propriétaires sur les autorités locales ».

Les conséquences écologiques

Érosion et déforestation

Les carrières illégales contribuent à l’érosion des montagnes et à la perte de couverture forestière, des phénomènes qui accélèrent les glissements de terrain et augmentent les risques d’inondations. Ces destructions ont des conséquences durables sur les écosystèmes locaux, notamment la disparition de la faune et de la flore indigènes.

Pollution des sols et des eaux

Les activités des carrières engendrent une pollution significative des sols et des nappes phréatiques. Les résidus de l’exploitation minière se dispersent dans l’environnement, contaminant les sources d’eau utilisées par les communautés locales. Selon Nida’ Al Watan (15 janvier 2025), « les niveaux de pollution enregistrés dans certaines zones proches des carrières dépassent largement les normes internationales ».

Détails du plan national pour protéger les ressources naturelles

Objectifs et priorités

Le Liban doit mettre en place un plan national ambitieux pour protéger ses ressources naturelles. Les objectifs principaux incluent :

  • La cartographie des carrières existantes et illégales : Créer une base de données exhaustive sur leur emplacement, leur taille et leur impact.
  • La régularisation des carrières légales : Mettre à jour les permis d’exploitation et exiger des plans de gestion environnementale pour chaque site.
  • L’arrêt immédiat des carrières illégales : Imposer des sanctions sévères, incluant la saisie des équipements et des poursuites pénales pour les contrevenants.
  • La réhabilitation des sites dégradés : Lancer des programmes de reforestation et de restauration écologique pour atténuer les impacts environnementaux.
  • Le financement international : Mobiliser des fonds auprès des partenaires internationaux pour financer des projets de protection et de réhabilitation.

Surveillance et transparence

Un comité indépendant, composé de représentants de la société civile, d’experts environnementaux et de journalistes, pourrait être mis en place pour superviser l’application des mesures et garantir la transparence. Ce comité publierait des rapports périodiques pour informer le public de l’avancée des efforts de régulation.

Éducation et sensibilisation

Un volet éducatif serait essentiel pour informer les communautés locales des impacts environnementaux et les mobiliser contre les exploitations illégales. Selon Al Liwa’ (15 janvier 2025), « les campagnes de sensibilisation menées à l’échelle locale ont déjà conduit à la fermeture de plusieurs carrières non autorisées ».

Perspectives et autres développements possibles

Économie circulaire et nouvelles technologies

Pour réduire la dépendance aux carrières, le Liban pourrait investir dans des matériaux alternatifs et promouvoir le recyclage des déchets de construction. Cela nécessiterait des incitations pour les entreprises et un cadre légal clair.

Impacts régionaux

Les carrières libanaises affectent également les zones frontalières, notamment avec la Syrie. Un effort coordonné avec les pays voisins pourrait limiter les impacts environnementaux transfrontaliers et renforcer la coopération régionale.

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Newsdesk Libnanews
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