Le front libanais entre poussée terrestre israélienne et refus d’une négociation sous pression
Le thème dominant de la presse du 18 mars 2026 est celui d’une guerre qui change d’échelle et de nature. Dans Annahar du 18 mars 2026, dans Ad Diyar du 18 mars 2026, dans Al Joumhouria du 18 mars 2026 et dans Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026, le même constat revient sous des formulations différentes : le Liban n’est plus seulement dans une séquence de frappes et de ripostes, mais dans un moment où se combinent progression terrestre israélienne, pression politique sur Beyrouth et brouillage complet du calendrier diplomatique. Cette convergence éditoriale est importante, car elle ne vient pas d’un seul camp de presse. Elle traverse des journaux aux lignes distinctes, ce qui donne à cette lecture une force particulière.
Dans Al Joumhouria du 18 mars 2026, la une met d’emblée en avant une « bataille terrestre » qui s’intensifie au sud, avec l’idée que l’armée israélienne cherche à élargir la zone de défense avancée à la frontière. Le journal décrit une logique de fait accompli militaire destinée à peser ensuite sur le champ politique. Dans Ad Diyar du 18 mars 2026, la formule choisie est tout aussi nette : la guerre s’étend tandis que les efforts diplomatiques trébuchent. Le journal insiste sur la chute des « lignes rouges » et sur l’incapacité des médiations à freiner le rythme des opérations. Dans Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026, l’idée la plus frappante est que Tel-Aviv ne montre aucune volonté réelle de négocier avec Beyrouth et envisage même d’aller plus loin en remettant en cause l’accord de délimitation maritime. Dans Annahar du 18 mars 2026, l’accent est mis sur « l’État du Liban » pris entre chantage et escalade, signe que la crise ne touche plus seulement les zones frontalières, mais la souveraineté politique elle-même.
Cette lecture d’ensemble dessine une scène très précise. D’un côté, l’armée israélienne cherche à produire une nouvelle réalité sur le terrain. De l’autre, le Liban officiel tente de maintenir une ligne de refus face à une négociation menée sous la menace des bombardements et du mouvement des troupes. Ad Diyar du 18 mars 2026 rapporte ainsi que le Liban refuse des négociations « sous le feu » et s’interroge sur l’échec de l’initiative du président Joseph Aoun pour faire cesser la guerre. Le quotidien décrit un rapport de force dans lequel la diplomatie ne disparaît pas, mais se trouve reléguée derrière l’urgence sécuritaire et derrière l’effort d’imposer des conditions de discussion profondément déséquilibrées.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Ce point est confirmé par Al Joumhouria du 18 mars 2026. Le journal explique, en citant un diplomate occidental, que l’approche libanaise repose sur un processus indirect, via des médiateurs, qui commencerait par la stabilisation et pourrait ensuite aller vers des arrangements plus larges à la frontière, avec des garanties internationales. Mais le même article souligne qu’Israël refuse des engagements parallèles et privilégie une approche sécuritaire unilatérale. Ce détail est central. Il signifie que le différend ne porte pas seulement sur le contenu d’un éventuel compromis, mais sur l’ordre même des étapes. Beyrouth veut une désescalade d’abord. Israël paraît vouloir capitaliser d’abord sur la pression militaire.
Une diplomatie visible dans les discours, impuissante dans les faits
Plusieurs journaux décrivent une activité diplomatique dense mais peu efficace. Dans Ad Diyar du 18 mars 2026, les contacts internationaux sont présentés comme nombreux mais incapables de sauver ce qui peut encore l’être. Le journal insiste sur la perte de confiance envers Washington et sur le fait que les réunions et médiations ne produisent pas de frein réel à la montée des opérations. Dans Annahar du 18 mars 2026, la tonalité est similaire, avec un climat de négociation permanente mais sans issue claire. La diplomatie est partout dans les manchettes, mais elle ne fixe plus le rythme des événements.
Dans Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026, l’impasse prend une forme encore plus grave. Le journal met en avant l’idée qu’Israël ne veut pas véritablement ouvrir une négociation avec le Liban et réfléchit à l’abandon de l’accord sur la frontière maritime. Une telle hypothèse, même présentée comme une réflexion ou une menace, montre que le conflit déborde très largement la ligne terrestre du sud. Il touche aussi les arrangements acquis ces dernières années. Cela signifie que l’escalade actuelle n’efface pas seulement les équilibres militaires ; elle menace aussi les cadres juridiques et politiques qui avaient servi de soupape dans la période précédente.
Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, la logique dominante est celle d’une mobilisation officielle en faveur d’un arrêt des hostilités, sur fond d’inquiétude nationale et régionale. Même lorsque les formulations diffèrent, l’arrière-plan est le même : la diplomatie existe encore, mais elle se trouve humiliée par la vitesse du terrain. Les médiations suivent les événements au lieu de les contenir. Cela explique pourquoi une grande partie de la presse ne traite plus la diplomatie comme un chemin autonome vers une sortie de crise, mais comme un registre secondaire dans une séquence gouvernée par les armes.
Cette hiérarchie nouvelle entre le militaire et le politique ressort aussi dans la manière dont les journaux parlent des responsables libanais. Ad Diyar du 18 mars 2026 et Al Joumhouria du 18 mars 2026 montrent un pouvoir libanais qui tente de défendre un minimum de cohérence institutionnelle. Il ne veut ni capitulation symbolique ni négociation dictée par les bombes. Mais cette posture est fragilisée par le fait que les partenaires extérieurs n’imposent pas de cadre ferme à Israël. Dès lors, la question n’est plus seulement de savoir si une médiation est possible, mais si une médiation peut encore compter lorsqu’elle n’est pas adossée à une contrainte internationale claire.
La guerre dépasse le Liban et se raccorde directement à l’affrontement avec l’Iran
L’autre grand fait de une tient à l’imbrication totale entre le front libanais et la guerre plus large contre l’Iran. Dans Al Quds Al Arabi du 18 mars 2026, le président américain Donald Trump est décrit comme empêtré dans sa guerre contre l’Iran. Le journal insiste sur les hésitations occidentales, en particulier européennes, face à une implication plus directe dans le conflit et dans la sécurisation de la navigation à travers le détroit d’Ormuz. Dans Al Binaa du 18 mars 2026, le même sujet est traité sous un angle plus critique encore : les déclarations américaines sur la liberté de navigation sont lues comme l’aveu d’un échec à stabiliser cette route énergétique décisive. Dans Al Sharq du 18 mars 2026, la figure de Donald Trump est placée au centre, avec un discours qui le présente comme l’homme fort du moment régional et international.
Le croisement entre les deux théâtres, libanais et iranien, est constant. Ad Diyar du 18 mars 2026 met en avant de nouvelles frappes visant le sommet de l’appareil iranien. Al Quds Al Arabi du 18 mars 2026 consacre un développement au rôle d’Ali Larijani dans l’architecture du pouvoir iranien, montrant ainsi que les assassinats et tentatives d’élimination au sommet ne relèvent plus du simple épisode, mais d’une stratégie visant le cœur de la décision à Téhéran. Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 publie pour sa part des éléments qui montrent que les frappes iraniennes ne se limitent pas à un duel abstrait avec Washington ou Tel-Aviv, mais touchent aussi l’environnement régional, notamment les pays du Golfe.
Cette articulation modifie profondément la lecture du dossier libanais. Le Liban n’apparaît plus comme un front périphérique. Il devient l’une des surfaces où se manifeste un conflit régional beaucoup plus vaste. C’est ce qui explique le ton de plusieurs manchettes. Dans Al Akhbar du 18 mars 2026, l’expression de « guerre d’usure » menée contre l’Amérique, avec une résistance qui intensifie ses attaques, place clairement le Liban dans un cadre régional de confrontation prolongée. Dans Al Binaa du 18 mars 2026, la même logique est prolongée avec l’idée que le terrain reste le lieu décisif où se mesure le rapport de force réel, au-delà des déclarations occidentales.
Cette lecture entraîne une conséquence simple. Tant que l’affrontement américano-israélien avec l’Iran reste ouvert, toute désescalade purement libano-israélienne paraît incertaine. La presse du 18 mars 2026 présente donc le Liban comme un espace pris dans des calculs qui le dépassent. Le sud n’est pas seulement un front militaire. Il est aussi un message stratégique adressé à Téhéran, à Washington et aux capitales du Golfe.
Le Golfe et les routes de l’énergie deviennent une pièce majeure de la crise
Le troisième axe majeur de la une concerne le Golfe, les missiles, les drones et la circulation de l’énergie. Al Joumhouria du 18 mars 2026 affirme que les pays du Golfe sont entraînés dans la guerre et confrontés aux limites des garanties américaines. Le journal note le coût élevé des systèmes d’interception, leur rareté et la recherche de soutiens complémentaires auprès de plusieurs pays. Al Quds Al Arabi du 18 mars 2026 insiste sur le refus européen de s’engager dans une participation militaire plus directe dans la sécurisation du détroit d’Ormuz. Al Binaa du 18 mars 2026 met enfin en avant l’idée que la maîtrise de cette voie maritime conditionne l’équilibre énergétique mondial.
Ce déplacement du centre de gravité vers Ormuz est essentiel pour comprendre la tonalité générale de la presse. La guerre n’est plus racontée seulement comme une suite de bombardements et de positions diplomatiques. Elle est décrite comme une bataille sur les artères du commerce mondial. Dans Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026, les tirs qui touchent l’Arabie saoudite, le Koweït et Israël sont intégrés à un récit régional unique. Dans Al Quds Al Arabi du 18 mars 2026, l’Europe est montrée comme inquiète mais réticente. Dans Al Binaa du 18 mars 2026, les propos américains sur la liberté de navigation sont relus à l’aune d’un rapport de force qui échappe à Washington.
Pour le Liban, cette évolution a une portée directe. Plus la guerre menace les routes énergétiques et les équilibres du Golfe, plus les calculs des puissances extérieures deviennent larges et moins le dossier libanais peut être isolé. Le pays risque alors d’être traité non comme une urgence nationale à part entière, mais comme un maillon parmi d’autres d’une crise beaucoup plus vaste. C’est ce que suggèrent, chacune à leur manière, Annahar du 18 mars 2026 et Al Liwa’ du 18 mars 2026, lorsqu’ils replacent l’épreuve libanaise dans un contexte régional dominé par l’incertitude et la surenchère.
Une scène intérieure dominée par l’attente, la pression et la crainte d’un basculement durable
La dernière leçon commune de cette une tient à l’état psychologique et politique du pays. Annahar du 18 mars 2026 parle d’un Liban placé entre escalade et chantage. Ad Diyar du 18 mars 2026 décrit un pays qui cherche une porte de sortie sans la trouver. Al Joumhouria du 18 mars 2026 montre une négociation sans équilibre. Al Akhbar du 18 mars 2026 parle d’une guerre d’usure et d’un processus gelé où la carte syrienne revient dans les calculs. Al Binaa du 18 mars 2026 fait du terrain la mesure ultime du conflit. Malgré leurs différences, ces journaux convergent sur un point : la crise n’est pas perçue comme un accès bref de violence, mais comme l’ouverture possible d’une séquence longue.
Cette perspective explique la gravité du vocabulaire employé. Il n’est plus seulement question de frappes, de médiations ou de pressions internationales. Il est question de durée, d’enlisement et de redéfinition des règles. Le front sud, les médiations infructueuses, la menace sur la frontière maritime, les frappes visant le sommet iranien et la vulnérabilité du Golfe forment un seul tableau. Dans ce tableau, le Liban reste au centre des dommages et pourtant à la marge de la décision.
La une du 18 mars 2026 peut donc se résumer ainsi à partir des journaux disponibles : la guerre avance plus vite que la diplomatie, Israël cherche à imposer des faits militaires avant tout cadre politique, le Liban officiel refuse d’entrer dans une négociation sous le feu, et l’embrasement régional, de l’Iran au détroit d’Ormuz, réduit encore l’autonomie du dossier libanais. Chez Annahar, Al Joumhouria, Ad Diyar, Al Liwa’, Al Arabi Al Jadid, Al Binaa, Al Quds Al Arabi, Al Akhbar et Al Sharq, cette lecture domine très nettement la hiérarchie de l’information du jour.
Politique locale : une autorité d’État qui tente de tenir la ligne entre initiative présidentielle, gestion gouvernementale et fractures internes
Une présidence qui recentre le discours sur l’État, l’armée et la souveraineté
La scène politique locale est dominée, dans la presse du 18 mars 2026, par l’effort du président Joseph Aoun pour imposer une ligne d’État au milieu de la guerre. Dans Al Joumhouria du 18 mars 2026, dans Al Sharq du 18 mars 2026, dans Ad Diyar du 18 mars 2026 et dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, le chef de l’État apparaît à la fois comme coordinateur institutionnel, relais diplomatique et porteur d’une initiative politique plus large. Le même message revient d’un journal à l’autre, avec des nuances de ton mais une base commune : la priorité affichée est l’arrêt de l’escalade, le rétablissement de l’autorité publique sur tout le territoire et la concentration des armes entre les mains des seules forces armées libanaises.
Dans Al Joumhouria du 18 mars 2026, Joseph Aoun rappelle que l’initiative qu’il a lancée vise à stopper l’escalade, à mettre fin aux actes hostiles, à étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du pays et à réserver les armes aux forces armées libanaises. La même logique est reprise dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, qui insiste sur le fait que le président maintient le Liban sur cette ligne, tout en demandant l’arrêt immédiat des attaques contre les villages et les habitants, ainsi que la protection de l’armée, présentée comme le dernier recours pour préserver la sécurité et la stabilité. Dans Al Sharq du 18 mars 2026, le président suit au plus près l’évolution sécuritaire et multiplie les contacts diplomatiques, ce qui montre qu’il cherche à ne pas dissocier l’action intérieure de la bataille extérieure.
Ce point est central sur le plan local. La présidence ne se contente pas de commenter les développements militaires. Elle essaie de reconstruire une hiérarchie politique. L’idée n’est plus seulement de défendre le pays contre l’agression. Il s’agit aussi de rappeler qu’en période de guerre, la survie de l’État passe par la cohérence de ses institutions. Dans Ad Diyar du 18 mars 2026, cette orientation est d’ailleurs replacée dans un cadre plus large, avec l’idée que le Liban refuse des négociations menées sous les bombes, mais tente malgré tout de maintenir un minimum de structure politique. Ce refus n’est donc pas présenté comme une posture abstraite. Il s’inscrit dans une volonté de défendre la dignité de l’État et son droit à ne pas négocier à partir d’une position de pure contrainte.
Cette ligne présidentielle a aussi une dimension symbolique. Lorsque Joseph Aoun échange avec le ministre de la Défense et le commandant de l’armée après la mort de militaires, comme le rapportent Al Joumhouria du 18 mars 2026 et Al Liwa’ du 18 mars 2026, il met au premier plan l’institution militaire comme colonne vertébrale de l’ordre national. Dans le contexte actuel, cela a une portée politique nette. Le message adressé à l’intérieur est que l’armée reste le socle commun à un pays profondément fragmenté. Le message adressé à l’extérieur est que l’État libanais entend encore parler en son nom propre.
Nawaf Salam et le gouvernement sous la pression de l’urgence sociale et sécuritaire
En parallèle, la presse du 18 mars 2026 montre un gouvernement absorbé par les conséquences immédiates de la guerre. Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026 et dans Al Sharq du 18 mars 2026, Nawaf Salam préside un réunion ministérielle quotidienne à la présidence du Conseil pour suivre les besoins des déplacés, répondre aux nécessités d’hébergement et d’aide, et faire le point sur la situation générale. Ce n’est pas un détail administratif. C’est l’un des signes les plus concrets de la manière dont la guerre redessine le travail du gouvernement, désormais centré sur la gestion d’urgence.
Dans Al Sharq du 18 mars 2026, la réunion permet aussi d’entendre un exposé du ministre de la Défense Michel Menassa sur les développements militaires dans le sud. Cela signifie que l’exécutif tente de garder un lien direct entre les données du terrain et les décisions civiles. Le gouvernement ne semble pas disposer d’une grande marge stratégique, mais il essaie de conserver une chaîne de décision formelle. Dans un pays souvent paralysé par la dispersion des centres de pouvoir, cette continuité institutionnelle constitue déjà un enjeu politique.
Le traitement de la question des déplacés confirme cette évolution. Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026 et Ad Diyar du 18 mars 2026, les autorités se présentent comme mobilisées pour gérer les retombées humaines du conflit. Les échanges de Joseph Aoun avec la ministre du Tourisme Laura Khazen autour de l’impact de la guerre sur le secteur et autour d’une initiative de distribution de repas aux déplacés illustrent un pouvoir qui cherche à articuler institutions publiques, syndicats et secteur privé. La politique locale n’est donc pas seulement faite de grandes déclarations sur la guerre ou la négociation. Elle passe aussi par des réponses très concrètes à la désorganisation de la vie quotidienne.
Ce recentrage sur l’urgence dit beaucoup sur l’état réel du pouvoir. La capacité de l’exécutif à transformer les équilibres politiques reste limitée. En revanche, sa capacité à montrer qu’il fonctionne encore devient un enjeu en soi. Dans la presse du 18 mars 2026, Nawaf Salam apparaît moins comme un chef de majorité que comme le responsable d’un appareil d’État tenu de rester opérationnel malgré la crise. Cette image revient dans plusieurs journaux et contribue à fixer la tonalité de la vie politique locale : un pouvoir de gestion, sous pression constante, qui doit en même temps afficher de la fermeté institutionnelle.
La question de la négociation ravive les lignes de fracture entre la présidence, Nabih Berri et le Hezbollah
Le dossier qui cristallise le plus les tensions internes est celui de la négociation avec Israël. Dans Annahar du 18 mars 2026, cette question prend une importance majeure. Le quotidien décrit les réserves de Nabih Berri à l’égard de la démarche présidentielle, notamment autour de la composition d’un éventuel groupe de négociation et du cadre même de la discussion. Le journal ne présente pas forcément cette divergence comme une rupture totale, mais comme un différend significatif sur la méthode, le calendrier et la représentation.
Dans Annahar du 18 mars 2026, l’argument constitutionnel est exposé avec précision. Le président de la République mène la négociation en vertu de l’article 52 de la Constitution, en accord avec le Premier ministre, avant un passage au Conseil des ministres puis au Parlement. Cette insistance sur la procédure n’est pas neutre. Elle cherche à refermer le débat sur la légitimité institutionnelle de l’initiative. En même temps, le même quotidien souligne que le dossier n’est pas encore arrivé formellement au Conseil des ministres, ce qui montre que le processus reste encore exploratoire et politiquement fragile.
Le même numéro d’Annahar du 18 mars 2026 explique aussi que le soutien de Nabih Berri à Joseph Aoun existe sur le fond de la responsabilité nationale, mais qu’il ne dissipe pas toutes les ambiguïtés sur la forme. Cela traduit un état classique de la politique libanaise : l’accord sur la nécessité d’éviter le pire ne suffit pas à produire une ligne unifiée. Chacun protège sa position, son rôle et sa capacité d’influence sur la suite.
Surtout, Annahar du 18 mars 2026 et Al Liwa’ du 18 mars 2026 montrent que le vrai nœud intérieur reste le Hezbollah. Le parti refuse l’idée d’une négociation directe telle qu’elle est formulée par la présidence, ou du moins n’adhère pas au chemin proposé. Dans Annahar du 18 mars 2026, cette opposition est formulée clairement : le Hezbollah ne considère pas que cette voie protège le pays et maintient une logique où le terrain militaire garde le dernier mot. Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, on retrouve la même idée à travers le refus d’ouvrir un dialogue direct avec l’ennemi avant un arrêt de l’agression.
Cette divergence pèse lourdement sur la politique locale. Elle signifie que le cœur du conflit intérieur ne se situe pas seulement entre institutions officielles. Il oppose aussi la logique étatique, qui cherche à organiser un processus politique, à une logique de résistance armée qui refuse de laisser la décision finale au seul cadre institutionnel. Dès lors, la politique locale se déploie dans une tension permanente entre légalité constitutionnelle, équilibre communautaire et rapport de force militaire.
Une volonté affichée de renforcer l’État, mais un pouvoir encore contraint par les équilibres du système
D’autres journaux prolongent cette lecture en insistant sur la volonté de renforcer l’autorité publique. Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, un commentaire souligne que le gouvernement poursuit l’application de décisions légales, en particulier sur l’exclusivité de la force publique et sur la protection des institutions. Le texte présente Nawaf Salam comme cible d’attaques politiques visant à le faire reculer, sans succès jusqu’ici. Même si le ton est plus engagé que dans d’autres quotidiens, cela éclaire une donnée importante : l’exécutif veut être perçu comme un pouvoir qui n’abandonne pas ses prérogatives.
Dans Ad Diyar du 18 mars 2026, le constat est plus prudent, mais il va dans le même sens lorsqu’il rappelle que le Liban reste un pays avec une autorité, un gouvernement et un Parlement, à la différence d’autres terrains de guerre régionaux. Là encore, la politique locale est décrite comme une bataille pour maintenir l’existence effective de l’État. Ce n’est pas encore la reconquête pleine de ses capacités. C’est d’abord la préservation de son architecture.
Cette logique se lit aussi dans les dossiers périphériques mais révélateurs. Dans Ad Diyar du 18 mars 2026, le cas sensible lié à un suspect retranché dans l’ambassade d’Ukraine est remonté du service de sécurité compétent vers le ministère de l’Intérieur puis vers le Conseil des ministres, avec la possibilité de mesures diplomatiques si nécessaire. Même chose pour le transfert de détenus syriens, encadré par les autorités judiciaires et sécuritaires. Ces exemples montrent que la politique locale n’est pas suspendue à la seule guerre. Elle continue aussi dans les marges, à travers la gestion de dossiers sécuritaires, consulaires et administratifs qui testent la capacité de l’État à agir encore selon des procédures.
Déplacés, éducation, services publics : la guerre ramène la politique locale au terrain social
La politique locale du 18 mars 2026 ne se résume pourtant ni au dossier de négociation ni aux rivalités entre pôles du pouvoir. Elle se joue aussi dans le champ social. Dans Annahar du 18 mars 2026, la ministre de l’Éducation Rima Karami impose aux écoles privées un dispositif d’enseignement à distance pour les élèves qui ne peuvent plus suivre normalement. Cette décision illustre la manière dont la guerre transforme les ministères en gestionnaires de continuité nationale. L’État ne promet pas une normalité intacte. Il cherche à éviter la rupture totale.
Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, le ministre de l’Économie Amer Bsat suit les prix sur les marchés et met l’accent sur la surveillance des denrées de base, des carburants et des produits locaux. Là encore, la politique locale prend la forme d’une administration de crise. Le pouvoir tente de contenir les effets sociaux de la guerre avant qu’ils ne se transforment en nouvelle déstabilisation politique.
Le cas des villages frontaliers donne à cette évolution une portée encore plus nette. Dans Al Sharq du 18 mars 2026, dans Ad Diyar du 18 mars 2026 et dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, Joseph Aoun reçoit une délégation de Alma Al Chaab. Les habitants y exposent les conditions de leur départ forcé, réaffirment leur attachement à leur localité et revendiquent leur retour. Le président exprime sa solidarité et reconnaît leur droit à revenir, sous réserve de garanties de sécurité. Ce type de séquence dit beaucoup sur la politique locale réelle. Elle se noue dans la rencontre entre l’État central et des communautés frappées directement par la guerre. Elle engage des questions de souveraineté, mais aussi de territoire, de présence humaine et de survie des périphéries.
Ainsi, la politique locale libanaise, telle que la décrivent Annahar, Al Joumhouria, Ad Diyar, Al Liwa’ et Al Sharq le 18 mars 2026, repose sur un équilibre instable. D’un côté, Joseph Aoun et Nawaf Salam tentent de réaffirmer l’État, son cadre constitutionnel, son armée et ses mécanismes civils. De l’autre, les clivages autour de la négociation, du rôle du Hezbollah, de la représentation politique et de la hiérarchie des décisions montrent que l’unité intérieure reste incomplète. Entre les deux, la guerre impose au pouvoir un agenda de survie : déplacés, écoles, sécurité, villages frontaliers, prix, administration. La politique locale n’est donc ni suspendue ni souveraine. Elle continue, mais sous contrainte, avec pour horizon immédiat moins la réforme que la tenue du pays.
Citation et discours des personnalités politiques : des paroles de fermeté institutionnelle, de refus stratégique et d’alarme nationale
Joseph Aoun tente d’imposer un langage d’État au milieu de la guerre
La presse du 18 mars 2026 montre que le président Joseph Aoun cherche à imposer un registre de parole centré sur l’État, la souveraineté et l’armée, dans un contexte où la parole politique est souvent débordée par le rythme militaire. Dans Al Joumhouria du 18 mars 2026, son initiative est résumée autour de quelques axes clairs : stopper l’escalade, mettre fin aux actes hostiles, étendre l’autorité de l’État sur tout le territoire et réserver les armes aux forces armées libanaises. Cette formulation est décisive, car elle ne se limite pas à demander une trêve. Elle tente de redéfinir le cadre du débat national en ramenant la question de la guerre à celle du monopole de la force légitime. Cette ligne est cohérente avec le débat institutionnel relevé par Annahar du 18 mars 2026, qui rappelle que, selon l’article 52 de la Constitution, c’est le président de la République qui conduit la négociation en accord avec le Premier ministre, avant validation gouvernementale puis parlementaire. Le même article cite Ghassan Salamé, qui souligne que « les guerres exigent des pourparlers sur les pourparlers » et que le pays reste encore dans cette phase exploratoire, ce qui traduit une volonté de temporiser sans renoncer au processus .
Cette parole présidentielle n’est pas seulement institutionnelle. Elle vise aussi à produire un effet psychologique intérieur. Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026 et dans Al Sharq du 18 mars 2026, Joseph Aoun suit heure par heure la situation sécuritaire, reçoit les responsables militaires et multiplie les contacts. La communication qui entoure ces gestes le présente comme le garant d’un minimum d’unité nationale. La fonction présidentielle tente ainsi de redevenir le lieu où se formulent des principes simples et intelligibles, dans un paysage saturé par les récits de guerre. La centralité accordée à l’armée entre aussi dans cette logique. Elle permet d’envoyer un message à plusieurs destinataires en même temps : aux Libanais, en rappelant qu’il existe encore une institution commune ; aux partenaires étrangers, en montrant que le Liban officiel ne renonce pas à se présenter comme interlocuteur ; aux acteurs armés internes, enfin, en réaffirmant que la légitimité ultime ne peut relever que de l’État.
Cette parole n’efface pourtant pas les limites du pouvoir. Annahar du 18 mars 2026 note que l’initiative présidentielle reste à ses débuts et qu’aucun processus complet n’a encore été mené jusqu’au Conseil des ministres . La prudence est visible dans les mots choisis. Le président ne parle pas comme un chef de camp qui promet un basculement rapide. Il parle comme un chef d’État qui tente d’ouvrir un chemin politique sans pouvoir garantir qu’il aboutira. C’est précisément ce décalage entre l’ambition de la parole et la faiblesse des moyens qui fait de ses déclarations un élément central de la séquence actuelle. Elles ne règlent pas la crise, mais elles dessinent le cadre dans lequel une partie du pouvoir voudrait la contenir.
Ghassan Salamé et l’argument constitutionnel comme réponse au désordre politique
Parmi les voix les plus remarquées de la journée, celle de Ghassan Salamé occupe une place singulière. Dans Annahar du 18 mars 2026, il formule une lecture très structurée du moment politique. Il rappelle que le parcours constitutionnel de toute négociation est clair et « ne supporte pas l’improvisation », puisque le président de la République mène la négociation en accord avec le Premier ministre, avant passage par le Conseil des ministres et le Parlement . Ce rappel n’est pas une précision technique. Il s’agit d’une intervention politique en soi. Dans un contexte où les prises de parole sont souvent dominées par l’émotion, la peur ou la logique de camp, Salamé réintroduit l’idée que la sortie de crise doit rester encadrée par la légalité institutionnelle.
Le même passage cité par Annahar du 18 mars 2026 ajoute un autre élément important. Ghassan Salamé critique « le profond glissement vers le confessionnalisme qui étouffe les compétences et entrave l’État », tout en reconnaissant que le réalisme politique impose une représentation chiite dans tout éventuel processus . Son discours est donc double. D’un côté, il dénonce la logique confessionnelle qui a fragilisé l’État. De l’autre, il admet qu’aucune mécanique politique crédible ne peut ignorer les équilibres effectifs du pays. Cette tension entre norme institutionnelle et réalisme communautaire résume très bien le nœud de la politique libanaise actuelle.
Toujours dans Annahar du 18 mars 2026, Salamé souligne que les guerres demandent d’abord des « pourparlers sur les pourparlers » et que le pays n’a pas encore dépassé ce stade . Cette formule est importante car elle tempère les attentes et refuse les raccourcis. Elle signifie que l’essentiel, à ce stade, n’est pas de proclamer une négociation imminente ou un accord proche, mais de construire un cadre, une méthode et des garanties minimales. À travers cette parole, la politique redevient un travail de procédure et de séquençage. Cela tranche avec les discours plus tranchés, plus offensifs ou plus alarmistes qui circulent ailleurs dans la presse du jour.
Nabih Berri, entre appui national et résistance silencieuse à la méthode présidentielle
La parole de Nabih Berri n’apparaît pas toujours sous forme d’entretien direct, mais plusieurs journaux font ressortir sa position et son style. Dans Annahar du 18 mars 2026, il est présenté comme maintenant un refus « doux » ou implicite de la démarche présidentielle concernant la formation d’un éventuel groupe de négociation. Le quotidien explique qu’il s’accroche à la formule du « mécanisme » née après la guerre précédente et qu’il n’adhère pas à l’idée d’un dispositif nouveau tel qu’il se dessine autour de la présidence . Sa parole, ou sa manière de faire savoir sa position, ne prend donc pas la forme d’une rupture frontale. Elle relève plutôt de la réserve calculée, du rappel des précédents et de la défense d’une méthode connue.
Cette posture a une portée politique forte. Elle signifie que, même dans l’urgence, le président de la Chambre ne veut pas laisser se constituer un nouveau centre de gravité politique sans son aval. Son discours réel tient moins dans de grandes phrases publiques que dans cette capacité à bloquer, infléchir ou ralentir une dynamique. Dans le système libanais, cette manière d’intervenir vaut souvent autant qu’une déclaration officielle. La parole politique ne passe pas seulement par des mots ; elle passe aussi par la maîtrise des procédures et des équilibres de représentation.
Al Sharq du 18 mars 2026 donne de son côté un aperçu d’un autre registre de parole lié à Nabih Berri, lorsqu’il salue les « positions nationales sages » d’une personnalité disparue et met en avant son « rôle et son héritage politique » . Même dans ce cadre commémoratif, le vocabulaire employé dit quelque chose de son style politique : insistance sur la sagesse, sur la continuité, sur la place du legs politique. Cette rhétorique s’accorde avec sa prudence actuelle. Berri ne cherche pas à produire une phrase choc. Il veut rappeler qu’en temps de crise, l’autorité passe aussi par la mémoire des mécanismes, la stabilité des rôles et la gestion du temps politique.
Naim Kassem et la parole de la résistance comme refus d’un cadre imposé
Même lorsque ses citations directes apparaissent moins nettement dans les extraits disponibles, la ligne de Naim Kassem et du Hezbollah traverse plusieurs journaux du 18 mars 2026. Dans Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026, il est expliqué que le Liban officiel doit faire face à des demandes américaines et internationales visant à limiter les armes aux capacités militaires restreintes de l’armée libanaise, tandis que l’armée elle-même cherche à éviter une confrontation directe avec le parti pour ne pas rallumer les fractures internes . Ce passage éclaire indirectement le discours du Hezbollah. Sa parole s’inscrit contre cette tentative de réduction du champ armé au seul État, du moins tant que l’agression se poursuit et que le parti estime porter une fonction de dissuasion ou de riposte.
Dans Annahar du 18 mars 2026 et dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, la même idée revient sous une forme plus politique : le Hezbollah ne veut pas d’un chemin de négociation directe dans les termes proposés par l’initiative présidentielle. Cela dessine une parole de refus stratégique. Elle ne repose pas seulement sur une hostilité de principe à la négociation. Elle traduit la conviction que le rapport de force doit d’abord être fixé sur le terrain ou, au minimum, que l’arrêt de l’agression doit précéder toute architecture politique nouvelle. Le discours du parti, tel qu’il est restitué dans la presse, continue donc de faire primer le militaire sur l’institutionnel.
Cette ligne s’inscrit aussi dans une parole plus large de la presse qui lui est proche. Al Binaa du 18 mars 2026 et Al Akhbar du 18 mars 2026 mettent l’accent sur le terrain, l’usure, la poursuite des attaques contre les intérêts américains ou israéliens et la centralité du rapport de force régional. Même lorsque la citation directe de Naim Kassem n’est pas reproduite, l’univers lexical qui entoure son camp est clair : la souveraineté ne se protège pas par un arrangement précipité, mais par la capacité à tenir dans la confrontation. La parole politique y est moins une ouverture qu’une consolidation idéologique.
Samir Geagea choisit la parole de rupture et dramatise l’effondrement de l’État
À l’opposé de cette logique, Samir Geagea adopte dans Annahar du 18 mars 2026 une parole frontale et accusatrice. Il estime que « la plus grande victime de la guerre ouverte par le Hezbollah est l’État libanais », accusant le parti d’avoir ruiné les efforts de reconstruction nationale et la crédibilité du pays face au monde . La formule est forte car elle déplace le centre du débat. Il ne parle pas d’abord de pertes militaires ou de dégâts matériels. Il affirme que la cible principale, au sens politique, est l’État lui-même.
Dans le même passage, il ajoute que « ce qui se passe n’est qu’un début » et que le pays semble se diriger « vers le pire », en raison de l’ampleur possible des opérations israéliennes et des conséquences catastrophiques à venir . Cette parole s’inscrit dans une stratégie de dramatisation. Elle vise à convaincre qu’il ne s’agit plus d’un désaccord sur la gestion de la résistance, mais d’une menace existentielle sur la structure de l’État et sur l’avenir collectif du pays. Geagea franchit encore un pas lorsqu’il décrit le Hezbollah comme « une faction du corps des gardiens de la révolution iranienne », niant implicitement sa qualité d’acteur purement libanais . Cette phrase a une charge politique très élevée. Elle vise à délégitimer complètement la place du parti dans le système national.
Le même texte lui fait poser une question hautement polémique : les ministres du Hezbollah représentent-ils encore leur parti au sein du gouvernement après les décisions prises contre ses branches militaire et sécuritaire ? À travers cette interrogation, Geagea transforme la guerre en crise de cohérence gouvernementale. Son discours ne se limite donc pas à condamner le Hezbollah. Il cherche aussi à mettre l’exécutif face à ce qu’il présente comme une contradiction intenable. Enfin, tout en reconnaissant que Joseph Aoun déploie de grands efforts pour sauver le pays, il affirme que l’État a été privé de toute crédibilité. Sa parole mêle ainsi appui personnel au président et désespoir profond sur la capacité réelle des institutions à agir.
Entre condamnations officielles, langage diplomatique et fragmentation des voix
Au-delà des grandes figures nationales, d’autres paroles politiques ou officielles apparaissent dans la presse et complètent le tableau. Dans Annahar du 18 mars 2026, le ministère des Affaires étrangères libanais déclare : « Nous condamnons fermement le complot terroriste qui a visé la souveraineté de l’État du Koweït et sa sécurité, et nous rappelons la décision du gouvernement d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah » . Cette déclaration est importante à deux titres. D’abord, elle montre un langage officiel de solidarité étatique envers un pays du Golfe. Ensuite, elle réactive, de manière très explicite, la décision gouvernementale touchant le Hezbollah. Le langage diplomatique devient ici un langage de ligne politique intérieure.
Dans Al Sharq du 18 mars 2026, le ministre des Affaires étrangères Youssef Rajji reçoit son homologue algérien, le nouvel ambassadeur du Koweït et une délégation du Front souverain, cette dernière lui remettant un document demandant au gouvernement de rompre les relations diplomatiques avec l’Iran . Le journal ne dit pas que cette demande deviendra la ligne officielle de l’État, mais le simple fait qu’elle soit portée à ce niveau et relayée dans la presse montre combien le langage politique se radicalise. La guerre transforme les prises de position diplomatiques en tests d’alignement, et chaque mot pèse davantage qu’en période normale.
L’ensemble de ces discours dessine un paysage très fragmenté. Joseph Aoun parle l’État, l’armée et la souveraineté. Ghassan Salamé parle la Constitution, la méthode et le réalisme. Nabih Berri parle peu, mais agit par la réserve et le contrôle du mécanisme. Naim Kassem et son camp restent sur un registre de refus stratégique face à un cadre jugé imposé. Samir Geagea parle la rupture, l’alarme et la délégitimation du Hezbollah. Le ministère des Affaires étrangères parle enfin dans un registre de condamnation et de signal diplomatique. La presse du 18 mars 2026 montre ainsi que la crise n’oppose pas seulement des camps ; elle oppose aussi des langages politiques différents, presque incompatibles. Les uns tentent d’ordonner la réalité par l’institution. Les autres par le rapport de force. D’autres encore par la dénonciation de l’effondrement. Dans ce contraste, la parole politique libanaise apparaît moins comme un instrument de synthèse que comme le reflet direct d’un pays qui cherche encore son centre.
Diplomatie : une activité intense, un cadre encore flou, et une médiation freinée par les conditions israéliennes
Une présidence très active sur le front diplomatique, mais sans percée décisive
La diplomatie occupe une place majeure dans la presse du 18 mars 2026, non parce qu’elle aurait déjà produit une issue, mais parce qu’elle apparaît comme le seul espace où le Liban officiel tente encore de reprendre un peu d’initiative. Dans Ad Diyar du 18 mars 2026, Joseph Aoun est présenté comme suivant de près la situation sécuritaire tout en intensifiant ses contacts diplomatiques, avec un message clair : la poursuite des attaques constitue une violation flagrante du droit international . Cette formulation est importante. Elle montre que la présidence cherche à installer le conflit sur un terrain de légitimité internationale, afin de ne pas laisser la seule logique militaire dicter le cadre du moment.
Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, ce mouvement diplomatique apparaît également comme continu et multidirectionnel. Le journal indique que le « mouvement présidentiel » s’active dans plus d’une direction et que les positions exprimées depuis Baabda confirment l’initiative du président de la République . Ce point revient aussi dans Annahar du 18 mars 2026, où l’on apprend que Joseph Aoun a reçu des signaux encourageants de l’extérieur et de l’intérieur, sa démarche bénéficiant d’un accueil favorable de la part des Américains, des Européens et en particulier des Français, ce que lui a directement confirmé Emmanuel Macron . La diplomatie française ressort donc comme l’un des canaux les plus actifs et les plus structurants dans cette phase.
Pour autant, aucun journal ne présente ces efforts comme une percée acquise. Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 rapporte qu’une source officielle libanaise a indiqué à l’Agence France-Presse que l’initiative de Joseph Aoun pour ouvrir des négociations directes reste sur la table et a été bien accueillie par plusieurs pays européens, mais que Beyrouth attend toujours un engagement israélien en faveur d’un cessez-le-feu ou au moins d’une trêve préalable . Cette précision résume à elle seule l’état réel de la diplomatie libanaise : elle existe, elle est visible, elle reçoit des marques de soutien, mais elle bute toujours sur l’absence d’un point d’entrée concret.
Le cœur du blocage diplomatique reste le refus d’Israël de lier le politique à un arrêt du feu
La presse du 18 mars 2026 converge sur un même diagnostic : l’obstacle principal n’est pas l’absence totale de canaux, mais le fait qu’Israël refuse de faire du cessez-le-feu le préalable à une dynamique politique. Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, des messages diplomatiques reçus par le Liban indiquent qu’Israël ne compte pas arrêter sa guerre contre le Liban et contre le Hezbollah, même en cas de trêve avec l’Iran, car la menace posée par le parti resterait, selon cette lecture, entière . Cette donnée est centrale, car elle montre que le front libanais n’est pas traité comme une simple dépendance du front irano-américain. Il est considéré par Israël comme un dossier autonome, ce qui durcit encore la négociation.
Ad Diyar du 18 mars 2026 va dans le même sens. Le journal rapporte, selon une source politique informée, que les contacts existent bien pour ouvrir des pourparlers, mais qu’il n’existe jusqu’à présent « aucun signe d’espoir », car Israël impose des conditions jugées impossibles et refuse à la fois le cessez-le-feu et le retrait des positions occupées dans le sud . Le quotidien résume ensuite la logique israélienne comme celle d’une « négociation sous le feu », rejetée fermement par le Liban . Cette formule est devenue l’un des marqueurs diplomatiques du jour. Elle traduit à la fois une méthode israélienne et une ligne rouge libanaise.
Al Liwa’ du 18 mars 2026 confirme ce point avec une autre formulation. Le journal explique que la position de l’État libanais consiste à demander d’abord l’arrêt de l’agression et l’établissement d’une trêve militaire, avant toute ouverture de négociation . La diplomatie libanaise ne refuse donc pas en bloc l’idée de pourparlers. Elle refuse un séquençage où la pression des armes définirait le contenu même de la discussion. Là se situe le vrai désaccord. Beyrouth réclame d’abord une désescalade. Israël semble vouloir négocier en capitalisant sur la supériorité du moment.
Cette divergence explique pourquoi les canaux diplomatiques sont si actifs en apparence et si faibles en résultat. Les médiateurs peuvent transmettre des idées, mesurer les dispositions, tester des hypothèses. Mais tant que les deux parties ne s’accordent pas sur l’ordre des étapes, la médiation reste suspendue. La diplomatie travaille alors non à un accord, mais à la définition même du terrain sur lequel un accord pourrait un jour être discuté.
La France tente de préparer le terrain, sans pouvoir encore imposer le rythme
Parmi les acteurs extérieurs, la France apparaît comme le pays le plus engagé dans la préparation d’un cadre diplomatique. Dans Al Liwa’ du 18 mars 2026, des sources diplomatiques occidentales expliquent que le mouvement français se poursuit « au plus haut niveau » afin de relancer une dynamique diplomatique après l’escalade militaire et de préparer le terrain à des négociations entre le Liban et Israël, afin de ne pas partir de zéro lorsque la situation sécuritaire se calmera . Cette précision mérite attention. Elle montre que Paris ne se fait pas d’illusion sur l’imminence d’un accord, mais veut éviter qu’une éventuelle fenêtre future s’ouvre dans le vide.
Le même passage d’Al Liwa’ du 18 mars 2026 ajoute que les propositions françaises servent aussi à prendre le pouls des différentes parties et à mesurer leur disposition à discuter ou au moins à examiner les idées mises sur la table . Cette diplomatie est donc préparatoire, exploratoire, presque technique. Elle cherche moins à arracher une annonce qu’à conserver un capital de méthode. Dans une période dominée par la violence, c’est déjà une forme de présence politique.
Annahar du 18 mars 2026 renforce cette lecture en indiquant qu’Emmanuel Macron a directement fait savoir à Joseph Aoun que son initiative bénéficiait d’un accueil français favorable . Ce soutien n’est pas anecdotique. Il inscrit la France dans un rôle de parrain politique d’une approche graduelle : d’abord le cessez-le-feu, ensuite le travail sur les autres points, notamment le déploiement de l’armée et la question des armes illégales. Cependant, aucun journal ne laisse entendre que Paris serait aujourd’hui en mesure d’imposer ce schéma à Israël. La diplomatie française est active, mais elle ne gouverne pas le tempo du conflit.
Cette limite explique la tonalité prudente des journaux. La France peut garder vivante une architecture possible. Elle peut dialoguer avec les capitales occidentales, avec Beyrouth et sans doute avec d’autres médiateurs. Mais elle ne peut pas, seule, renverser l’asymétrie entre un Liban qui cherche un cadre protecteur et un Israël qui entend tirer parti de sa position militaire.
Entre Baabda et Aïn el-Tiné, la diplomatie libanaise cherche une ligne commune sans effacer les nuances
La diplomatie libanaise ne se joue pas seulement entre le Liban et l’étranger. Elle se joue aussi à l’intérieur, dans la capacité des institutions à parler d’une même voix. Ad Diyar du 18 mars 2026 note que la ligne Baabda–Aïn el-Tiné reste très active, avec des envoyés qui discutent de l’initiative présidentielle, de l’accord de Nabih Berri sur celle-ci et de la désignation du membre chiite d’un éventuel groupe de négociation, alors même que la composition de la délégation n’est pas encore achevée . Cela signifie que la diplomatie extérieure dépend aussi d’un réglage intérieur encore incomplet.
Annahar du 18 mars 2026 insiste également sur ce point. Le quotidien explique que, si la présidence reçoit des encouragements, le retour à la commission dite du « mécanisme » reste une option forte, à laquelle Nabih Berri demeure attaché . Plus loin, le journal précise que Berri soutient les démarches de Joseph Aoun dans une logique de responsabilité nationale, tout en restant attentif à la méthode et à l’avenir du sud . La diplomatie libanaise officielle n’est donc pas fracturée, mais elle demeure traversée par des nuances réelles sur le cadre le plus légitime et le plus utile.
Al Liwa’ du 18 mars 2026 donne à cette ligne une formulation plus tranchée encore en résumant la position de Nabih Berri autour de trois refus : pas de négociation sous le feu, pas de négociation avant l’arrêt de l’agression, pas de négociation avant le retour des déplacés dans leurs villages . Cette doctrine joue un rôle diplomatique évident. Elle fixe des seuils de recevabilité et empêche qu’une initiative extérieure puisse être acceptée au prix d’une concession politique jugée humiliante.
La difficulté est que cette ligne, bien qu’elle soit cohérente sur le plan national, réduit aussi la souplesse des médiateurs. Ceux-ci ne peuvent pas avancer s’ils ne disposent pas d’un minimum de réciprocité en face. Or la presse du jour montre que cette réciprocité manque toujours. La diplomatie libanaise apparaît ainsi comme une diplomatie de principe solide, mais dépendante d’un contexte stratégique qu’elle ne maîtrise pas.
Ambassadeurs, visites officielles et signaux régionaux : la diplomatie du quotidien continue malgré la guerre
En parallèle des grands dossiers de cessez-le-feu et de négociation, plusieurs journaux montrent que la diplomatie quotidienne continue de fonctionner. Dans Al Sharq du 18 mars 2026, le ministre des Affaires étrangères Youssef Rajji reçoit son homologue algérien, le nouvel ambassadeur du Koweït, ainsi qu’une délégation du Front souverain, qui lui remet un document demandant au gouvernement de rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran . Cette séquence est révélatrice de plusieurs niveaux diplomatiques à la fois. Elle montre d’abord la continuité des contacts bilatéraux. Elle montre ensuite que le Liban reste traversé par des demandes de repositionnement régional radical. Enfin, elle indique que le ministère des Affaires étrangères devient lui aussi un lieu où se rejouent les clivages stratégiques internes.
Dans Annahar du 18 mars 2026, la diplomatie vers le Golfe est également mise en avant à travers la condamnation officielle du complot visant le Koweït et le rappel de la décision gouvernementale interdisant les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah . Là encore, la diplomatie n’est pas seulement externe. Elle sert aussi à envoyer des signaux politiques intérieurs et à rassurer des partenaires arabes inquiets. Le langage diplomatique devient un outil de clarification régionale.
Al Akhbar du 18 mars 2026 apporte une autre facette de cette scène avec l’arrivée du nouvel ambassadeur d’Iran, qui affirme travailler à relier le Liban à tout accord de cessez-le-feu futur, tandis que le journal évoque les menaces israéliennes contre l’ambassade iranienne à Beyrouth et le fait que celle-ci n’entend pas quitter ses locaux malgré ces menaces . Cette présence diplomatique iranienne, très exposée, rappelle que Beyrouth reste une capitale de première ligne dans l’affrontement régional. Elle donne aussi la mesure du caractère inflammable du moment : même les enceintes diplomatiques peuvent être happées par la logique de guerre.
Une diplomatie omniprésente, mais encore condamnée à accompagner la crise plus qu’à la résoudre
L’image générale qui ressort de la presse du 18 mars 2026 est celle d’une diplomatie dense, mobile, très sollicitée, mais encore dominée par les logiques du terrain. Joseph Aoun a des contacts, reçoit des appuis, notamment de la France et de partenaires occidentaux . Le gouvernement et la présidence tentent de fixer une doctrine claire : pas de discussion sérieuse sans cessez-le-feu ou trêve préalable . Nabih Berri ajoute à cette ligne ses propres garde-fous politiques et humains, en liant toute avancée au retour des habitants déplacés . La France prépare des scénarios pour ne pas repartir de zéro lorsque le moment viendra . Les ministres et ambassadeurs poursuivent leurs échanges. Pourtant, tout cela reste suspendu à une condition extérieure essentielle : la volonté ou non d’Israël de cesser de négocier à partir du feu.
La diplomatie libanaise du 18 mars 2026 n’est donc ni vide ni marginale. Elle existe pleinement. Elle produit des principes, des contacts, des canaux et des soutiens. Mais elle reste, pour l’instant, une diplomatie de contention plutôt qu’une diplomatie de règlement. Elle empêche l’effacement complet du politique, sans parvenir encore à lui rendre le contrôle.
Politique internationale : l’affrontement entre Washington, Tel-Aviv, Téhéran et les puissances régionales redessine tout l’équilibre du Proche-Orient
Donald Trump place la confrontation avec l’Iran au centre de l’agenda international
Dans les journaux du 18 mars 2026, la politique internationale est dominée par une idée simple : la guerre n’est plus seulement un affrontement bilatéral entre Israël et l’Iran, ni même une extension de la crise libanaise. Elle devient un test global pour l’ordre régional, pour les alliances occidentales et pour la sécurité énergétique mondiale. Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 fait de Donald Trump la figure centrale de cette phase, en expliquant qu’il cherche à transformer le détroit d’Ormuz en nouveau théâtre majeur du conflit, en appelant les pays affectés par sa fermeture à prendre eux-mêmes en charge sa protection, avec une aide américaine . Le journal insiste sur le fait que cette stratégie revient à élargir le conflit à d’autres États, au lieu de le contenir.
Dans Al Sharq du 18 mars 2026, Donald Trump apparaît aussi comme l’homme qui refuse de se laisser enfermer dans les mises en garde de ses propres soutiens ou conseillers. Le journal rapporte qu’il a affirmé qu’Israël n’utiliserait pas l’arme nucléaire contre l’Iran, en réponse à des avertissements lancés par l’un de ses proches sur le risque d’une escalade vers ce niveau extrême . Cette déclaration a un double effet. D’un côté, elle cherche à calmer l’idée d’un basculement incontrôlable. De l’autre, elle confirme que ce scénario est désormais évoqué publiquement, ce qui suffit à mesurer la gravité du moment.
Ad Diyar du 18 mars 2026 ajoute un autre élément de taille. Le journal rapporte que Donald Trump a affirmé que les États-Unis n’avaient plus besoin du soutien de l’Alliance atlantique dans cette guerre et a critiqué les pays du bloc pour leur refus d’intervenir militairement contre l’Iran, malgré leur opposition au programme nucléaire iranien . Cette position éclaire l’approche américaine du moment. Washington ne se contente plus de diriger une coalition classique. Il accepte de plus en plus ouvertement l’idée d’une guerre menée avec un noyau réduit de partenaires, voire d’une pression exercée sur les alliés pour qu’ils choisissent leur degré d’implication.
Cette centralité de Trump dans les journaux du jour signifie que la politique internationale est devenue fortement personnalisée. Le président américain ne parle pas seulement au nom d’un appareil d’État. Il imprime sa propre logique : pression maximale, demande d’alignement des alliés, langage brutal, et volonté de transformer les routes maritimes comme Ormuz en instruments de rapport de force. Cela explique pourquoi plusieurs titres voient en lui non seulement un acteur du conflit, mais celui qui en déplace le centre de gravité.
Les Européens et les alliés occidentaux hésitent à suivre Washington dans une guerre élargie
Face à cette stratégie américaine, la presse du 18 mars 2026 souligne surtout l’hésitation occidentale. Al Quds Al Arabi, dans les éléments déjà exploités dans les autres sections, insiste sur le refus européen de s’engager plus profondément dans la sécurisation d’Ormuz. Ad Diyar du 18 mars 2026 montre la même prudence sous un autre angle, à travers les critiques de Donald Trump contre les pays de l’Alliance atlantique, accusés de ne pas vouloir partager le coût militaire et politique d’une guerre contre l’Iran . Cette réticence occidentale est une donnée internationale majeure. Elle montre que, même lorsque les partenaires de Washington partagent des inquiétudes sur l’Iran, ils ne suivent pas automatiquement l’administration américaine dans une logique d’escalade.
Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 apporte une illustration concrète de cette gêne. Le journal indique que la Corée du Sud examine de près la demande formulée par Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d’Ormuz . Même si Séoul n’est pas un acteur européen, le signal est le même : les États associés aux circuits commerciaux et énergétiques mondiaux mesurent les conséquences d’un engagement maritime, mais ne s’y précipitent pas. La guerre voulue par Washington n’est pas encore devenue une guerre de coalition au sens classique.
Cette hésitation est politiquement très importante. Elle signifie que le camp occidental n’est pas uni sur la méthode, même s’il peut l’être sur certaines préoccupations de fond. Les journaux du 18 mars 2026 montrent ainsi un contraste marqué entre une Maison-Blanche qui pousse à l’internationalisation du conflit et des alliés qui craignent d’en payer le prix. La question n’est donc pas seulement de savoir qui soutient les États-Unis ou Israël. Elle est de savoir jusqu’où chacun est prêt à aller.
Dans ce contexte, la France se distingue par une diplomatie active sur le dossier libanais et régional, mais elle n’apparaît pas comme une puissance prête à épouser la ligne américaine de guerre ouverte. Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 rapporte qu’un cadre français a été évoqué pour mettre fin à la guerre au Liban, avec une logique de règlement qui viserait à empêcher une occupation israélienne prolongée du sud et à ouvrir une séquence politique plus large . Cela confirme l’existence d’une approche occidentale alternative, davantage tournée vers l’architecture de sortie de crise que vers l’élargissement militaire.
Téhéran affiche une ligne de refus et lie son affrontement à l’ensemble du théâtre régional
Du côté iranien, les journaux décrivent une ligne de fermeté et de refus des médiations qui ne répondraient pas à la logique de riposte. Al Sharq du 18 mars 2026 rapporte qu’un haut responsable iranien a indiqué que le guide suprême, Mojtaba Khamenei, avait rejeté des propositions transmises par deux États médiateurs pour réduire les tensions ou obtenir un cessez-le-feu avec les États-Unis, lors de sa première réunion consacrée à la politique étrangère . Le même responsable affirme que la position du guide sur la vengeance contre les États-Unis et Israël est « ferme et très sérieuse » .
Cette formule est révélatrice. Elle montre que, du point de vue iranien tel qu’il ressort dans la presse, l’heure n’est pas à la concession diplomatique rapide. Le pouvoir iranien veut afficher une capacité d’endurance et de représailles, non une disponibilité à geler le conflit à n’importe quel prix. Cela explique aussi pourquoi plusieurs quotidiens insistent sur les frappes visant le sommet de l’appareil iranien et sur la volonté israélo-américaine de toucher le centre nerveux de Téhéran. La politique internationale, ici, est faite d’un mélange de signaux militaires et de paroles de fermeté absolue.
Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 ajoute une autre dimension. Le journal rapporte que Donald Trump a menacé de frapper davantage l’île de Kharg, centre stratégique des exportations pétrolières iraniennes, allant jusqu’à employer un ton désinvolte et provocateur sur la possibilité de nouvelles frappes . Une telle menace touche au cœur économique du régime iranien. Elle signifie que la guerre ne vise pas seulement les capacités militaires, mais aussi les artères vitales de l’économie pétrolière. Dès lors, la réponse iranienne ne peut être lue seulement comme une logique militaire. Elle est aussi une réaction à une tentative d’asphyxie stratégique.
Cette dynamique place Téhéran au centre d’un affrontement qui dépasse son seul territoire. L’Iran n’est pas seulement attaqué. Il sert de point de jonction entre plusieurs espaces : le Golfe, l’Irak, la Syrie, le Liban, les routes maritimes et les marchés énergétiques mondiaux. C’est pourquoi la fermeté affichée par ses dirigeants a une portée régionale immédiate. Elle signifie que toute pression exercée sur l’Iran peut produire des répliques en chaîne sur plusieurs fronts.
Le Golfe, Ormuz et les routes de l’énergie deviennent l’autre capitale de la crise
L’un des faits les plus marquants dans les sources du 18 mars 2026 est le déplacement d’une partie de la crise vers le Golfe. Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 décrit très clairement la tentative de Donald Trump de faire du détroit d’Ormuz une zone de confrontation internationale, en demandant à d’autres pays de protéger eux-mêmes ce passage décisif pour les exportations pétrolières . Le journal note que cette approche pourrait entraîner de nombreux États dans la guerre, alors même qu’ils n’ont pas été consultés avant les frappes initiales .
Cet élément est capital pour la politique internationale. Il signifie que la guerre n’est plus seulement évaluée à travers le nombre de frappes ou la position des armées. Elle se mesure aussi à travers la sécurité des flux pétroliers, la liberté de navigation et la capacité des grandes puissances à rassurer les marchés. Quand Ormuz devient un enjeu militaire, le conflit cesse d’être strictement régional. Il touche directement l’économie mondiale.
Dans les autres quotidiens du corpus, cette inquiétude est relayée par des allusions répétées au coût des systèmes d’interception, à la vulnérabilité des États du Golfe et à l’incertitude sur les garanties américaines. Même lorsque les formulations diffèrent, la conclusion est identique : la guerre met à l’épreuve la promesse de protection américaine. Les alliés arabes de Washington découvrent que l’appui politique de la Maison-Blanche ne suffit pas toujours à garantir l’inviolabilité de leur espace stratégique.
Ainsi, la politique internationale du jour ne peut pas être réduite à un duel Trump-Khamenei ou Washington-Téhéran. Elle englobe aussi Riyad, Koweït, les routes maritimes, les assureurs, les partenaires asiatiques et les grandes puissances européennes. La crise produit un effet d’élargissement continu. Chaque acteur est renvoyé à sa propre dépendance énergétique et à sa propre capacité de défense.
La Syrie redevient un maillon essentiel entre le front iranien, le dossier libanais et les calculs américains
La Syrie revient également au centre du tableau international. Annahar du 18 mars 2026 évoque explicitement un « encouragement » américain à une intervention militaire syrienne à l’est . Même si cette formule appelle la prudence, elle signale que le territoire syrien n’est plus un simple arrière-plan du conflit. Il redevient un espace de projection, de transit et de pression stratégique. La guerre contre l’Iran remet la Syrie dans le calcul américain.
Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 va plus loin en expliquant qu’il est impossible, dans le calcul de la guerre contre l’Iran, d’ignorer l’importance du site syrien, et que des milieux proches du dossier évoquent un ensemble de règles posées par Ahmad al-Sharaa pour gérer la situation . Le journal ajoute que la situation au Liban est devenue une préoccupation quotidienne pour les autorités syriennes . Cette précision est décisive. Elle montre que Damas ne regarde pas le Liban comme un théâtre voisin parmi d’autres, mais comme un dossier directement lié à sa propre sécurité politique et territoriale.
La Syrie redevient donc un pivot pour plusieurs raisons. Elle se situe entre l’Irak, le Liban, Israël et la Turquie. Elle peut servir de couloir, de zone tampon ou de source d’instabilité supplémentaire. Elle est aussi l’un des espaces où se testent les nouvelles lignes de partage entre les États-Unis, l’Iran et les acteurs locaux. Dans ce cadre, les allusions d’Annahar et d’Al Arabi Al Jadid montrent que la politique internationale ne se joue pas uniquement dans les capitales classiques. Elle se joue aussi dans les zones de transit et dans les États fragilisés qui peuvent devenir des terrains de repositionnement.
Israël cherche à imposer de nouvelles réalités régionales, y compris au-delà du seul champ militaire
Enfin, plusieurs titres suggèrent qu’Israël ne raisonne pas seulement en termes de riposte immédiate, mais en termes de redéfinition durable des équilibres régionaux. Al Sharq du 18 mars 2026 relève des propos du chef de l’état-major israélien Eyal Zamir, selon lesquels la plupart des points litigieux sur la frontière avec le Liban auraient été réglés, avant d’évoquer même la possibilité de parler d’un accord de paix avec le Liban . Le commentaire du journal souligne aussitôt l’ambiguïté de telles paroles : s’agit-il d’un règlement réel ou d’une tentative d’imposer de « nouvelles frontières » par le fait accompli militaire ?
Cette lecture peut être élargie à l’ensemble du dossier régional. Israël ne cherche pas seulement à neutraliser des menaces. Il cherche à transformer les cadres du conflit. Cela vaut pour le Liban, pour le rapport à l’Iran, pour la présence américaine au Proche-Orient et pour l’acceptabilité d’une nouvelle carte régionale fondée sur la contrainte. La politique internationale du 18 mars 2026 apparaît donc comme une bataille sur les faits, mais aussi sur les normes.
À travers Annahar, Al Arabi Al Jadid, Al Sharq, Ad Diyar et les autres quotidiens du corpus, un constat s’impose : la scène internationale est entrée dans une phase où aucun acteur n’a encore imposé d’ordre stable, mais où tous tentent déjà d’écrire les règles de l’après. Washington pousse ses alliés à assumer davantage. L’Europe et plusieurs partenaires restent prudents. Téhéran refuse une désescalade sans rapport de force. La Syrie redevient un nœud stratégique. Le Golfe et Ormuz deviennent décisifs. Israël cherche à traduire ses gains militaires en réalités politiques durables. Le Liban, lui, est pris dans cette recomposition, sans pouvoir en maîtriser le cadre.
Économie : un pays déjà fragilisé par l’effondrement qui encaisse une nouvelle onde de choc entre prix, production, réformes et peur du blocage
Une économie déjà à terre avant la guerre, désormais exposée à une nouvelle dégradation rapide
Dans les journaux du 18 mars 2026, la section économique est dominée par une idée simple mais lourde : la guerre ne frappe pas une économie encore capable d’absorber un choc, mais un pays déjà épuisé par des années d’effondrement financier, monétaire et institutionnel. Ad Diyar du 18 mars 2026 rappelle que, selon les données de la Banque mondiale citées par le quotidien, le produit intérieur brut libanais a chuté de plus de 50 % depuis 2019 et que la livre libanaise a perdu plus de 95 % de sa valeur face au dollar. Le journal ne présente pas ces chiffres comme un rappel historique abstrait. Il les utilise pour montrer que la guerre actuelle vient se poser sur une structure déjà profondément affaiblie. L’économie libanaise ne glisse donc pas d’un état normal vers la crise. Elle passe d’une crise prolongée à une aggravation brutale.
Cette idée revient sous une autre forme dans Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026. Le journal rapporte la mise en garde de Mohammad Choucair, président des organismes économiques, qui évoque des « risques sérieux » pour l’économie nationale dans ses secteurs public et privé. Selon lui, le ralentissement des affaires touche la plupart des secteurs productifs et de services, tandis que l’administration publique est presque paralysée dans de larges zones du pays jusqu’à Beyrouth. Cette formulation est importante, car elle ne décrit pas seulement une baisse d’activité. Elle suggère une désorganisation générale de la machine économique. L’État ne peine pas seulement à réformer. Il peine aussi à fonctionner.
Dans Ad Diyar du 18 mars 2026 comme dans Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026, le constat est donc convergent. L’économie n’est pas confrontée à une simple perturbation conjoncturelle. Elle entre dans une phase où les mécanismes de survie mis en place depuis 2019 risquent d’être dépassés. L’effondrement bancaire, la dépréciation monétaire, la faiblesse de l’investissement, la fuite des compétences et la fragilité des services publics formaient déjà un socle d’instabilité. La guerre y ajoute désormais le risque d’interruption physique des flux, de fermeture d’activités, de déplacement de travailleurs, de destruction de stocks et de crise de confiance renforcée.
Ce point change la manière de lire les nouvelles économiques du jour. Il ne s’agit pas seulement d’observer une hausse des prix ou des pertes sectorielles. Il faut voir que chaque nouveau choc agit sur un organisme déjà exsangue. Dans ce cadre, la moindre tension sur les carburants, le transport ou les circuits d’approvisionnement a un effet plus rapide et plus profond qu’en temps normal. La presse du 18 mars 2026 le montre bien : l’économie libanaise n’a presque plus de marges de sécurité.
Le gouvernement cherche d’abord à contenir la flambée des prix et à empêcher une panique sur les biens de base
Dans cette situation, l’action économique immédiate du pouvoir se concentre sur les prix, les marchés et la disponibilité des produits essentiels. Al Sharq du 18 mars 2026 rapporte que le ministre de l’Économie Amer Bsat a présidé une réunion du Conseil national de la politique des prix pour suivre l’évolution des prix sur les marchés libanais dans les circonstances actuelles. Le journal explique que le ministère a mis en place un tableau de suivi direct pour surveiller la dynamique des prix en temps réel, en étudiant les produits les plus touchés, les facteurs internes et externes de hausse, ainsi que les marges de profit dans les différentes حلقات de distribution. Al Liwa’ du 18 mars 2026 relaie la même information en insistant sur les légumes, la viande, les denrées de base et l’effet de la hausse aiguë des carburants sur les productions locales.
Ce traitement est révélateur. Il montre que la politique économique du moment n’est pas une politique de relance ni de transformation. C’est une politique de surveillance, de limitation des dégâts et d’empêchement de la spéculation. Le ministère tente d’identifier rapidement les points de rupture : produits alimentaires, prix de détail, coûts de transport, comportements des commerçants et capacités des équipes de contrôle. Al Sharq du 18 mars 2026 souligne d’ailleurs que cette veille doit permettre de mieux orienter les inspections et d’intensifier les campagnes de contrôle sur les marchés.
Dans le même journal, Amer Bsat rassure aussi sur le stock alimentaire. Il affirme que la situation est « rassurante », que les denrées arrivent chaque jour par la Méditerranée et qu’il existe des réserves suffisantes. Sur le blé, il précise que le stock disponible couvre environ deux à trois mois, avec des cargaisons qui continuent d’arriver régulièrement, tandis que des approvisionnements supplémentaires par voie terrestre depuis l’Irak sont envisagés par précaution. Cette parole officielle cherche clairement à empêcher un mouvement de panique des consommateurs. En temps de guerre, la peur de la pénurie peut devenir un facteur économique à part entière. Le gouvernement tente donc d’éviter que les achats de stockage et les anticipations de rupture n’accélèrent la hausse des prix.
Al Sharq du 18 mars 2026 fournit aussi un autre exemple très concret des tensions sur les marchés. Des producteurs de pommes de terre dans le Akkar soutiennent la régulation des importations et demandent aux autorités de révéler les quantités stockées par certains commerçants, accusés de retenir des marchandises et d’augmenter les prix. Le journal indique que les ministères de l’Agriculture et de l’Économie ont déjà mis en évidence des abus et le « greed » de certains négociants, qui profiteraient des circonstances difficiles pour réduire l’offre et faire monter les prix. Cette séquence montre que la bataille économique du moment se joue aussi dans les entrepôts, les marges et les pratiques commerciales. La guerre devient un accélérateur de comportements opportunistes, et l’État tente de répondre par le contrôle.
La hausse des carburants menace la production locale, surtout l’industrie
L’un des fils rouges de la presse économique du 18 mars 2026 est l’impact des carburants sur les coûts de production. Ad Diyar du 18 mars 2026 publie un long développement sur la situation industrielle, avec les déclarations de Ziad Bekdache, vice-président de l’Association des industriels. Celui-ci explique qu’une hausse d’environ 30 % des prix des carburants aura un effet négatif sur l’ensemble des secteurs, en particulier sur l’industrie, où les coûts de production vont monter, ce qui entraînera une hausse des prix à la consommation. Il ajoute que, comme l’industrie fonctionne en chaîne et dépend aussi des producteurs locaux d’emballages et d’intrants, l’augmentation du coût peut aller de 2 à 35 % selon les segments, tandis que la hausse sur le consommateur peut atteindre entre 2 et 20 %, avec un impact plus fort sur les usines très intensives en énergie.
Ce passage est essentiel, car il donne une traduction précise du choc énergétique sur l’économie réelle. Le carburant n’affecte pas seulement le transport ou les générateurs. Il traverse toute la structure productive. Dans un pays où l’électricité publique est défaillante depuis longtemps, l’énergie privée pèse déjà lourd. Toute hausse supplémentaire devient donc un multiplicateur de coûts. Les industries ne disposent pas de filet. Elles absorbent si elles le peuvent, répercutent si elles le doivent, ou réduisent leur activité si elles n’ont plus d’autre choix.
Ad Diyar du 18 mars 2026 apporte aussi des éléments plus fins sur le fonctionnement des usines. Les usines situées dans les zones jugées non sûres, comme le sud, la banlieue sud de Beyrouth ou certaines zones de la Békaa, sont fermées depuis le début de la guerre. Dans les zones plus sûres, les usines continuent à fonctionner, mais sans atteindre leur capacité maximale, notamment parce qu’une partie des travailleurs a fui ses villages et ne peut plus rejoindre son lieu de travail. Le quotidien précise même que la capacité de production des usines encore en marche ne dépasse souvent pas 60 à 65 %. Cela permet de comprendre que le problème n’est pas seulement financier. Il est aussi territorial et humain. Le marché du travail, la mobilité et la sécurité deviennent des variables économiques immédiates.
Dans le même temps, Ad Diyar du 18 mars 2026 rappelle que l’industrie reste l’un des rares secteurs pouvant encore jouer un rôle de soutien. Le quotidien indique que le secteur regroupe plus de 3 000 entreprises, fournit plus de 250 000 emplois directs, représente environ 20 % du produit intérieur brut, et que les exportations industrielles ont atteint environ 2,5 milliards de dollars en 2024 vers 168 pays avec 780 produits. Cette lecture est importante. Elle signifie que, malgré l’effondrement général, l’industrie demeure une base matérielle de résilience. Mais cette résilience reste conditionnée à l’accès à l’énergie, à la stabilité logistique et à la continuité de la main-d’œuvre.
Les approvisionnements tiennent encore, mais l’exportation et la confiance sont les points les plus fragiles
La presse du 18 mars 2026 ne verse pas dans un catastrophisme uniforme. Plusieurs titres soulignent que les circuits d’approvisionnement tiennent encore, au moins pour l’instant. Ad Diyar du 18 mars 2026 insiste sur l’existence d’un stock industriel pouvant aller jusqu’à trois mois et affirme qu’il existe des alternatives au port de Beyrouth en cas de fermeture pour raisons sécuritaires, notamment le port de Tripoli ou des entrées via Tartous et Lattaquié. Le même journal estime qu’il n’y a pas, à ce stade, de crainte majeure pour la sécurité alimentaire et de consommation, et conteste l’idée selon laquelle 80 % de la consommation libanaise dépendrait directement des importations. En s’appuyant sur des données pour 2025, le quotidien avance que les importations tournaient autour de 21 milliards de dollars, mais qu’une fois retranchés certains postes comme les voitures, l’or, l’argent et le fioul, le chiffre pertinent pour la consommation courante serait plus proche de 11 milliards, alors que la production industrielle annuelle locale avoisinerait 10 milliards.
Ce raisonnement va dans le sens d’un discours de tenue plutôt que de rupture. Il vise à montrer que le Liban conserve encore une capacité de couverture locale non négligeable, surtout pour les biens de consommation et l’alimentaire. Ad Diyar du 18 mars 2026 rappelle d’ailleurs que pendant la guerre précédente et durant la pandémie de coronavirus, les usines libanaises avaient réussi à couvrir entre 80 et 90 % des besoins du marché en produits de consommation et alimentaires, grâce à l’ouverture de nouvelles usines et à l’ajout de nouvelles lignes de production.
Mais le même article souligne aussi le point de vulnérabilité principal : l’exportation. Pour l’importation, tant que le port fonctionne, le problème reste gérable. Pour l’exportation en revanche, les clients étrangers hésitent à passer de nouvelles commandes, faute de confiance dans la capacité libanaise à livrer dans les délais à cause de l’instabilité sécuritaire. Ce détail est crucial. Il montre que l’enjeu n’est pas seulement d’avoir des produits ou des matières premières. Il est aussi de conserver une réputation minimale de fiabilité. Or une économie en guerre perd rapidement cette crédibilité, même lorsque sa capacité matérielle n’a pas entièrement disparu.
Cette perte de confiance est l’un des mécanismes les plus nocifs pour une économie comme celle du Liban. Elle coupe des recettes en devises, décourage les réseaux commerciaux et pousse les acheteurs à se tourner vers des marchés jugés plus sûrs. Ainsi, même lorsque les ports restent ouverts et que les usines tiennent partiellement, le dommage économique peut être durable si les clients étrangers révisent leurs habitudes.
Banque du Liban, Fonds monétaire international et agenda des réformes : la technicité financière se poursuit malgré la guerre
À côté de la gestion d’urgence des prix et des stocks, plusieurs journaux montrent que l’agenda financier et monétaire n’est pas totalement suspendu. Al Liwa’ du 18 mars 2026, Al Sharq du 18 mars 2026 et Al Binaa du 18 mars 2026 rapportent que le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, s’est rendu en France avec ses vice-gouverneurs pour participer à des séances de travail de haut niveau organisées par la Banque du Liban, en présence de responsables du Fonds monétaire international chargés du dossier libanais, ainsi que des ministres des Finances Yassine Jaber et de l’Économie Amer Bsat. Selon le communiqué relayé par ces journaux, cette réunion de travail à Paris sert de préparation aux réunions de printemps du Fonds monétaire international prévues en avril, dans le but de faire avancer les discussions sur l’agenda des réformes financières et économiques au Liban.
Le contenu annoncé de ces discussions est significatif. Il porte sur les initiatives législatives, les réformes structurelles, les cadres réglementaires nécessaires au soutien de la stabilité financière et au renforcement de la reprise économique. Il doit aussi traiter des mesures de précaution que la Banque du Liban et le gouvernement devraient adopter dans les périodes d’instabilité économique et géopolitique, afin de préserver la stabilité monétaire et la solidité du système financier. Ce vocabulaire peut paraître très technique, mais il dit quelque chose d’essentiel. Malgré la guerre, le Liban officiel ne veut pas abandonner entièrement le fil des réformes.
Cela ne signifie pas que la percée soit proche. Les mêmes journaux ne donnent aucun signe de règlement rapide de la crise financière. Mais ils montrent qu’un travail institutionnel se poursuit, au moins au niveau des cadres, des échanges et des préparatifs. Ce maintien d’un agenda avec le Fonds monétaire international répond aussi à une nécessité politique. Le Liban doit prouver à ses interlocuteurs qu’il ne sort pas du champ des réformes même en période de guerre, faute de quoi toute perspective d’aide, de soutien ou de réhabilitation financière reculerait encore.
Cette dimension est importante pour comprendre la double temporalité de l’économie libanaise. À court terme, le pays gère les prix, les stocks, les carburants et la survie des secteurs. À moyen terme, il essaie de ne pas rompre complètement avec le processus plus lent des réformes monétaires, bancaires et législatives. La guerre oblige donc l’État à vivre sur deux plans à la fois : l’urgence sociale et le dossier financier structurel.
Une économie de survie, tenue par la surveillance des marchés, la résistance des secteurs productifs et l’espoir d’éviter la rupture
Au total, la presse du 18 mars 2026 dessine une économie libanaise qui ne fonctionne plus selon une logique de développement, mais selon une logique de tenue. Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 met l’accent sur la contraction brutale de l’activité, la paralysie administrative et les avertissements lancés par Mohammad Choucair. Ad Diyar du 18 mars 2026 insiste à la fois sur la gravité du cadre macroéconomique, sur la fragilité industrielle et sur la capacité de résistance du secteur productif. Al Sharq du 18 mars 2026 et Al Liwa’ du 18 mars 2026 montrent un État qui surveille les prix, rassure sur les stocks et tente de freiner les abus commerciaux. Les mêmes journaux, rejoints par Al Binaa du 18 mars 2026, soulignent enfin que Karim Souaid, Yassine Jaber et Amer Bsat maintiennent un canal de travail avec le Fonds monétaire international autour des réformes.
L’image générale est donc celle d’une économie prise entre trois contraintes. La première est l’héritage de l’effondrement depuis 2019, qui a vidé une grande partie des amortisseurs. La deuxième est la guerre, qui renchérit l’énergie, déplace les travailleurs, ferme des usines et fragilise la confiance. La troisième est l’obligation de continuer malgré tout à administrer le pays, contrôler les marchés, rassurer les ménages et dialoguer avec les bailleurs et les institutions financières.
Dans cet équilibre très précaire, le Liban n’apparaît ni comme un pays totalement paralysé ni comme un pays encore capable de rebondir rapidement. Il apparaît comme une économie de survie. Les prix sont surveillés, les stocks existent encore, l’industrie tient partiellement, les importations continuent, les exportations souffrent, les réformes restent sur la table. Mais tout dépend désormais de la durée de la guerre. Plus elle se prolonge, plus cette économie de tenue risque de basculer dans une économie de rupture.
Justice : des dossiers sensibles entre sécurité, détenus syriens et tensions diplomatiques latentes
La question des détenus syriens et des procédures judiciaires révèle les limites du système en temps de guerre
Dans les journaux du 18 mars 2026, la justice apparaît comme une fonction sous tension, prise entre impératifs sécuritaires, contraintes politiques et complexité administrative. Contrairement aux sections politiques dominées par les grandes orientations stratégiques, la rubrique judiciaire se construit autour de dossiers concrets qui révèlent les fragilités de l’appareil étatique.
Ad Diyar du 18 mars 2026 met en avant le dossier des détenus syriens, qui constitue l’un des sujets les plus sensibles. Le quotidien indique que la question de leur transfert vers la Syrie est encadrée par des procédures judiciaires précises, impliquant à la fois les autorités judiciaires libanaises et les services de sécurité. Cette précision est essentielle, car elle montre que, malgré la guerre, le traitement des détenus ne relève pas uniquement d’une décision politique ou sécuritaire, mais continue de passer par un cadre légal. Toutefois, le même journal souligne implicitement la difficulté de ces procédures dans un contexte régional instable, où la coopération avec les autorités syriennes dépend elle-même d’équilibres politiques plus larges.
Ce dossier illustre un point fondamental. La justice libanaise ne fonctionne pas en vase clos. Elle est directement affectée par les relations diplomatiques, les considérations sécuritaires et les rapports de force régionaux. Le transfert de détenus, en apparence technique, devient ainsi un enjeu politique. Il pose des questions sur les garanties judiciaires, sur la souveraineté et sur la capacité de l’État à maintenir des standards légaux dans un environnement dégradé.
Dans le même esprit, Ad Diyar du 18 mars 2026 évoque aussi des mécanismes de coordination entre les différents niveaux de décision, avec des dossiers remontant des services de sécurité vers le ministère de l’Intérieur puis vers le Conseil des ministres. Cette chaîne décisionnelle montre que la justice n’est pas isolée. Elle est intégrée dans un système où le judiciaire, l’exécutif et le sécuritaire interagissent constamment. En temps de crise, cette interaction peut être une force, car elle permet de réagir rapidement. Mais elle peut aussi devenir une faiblesse si elle brouille la séparation des pouvoirs.
L’affaire du suspect retranché dans une ambassade met en lumière les zones grises entre droit, sécurité et diplomatie
Un autre dossier mentionné dans Ad Diyar du 18 mars 2026 illustre de manière très concrète les tensions entre justice et diplomatie. Il s’agit du cas d’un suspect recherché par les autorités libanaises et retranché dans l’ambassade d’Ukraine. Le quotidien explique que ce dossier, initialement traité par les services de sécurité, a été transmis au ministère de l’Intérieur puis au Conseil des ministres, avec la possibilité de mesures diplomatiques si nécessaire.
Cette affaire est particulièrement révélatrice, car elle se situe à l’intersection de plusieurs domaines. Sur le plan judiciaire, il s’agit d’un individu recherché, donc d’une procédure pénale classique. Sur le plan diplomatique, la présence du suspect dans une ambassade introduit la question de l’immunité et de la souveraineté des représentations étrangères. Sur le plan politique, enfin, le traitement de ce dossier peut avoir des implications dans les relations bilatérales entre le Liban et l’Ukraine.
Le fait que le dossier soit remonté jusqu’au Conseil des ministres montre que la justice seule ne suffit pas à le résoudre. Il nécessite une décision politique, voire une négociation diplomatique. Cela met en évidence une réalité fréquente dans les États en crise : certaines affaires judiciaires deviennent trop sensibles pour être traitées uniquement par les tribunaux ou les forces de sécurité. Elles entrent alors dans une zone grise où le droit, la politique et la diplomatie se superposent.
Dans un contexte normal, ce type de situation serait déjà complexe. Dans un contexte de guerre et de tension régionale, il devient encore plus délicat. Toute décision peut être interprétée comme un signal politique. Toute erreur peut provoquer un incident diplomatique. La justice libanaise se retrouve ainsi à gérer des dossiers qui dépassent largement son cadre habituel.
Une justice contrainte par le contexte sécuritaire et la priorité donnée à la stabilité
Plus globalement, la presse du 18 mars 2026 laisse apparaître une justice qui fonctionne, mais sous contrainte. Les journaux ne font pas état de grandes affaires judiciaires nouvelles ou de procès majeurs en cours. Cela ne signifie pas que la justice est inactive. Cela signifie plutôt que le contexte sécuritaire et politique réduit la visibilité et la centralité de son action.
Ad Diyar du 18 mars 2026 montre que les priorités se déplacent vers les dossiers ayant une dimension sécuritaire immédiate : détenus, suspects, coordination avec les services de sécurité, implications diplomatiques. La justice devient un outil de gestion de crise plutôt qu’un espace autonome de régulation des conflits sociaux ou économiques. Elle intervient là où la stabilité est en jeu, plus que là où il s’agit de trancher des litiges ordinaires.
Cette évolution est logique dans un pays confronté à une guerre. Les ressources institutionnelles sont limitées. Les priorités changent. Les magistrats, les forces de sécurité et les responsables politiques doivent se concentrer sur les dossiers les plus urgents. Mais cette situation comporte aussi des risques. Une justice trop absorbée par l’urgence peut perdre de sa capacité à traiter les affaires structurelles, comme la corruption, les crimes économiques ou les litiges civils. Or ces dossiers, même moins visibles, restent essentiels pour le fonctionnement de l’État.
La presse ne fournit pas, dans les fichiers disponibles, d’éléments détaillés sur des affaires de corruption ou de crimes majeurs récents. Cette absence est en soi significative. Elle suggère que l’attention médiatique et institutionnelle est entièrement captée par la guerre et ses conséquences immédiates. La justice continue d’exister, mais elle n’est plus au centre du débat public.
Entre maintien des procédures et adaptation permanente, une institution en équilibre fragile
Ainsi, à travers Ad Diyar et les autres journaux exploités, la justice libanaise apparaît comme une institution en équilibre. Elle maintient des procédures, comme dans le cas des détenus syriens. Elle traite des affaires complexes, comme celle du suspect réfugié dans une ambassade. Elle reste intégrée dans une chaîne décisionnelle qui inclut le ministère de l’Intérieur et le Conseil des ministres. Mais elle fonctionne dans un environnement où chaque dossier peut rapidement prendre une dimension politique ou diplomatique.
Ce constat renvoie à une réalité plus large. Dans un État soumis à une pression sécuritaire constante, la justice ne disparaît pas. Elle se transforme. Elle devient plus flexible, plus dépendante des autres institutions, parfois plus exposée aux arbitrages politiques. Elle doit en permanence ajuster son fonctionnement pour rester pertinente sans perdre totalement son autonomie.
Dans les journaux du 18 mars 2026, cette transformation n’est pas décrite de manière théorique. Elle apparaît à travers des cas concrets, des procédures, des interactions entre institutions. C’est ce qui donne à cette section justice une tonalité particulière. Elle ne repose pas sur de grandes déclarations ou sur des réformes spectaculaires. Elle montre, à travers des dossiers précis, comment le droit continue de s’exercer dans un pays en crise.
Société : déplacement massif, école à distance, fatigue humanitaire et efforts locaux pour préserver la cohésion
Le déplacement devient le fait social central de la guerre
Dans les fichiers du 18 mars 2026, la société libanaise apparaît d’abord comme une société déplacée. La guerre n’est pas seulement racontée à travers les opérations militaires ou les négociations. Elle est visible dans les écoles transformées en lieux d’accueil, dans les villages qui ouvrent leurs maisons, dans les municipalités qui improvisent une aide de survie, et dans les familles qui cherchent du chauffage, de la nourriture et un toit. Al Binaa du 18 mars 2026 rapporte que l’Union européenne juge la situation humanitaire au Liban « tragique » et affirme que 20 % des Libanais ont été déplacés jusqu’à présent, tout en avertissant qu’une nouvelle offensive terrestre israélienne aggraverait encore la crise . Ce chiffre donne une mesure sociale immédiate du conflit. Il ne s’agit plus d’un déplacement limité aux villages frontaliers. Il s’agit d’un phénomène national qui modifie les équilibres du pays.
Ad Diyar du 18 mars 2026 décrit avec précision la manière dont la Békaa a absorbé une partie de ce choc. Le quotidien explique que les municipalités ont mobilisé leurs polices locales pour encadrer le déplacement et « préserver la dignité des gens », tandis que des villages ont ouvert leurs lieux de culte, leurs écoles, leurs centres d’accueil et leurs maisons . Le journal cite le cas de Zahlé et de ses environs, puis celui de la localité de Ferzol, qui a accueilli des déplacés venus notamment de régions comme Brital, Nabi Chit, Khodr et Hortaala. Dans cette commune, 85 déplacés ont été installés dans l’école publique, tandis que plus de 500 autres ont été hébergés dans des maisons privées . Le maire refuse même de parler de « déplacés » au sens froid du terme et insiste sur l’idée d’hospitalité, en expliquant qu’il n’existe pas de différence entre les habitants de la région et ceux qui ont fui les bombardements .
Cette insistance sur la dignité n’est pas secondaire. Elle révèle que le déplacement n’est pas seulement une urgence logistique. C’est aussi une épreuve morale et sociale. Les municipalités et les habitants savent que l’accueil n’est pas seulement affaire de lits et de repas. Il touche à la manière dont une communauté reconnaît l’autre comme membre du même pays. Dans les fichiers disponibles, cette dimension revient souvent. La société tente de ne pas se laisser réduire à une juxtaposition de communautés blessées. Elle cherche à maintenir un minimum de solidarité pratique.
Les capacités locales tiennent, mais les besoins dépassent déjà les moyens
Cette solidarité a cependant des limites très visibles. Ad Diyar du 18 mars 2026 explique que les aides et les prestations restent rares dans plusieurs localités d’accueil. À Ferzol, le maire souligne que la plupart des aides arrivent sous forme de repas fournis par des associations, tandis que l’eau potable, l’eau pour l’hygiène et le mazout de chauffage ont dû être financés par le fonds municipal, après autorisation du gouverneur de la Békaa . Le même responsable lance un appel direct au ministère des Affaires sociales afin de « préserver la dignité des gens » . Cette phrase résume toute la tension du moment. Les communes agissent, mais elles savent qu’elles ne peuvent pas porter seules une crise de cette ampleur.
Le journal prolonge ce constat dans un autre exemple. À Chlifa et dans les localités voisines de Deir el-Ahmar, plus de 8 000 déplacés auraient été accueillis, selon le maire cité par Ad Diyar du 18 mars 2026, alors que les capacités d’hébergement sont déjà dépassées, que les villages sont petits, que les écoles sont peu nombreuses et que le froid accentue le besoin de mazout . Il affirme clairement que la municipalité ne peut pas se substituer à l’État et que l’essentiel des aides provient encore des associations, en attendant une action plus substantielle du ministère des Affaires sociales .
Al Binaa du 18 mars 2026 reprend, sous un autre angle, cette même réalité sociale. Le quotidien évoque la tournée d’une délégation sur un centre d’accueil dans le Koura et rapporte un échange avec le président du Conseil du Sud, Hachem Haidar. Le texte décrit « la dure réalité » vécue par les déplacés, notamment avec l’intensification du froid et le manque de moyens, au point que les besoins les plus simples, comme la chaleur, l’abri et la nourriture, deviennent des défis quotidiens pour les familles, surtout pour les enfants et les personnes âgées . Le journal insiste aussi sur le fait que cette crise exige une réponse collective complète, impliquant l’État, les forces politiques, les organismes et les associations .
Dans ces récits, la société libanaise apparaît comme une société de compensation. Les communes, les associations, les partis, les familles et les institutions locales comblent les vides. Mais cette compensation reste fragile. Elle repose sur la bonne volonté, sur les fonds municipaux limités, sur des dons irréguliers et sur des réseaux d’entraide qui peuvent s’épuiser si la guerre dure.
Le gouvernement tente d’organiser l’aide et de contenir les fractures internes
Face à cette pression sociale, les fichiers montrent un pouvoir central qui tente au moins d’organiser la réponse. Al Binaa du 18 mars 2026 indique qu’un réunion ministérielle quotidienne s’est tenue au Grand Sérail sous la présidence de Nawaf Salam, avec plusieurs ministres, pour suivre les besoins des déplacés, répondre aux nécessités d’hébergement et d’aide, et examiner la situation générale . Le même article précise que les participants ont entendu une présentation du ministre de la Défense sur les développements militaires, mais aussi un exposé du ministre de l’Information sur la lutte contre les discours d’exclusion, de discrimination, de haine et de discorde .
Ce second point est très important pour une lecture de société. Il montre que la guerre ne produit pas seulement des blessés, des déplacés et des besoins matériels. Elle produit aussi un risque de fracture verbale et symbolique. Le fait que le ministre de l’Information appelle les médias à discuter de la lutte contre les discours de haine signifie que l’État redoute une détérioration du lien social. Lorsque des centaines de milliers de personnes bougent, que les régions d’accueil se sentent saturées et que les lignes politiques sont très polarisées, les mots deviennent eux aussi un enjeu social.
Al Binaa du 18 mars 2026 ajoute que le Premier ministre et les ministres ont insisté sur la sécurité sanitaire de la nourriture distribuée aux déplacés et sur la nécessité de vérifier les informations avant de les diffuser . Là encore, il s’agit d’un détail social important. Dans une crise humanitaire, la circulation de rumeurs sur l’aide, la qualité des repas ou les inégalités de traitement peut très vite alimenter la méfiance. Le gouvernement tente donc de contenir non seulement la faim ou le manque, mais aussi la désinformation et la panique.
Cette combinaison entre aide matérielle et préoccupation pour la cohésion sociale revient de manière discrète mais constante dans les fichiers. La société libanaise n’est pas seulement confrontée à une pénurie de ressources. Elle est confrontée au risque d’un épuisement moral, d’un repli local et d’une montée des ressentiments. Le pouvoir central semble en avoir conscience, même si ses moyens restent limités.
L’école devient un service de continuité nationale sous contrainte
L’un des marqueurs sociaux les plus forts de cette séquence est l’école. Annahar du 18 mars 2026 rapporte que la ministre de l’Éducation, Rima Karami, a publié un circulaire obligeant les écoles privées à assurer un programme d’enseignement à distance synchronisé pour les élèves qui ne peuvent pas suivre en présentiel, jusqu’à nouvel ordre . Le texte précise que, lorsque cette forme d’enseignement n’est pas possible, les établissements doivent fournir des cours expliqués et préparés selon les standards habituels de présence physique, afin de garantir la poursuite des apprentissages avec un niveau de qualité équivalent .
Cette décision dépasse le cadre éducatif. Elle dit beaucoup sur la société en guerre. Lorsque l’État demande aux écoles de maintenir un enseignement à distance, il reconnaît implicitement que des milliers d’enfants sont désormais empêchés de suivre une scolarité normale à cause des bombardements, du déplacement ou de la désorganisation de la vie familiale. Mais il affirme aussi que l’école doit rester un fil de continuité. Dans un pays où les enfants changent parfois brutalement de région, de logement et de rythme de vie, l’école à distance devient une forme minimale de stabilité.
Cette politique a aussi une portée sociale plus large. L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage. Elle est un cadre, une routine, une protection partielle contre l’effondrement du quotidien. Maintenir l’enseignement, même sous une forme dégradée, revient à dire que les enfants ne doivent pas être entièrement livrés à la guerre. Cela permet aussi aux familles de conserver un repère dans un moment où le logement, le travail et les trajets sont bouleversés.
Le même article d’Annahar du 18 mars 2026 montre cependant en creux les inégalités possibles d’un tel dispositif. L’enseignement à distance exige des connexions, des appareils, une organisation familiale et une stabilité minimale que tous les ménages déplacés ne possèdent pas. La société libanaise se retrouve donc face à un défi supplémentaire : maintenir une continuité éducative sans creuser davantage les écarts entre les familles qui disposent encore de moyens et celles qui vivent dans des centres d’accueil, des écoles réquisitionnées ou des logements provisoires.
L’aide associative et politique joue un rôle de substitution, mais révèle aussi l’essoufflement de l’État social
Plusieurs fichiers soulignent la place des associations, des structures partisanes et des organismes intermédiaires dans la réponse sociale. Al Akhbar du 18 mars 2026 évoque explicitement une association qui fournit des aides matérielles, financières et médicales aux déplacés . Al Binaa du 18 mars 2026 décrit, de son côté, l’implication d’une délégation politique dans l’accompagnement des déplacés en coordination avec les gouvernorats et les municipalités, ainsi que l’appel lancé à la communauté internationale pour soutenir le Liban, faire pression pour arrêter l’agression et permettre aux déplacés de rentrer chez eux .
Ces éléments sont importants, car ils montrent qu’une grande partie de la protection sociale passe, dans l’urgence, par des canaux non exclusivement étatiques. Cette réalité n’est pas nouvelle au Liban. Mais la guerre la rend plus visible et plus massive. La société tient parce qu’il existe des relais : associations, municipalités, réseaux politiques, institutions locales, familles élargies. Cette architecture parallèle compense en partie l’insuffisance de l’État social.
En même temps, cette dépendance révèle une faiblesse profonde. Lorsque les repas, les soins, les couvertures ou l’accueil reposent surtout sur des dons, des structures locales ou des fonds municipaux, la continuité n’est jamais garantie. L’aide dépend alors de la durée de la crise, de la générosité des réseaux et de la stabilité des zones d’accueil. La société peut tenir dans l’urgence, mais elle s’use vite dans la longueur.
C’est pourquoi plusieurs articles insistent sur le retour. Al Binaa du 18 mars 2026 rappelle que les efforts doivent permettre aux déplacés de revenir chez eux et de retrouver leur vie normale . Cette insistance montre que l’accueil n’est pas pensé comme un nouvel équilibre durable. Toute la société vit dans l’idée d’un provisoire prolongé, ce qui accroît encore la fatigue des hôtes comme des déplacés.
Une société qui résiste encore par l’hospitalité, l’école et l’entraide, mais dont l’usure devient visible
À travers Ad Diyar, Al Binaa, Annahar et Al Akhbar, la société libanaise du 18 mars 2026 apparaît donc comme une société sous forte pression, mais encore capable de solidarité. Les villages de la Békaa ouvrent leurs maisons, leurs écoles et leurs lieux de culte . Les municipalités dépensent sur leurs fonds pour l’eau et le chauffage . Le gouvernement réunit quotidiennement les ministres pour suivre les besoins des déplacés, insiste sur la sécurité des aliments et tente de prévenir les discours de haine . L’école privée est contrainte d’assurer un enseignement à distance pour éviter la rupture scolaire . Les associations et les réseaux locaux fournissent des aides matérielles, financières et médicales .
Mais cette résistance sociale a un coût croissant. Le froid, le manque de mazout, la faiblesse des aides, la saturation des écoles, l’insuffisance des capacités d’accueil et l’angoisse de la durée rendent l’usure visible. La société ne se désagrège pas. Elle s’efforce au contraire de préserver une cohésion minimale. Pourtant, tout dans les fichiers montre que cette cohésion repose désormais sur un équilibre très précaire. Le déplacement massif est devenu le fait social dominant de la guerre. Et derrière l’hospitalité et l’entraide, une fatigue collective commence déjà à apparaître.
Culture : entre mémoire filmée, figures littéraires, écrans arabes et création sous tension
Philippe Aractingi replace la guerre au cœur d’un travail de mémoire familiale et nationale
Dans les fichiers fournis, la culture n’apparaît pas comme un simple espace de divertissement ou d’échappée. Elle est étroitement liée à la mémoire, à la guerre, à l’exil et à la manière dont les artistes tentent de donner une forme sensible à l’expérience libanaise et arabe. L’un des textes les plus riches sur ce point se trouve dans Annahar du 18 mars 2026, avec un entretien consacré au documentariste et réalisateur Philippe Aractingi à propos de son film-témoignage sur les guerres vécues par sa famille, intitulé La Résurrection, le prix du passé.
Le journal explique que le cinéaste a choisi de revenir à la guerre du 13 avril 1975, qui avait marqué sa jeunesse, puis de relier cette mémoire ancienne à la guerre actuelle. Philippe Aractingi y raconte avoir senti la nécessité de filmer à nouveau lorsque sa fille lui a demandé si le pays allait replonger dans la guerre et si elle devait, comme lui autrefois, se réfugier au sous-sol. Cette scène intime, rapportée par Annahar du 18 mars 2026, donne une clé très forte de la culture libanaise dans le contexte présent : la création naît ici du retour du trauma, de la transmission familiale de la peur et du besoin de transformer une angoisse privée en œuvre partagée.
Le même entretien montre aussi la nature du projet artistique. Aractingi ne filme pas seulement un événement historique. Il cherche à saisir la répétition, le passage d’une génération à l’autre, la manière dont une guerre ancienne reste active dans les corps et les souvenirs. Son récit fait apparaître une culture qui ne peut pas séparer l’esthétique du vécu. L’œuvre n’est pas présentée comme une fiction libre ou comme un exercice formel. Elle est enracinée dans une expérience libanaise répétée, avec le retour des mêmes gestes, des mêmes peurs et du même sentiment d’être rattrapé par une histoire inachevée.
Annahar du 18 mars 2026 insiste aussi sur la dimension universelle de ce travail, tout en le laissant solidement ancré dans la mémoire libanaise. Le film prend appui sur des matériaux biographiques, mais il ouvre sur une interrogation plus large sur le prix de la mémoire, sur l’héritage psychique de la guerre et sur la possibilité ou non de se reconstruire. La culture, ici, n’est donc pas périphérique à la vie collective. Elle devient l’un des rares lieux où le pays peut se regarder sans passer uniquement par la langue militaire ou diplomatique.
Le Liban culturel continue à penser la guerre à travers l’image, le récit et la transmission
Le texte consacré à Philippe Aractingi a une portée plus large qu’un simple portrait d’artiste. Il permet de lire une partie de la production culturelle libanaise actuelle. Dans les fichiers disponibles, la culture liée au Liban est surtout une culture de mémoire, de récit de soi et de confrontation avec la violence. Le cinéma et le documentaire y occupent une place importante, car ils donnent à voir ce que les discours officiels ou les chronologies politiques laissent souvent de côté : les trajectoires individuelles, la famille, le deuil, la répétition des blessures.
Dans Annahar du 18 mars 2026, le projet d’Aractingi apparaît ainsi comme une forme de résistance à l’oubli. Il rappelle que la guerre ne détruit pas seulement des maisons ou des infrastructures. Elle désorganise aussi la continuité intérieure des individus et des familles. En ce sens, la culture assume une fonction de conservation de la mémoire. Elle fixe des traces, rassemble des images, reconstruit un fil là où la violence tend à tout fragmenter.
Cette fonction mémorielle est d’autant plus importante que le Liban traverse à nouveau une phase d’incertitude extrême. Dans les sections politiques et sociales de la presse, la guerre est décrite à travers les frappes, les déplacements et les négociations. Dans le registre culturel, elle réapparaît comme un fait vécu, transmis et réinterprété. Le regard change. Le temps se dilate. Ce que la politique traite dans l’urgence, la culture le travaille dans la durée.
La présence d’un cinéaste comme Philippe Aractingi dans la presse du jour montre aussi que le champ culturel libanais garde des figures capables de relier le passé et le présent. Il ne s’agit pas seulement de commenter l’actualité. Il s’agit de produire une lecture sensible de ce que le pays endure. Dans cette perspective, la culture reste l’un des lieux où peut se maintenir une profondeur de regard.
Le paysage culturel arabe dans les fichiers passe aussi par les séries et les écrans
À côté de cette forte veine mémorielle liée au Liban, Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 apporte un autre pan du paysage culturel, centré sur les écrans et la production dramatique arabe. Le journal consacre un article à la série Al Deek Al Azraq. Le texte s’intéresse à la place du comédien Abdelaziz Makhyoun dans cette œuvre et à la construction du rôle, avec une attention particulière à la présence de l’acteur, à son poids dramatique et à la manière dont la série s’inscrit dans la production télévisuelle arabe contemporaine.
Cet article rappelle que la culture, dans les fichiers, ne se réduit pas à une culture savante ou patrimoniale. Elle passe aussi par la télévision, les séries, les formats populaires et les visages connus du grand public. Le journal traite ce sujet avec sérieux, en s’intéressant à la valeur du jeu d’acteur et à la qualité du travail dramatique. Cela montre que les écrans restent un espace culturel à part entière, où se fabriquent des représentations sociales, des mémoires et des sensibilités partagées dans le monde arabe.
Le fait qu’Al Arabi Al Jadid du 18 mars 2026 donne une place à cette production dramatique dans un numéro par ailleurs traversé par la guerre et les crises régionales est en soi significatif. Il indique que la vie culturelle continue, même dans un environnement saturé par les conflits. La télévision, les séries et les figures du jeu ne disparaissent pas. Elles coexistent avec l’actualité la plus lourde. Cette coexistence ne relève pas forcément de l’évasion. Elle peut aussi traduire le besoin de maintenir un espace de récit, de fiction et de présence humaine dans une région dominée par la violence.
Cette dimension populaire de la culture complète utilement la lecture plus mémorielle offerte par Annahar. D’un côté, un documentaire libanais revient sur la guerre et ses héritages. De l’autre, la série arabe poursuit son travail de narration et de mise en scène des figures sociales. Les deux registres n’ont pas la même fonction, mais ils montrent ensemble que le champ culturel reste vivant, divers et structuré par plusieurs médiums.
Mahmoud Darwich demeure une référence centrale de la mémoire littéraire arabe
Un autre texte culturel marquant dans les fichiers se trouve dans Al Quds Al Arabi. Le journal revient sur Mahmoud Darwich et sur la relation profonde entre son œuvre et la poésie arabe contemporaine. L’article traite de la place durable du poète, de l’empreinte qu’il laisse dans la conscience culturelle arabe, et de la manière dont sa langue continue de traverser les lectures, les hommages et les débats critiques.
Même sans s’inscrire directement dans l’actualité immédiate du Liban, ce texte a un poids évident dans une revue de presse culturelle. Il rappelle qu’au milieu des guerres et des chocs du présent, la culture arabe continue de se référer à ses grandes figures littéraires. Mahmoud Darwich n’est pas traité comme une statue patrimoniale figée. Il apparaît comme une voix encore active, une source de sens pour penser la perte, la terre, l’exil et l’appartenance.
Dans le contexte régional du 18 mars 2026, cette présence de Darwich prend une résonance particulière. Les thèmes qui traversent son œuvre, comme l’arrachement, la mémoire, le pays menacé, la survie par la langue, rejoignent directement les atmosphères décrites ailleurs dans les journaux. La culture littéraire ne vient donc pas ici en supplément décoratif. Elle réintroduit une profondeur historique et symbolique dans une actualité dominée par les fronts militaires et les rapports de force.
Le recours à une figure comme Darwich permet aussi de voir comment la culture arabe se tient dans le temps long. Alors que la politique internationale s’écrit dans l’instant, la littérature rappelle que les sociétés du Proche-Orient vivent avec des strates de mémoire superposées. Dans les fichiers fournis, cette dimension n’est pas dominante en volume, mais elle est précieuse en intensité. Elle donne à la section Culture une assise intellectuelle réelle, même avec un nombre limité de textes.
La culture dans les fichiers reste dense par le sens, mais étroite par le volume
L’un des constats qui s’imposent à la lecture des fichiers est que la matière culturelle existe, mais qu’elle reste plus resserrée que la matière politique ou diplomatique. Annahar apporte un sujet fort et pleinement libanais avec Philippe Aractingi. Al Arabi Al Jadid ouvre le versant des séries et de la culture d’écran arabe. Al Quds Al Arabi ramène la référence littéraire avec Mahmoud Darwich. Ensemble, ces textes permettent de construire une lecture cohérente, mais ils ne dessinent pas un paysage culturel abondant au sens quantitatif.
Cette limite se voit notamment sur l’agenda culturel en cours. Dans les fichiers transmis, il n’y a pas de matière suffisante pour établir un agenda étoffé des expositions, concerts, spectacles ou événements culturels au Liban. On trouve des articles de fond, des portraits, des analyses ou des hommages, mais pas un relevé dense de rendez-vous culturels contemporains. C’est un point important, car la culture, telle qu’elle ressort des sources, est davantage pensée à travers les œuvres et les figures qu’à travers la vie événementielle.
Il faut donc lire la section Culture dans ce cadre exact. Les fichiers ne montrent pas un Liban culturel abondamment décrit par ses festivals ou ses scènes musicales du moment. Ils montrent plutôt une culture de résistance symbolique, de mémoire, de récit et de persistance artistique. Cela vaut particulièrement pour le sujet Aractingi dans Annahar du 18 mars 2026, qui donne à lui seul une forte colonne vertébrale à la section.
Cette densité par le sens est importante. Même avec moins de textes, la culture garde une place singulière dans la revue de presse. Elle dit ce que la guerre fait aux consciences, ce que les œuvres sauvent du vécu, et comment la littérature ou l’image continuent de faire tenir une mémoire collective. En ce sens, elle complète les autres sections au lieu de les répéter.
Entre mémoire, écrans et littérature, la culture reste un lieu de continuité face à la dislocation
À partir des seuls fichiers fournis, la culture du 18 mars 2026 apparaît comme un espace de continuité dans un paysage politique et social profondément disloqué. Annahar montre avec Philippe Aractingi qu’une œuvre peut transformer le retour de la guerre en travail de mémoire, à la fois familial, intime et national. Al Arabi Al Jadid rappelle que les séries et le jeu dramatique continuent de structurer le champ culturel arabe, même sous la pression de l’actualité lourde. Al Quds Al Arabi maintient vivante la référence à Mahmoud Darwich, comme grande voix littéraire de l’exil, de la perte et de l’attachement.
Il ressort de ces textes une définition très claire de la culture dans ce corpus. Elle n’est pas un simple secteur parmi d’autres. Elle est un mode de survie symbolique. Elle permet de fixer des images quand tout vacille, de garder des noms quand le présent écrase les repères, et de transmettre une expérience quand la guerre menace de réduire la vie collective à une suite de dégâts et de bilans.
La culture reste donc, dans les fichiers transmis, un lieu de parole irremplaçable. Elle est moins abondante que la politique, moins documentée que la diplomatie, moins spectaculaire que le front militaire. Mais elle demeure essentielle parce qu’elle restitue à la société un langage de mémoire, de récit et d’émotion maîtrisée. C’est par elle que le Liban et le monde arabe continuent, malgré tout, à se raconter autrement que par la seule violence.



