mercredi, janvier 21, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Riad Salamé remporte une manche : l’absence de la juge Helena Iskandar lors de son interrogatoire, au cœur d’une controverse légale

- Advertisement -

L’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, s’est présenté au Palais de Justice de Beyrouth pour un nouvel interrogatoire dans le cadre des nombreuses enquêtes judiciaires le visant. Cette séance, pourtant menacée de report, s’est tenue sous la direction du juge d’instruction Bilal Halawi, malgré l’absence remarquée de la juge Helena Iskandar.

Un interrogatoire sous tension malgré les tentatives de report

La juge Helena Iskandar, cheffe du Département juridique au ministère de la Justice, avait déposé un recours visant à retarder la tenue de cette séance. Cependant, cette tentative a échoué, car ce recours a été rejeté par le juge Halawi en raison de l’absence de documents officiels autorisant l’intervention du Département juridique dans cette affaire.

L’absence de cette autorisation soulève une question juridique importante : est-il nécessaire pour la juge Iskandar, dans sa fonction au sein du contentieux de l’État, de disposer de l’accord du ministre des Finances pour agir dans ce dossier ? Ce point de procédure alimente une controverse au sein des milieux judiciaires libanais.

Une controverse légale sur l’autorisation du ministre des Finances

Au cœur de cette affaire se trouve un débat juridique majeur : la nécessité ou non pour le Département juridique de disposer de l’autorisation expresse du ministre des Finances pour intervenir dans les affaires concernant la Banque du Liban. D’un côté, les conseillers juridiques de Riad Salamé soutiennent que cette autorisation est requise, le ministre des Finances étant directement impliqué en raison de son rôle dans la supervision des finances publiques en dépit des liens du ministre lui même avec la Banque du Liban, dont il fut un employé d’où un conflit d’intérêt.

Selon cet avis, l’intervention du Département juridique sans autorisation formelle serait irrégulière, car elle impliquerait une action sans aval officiel, un point de droit que les avocats de Salamé soulignent pour contester la légitimité de l’implication de la juge Iskandar. Ce raisonnement met également en lumière un potentiel conflit d’intérêts, puisque le ministre des Finances actuel, en tant qu’ancien employé de la BdL, pourrait être perçu comme ayant un lien direct avec l’affaire.

D’un autre côté, la juge Helena Iskandar, en tant que cheffe du contentieux de l’État, pourrait estimer qu’elle n’a pas besoin de cette autorisation pour agir, son rôle étant de défendre les intérêts de l’État sans avoir à obtenir d’approbation ministérielle. Cette interprétation repose sur le fait que le contentieux de l’État a, par définition, une autonomie juridique dans ses actions, une position qui est opposée à celle des conseils de Salamé.

Pourquoi l’absence de la juge Iskandar est significative

L’absence de la juge Iskandar à cette séance met en lumière ce débat sur l’indépendance de la justice et sur les liens entre les pouvoirs exécutifs et judiciaires. En refusant de présenter une autorisation du ministre des Finances, le Département juridique a indirectement renforcé l’idée que cette autorisation n’est pas nécessaire pour engager des poursuites contre des figures comme Riad Salamé. Toutefois, selon le juge Halawi et l’avis des conseillers légaux de Riad Salamé, cette autorisation reste cruciale pour valider toute action émanant du contentieux de l’État, ce qui a conduit à la non-recevabilité du recours de la juge Iskandar.

Ce point pourrait devenir un enjeu majeur dans les prochaines étapes des procédures judiciaires, car il soulève des questions fondamentales sur l’indépendance de la justice et la capacité des institutions à enquêter sur des personnalités influentes sans interférence politique.

Une enquête qui se poursuit sous un climat de controverse

Malgré l’absence de la juge Iskandar et les tentatives de report, l’interrogatoire de Riad Salamé a bien eu lieu, marquant une étape importante dans les procédures en cours. Cependant, ce développement ne marque pas la fin des investigations. Le procès reste sous haute tension, avec de nombreux obstacles encore à franchir, à la fois sur le plan judiciaire et politique.

Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si des charges formelles seront retenues contre Riad Salamé et si le contentieux de l’État parviendra à surmonter les questions légales liées à l’autorisation ministérielle. Ce dossier met en lumière les défis auxquels est confrontée la justice libanaise dans ses efforts pour juger des figures politiques et économiques d’envergure, dans un contexte de crise économique et de corruption systémique.

L’absence de la juge Helena Iskandar lors de l’interrogatoire de Riad Salamé révèle des divergences profondes sur les procédures judiciaires à suivre dans des affaires aussi sensibles. Tandis que le juge Bilal Halawi a maintenu la séance, la question de l’autorisation du ministre des Finances, selon les conseils légaux de Salamé, reste en suspens et pourrait ouvrir la voie à de nouvelles controverses. Le débat autour de la nécessité d’une autorisation ministérielle met également en lumière les tensions entre les différents pouvoirs de l’État et soulève la question cruciale de l’indépendance judiciaire dans un Liban en proie à des scandales de corruption à grande échelle.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi