Le chef du parti des Forces Libanaises, Samir Geagea, a exprimé son inquiétude face aux tentatives du Hezbollah et de ses alliés de promouvoir l’idée que le parti pourrait prendre le contrôle des institutions de l’État libanais en échange de concessions au sud du pays. Toutefois, Geagea a réfuté cette idée, affirmant qu’elle ne trouve aucun écho ni dans les milieux diplomatiques ni au sein du Liban même.
Déclarations lors d’une interview exclusive
Geagea s’est exprimé lors d’un entretien exclusif avec Carolina Nassar sur « Sky News Arabia », abordant les enjeux libanais et régionaux. Il a notamment souligné que la situation actuelle pourrait permettre d’éviter une guerre au Liban, se référant aux propositions de l’envoyé américain Amos Hochstein et de Josep Borrell, haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères. Ces propositions visent à renforcer la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui appelle à un déploiement effectif de l’armée libanaise à la frontière sud pour assurer la sécurité du pays, un engagement qui avait d’ailleurs été pris avec l’accord du Hezbollah à l’époque.
Un rôle ambigu du Hezbollah dans le contexte iranien
En réponse à une question sur l’influence iranienne, Geagea a déclaré que le Hezbollah représente un cas « anormal » au Liban en raison de son affiliation directe avec la République islamique d’Iran. Selon lui, l’Iran cherche avant tout à consolider sa position régionale, sans se soucier des intérêts du peuple libanais ni de l’économie du pays. Geagea a précisé qu’après les assassinats de hauts dirigeants comme Fouad Chokr à Beyrouth, le Hezbollah avait réagi à sa manière, mais que l’Iran, de son côté, n’avait pas riposté directement par crainte de répercussions internationales.
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Le sud du Liban : une impasse temporaire ?
Concernant la situation sécuritaire dans le sud du Liban, Geagea a écarté l’hypothèse d’une impasse prolongée, estimant qu’une résolution pourrait intervenir dans les semaines ou mois à venir. Toutefois, il a souligné que la solution globale à la crise libanaise serait influencée par les évolutions géopolitiques de la région, allant de la Méditerranée à l’Iran, tout en étant intimement liée aux élections présidentielles américaines.
Le dossier présidentiel et le rôle du Hezbollah
Sur la question de l’élection présidentielle au Liban, Geagea a dénoncé les tentatives du Hezbollah de lier la situation au sud à des gains politiques internes. Il a affirmé que, contrairement aux allégations du Hezbollah, aucune base diplomatique ou interne ne justifie ces manœuvres. De plus, il a critiqué la proposition de Nabih Berri d’organiser une table de dialogue sous sa présidence, expliquant que cela contrevenait aux dispositions constitutionnelles qui définissent le processus électoral présidentiel.
La corruption et l’affaire Riad Salamé
Interrogé sur l’arrestation de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, Geagea a exprimé des doutes sur la transparence et la sincérité des investigations en cours. Il a souligné que l’enquête, si elle est menée sérieusement, pourrait révéler des informations compromettantes non seulement sur Salamé, mais aussi sur l’ensemble de la classe politique, impliquée dans les décisions financières ayant conduit à la crise actuelle.
Perspectives pour l’avenir du Liban
Samir Geagea a conclu en réaffirmant sa position en faveur d’une « véritable république », indépendante du Hezbollah et de toute influence étrangère. Il a insisté sur la nécessité d’élire un président et des ministres qui ne sont pas liés à l’axe de la « résistance », afin de garantir un avenir stable pour le Liban. La reprise du pays, selon lui, dépendra de la mise en place de dirigeants ayant une vision claire de la reconstruction de l’État.



