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| Le 18 août 2025, l’association Patrimoine Tripoli – Liban a organisé, sur l’île Abdel Wahab au large de El Mina – Tripoli, un événement exceptionnel placé sous le patronage et en présence de Son Excellence M. Fayez Rasamny, ministre des Travaux publics et des Transports du Liban, et en collaboration avec la municipalité de El Mina. Cette soirée, mêlant culture, musique, gastronomie et sensibilisation, visait à replacer cette île emblématique au cœur de la mémoire collective et à alerter sur son état de dégradation, conséquence de longues années de négligence. Elle avait également pour objectif de mobiliser des fonds en faveur de la restauration de Dar Fatima, maison historique située près du souk des orfèvres, au cœur des vieux souks de Tripoli. Dans son discours, Son Excelence M. Fayez Rasamny a souligné l’importance de Tripoli et du Nord pour le Liban, ajoutant que « l’objectif du gouvernement est de réaliser un développement équilibré dans toutes les régions libanaises, en particulier dans le Nord, qui dispose d’un fort potentiel et de nombreuses capacités de croissance. Avec ce développement, les opportunités d’emploi augmentent, les conditions de vie s’améliorent — et c’est précisément l’objectif du gouvernement : se concentrer sur l’action concrète plutôt que sur les paroles. » En ouvrant la soirée, la présidente de l’association, Mme Joumana Chahal Timery, a rappelé que « l’objectif de Patrimoine Tripoli – Liban est de mettre en œuvre des projets de développement durable capables d’inscrire Tripoli sur la carte nationale, afin de mettre en lumière sa valeur historique et culturelle, ainsi que son potentiel touristique et économique». Située à seulement deux cents mètres du littoral, l’île Abdel Wahab s’étend sur environ 500 à 600 m² et occupe une place singulière dans l’histoire et le paysage maritime de Tripoli. Localement surnommée « l’île aux Vaches » en raison des dugongs qui fréquentaient autrefois ses eaux, elle fut durant des siècles un haut lieu de construction et de réparation navale, confié à la famille Abdel Wahab dont elle porte aujourd’hui le nom. Cette activité traditionnelle a façonné l’identité maritime de la ville, étroitement liée à ses pêcheurs, artisans et chantiers navals. L’île conserve encore des vestiges remarquables, notamment les ruines du monastère Saint-Thomas, datant de l’époque des Croisades. Ce patrimoine architectural, associé à une biodiversité rare et fragile, confère au site une importance historique, culturelle et environnementale. Ses rochers, ses plantes sauvages rares, ses tortues marines menacées et ses oiseaux migrateurs en font un écosystème précieux — un véritable microcosme du littoral libanais. Son emplacement à proximité de la longue corniche de El Mina, l’île pourrait la transformer un lieu phare de promenade, de découverte écologique et d’activités culturelles, intégré à la vie quotidienne des habitants. Or, depuis la dernière intervention en 2015 — qui avait permis la construction d’une passerelle piétonne, la création de sentiers et la plantation d’espaces verts — aucune restauration d’envergure n’a été menée. Aujourd’hui, les signes de dégradation sont évidents: portions manquantes de la passerelle rendant l’accès dangereux, accumulation de déchets, étals improvisés dénaturant le paysage et réduisant la valeur du site. Face à ce constat, l’association a voulu faire de la soirée du 18 août un moment de mobilisation collective, réunissant communauté locale, autorités et visiteurs autour d’un objectif commun: sauvegarder et valoriser l’île Abdel Wahab, et financer la rénovation de Dar Fatima pour en faire un lieu vivant dédié à de futurs événements culturels. Pour l’occasion, l’île s’est transformée en un espace d’accueil fidèle à son identité patrimoniale. Les invités ont partagé un dîner caritatif inspiré de l’hospitalité chaleureuse et des saveurs authentiques des maisons traditionnelles tripolitaines. Un concert en plein air, mis en lumière pour magnifier la silhouette et le cadre naturel de l’île, a ponctué la soirée. Au-delà de son aspect festif, cette initiative porte une mission civique et culturelle : raviver le lien entre la communauté et son patrimoine maritime, affirmer l’importance de préserver de tels sites dans une logique de développement durable, et encourager leur intégration dans la vie culturelle et touristique de la ville. Avec une restauration adaptée et une gestion responsable, l’île Abdel Wahab pourrait devenir un espace ouvert et accessible — symbole de préservation, d’écotourisme et de transmission patrimoniale. Créée à Paris en 2009, l’association Patrimoine Tripoli – Liban œuvre pour la protection et la promotion du patrimoine matériel et immatériel de la ville. Elle mène des projets de restauration, organise des ateliers de formation aux métiers d’art traditionnels et sensibilise le public à l’importance du patrimoine. Son approche participative implique directement les habitants, renforce leur sentiment d’appartenance et place le patrimoine au cœur du développement social et économique de Tripoli. Reconnue au niveau local et international, l’association collabore avec des institutions prestigieuses telles que l’Institut du monde arabe à Paris, le Sénat français, le Conseil régional d’Île-de-France, ainsi que différents ministères libanais de la Culture, du Tourisme et de l’Éducation. L’événement du 18 août a pleinement incarné cette vision, alliant culture, engagement et partage, et rappelant que le patrimoine est un bien commun qui ne peut perdurer que grâce à l’intérêt et à l’implication de tous. www.patrimoinetripoliban.com @patrimoinetripoli |
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