7 octobre 2026
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Trois ans après, le Hezbollah défend le 7-Octobre

Trois ans après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, le Hezbollah maintient sa lecture de l’événement malgré les bouleversements intervenus depuis au Liban. Le front ouvert le lendemain depuis le Liban-Sud a débouché sur une guerre majeure avec Israël, marquée notamment par la mort de Hassan Nasrallah et de nombreux cadres du mouvement. Dans son communiqué anniversaire, le Hezbollah qualifie toujours le 7-Octobre d’« acte légitime de résistance » et affirme que ses conséquences doivent être évaluées sur le plan politique et régional.

Trois ans après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, le Hezbollah maintient intégralement sa lecture de l’événement. Dans un communiqué publié mercredi 7 octobre 2026, le parti qualifie l’opération d’« acte légitime de résistance » et affirme qu’elle a replacé la cause palestinienne au centre de l’attention internationale. Cette déclaration intervient après trois années qui ont profondément bouleversé le Liban et le Hezbollah : ouverture du front du Liban-Sud le 8 octobre 2023, guerre avec Israël, mort de Hassan Nasrallah et de nombreux cadres du mouvement, cessez-le-feu de novembre 2024 puis montée du débat intérieur sur les armes du parti.

Le Hezbollah a défendu mercredi, à l’occasion du troisième anniversaire du 7-Octobre, l’attaque lancée en 2023 par le Hamas contre Israël. Le mouvement libanais décrit l’opération comme « courageuse, qualitative, naturelle, justifiée » et comme un « acte légitime de résistance compte tenu de l’ampleur de l’injustice ». Trois ans après le début d’une séquence qui a entraîné Gaza, le Liban et une partie de la région dans une confrontation majeure, le parti ne formule donc aucune réserve sur l’opération initiale et continue d’en défendre la portée politique.

Cette position prend une dimension particulière au Liban. Dès le 8 octobre 2023, le Hezbollah avait ouvert depuis le Liban-Sud un front présenté comme un soutien militaire à Gaza. Les échanges de tirs avec Israël se sont poursuivis pendant près d’un an avant une escalade majeure à l’automne 2024. Le conflit a alors frappé directement de vastes régions libanaises, provoqué d’importantes destructions et des déplacements massifs, tandis que le Hezbollah perdait une partie importante de son commandement. Le secrétaire général du mouvement, Hassan Nasrallah, a notamment été tué le 27 septembre 2024 dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth.

Le Hezbollah défend le bilan politique du 7-Octobre

Dans son communiqué de mercredi, le Hezbollah affirme que les conséquences du 7-Octobre ne peuvent pas être évaluées uniquement à travers le rapport de forces militaire ou l’ampleur des destructions enregistrées depuis trois ans. Le parti estime que l’opération a provoqué un choc mondial et replacé la question palestinienne au premier plan, alors qu’elle risquait selon lui d’être marginalisée par les transformations diplomatiques en cours au Moyen-Orient. Il demande ainsi de mesurer l’événement à travers ses effets politiques, juridiques et régionaux plutôt qu’à travers la seule supériorité militaire israélienne.

Le mouvement répond de cette manière aux critiques portant sur le coût considérable des affrontements déclenchés depuis octobre 2023. Il rejette ce qu’il décrit comme les « lamentations » autour des destructions et des pertes humaines et matérielles, dont il attribue la responsabilité à Israël. Cette argumentation concerne directement le débat libanais : depuis la guerre, plusieurs adversaires politiques du Hezbollah lui reprochent d’avoir ouvert le front du 8 octobre sans décision de l’État et d’avoir ainsi exposé le pays à une confrontation dont les conséquences continuent de peser sur le Sud et d’autres régions.

Le Hezbollah ne revient toutefois pas, dans son communiqué anniversaire, sur sa propre décision d’entrer dans la confrontation depuis le territoire libanais. Il concentre son propos sur la légitimité qu’il attribue à l’opération palestinienne et sur les effets qu’elle aurait produits à l’échelle internationale. Cette continuité est politiquement significative trois ans plus tard, alors que la question du monopole des armes et de la décision de guerre et de paix est devenue l’un des principaux dossiers institutionnels au Liban.

Trois années qui ont profondément changé le Hezbollah

Entre le 7 octobre 2023 et le communiqué publié mercredi, le Hezbollah a connu la période militaire la plus difficile de son histoire récente. Après des mois d’affrontements limités mais quotidiens à la frontière, Israël a intensifié ses opérations en septembre 2024. Plusieurs responsables militaires du mouvement ont été tués, avant la frappe du 27 septembre contre Hassan Nasrallah. Israël a ensuite lancé des opérations terrestres dans le sud du Liban, tandis que ses frappes s’étendaient à la Békaa, à la banlieue sud de Beyrouth et à d’autres régions.

Les hostilités ont connu un tournant avec l’entrée en vigueur, le 27 novembre 2024, d’un accord de cessation des hostilités reposant notamment sur la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Le dispositif prévoyait un renforcement du déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani et le retrait des forces israéliennes des territoires libanais occupés pendant les opérations. La question de l’application de cet accord, des positions encore occupées par Israël et de l’autorité effective de l’État au Liban-Sud a ensuite continué d’alimenter les tensions.

Ces développements ont également déplacé le débat politique intérieur. La question n’est plus seulement celle du rôle régional du Hezbollah ou de son soutien à Gaza. Elle porte désormais directement sur l’avenir de son arsenal et sur la capacité de l’État libanais à exercer seul son autorité militaire. Les adversaires du mouvement considèrent que l’expérience ouverte le 8 octobre 2023 démontre la nécessité de réserver aux institutions constitutionnelles toute décision concernant la guerre. Le Hezbollah continue pour sa part de défendre le principe de la « résistance » face à Israël.

Gaza et les mobilisations internationales mises en avant

Le Hezbollah affirme par ailleurs que le 7-Octobre a replacé durablement la Palestine dans le débat international. Pour étayer cette lecture, il cite les manifestations organisées dans plusieurs capitales occidentales et les mouvements de protestation apparus dans des universités depuis le début de la guerre à Gaza. Selon le parti, ces mobilisations montrent que les événements déclenchés en octobre 2023 ont réveillé une solidarité internationale avec les Palestiniens et provoqué une contestation de la conduite de la guerre israélienne.

Dans son communiqué, le mouvement utilise le terme de « génocide » pour qualifier les opérations menées par Israël à Gaza et évoque particulièrement les femmes et les enfants tués. Il affirme que trois années de guerre n’ont pas permis à Israël de régler à son avantage la question de Gaza ni de déterminer définitivement son avenir politique. Le Hezbollah soutient également qu’Israël n’a réussi à éliminer ni le Hamas ni les autres factions palestiniennes et qu’il n’est pas parvenu à convertir sa supériorité militaire en stabilité durable.

Cette lecture constitue l’un des principaux arguments du communiqué. Pour le Hezbollah, le coût humain et matériel subi par Gaza ne signifie pas que les objectifs politiques attribués au 7-Octobre ont disparu. Le parti estime au contraire que la persistance du dossier palestinien dans les relations internationales et la survie des mouvements armés palestiniens empêchent Israël de transformer ses résultats militaires en victoire stratégique définitive.

La normalisation arabe reste au cœur de l’argumentaire

Le Hezbollah attribue aussi au 7-Octobre un effet direct sur les projets de normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes. Avant l’attaque du Hamas, la possibilité d’un rapprochement entre Israël et l’Arabie saoudite occupait une place importante dans les discussions diplomatiques régionales. Le parti considère que cette dynamique menaçait de marginaliser la question palestinienne et qualifie le processus engagé à l’époque de voie « défaitiste » menée conformément, selon ses termes, à la volonté d’Israël et de ses soutiens internationaux.

Selon cette lecture, l’attaque du Hamas aurait bouleversé cette trajectoire en imposant à nouveau la question palestinienne dans les calculs des gouvernements de la région. Le Hezbollah présente cet effet comme l’un des résultats politiques durables du 7-Octobre. Il ne mesure donc pas l’opération seulement à travers la situation militaire dans la bande de Gaza, mais également à travers les transformations qu’elle a provoquées dans les relations entre Israël, les États arabes et les puissances occidentales.

Un communiqué qui résonne directement au Liban

Au Liban, cette défense du 7-Octobre intervient alors que le pays continue de gérer les conséquences de la guerre déclenchée à sa frontière sud. Les destructions dans les villages frontaliers, les besoins de reconstruction, le déploiement de l’armée, les violations israéliennes et la question des territoires toujours occupés restent liés au règlement de l’après-guerre. À ces dossiers s’ajoute désormais celui des armes du Hezbollah, devenu l’un des principaux points de confrontation entre les forces politiques libanaises.

Le communiqué du Hezbollah ne développe pas ces conséquences intérieures, mais elles donnent une portée particulière à son message. Trois ans après avoir décidé d’ouvrir un front de soutien à Gaza, le mouvement continue de considérer l’événement qui a déclenché cette séquence comme un acte légitime dont les résultats doivent être évalués sur le long terme. Il refuse ainsi l’argument selon lequel les pertes subies par Gaza, par le Hezbollah ou par le Liban suffiraient à invalider politiquement le choix initial du Hamas.

Cette position intervient au moment où le débat libanais porte précisément sur les enseignements à tirer de ces trois années. Pour le Hezbollah, le 7-Octobre a empêché l’effacement de la question palestinienne et contrarié la normalisation régionale avec Israël. Pour ses adversaires au Liban, les conséquences de la guerre ont au contraire renforcé la nécessité de placer les armes et les décisions militaires sous l’autorité exclusive de l’État. Le communiqué publié mercredi confirme que le Hezbollah, malgré les pertes subies depuis octobre 2023 et les transformations de la scène libanaise, n’a pas modifié sa lecture fondamentale de l’événement.

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