7 octobre 2026
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Geagea : désarmer le Hezbollah est une nécessité libanaise

Samir Geagea a appelé au désarmement immédiat du Hezbollah, estimant que cette démarche constitue d’abord une nécessité pour le Liban et non une réponse aux pressions américaines, arabes ou israéliennes. Le chef des Forces libanaises affirme que la souveraineté de l’État est incompatible avec le maintien d’une organisation militaire disposant d’une capacité de décision autonome. Ses déclarations interviennent alors que le gouvernement et l’armée ont déjà engagé un processus visant à réserver les armes aux institutions légales.

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a réclamé le désarmement immédiat du Hezbollah, mercredi 7 octobre 2026. Il affirme que cette démarche répond d’abord à une « nécessité libanaise » et non aux demandes des États-Unis, des pays arabes ou d’Israël. Cette prise de position intervient alors que l’État libanais a déjà engagé un processus visant à placer les armes sous son autorité exclusive. Geagea a également mis en cause le président du Parlement, Nabih Berri, qu’il accuse de ne pas jouer un rôle constructif.

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, remet le désarmement du Hezbollah au centre du débat politique libanais. Dans des déclarations rapportées mercredi 7 octobre, il a défendu une mise en œuvre immédiate de ce processus et rejeté l’idée selon laquelle Beyrouth agirait principalement sous la pression de puissances étrangères.

Selon Geagea, présenter cette question comme une exigence américaine, arabe ou israélienne revient à inverser les priorités. Il estime que le désarmement constitue avant tout une nécessité intérieure pour permettre à l’État libanais d’exercer pleinement son autorité.

Cette position s’inscrit dans la ligne défendue depuis longtemps par les Forces libanaises. Le parti considère que les institutions de l’État doivent disposer seules des moyens militaires et de la décision stratégique concernant la guerre et la paix.

Geagea place le désarmement du Hezbollah au premier plan

Samir Geagea a directement contesté l’argument selon lequel le gouvernement libanais chercherait à désarmer le Hezbollah parce que Washington, certains États arabes et Israël le demandent.

« C’est faux », a-t-il déclaré. Pour le chef des Forces libanaises, le démantèlement de l’appareil militaire du Hezbollah représente une priorité pour la population libanaise avant de répondre aux demandes de puissances étrangères.

Il considère même que cette question aurait dû être réglée plus tôt. Selon lui, le processus aurait dû commencer avant la dernière guerre et avant les discussions ayant conduit au cadre politique et sécuritaire actuel.

Geagea estime donc que le Liban agit avec retard. Son raisonnement repose sur une conception institutionnelle précise : aucune organisation armée indépendante ne devrait pouvoir conserver une capacité militaire lui permettant de peser sur les décisions stratégiques du pays.

Il affirme également que 75 % des Libanais souhaitent le démantèlement de l’appareil militaire du Hezbollah. Ce chiffre est avancé par Geagea lui-même. Aucun sondage ou élément méthodologique permettant de confirmer cette proportion n’accompagnait les déclarations rapportées mercredi. Il doit donc être considéré comme une affirmation politique du dirigeant des Forces libanaises et non comme une mesure établie de l’opinion publique.

La question des armes désormais inscrite dans les décisions de l’État

La déclaration de Geagea intervient dans un contexte très différent de celui qui prévalait encore quelques années auparavant. Le principe de la limitation des armes aux seules institutions légales n’est plus seulement porté par les adversaires politiques du Hezbollah.

Le Conseil des ministres avait décidé, le 5 août 2025, d’avancer vers le monopole des armes par l’État. L’armée libanaise a ensuite élaboré un plan destiné à mettre cette orientation en œuvre sur le terrain.

Le 8 janvier 2026, l’armée avait annoncé avoir atteint les objectifs de la première phase de son plan. Celle-ci concernait principalement le secteur situé au sud du Litani. Le commandement militaire avait notamment fait état d’un renforcement de sa présence opérationnelle et de son contrôle dans les zones passées sous son autorité.

L’armée avait toutefois souligné plusieurs obstacles. Elle avait cité la présence israélienne sur certains sites, les attaques contre le territoire libanais et les difficultés liées aux munitions non explosées et aux infrastructures militaires souterraines.

Le dossier a franchi une nouvelle étape le 2 mars 2026. Le Conseil des ministres a alors annoncé l’interdiction immédiate des activités militaires et sécuritaires du Hezbollah en dehors des institutions légales. Le gouvernement a également demandé au mouvement de remettre ses armes à l’État et de limiter son activité au domaine politique dans le cadre constitutionnel et légal.

Cette décision a donné au débat sur le désarmement une dimension institutionnelle supplémentaire. Elle signifie que la question ne porte plus seulement sur le principe de l’exclusivité des armes, mais sur les conditions et le calendrier de son application.

Pour Geagea, la souveraineté suppose une décision militaire unique

Le cœur de l’argument développé par Samir Geagea concerne précisément la souveraineté de l’État.

Le chef des Forces libanaises affirme qu’un État ne peut fonctionner pleinement lorsqu’une organisation militaire distincte conserve une capacité autonome et intervient dans les décisions stratégiques.

« Vous ne pouvez pas avoir un État, un véritable État, avec une organisation militaire qui confisque les décisions stratégiques et les décisions de guerre et de paix », a-t-il déclaré.

Cette formulation résume la position des Forces libanaises sur le Hezbollah. Geagea ne limite pas le dossier à la possession d’armes légères ou à l’existence de structures militaires. Il pose la question du centre de décision : qui dispose, au Liban, du pouvoir d’engager le pays dans un conflit ou d’en décider la cessation ?

Le gouvernement libanais a lui-même repris ce principe dans ses décisions de mars 2026. Il a affirmé que les décisions de guerre et de paix relevaient exclusivement de l’État. Il a parallèlement demandé à l’armée de poursuivre l’exécution de son plan de limitation des armes au nord du Litani.

Les autorités ont cependant lié cette démarche à la situation sécuritaire régionale. Dans la même décision, le gouvernement a demandé aux États garants du cessez-le-feu d’obtenir d’Israël un engagement à mettre fin aux attaques contre le territoire libanais.

Cette dimension reste déterminante pour l’armée. Dès janvier, son commandement avait averti que les attaques israéliennes, l’occupation de plusieurs positions et les restrictions d’accès à certaines zones compliquaient la poursuite de ses missions.

Geagea attaque aussi Nabih Berri

Dans ses déclarations, Samir Geagea a également mis en cause le président du Parlement, Nabih Berri. Il lui reproche de ne pas jouer un rôle « constructif » dans la période actuelle.

Le dirigeant des Forces libanaises accuse en particulier Berri d’avoir entravé les modifications législatives qu’il jugeait nécessaires au processus électoral.

Cette critique s’inscrit dans une confrontation politique plus ancienne entre les Forces libanaises et le président de la Chambre sur la loi électorale. Le désaccord a notamment porté sur les modalités de participation des Libanais établis à l’étranger.

La loi électorale de 2017 prévoyait six sièges spécifiques pour la diaspora. Cette disposition n’avait toutefois pas été pleinement appliquée lors des élections de 2018 et de 2022. Les électeurs expatriés avaient alors participé au scrutin dans leurs circonscriptions libanaises d’origine.

Les Forces libanaises ont défendu le maintien d’un système permettant aux expatriés de participer à l’élection de l’ensemble des députés. Nabih Berri a soutenu une lecture différente du dispositif prévu par la loi.

La critique formulée mercredi par Geagea contre Berri doit ainsi être comprise comme une prise de position politique du chef des Forces libanaises. Elle ne constitue pas, en elle-même, un constat institutionnel sur le rôle du président de la Chambre.

Un débat qui porte désormais sur l’exécution

Les déclarations de Samir Geagea interviennent alors que le débat libanais sur les armes du Hezbollah a profondément évolué. Pendant des années, les forces politiques se sont principalement affrontées sur le principe même du désarmement et sur la légitimité du maintien d’un appareil militaire distinct de celui de l’État.

Depuis les décisions gouvernementales prises à partir d’août 2025, la question porte aussi sur leur mise en œuvre.

L’armée a reçu pour mission d’étendre l’autorité de l’État et d’appliquer un plan de limitation des armes. Le gouvernement a ensuite explicitement interdit, en mars 2026, les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah hors des institutions légales. Ces décisions fournissent désormais le cadre institutionnel dans lequel s’inscrit l’appel de Geagea.

Le chef des Forces libanaises cherche, pour sa part, à accélérer le calendrier. Son intervention du 7 octobre insiste sur le caractère intérieur de cette exigence. Il refuse que le désarmement soit présenté comme une concession du Liban aux États-Unis, aux pays arabes ou à Israël.

Cette distinction est politiquement centrale. Elle permet à Geagea de présenter la question non comme le résultat d’un rapport de forces régional, mais comme un choix concernant directement l’organisation de l’État libanais.

La suite dépendra toutefois des décisions du gouvernement, de la capacité de l’armée à poursuivre son plan et de l’évolution de la situation sécuritaire. Les autorités militaires ont déjà indiqué que les conditions sur le terrain pouvaient ralentir leurs opérations. L’écart entre la demande d’un désarmement immédiat formulée par Geagea et le processus opérationnel conduit par l’État reste ainsi l’un des principaux points en suspens.

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