samedi, janvier 31, 2026

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Trump accueille des séparatistes albertains et menace de décertifier les avions canadiens

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Washington et Ottawa traversent une période de tensions accrues, marquée par des échanges diplomatiques tendus et des mesures économiques punitives. Au cœur de ces frictions, des rencontres entre des représentants de l’administration américaine et des leaders du mouvement séparatiste en Alberta ont été révélées, suscitant des réactions vives au Canada. Parallèlement, le président Donald Trump a émis une menace directe contre l’industrie aéronautique canadienne, annonçant la décertification d’avions fabriqués au Canada en réponse à un litige sur la certification de jets américains. Ces développements, survenus fin janvier 2026, s’inscrivent dans un contexte plus large de différends commerciaux et de questions de souveraineté.

Les discussions entre les États-Unis et les séparatistes albertains remontent à plusieurs mois, mais leur révélation publique a intensifié le débat. Des leaders du Alberta Prosperity Project (APP), un groupe prônant un référendum sur l’indépendance de la province riche en pétrole, ont rencontré des responsables du département d’État américain à Washington à au moins trois reprises depuis avril 2025. Ces entretiens, tenus dans la discrétion, visaient à explorer un soutien potentiel des États-Unis à une Alberta indépendante, incluant des aspects financiers et stratégiques. Jeff Rath, conseiller juridique de l’APP et participant à ces réunions, a déclaré que les États-Unis manifestaient un enthousiasme marqué pour une Alberta libre et indépendante, affirmant même entretenir une relation plus solide avec l’administration Trump que le premier ministre canadien Mark Carney. Ces affirmations soulignent l’attrait que représente l’Alberta pour Washington, avec ses vastes réserves énergétiques et son alignement potentiel sur les priorités économiques américaines.

Des liens stratégiques avec Washington

L’Alberta, province occidentale du Canada, abrite une industrie pétrolière florissante qui contribue de manière significative à l’économie nationale. Cependant, des frustrations locales persistent face aux politiques fédérales d’Ottawa, perçues comme défavorables aux intérêts énergétiques provinciaux. Le mouvement séparatiste, bien que marginal, a gagné en visibilité avec des campagnes comme celle de l’APP, qui milite pour une souveraineté accrue. Les rencontres avec des officiels américains s’inscrivent dans cette dynamique, où les séparatistes cherchent des alliances extérieures pour renforcer leur position. Selon des sources proches des discussions, les leaders albertains ont évoqué la possibilité d’une ligne de crédit de 500 milliards de dollars auprès du Trésor américain pour faciliter une transition vers l’indépendance. Cette demande audacieuse reflète l’ambition du groupe, qui voit dans l’administration Trump un partenaire naturel, partageant des vues conservatrices sur l’énergie et le commerce.

Ces interactions n’ont pas été initiées par hasard. Elles surviennent alors que les relations bilatérales entre les États-Unis et le Canada se dégradent, alimentées par des désaccords sur le commerce, les tarifs douaniers et les investissements étrangers. Le président Trump a publiquement critiqué le Canada à plusieurs reprises, proposant même, de manière rhétorique, d’intégrer le pays comme 51e État américain – une idée rejetée fermement par Ottawa. Dans ce climat, les séparatistes albertains ont perçu une opportunité, organisant des rallies où des chapeaux inspirés du slogan « Make Alberta Great Again » étaient distribués, et érigeant des panneaux publicitaires appelant à rejoindre les États-Unis. Un tel panneau, financé par un groupe pro-américain, montrait la première ministre albertaine Danielle Smith serrant la main de Trump, illustrant les liens perçus entre les deux camps.

Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a ajouté à la controverse en qualifiant l’Alberta de « partenaire naturel » pour les États-Unis lors d’une entrevue sur une chaîne conservatrice. Cette déclaration, faite la semaine précédant la révélation des rencontres, a été interprétée comme un signal d’ouverture de l’administration Trump envers les aspirations albertaines. Elle intervient alors que des tensions montent autour de la renégociation de l’accord commercial CUSMA, où Washington exerce une pression accrue sur ses voisins pour aligner leurs politiques sur les intérêts américains.

La ferme réponse d’Ottawa

Le premier ministre canadien Mark Carney a réagi avec mesure mais fermeté à ces révélations. Lors d’une conférence de presse à Ottawa, entouré des premiers ministres provinciaux, il a affirmé attendre de l’administration Trump un respect total de la souveraineté canadienne. « J’attends de l’administration américaine qu’elle respecte la souveraineté canadienne. Je suis toujours clair dans mes conversations avec le président Trump à cet égard », a-t-il déclaré. Carney a précisé que les questions de séparatisme en Alberta ou au Québec n’ont jamais été abordées lors de ses échanges avec Trump, insistant sur la nécessité de se concentrer sur des collaborations constructives plutôt que sur des divisions.

D’autres voix au Canada ont été plus virulentes. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a qualifié ces rencontres de « trahison », arguant qu’elles constituent une ingérence étrangère dans les affaires intérieures canadiennes. De même, le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a vu dans ces discussions un élément d’une stratégie plus large visant à déstabiliser le Canada, en lien avec d’autres pressions américaines comme les menaces sur le Groenland ou les attaques verbales contre Carney. Ces réactions mettent en lumière les fractures potentielles au sein de la fédération canadienne, où l’Alberta, traditionnellement conservatrice, se sent parfois marginalisée par les politiques libérales d’Ottawa.

Danielle Smith, première ministre de l’Alberta, a elle-même rencontré Trump à Mar-a-Lago avant son investiture, mais elle a nié tout lien direct avec les séparatistes lors de ces échanges. Pressée par ses homologues provinciaux de condamner le séparatisme, Smith a plaidé pour une approche unificatrice, affirmant que l’Alberta doit se concentrer sur la restauration de l’espoir pour ses citoyens plutôt que sur des divisions. Néanmoins, des allégations circulent selon lesquelles des membres de son caucus auraient signé des pétitions en faveur d’un référendum sur l’indépendance, alimentant les spéculations sur des sympathies internes au mouvement.

Escalade dans le secteur aéronautique

Parallèlement à ces développements politiques, le président Trump a intensifié les hostilités économiques en ciblant directement l’industrie aéronautique canadienne. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social le 29 janvier 2026, Trump a annoncé la décertification des jets Bombardier Global Express et de tous les avions fabriqués au Canada, jusqu’à ce que les autorités canadiennes certifient les modèles Gulfstream G500, G600, G700 et G800, produits par l’entreprise américaine Gulfstream Aerospace, basée en Géorgie. « Le Canada a injustement, illégalement et obstinément refusé de certifier les jets Gulfstream 500, 600, 700 et 800, l’un des avions les plus avancés technologiquement jamais construits », a écrit Trump, qualifiant Gulfstream de « grande entreprise américaine » qui aurait dû être certifiée il y a des années.

Cette mesure, si appliquée, toucherait plus de 5 000 avions canadiens opérant actuellement aux États-Unis, potentiellement paralysant une partie du trafic aérien commercial et d’affaires. Trump a également menacé d’imposer un tarif douanier de 50 % sur tous les avions canadiens vendus aux États-Unis si la situation n’était pas « immédiatement corrigée ». Il a accusé le Canada d’empêcher effectively la vente de produits Gulfstream sur son territoire via ce processus de certification, transformant un litige technique en une arme économique.

La Maison Blanche a par la suite clarifié que cette décertification ne s’appliquerait pas aux avions déjà en service, mais pourrait concerner les nouvelles certifications. Cette précision vise à atténuer les craintes immédiates d’une perturbation massive, mais elle n’efface pas l’impact sur l’industrie. Bombardier, basé au Québec, a vu ses actions chuter de près de 9 % à l’ouverture des marchés suivant l’annonce, reflétant l’incertitude pesant sur les exportations canadiennes vers les États-Unis, qui représentent une part significative de ses ventes.

Contexte d’un litige technique

Le différend sur la certification des jets Gulfstream remonte à plusieurs années, avec des allégations de retards injustifiés de la part de Transports Canada. Gulfstream, filiale de General Dynamics, produit des jets d’affaires haut de gamme destinés à une clientèle internationale, et l’absence de certification canadienne limite leur accès au marché local. Trump a présenté cette situation comme une barrière commerciale déloyale, liant explicitement la décertification des avions canadiens à une résolution favorable pour les États-Unis. « Le Canada interdit effectivement la vente de produits Gulfstream au Canada via ce même processus de certification », a-t-il ajouté dans son message.

Bombardier, concurrent direct de Gulfstream dans le segment des jets d’affaires, se trouve au centre de cette tempête. L’entreprise québécoise, qui a cédé une partie de ses activités à Mitsubishi en 2019, produit toujours des modèles assemblés majoritairement au Canada, bien que certains composants proviennent des États-Unis. Plus de 5 500 avions canadiens sont enregistrés aux États-Unis, incluant des modèles de Bombardier utilisés par des compagnies aériennes et des opérateurs privés. Une décertification, même partielle, pourrait entraîner des coûts massifs en termes de révisions et de remplacements, affectant des milliers d’emplois dans l’industrie aéronautique canadienne.

Les autorités canadiennes ont réagi en notant que les processus de certification sont rigoureux et indépendants, visant à assurer la sécurité aérienne. Transports Canada a indiqué avoir pris connaissance de la déclaration de Trump et travailler à une réponse coordonnée avec les partenaires industriels. Des experts du secteur soulignent que les certifications bilatérales entre la FAA américaine et Transports Canada sont généralement harmonisées, mais des divergences techniques peuvent survenir, comme dans ce cas où des questions sur les systèmes de vol des Gulfstream ont été soulevées.

Tensions étendues à l’aviation militaire

Les frictions aéronautiques ne se limitent pas au secteur civil et s’étendent désormais au domaine militaire, où le contrat pour l’acquisition de chasseurs F-35 par le Canada fait l’objet d’une remise en cause potentielle. Annoncé en 2022 et formalisé en 2023 pour l’achat de 88 appareils F-35A de Lockheed Martin, ce programme vise à remplacer la flotte vieillissante de CF-18 Hornet de l’Aviation royale canadienne. Les premières livraisons étaient prévues pour 2026, avec un budget initial estimé à 19 milliards de dollars canadiens, mais une révision fédérale en 2025 a révélé une augmentation des coûts à 27,7 milliards de dollars, due à des retards de production et à des contraintes manufacturières chez Lockheed Martin.

Dans le contexte des tensions actuelles avec l’administration Trump, Ottawa a rouvert le dossier, envisageant des alternatives pour diversifier ses fournisseurs et renforcer sa souveraineté industrielle. Le ministre de la Défense canadien, David McGuinty, a indiqué que aucune décision finale n’avait été prise, mais que le gouvernement explorait des options mixtes. Parmi elles, l’achat d’un nombre réduit de F-35 – potentiellement autour de 40 unités – complété par des appareils d’autres fabricants, afin de limiter la dépendance envers les États-Unis. Cette approche répond à des préoccupations sur l’interopérabilité avec le NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord), mais aussi à des avertissements américains selon lesquels une réduction de la commande pourrait impacter la coopération en matière de défense.

L’alternative la plus sérieusement considérée est le JAS 39 Gripen E du fabricant suédois Saab, qui a soumis une offre compétitive incluant 72 chasseurs Gripen et six appareils de surveillance GlobalEye. Contrairement au F-35, assemblé au Texas, Saab propose une production locale au Canada, potentiellement créant plus de 12 000 emplois et favorisant des transferts de technologie. La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a souligné l’intérêt pour des projets qui protègent la sécurité nationale tout en stimulant l’économie, déclarant : « Le gouvernement est intéressé par tous les grands projets qui peuvent non seulement protéger la sécurité et la souveraineté du Canada, mais aussi créer des emplois à travers le pays. » Cette proposition inclut des systèmes d’alerte précoce GlobalEye, renforçant les capacités de surveillance arctique, un enjeu stratégique face aux ambitions russes et chinoises.

Les États-Unis ont réagi avec fermeté, le Pentagone avertissant que tout abandon partiel du F-35 pourrait compromettre l’intégration dans les réseaux de combat NATO et NORAD, où le F-35 joue un rôle central en termes de communication et de furtivité. Des sources au sein du département de la Défense américain ont indiqué que des discussions intenses étaient en cours pour obtenir des engagements supplémentaires de Lockheed Martin en matière d’emplois canadiens, mais que des pressions diplomatiques pourraient s’intensifier si Ottawa optait pour une flotte mixte. Le ministre de la Défense Bill Blair, reconduit dans ses fonctions en mars 2025, a confirmé que des pourparlers avec des fournisseurs européens, dont Saab, étaient engagés, notant : « Nous examinons d’autres alternatives – si nous avons besoin que tous ces chasseurs soient des F-35. » Cette réévaluation, initialement prévue pour l’été 2025, reste ouverte en janvier 2026, avec des implications pour les chaînes d’approvisionnement transfrontalières et la coopération bilatérale en défense.

Le Gripen, déjà en service dans plusieurs pays alliés comme la Suède, le Brésil et la Hongrie, offre une flexibilité opérationnelle avec des coûts d’entretien inférieurs et une capacité à opérer dans des environnements arctiques rigoureux. Cependant, son intégration nécessiterait des investissements supplémentaires pour l’aligner sur les protocoles NORAD, un point soulevé par des experts en défense. Saab a mis en avant des simulations démontrant une compatibilité avec les systèmes alliés, tout en promettant une production à Montréal ou Halifax pour maximiser les retombées économiques. Cette option reflète les préoccupations canadiennes sur les coûts croissants du F-35, dont les mises à jour et la maintenance dépendent largement des infrastructures américaines, potentiellement vulnérables aux fluctuations politiques comme celles observées avec les menaces sur Bombardier.

Implications immédiates pour l’industrie

L’annonce de Trump a provoqué une onde de choc dans le secteur aéronautique, avec des analystes évaluant les retombées potentielles sur les chaînes d’approvisionnement transfrontalières. Le Canada exporte annuellement des milliards de dollars en équipements aéronautiques vers les États-Unis, et une taxe de 50 % rendrait ces produits non compétitifs. Gulfstream, de son côté, pourrait bénéficier d’un avantage concurrentiel si ses jets obtiennent enfin la certification canadienne, ouvrant un marché supplémentaire pour ses modèles avancés équipés de technologies de pointe en matière de navigation et d’efficacité énergétique.

Des associations professionnelles, comme l’Association internationale de l’aviation d’affaires, ont exprimé leur préoccupation face à cette politisation des certifications, traditionnellement gérées par des organismes techniques indépendants. À Montréal, siège de Bombardier, des réunions d’urgence ont été convoquées pour évaluer les scénarios, incluant des recours légaux auprès de l’Organisation mondiale du commerce. Les implications s’étendent au-delà des jets d’affaires, touchant potentiellement d’autres fabricants canadiens comme De Havilland, dont les appareils régionaux sont largement utilisés aux États-Unis.

Ces événements récents illustrent les vulnérabilités du Canada face aux pressions américaines, particulièrement dans un contexte où l’Alberta sert de point d’entrée pour des influences extérieures. Les discussions avec les séparatistes, combinées à la menace sur l’aviation, marquent une phase d’escalade où les enjeux économiques et politiques se chevauchent, forçant Ottawa à naviguer avec prudence pour préserver l’unité nationale et les relations bilatérales. Les prochains jours pourraient voir des négociations intenses, avec des appels à des sommets d’urgence entre Carney et Trump pour désamorcer la crise. Les implications immédiates incluent une surveillance accrue des marchés boursiers, où les actions des entreprises aéronautiques canadiennes restent volatiles, et une mobilisation des syndicats représentant des milliers de travailleurs dans les usines de Bombardier et d’autres fournisseurs, qui craignent des pertes d’emplois si les menaces se concrétisent. Par ailleurs, des experts en relations internationales notent que ces tensions pourraient influencer d’autres dossiers, comme les négociations sur l’énergie et les pipelines transfrontaliers, où l’Alberta joue un rôle pivotal.

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