Le 28 février 2025, une rencontre explosive entre Donald Trump, fraîchement investi président des États-Unis, et Volodymyr Zelensky, leader ukrainien, a marqué un tournant dans les relations transatlantiques. Organisée dans le Bureau ovale, cette réunion visait à sceller un accord sur l’exploitation des terres rares ukrainiennes – lithium, titane, ressources cruciales pour les industries technologiques – et à clarifier l’avenir de l’aide militaire américaine. Mais l’échange a rapidement dégénéré. Selon des participants, Trump, flanqué de son vice-président J.D. Vance, a ouvert la discussion en reprochant à Zelensky son « manque de gratitude » pour les 56 milliards de dollars d’aide militaire injectés par les États-Unis depuis 2022, selon les chiffres du Département de la Défense. « Vous prenez notre argent et vous demandez encore plus sans rien offrir en retour », aurait-il lancé.
Zelensky, visage fermé, a défendu la lutte de son peuple face à l’invasion russe, entamée le 24 février 2022. « Nous ne négocions pas avec un tueur », a-t-il rétorqué, visant Vladimir Poutine, avant d’exiger des garanties fermes sur la poursuite des livraisons d’armes – obusiers HIMARS, missiles Patriot, drones avancés. Trump a répliqué avec un ultimatum : « Concluez un accord avec la Russie rapidement, ou nous vous laissons tomber. » J.D. Vance a enfoncé le clou, dénonçant une « ingratitude » qui « insulte les contribuables américains ». La tension a culminé lorsque Zelensky a quitté la réunion sans signer l’accord, un départ retransmis en direct qui a captivé le monde.
Ce clash n’est pas isolé. Dès septembre 2024, une rencontre à New York entre Trump, alors candidat, et Zelensky avait révélé des divergences. Trump avait critiqué l’aide américaine comme un « puits sans fond », tandis que Zelensky plaidait pour sa survie nationale. Aujourd’hui, avec Trump au pouvoir depuis le 20 janvier 2025, ses promesses de campagne – réduire l’engagement américain en Ukraine – se concrétisent, menaçant un soutien vital. En décembre 2024, des républicains au Congrès, alignés sur Trump, ont bloqué un paquet de 61 milliards de dollars d’aide, laissant l’Ukraine dans l’incertitude alors que ses stocks de munitions s’épuisent.
L’ombre de la Russie : Poutine joue sur l’usure
À des milliers de kilomètres, la Russie savoure ce spectacle. Depuis le début de l’invasion, Moscou contrôle environ 18 % du territoire ukrainien – Crimée, parties du Donbass, zones de Lougansk et Zaporijjia – selon l’Institute for the Study of War (ISW) en décembre 2024. Les combats autour de Pokrovsk, dans le Donbass, restent acharnés. Les pertes russes sont colossales : plus de 600 000 soldats tués ou blessés depuis 2022, selon les estimations ukrainiennes de février 2025, soit près de 1 500 pertes quotidiennes dans les phases les plus intenses. Pourtant, Poutine maintient la pression, convaincu que le temps joue en sa faveur.
Militairement, la Russie s’appuie sur des alliés clés. L’Iran a livré plus de 400 drones Shahed en 2024, utilisés pour frapper les infrastructures ukrainiennes, tandis que la Corée du Nord a fourni des obus d’artillerie – environ 3 millions d’unités selon des rapports sud-coréens de novembre 2024. Économiquement, Moscou a réorienté ses exportations énergétiques : en 2024, 2,5 millions de barils de pétrole par jour ont été vendus à l’Inde et à la Chine, selon l’Agence internationale de l’énergie, contournant les sanctions occidentales qui ont coupé l’accès aux marchés européens.
Le clash du 28 février offre à Poutine une ouverture. Trump, qui a repris contact avec lui lors d’un appel le 12 février 2025, semble prêt à pousser un cessez-le-feu rapide, potentiellement gelant les lignes actuelles. Pour la Russie, cela consacrerait ses conquêtes territoriales, transformant une guerre coûteuse en victoire stratégique. À Kiev, un tel scénario est vu comme une trahison, Zelensky refusant toute concession sur le Donbass ou la Crimée.
La Chine : un opportuniste en embuscade
Pendant que l’Occident se déchire, la Chine tire les ficelles en coulisses. Officiellement neutre, Pékin a renforcé ses liens avec Moscou. En 2024, ses importations de gaz naturel russe ont grimpé de 50 % par rapport à 2021, atteignant 40 milliards de mètres cubes, selon Bloomberg. Des composants électroniques chinois – puces, systèmes de guidage – ont été retrouvés dans des drones russes abattus en Ukraine, bien que via des intermédiaires, selon un rapport de l’ONG Conflict Armament Research de décembre 2024. Xi Jinping, dont la « coopération sans limites » avec Poutine a été scellée en mars 2023, voit dans les divisions occidentales une opportunité historique.
La Chine surveille particulièrement les hésitations américaines. Si Trump réduit l’aide à l’Ukraine, Pékin pourrait accélérer ses ambitions dans le Pacifique. À Taïwan, les incursions militaires chinoises ont atteint un record de 125 en octobre 2024, selon le ministère de la Défense taïwanais, signalant une pression croissante. En parallèle, la Chine se pose en médiatrice : lors d’un sommet à Pékin en janvier 2025, Xi a accueilli des leaders du Sud global, vantant une « alternative au chaos occidental ». Pour Pékin, la guerre ukrainienne est un levier pour défier l’hégémonie américaine sans s’exposer directement.
L’Europe sous pression : une solidarité à l’épreuve
En Europe, le clash du 28 février a déclenché une onde de choc. Depuis 2022, l’Union européenne a mobilisé 118 milliards d’euros pour l’Ukraine – prêts, dons, armes –, dépassant les États-Unis en valeur absolue, selon le Conseil européen en décembre 2024. La France a livré des missiles SCALP et des canons Caesar, l’Allemagne des chars Leopard 2, et le Royaume-Uni des Storm Shadow. Lors du sommet de Paris du 26 février 2024, Emmanuel Macron avait déjà réuni Zelensky et d’autres leaders pour coordonner cette aide, promettant un soutien « aussi longtemps que nécessaire ». À court terme, les Européens restent mobilisés : en janvier 2025, l’Allemagne a annoncé 10 000 obus supplémentaires pour Kiev.
Mais à long terme, la dépendance aux États-Unis pose problème. Les pays européens savent qu’ils doivent investir dans leur industrie de défense pour pallier un éventuel retrait américain. En 2024, les stocks européens d’obus de 155 mm étaient insuffisants pour soutenir un conflit prolongé, selon l’Institut français des relations internationales (IFRI). Cette crise ravive les doutes sur la fiabilité des États-Unis, un allié historique dont les revirements sous Trump – comme ses menaces de quitter l’OTAN en 2018 – laissent des traces. Si Washington se désengage, l’Europe devra combler un vide colossal, un défi qui exige coordination et ressources.
L’OTAN face à un dilemme : unité sous tension
L’OTAN, pilier de la sécurité occidentale, est secouée par ces développements. En 2024, l’Alliance a renforcé son flanc est avec 10 000 soldats supplémentaires, déployés en Pologne, Lituanie, Lettonie et Estonie, selon son rapport annuel. La Pologne, qui consacre 4 % de son PIB à la défense – contre les 2 % recommandés par l’OTAN –, et les États baltes exigent une présence militaire accrue face à la menace russe. Mais les États-Unis, qui représentent 70 % du budget militaire de l’Alliance (soit 800 milliards de dollars en 2024), pourraient réduire leur engagement sous Trump.
Le sommet de Washington en juillet 2024 avait réaffirmé le soutien à l’Ukraine, avec un fonds de 40 milliards d’euros promis sur cinq ans. Pourtant, le clash du 28 février expose les fractures internes. La France, sous Macron, pousse pour une « autonomie stratégique » au sein de l’OTAN, plaidant pour une défense européenne renforcée. L’Allemagne, plus prudente, privilégie l’unité transatlantique malgré les incertitudes américaines. Si Trump contourne l’OTAN pour négocier avec Poutine, comme il l’a laissé entendre, l’Alliance risque de perdre en crédibilité, incitant la Russie à tester ses limites – notamment dans les États baltes, membres depuis 2004.
L’Union européenne à la croisée des chemins : entre ambition et fragilité
L’Union européenne (UE) joue un rôle central, mais ses failles émergent. Depuis 2022, elle a imposé 13 paquets de sanctions contre la Russie, gelant 300 milliards d’euros d’actifs, selon la Commission européenne en décembre 2024. L’aide militaire inclut une initiative tchèque pour livrer 2 millions d’obus, bien que seuls 500 000 aient été fournis à fin 2024. Pourtant, des États comme la Hongrie, dirigée par Viktor Orbán, et la Slovaquie bloquent des décisions nécessitant l’unanimité, comme l’utilisation des fonds russes gelés pour financer l’Ukraine, ralentissant une réponse collective.
À long terme, l’UE doit muscler son industrie de défense. Le Fonds européen de la défense, doté de 8 milliards d’euros jusqu’en 2027, est dérisoire face aux besoins estimés à 100 milliards par an pour rivaliser avec les États-Unis, selon un rapport du Parlement européen de 2024. L’adhésion de l’Ukraine, lancée en 2022, progresse : en décembre 2024, les négociations ont débuté sur les chapitres économiques. Mais les coûts – estimés à 136 milliards d’euros sur dix ans par le Centre for European Policy Studies – et les réformes exigées divisent les 27 membres. Si l’UE échoue à intégrer Kiev ou à soutenir sa reconstruction, elle risque de céder du terrain à la Chine, qui propose des investissements sans conditions démocratiques.
Les enjeux stratégiques : un monde en mutation
Pour l’Ukraine, chaque jour est une bataille. En 2024, ses forces ont perdu du terrain dans le Donbass, avec plus de 100 000 soldats tués ou blessés selon des estimations occidentales. Zelensky, soutenu par un peuple résilient, refuse tout compromis sur la Crimée ou le Donbass, mais ses stocks de munitions s’amenuisent. Les ressources minières ukrainiennes – 5 % des réserves mondiales de lithium, selon l’US Geological Survey – attirent les regards, notamment de Washington, qui cherche à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement face à la Chine.
Globalement, Trump privilégie la rivalité avec Pékin, où les tensions en mer de Chine méridionale montent. La Russie vise un statu quo avantageux, tandis que la Chine attend son heure pour défier l’ordre occidental. L’Europe, entre OTAN et UE, hésite sur son rôle : rester un allié subordonné ou devenir une puissance autonome.



