L’Université libanaise, principale institution publique d’enseignement supérieur du pays, maintient ses portes fermées aux étudiants. Le président de l’établissement, le docteur Bassam Badran, a annoncé ce matin, via un communiqué relayé par l’Agence nationale d’information, la poursuite de la suspension des cours dans l’ensemble des unités, facultés et branches de l’université jusqu’au soir du dimanche 15 mars 2026. Cette décision intervient dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes qui affectent l’ensemble du territoire libanais depuis le début du mois.
Le communiqué précise que la mesure concerne toutes les composantes de l’université, y compris l’administration centrale. Un nouveau texte sera publié ultérieurement pour préciser les modalités de gestion des affaires administratives. Le docteur Bassam Badran, qui dirige l’établissement depuis octobre 2021, fonde cette prolongation sur l’évolution des conditions de sécurité qui rendent impossible, pour l’instant, toute reprise des activités en présentiel.
Cette annonce s’inscrit dans une série de décisions similaires prises par la présidence de l’université au cours des dernières semaines. Dès le début du mois de mars 2026, face aux premiers développements sécuritaires, le recteur avait ordonné la fermeture de tous les sites. Une première extension avait été notifiée le 4 mars, puis confirmée par des communiqués successifs. Le texte diffusé aujourd’hui par l’Agence nationale d’information reprend mot pour mot la formulation des précédents : « en raison de l’évolution de la situation sécuritaire dans le pays ».
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Le docteur Bassam Badran a réitéré, dans des déclarations rapportées ces derniers jours, que la sécurité constitue une condition sine qua non pour tout retour à l’enseignement présentiel. Il a souligné l’impossibilité actuelle d’organiser des cours en présentiel, compte tenu des risques encourus par les étudiants, les enseignants et le personnel administratif. Le recteur a également indiqué que, à compter du 16 mars, l’université envisagerait la mise en place d’un enseignement à distance, sans réduction des programmes. Ce dispositif serait organisé de manière asynchrone afin de tenir compte des situations particulières de nombreux étudiants et enseignants encore déplacés ou privés de domicile stable.
L’Université libanaise compte, selon les données les plus récentes publiées par des classements internationaux pour l’année 2026, environ 44 105 étudiants inscrits. Elle dispose de seize facultés et instituts, répartis sur de multiples branches et campus à travers le territoire : le campus principal de Hadath dans la banlieue sud de Beyrouth, le campus de Fanar, le campus nord, ainsi que des implantations à Tripoli, Saïda, Nabatiyé, Tyr et dans la Békaa. Cette présence nationale permet à l’institution de servir une population étudiante issue de toutes les régions et de toutes les communautés du Liban. Fondée au début des années 1950 comme institut d’enseignement supérieur, elle est devenue l’université publique de référence du pays, unique en son genre par son envergure et son rôle social.
La suspension actuelle intervient alors que le Liban fait face à une nouvelle phase d’instabilité sécuritaire. Le 1er mars 2026, le Hezbollah a procédé à des tirs de projectiles en direction du nord d’Israël, en réponse à l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei survenu dans le cadre du conflit plus large impliquant les États-Unis et Israël. Ces tirs, les premiers depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, ont déclenché une riposte israélienne immédiate et massive.
Dès le 2 mars, les forces israéliennes ont lancé des vagues de frappes aériennes sur plusieurs régions libanaises, notamment les quartiers sud de Beyrouth, le sud du pays et la vallée de la Békaa. Les autorités libanaises ont fait état de dizaines de morts et de centaines de blessés dès les premières heures. Les frappes se sont poursuivies les jours suivants, touchant des infrastructures et des zones habitées. Selon les bilans publiés au 7 mars, le nombre de victimes s’approchait de 300 morts et près de 800 blessés sur l’ensemble du territoire.
Le gouvernement libanais, présidé par Nawaf Salam depuis février 2025, a réagi fermement. Le Premier ministre a qualifié l’initiative du Hezbollah d’« acte irresponsable » mettant en danger la sécurité et la stabilité du pays. Le ministre de la Justice Adel Nassar a ordonné aux services de sécurité d’arrêter les responsables des tirs de roquettes. Le Conseil des ministres a demandé à l’armée libanaise et aux forces de sécurité de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour empêcher toute opération militaire ou tout lancement de roquettes ou de drones depuis le territoire libanais. Il a également appelé au déploiement immédiat des forces armées au sud du Litani, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies.
La ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Rima Karami, membre du cabinet formé en février 2025 sous la présidence de Nawaf Salam, a pris des mesures parallèles pour l’ensemble du secteur éducatif. Elle a ordonné la fermeture de toutes les écoles publiques et privées du pays afin de protéger les élèves et le personnel face aux risques liés aux développements sécuritaires. Cette décision s’applique également aux établissements d’enseignement supérieur, en coordination avec les recteurs des différentes universités.
D’autres institutions ont adopté des dispositions similaires. L’Université libanaise-américaine a ainsi suspendu certaines activités en présentiel pour plusieurs journées, invoquant explicitement la sécurité des étudiants, des enseignants et du personnel. Ces fermetures collectives reflètent la gravité de la situation qui touche l’ensemble du système éducatif national.
La représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a mis en garde contre le retour du pays dans un cycle de violence. Dans une déclaration publique le 7 mars, elle a indiqué que le Liban avait été « entraîné de nouveau dans un état de tourmente et de violence ». L’envoyée onusienne a rappelé que les progrès réalisés depuis le cessez-le-feu de novembre 2024 avaient été brutalement interrompus. Elle a appelé à la retenue et au dialogue, soulignant que les actions militaires ne sauraient apporter de solution durable.
Les frappes israéliennes ont également entraîné de nouveaux déplacements de population. Des ordres d’évacuation ont été émis pour la banlieue sud de Beyrouth et pour des villages situés au sud du Litani. Des dizaines de milliers de familles ont quitté leurs domiciles pour se réfugier dans des abris collectifs ou chez des proches plus au nord. Parmi elles figurent de nombreux étudiants et enseignants de l’Université libanaise originaires des régions les plus touchées. Le recteur Badran a explicitement évoqué cette réalité dans ses déclarations, expliquant que le recours à l’enseignement à distance à partir du 16 mars visait précisément à permettre à ces personnes privées de logement stable de poursuivre leurs études sans interruption majeure.
L’université suit l’évolution de la situation au jour le jour. La présidence a indiqué dans ses communiqués successifs qu’elle continuerait à publier des mises à jour régulières en fonction des développements. Le site officiel de l’établissement a relayé chaque extension de la mesure, en précisant à chaque fois que la décision était motivée par la priorité absolue accordée à la sécurité de la communauté universitaire.
Les branches de l’université situées dans le sud et dans la Békaa sont particulièrement concernées par les déplacements. Les facultés de droit, de sciences, de lettres et de médecine, qui disposent d’implantations régionales, ont vu leurs activités entièrement suspendues depuis le début du mois. Les étudiants inscrits dans ces filières, souvent issus de familles modestes, se trouvent confrontés à des difficultés logistiques supplémentaires pour accéder à des connexions internet stables ou à des espaces d’étude adaptés en cas de reprise à distance.
Le cabinet du Premier ministre Nawaf Salam, formé en février 2025, continue de coordonner les réponses aux urgences sécuritaires et humanitaires. Le ministère de l’Éducation, sous la direction de Rima Karami, travaille en lien étroit avec les recteurs pour harmoniser les mesures prises par les établissements publics et privés. Des discussions ont été évoquées pour garantir la continuité pédagogique sans compromis sur la qualité des programmes.
Les autorités israéliennes ont, de leur côté, multiplié les mises en garde. Le ministre de la Défense israélien a déclaré que le Liban tout entier paierait un prix élevé si le Hezbollah n’était pas désarmé. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté sur la nécessité pour le gouvernement libanais de faire respecter l’accord de 2024. Ces déclarations interviennent alors que les frappes aériennes se sont poursuivies jusqu’au 7 mars, avec des vagues répétées sur plus de 500 cibles revendiquées par l’armée israélienne.
L’Université libanaise, en tant qu’institution publique majeure, joue un rôle central dans la formation des cadres du pays. Ses diplômés occupent des postes dans l’administration, la justice, la santé et l’enseignement. La suspension prolongée des cours touche donc non seulement les étudiants actuels mais aussi l’ensemble du tissu socio-économique libanais à moyen terme. Le recteur Badran a cependant assuré que les programmes resteraient intacts et que les examens seraient organisés dès que les conditions de sécurité le permettraient.
Les dernières informations disponibles ce 8 mars indiquent que les opérations militaires se poursuivent dans plusieurs secteurs. Des raids aériens ont été signalés dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la région de la Békaa au cours des dernières vingt-quatre heures. Le bilan humain continue de s’alourdir, avec des chiffres actualisés régulièrement par les services de secours libanais. Parallèlement, des centaines de milliers de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, selon les estimations des organisations humanitaires internationales.
La présidence de l’Université libanaise maintient un suivi permanent des événements. Le docteur Bassam Badran a rappelé que toutes les décisions futures seraient prises en fonction de l’évolution concrète de la situation sur le terrain. Un communiqué distinct est attendu dans les prochains jours concernant la reprise éventuelle des activités administratives, qui pourraient être organisées de manière limitée et sécurisée.
Les facultés de l’université ont déjà commencé à préparer les plateformes numériques nécessaires pour l’enseignement à distance prévu à partir du 16 mars. Des instructions ont été transmises aux enseignants pour adapter leurs cours à ce format sans modifier le contenu des programmes. Les étudiants ont été invités à consulter régulièrement les sites des différentes branches pour les mises à jour.
Dans le sud du pays, plusieurs campus secondaires de l’université restent inaccessibles en raison des ordres d’évacuation et des frappes. Les étudiants de ces régions ont été particulièrement affectés par les déplacements successifs depuis novembre 2024, puis à nouveau depuis le 2 mars. Le recteur a mentionné explicitement ces cas dans ses déclarations récentes, expliquant que l’enseignement asynchrone permettrait à ces jeunes de suivre les cours à leur rythme malgré les contraintes.
Le ministère de l’Éducation, dirigé par Rima Karami, a diffusé des consignes similaires pour les écoles secondaires et techniques. L’ensemble du secteur éducatif public est ainsi aligné sur une stratégie de protection prioritaire des vies humaines. Des réunions de coordination ont eu lieu ces derniers jours entre les responsables des universités publiques et privées pour harmoniser les calendriers académiques.
Les Nations unies, par la voix de leur envoyée spéciale, ont réitéré leur appel à la désescalade. Jeanine Hennis-Plasschaert a souligné que la poursuite des hostilités ne ferait qu’aggraver la situation humanitaire déjà précaire du Liban. Elle a rappelé les efforts diplomatiques engagés depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, qui avaient permis un retour progressif des habitants dans le sud avant les événements du début mars.
Les autorités libanaises ont également demandé à l’armée de déployer davantage de troupes au sud du Litani pour faire respecter les dispositions de la résolution 1701. Des opérations de désarmement ont été évoquées dans les déclarations officielles du gouvernement, sans que des détails opérationnels ne soient rendus publics pour l’instant.
L’Université libanaise, avec ses dizaines de milliers d’étudiants et son réseau de branches couvrant tout le territoire, reste particulièrement exposée aux conséquences des tensions régionales. La décision du président Badran de prolonger la suspension jusqu’au 15 mars s’inscrit dans cette logique de prudence absolue. Les étudiants, les enseignants et le personnel administratif attendent désormais les prochaines communications officielles pour connaître la suite du calendrier académique.
Les développements sécuritaires des dernières heures indiquent que les frappes aériennes se sont concentrées sur des zones spécifiques du sud et de la Békaa. Des ordres d’évacuation supplémentaires ont été émis pour certaines localités frontalières. Le nombre de personnes déplacées continue d’augmenter, selon les chiffres communiqués par les services gouvernementaux. L’université suit ces mouvements de population pour adapter, le moment venu, ses dispositifs d’enseignement à distance aux besoins concrets des étudiants concernés.
Le cabinet du Premier ministre Nawaf Salam se réunit régulièrement pour évaluer la situation. Le ministre de l’Éducation Rima Karami participe à ces concertations afin de garantir une réponse cohérente pour l’ensemble des établissements scolaires et universitaires. Des fonds d’urgence ont été évoqués pour soutenir les familles les plus touchées, sans que des montants précis n’aient encore été annoncés publiquement.
Dans ce contexte, la présidence de l’Université libanaise maintient son engagement à assurer la continuité pédagogique dès que les conditions le permettront. Le docteur Bassam Badran a réaffirmé que la priorité absolue restait la sécurité de tous les membres de la communauté universitaire, étudiants comme enseignants et personnel administratif. Les prochaines heures et jours seront déterminants pour la suite des décisions concernant la reprise progressive des activités.



