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À 18 heures, la guerre s’étend du Liban au Golfe, la diplomatie reste en retard

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À 18 heures ce vendredi 20 mars, la guerre régionale continue de se déployer sur plusieurs théâtres simultanés. Au Liban, les bombardements israéliens se poursuivent et le bilan humain franchit un nouveau seuil. En Israël, la tension reste élevée jusque dans la région de Jérusalem, où la visite du ministre français des Affaires étrangères a été perturbée par une alerte iranienne. En Iran, le guide suprême Mojtaba Khamenei a affiché une ligne de résistance et de continuité du pouvoir. Dans le Golfe, les frappes contre les infrastructures énergétiques arabes s’accumulent. Côté américain, Donald Trump renforce la présence militaire tout en durcissant son ton contre l’Otan, alors que l’hypothèse d’une nouvelle étape autour de l’île de Kharg reste dans toutes les discussions. Parallèlement, un axe franco-chinois commence à se dessiner en faveur d’une désescalade.  

Liban : les frappes continuent, le bilan grimpe encore

Au Liban, la donnée la plus lourde reste le bilan humain. Le ministère libanais de la Santé a annoncé vendredi que le nombre total de morts depuis le 2 mars avait atteint 1 021, pour 2 641 blessés. Sur les dernières vingt-quatre heures, 20 personnes ont été tuées et 57 blessées. Ces chiffres confirment l’entrée du conflit dans une phase d’usure, avec une hausse régulière des pertes humaines et une pression croissante sur les structures de santé et les secours.  

Sur le terrain, l’armée israélienne poursuit ses frappes au Liban, avec un ciblage élargi à des axes de circulation et à des infrastructures que Tsahal présente comme utiles à la logistique du Hezbollah. Reuters relevait déjà que la campagne avait visé des ponts sur le Litani et plusieurs secteurs de Beyrouth et du Sud. Le front libanais reste donc l’un des plus actifs de la guerre, alors même que Paris tente encore de maintenir un canal diplomatique entre Beyrouth et Tel-Aviv.  

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La visite de Jean-Noël Barrot, de Beyrouth à Israël, sans percée visible

La séquence diplomatique française s’est jouée entre jeudi et vendredi. À Beyrouth, Jean-Noël Barrot a plaidé pour un cessez-le-feu, insisté sur la nécessité d’un rôle accru de l’armée libanaise et annoncé un doublement de l’aide humanitaire française au Liban, portée à 17 millions d’euros. La France a aussi tenté de promouvoir une formule de discussions entre le Liban et Israël, dans le cadre d’une médiation plus large avec les États-Unis.  

Vendredi en Israël, après sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, Jean-Noël Barrot a reconnu ne voir « aucune fin évidente à court terme » au conflit. La scène a été marquée par une alerte aux missiles iraniens qui a interrompu la conférence de presse à Tel-Aviv et contraint les délégations à rejoindre un abri. Cette visite a confirmé l’activisme diplomatique français, mais aussi ses limites : Israël a rejeté les ouvertures libanaises, tandis que les propositions françaises ont été accueillies avec froideur à Washington.  

Israël : Jérusalem sous tension, le front intérieur reste exposé

En Israël, la tension reste élevée, y compris à Jérusalem. Ces derniers jours, Reuters a signalé que des débris de missiles iraniens et d’interceptions israéliennes étaient tombés dans la Vieille Ville, à proximité des lieux saints, sans faire de victimes ni causer de dégâts majeurs sur les sites religieux. Même si la ville n’a pas été le théâtre d’une frappe directe de grande ampleur ce vendredi, elle reste un symbole de l’exposition du front intérieur israélien.  

Dans le même temps, Benjamin Netanyahu poursuit sa ligne de fermeté militaire, tout en défendant un horizon stratégique plus large. Jeudi, il a plaidé pour des corridors pétroliers et gaziers traversant la péninsule Arabique jusqu’aux ports israéliens de Méditerranée, afin de contourner la vulnérabilité du Golfe et du détroit d’Ormuz. Reuters a aussi rapporté qu’il avait été prié par Donald Trump de ne pas répéter les frappes contre les grandes installations énergétiques iraniennes, après le choc subi par les marchés mondiaux de l’énergie.  

Iran : discours de Khamenei, continuité du pouvoir et guerre d’usure

À Téhéran, la journée a été dominée politiquement par la prise de parole de Mojtaba Khamenei à l’occasion du Nouvel An persan. Dans un message publié sur Telegram, le guide suprême a proclamé 2026 « année de l’économie de résistance sous le signe de l’unité nationale et de la sécurité nationale ». Il a assuré que les attaques menées contre la Turquie et Oman n’avaient pas été conduites par l’Iran ni par les forces du « Front de la résistance », en mettant en cause Israël. Il a aussi appelé le Pakistan et l’Afghanistan à améliorer leurs relations, en proposant une aide iranienne, et affirmé que « l’ennemi » était « vaincu » tandis que le gouvernement iranien « reste en place ».  

Ce discours intervient alors que l’Iran continue de subir des frappes contre ses installations militaires et énergétiques, tandis que les pertes humaines s’accumulent. Reuters décrit une guerre qui entre dans sa troisième semaine sans signe de désescalade, dans un contexte où l’énergie, les routes maritimes et les capacités de production sont devenues des cibles centrales. Le message de Khamenei vise d’abord à afficher la tenue du régime, alors que le pays encaisse à la fois les bombardements, les sanctions et les conséquences économiques du conflit.  

Golfe et pays arabes : les bombardements s’étendent aux infrastructures énergétiques

L’un des faits majeurs de la journée est l’extension des frappes aux pays arabes du Golfe. Reuters rapporte que l’Iran a frappé ou contribué à frapper des installations énergétiques en Arabie saoudite, au Koweït, au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn, après les attaques israéliennes contre South Pars et d’autres sites iraniens. Cette séquence a provoqué des incendies, des arrêts d’unités, des perturbations de production et une envolée des prix mondiaux du pétrole et du gaz.  

Au Koweït, la raffinerie de Mina Al-Ahmadi a de nouveau été touchée vendredi par des drones, provoquant des incendies dans certaines unités, selon les autorités koweïtiennes. À Bahreïn, la raffinerie de Sitra a été si gravement affectée qu’un cas de force majeure a été déclaré. Au Qatar, les dégâts sur les installations de Ras Laffan ont réduit la capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié. Dans les Émirats, le complexe de Habshan a lui aussi été affecté. Cette géographie des frappes montre que la guerre ne se limite plus aux protagonistes directs : elle frappe désormais de plein fouet les États arabes producteurs et les grands nœuds de l’énergie régionale.  

États-Unis : Marines supplémentaires, Kharg au centre des spéculations

Côté américain, l’escalade militaire se confirme. Reuters a annoncé vendredi l’envoi de milliers de Marines et de marins supplémentaires au Moyen-Orient. Le déploiement inclut l’USS Boxer, une Marine Expeditionary Unit et un navire d’escorte. Avec cette décision, les États-Unis disposeront de deux Marine Expeditionary Units dans la région, soit une capacité renforcée pour des opérations amphibies, aériennes ou terrestres. Officiellement, aucune décision n’a été annoncée pour une intervention terrestre en Iran. Mais Washington augmente clairement les moyens disponibles pour une phase militaire plus dure.  

Dans ce cadre, l’île iranienne de Kharg occupe une place de plus en plus centrale. Reuters rapporte, en citant Axios, que l’administration Trump étudie l’option d’une occupation ou d’un blocus de Kharg Island pour contraindre Téhéran à rouvrir le détroit d’Ormuz. Il faut distinguer cette hypothèse de ce qui est déjà acquis : Donald Trump a annoncé le 13 mars que les États-Unis avaient frappé les installations militaires de Kharg, tout en épargnant à ce stade les installations pétrolières. La différence entre pression militaire et prise de contrôle directe de l’île constitue désormais l’une des principales questions stratégiques du moment.  

Trump durcit le ton contre l’Otan, l’Alliance se retire d’Irak

La séquence américaine comporte aussi un volet transatlantique. Vendredi, Donald Trump a traité les alliés de l’Otan de « lâches », leur reprochant de ne pas soutenir militairement l’effort américano-israélien contre l’Iran et de ne pas s’engager davantage sur la sécurité du détroit d’Ormuz. Selon Reuters, plusieurs capitales occidentales ont lié leur soutien à la sécurité maritime à une cessation des hostilités, ce qui a provoqué la colère de la Maison Blanche.  

Dans le même temps, l’Otan a annoncé qu’elle « ajustait » sa mission en Irak, avant que Reuters ne rapporte plus précisément le retrait complet de sa mission de conseil vers Naples, en Italie. Cette mission, forte de plusieurs centaines de militaires, n’avait pas de rôle de combat mais était chargée d’appuyer les forces irakiennes. Le retrait, décidé pour des raisons de sécurité, souligne à quel point le conflit régional redessine déjà les positions occidentales sur le terrain irakien. Plusieurs pays membres, comme la Pologne, l’Espagne et la Croatie, avaient déjà réduit ou déplacé leurs personnels.  

France et Chine : un début d’axe diplomatique pour tenter la désescalade

Sur le front diplomatique, le fait nouveau de la journée vient du rapprochement entre Paris et Pékin. La Chine a appelé vendredi à une fin immédiate de la guerre au Moyen-Orient, en avertissant sur les risques pour l’énergie, le commerce mondial et la stabilité économique. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a échangé avec le conseiller diplomatique français, plaidant pour une coopération renforcée entre membres du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’empêcher une aggravation de la guerre et une implication extérieure encore plus large.  

Ce mouvement ne constitue pas encore une médiation structurée. Mais il marque un glissement important : la France cherche des relais au-delà du canal américain, tandis que la Chine entend se présenter comme puissance stabilisatrice au moment où l’administration Trump privilégie l’escalade militaire. À ce stade, la diplomatie sino-française ne dispose pas d’un levier visible sur les opérations. Elle installe cependant un cadre politique alternatif, fondé sur la désescalade et la protection des routes énergétiques mondiales.  

À 18 heures, une guerre plus large que ses protagonistes initiaux

Le tableau de 18 heures reste donc celui d’un conflit qui déborde chaque jour un peu plus. Au Liban, le bilan humain continue de s’alourdir et la visite française n’a pas produit de percée. En Israël, même les séquences diplomatiques sont rattrapées par les alertes iraniennes. En Iran, le pouvoir affiche sa continuité alors que la guerre pèse sur ses infrastructures et son économie. Dans les pays arabes du Golfe, les bombardements contre les raffineries, terminaux et complexes gaziers ont ouvert un nouveau front stratégique. Côté américain, le renforcement militaire se double d’une tension ouverte avec l’Otan, pendant que l’Alliance se replie d’Irak. Enfin, la seule dynamique diplomatique nouvelle passe par un début de coordination entre Paris et Pékin, encore trop fragile pour infléchir le cours des opérations.

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Newsdesk Libnanews
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