Dans un contexte de tensions économiques persistantes et de défis sécuritaires multiples, les forces de l’ordre libanaises ont intensifié leurs actions ces derniers jours, multipliant les interventions ciblées contre divers formes de criminalité. Du nord au centre du pays, en passant par la capitale et ses banlieues, ces opérations, menées conjointement par les Forces de sécurité intérieure (FSI) et la Sûreté de l’État, visent à démanteler des réseaux impliqués dans des activités illégales allant du meurtre au trafic de stupéfiants et à la contrefaçon. Ces efforts, déployés au cœur d’un Liban marqué par une instabilité chronique depuis la crise de 2019, soulignent la détermination des autorités à restaurer l’ordre public malgré les contraintes budgétaires et les pressions régionales. Les communiqués officiels émis par les directions concernées détaillent une série d’arrestations et de saisies effectuées entre le 15 et le 19 janvier 2026, illustrant une approche proactive basée sur le renseignement et la surveillance.
Cette recrudescence d’opérations intervient alors que le pays fait face à une augmentation des délits liés à la pauvreté et au chômage, exacerbés par l’inflation galopante et la dévaluation de la livre libanaise. Selon les rapports du ministère de l’Intérieur, les trafics illicites, qu’il s’agisse de drogue ou de produits contrefaits, représentent une menace directe pour l’économie formelle, déjà affaiblie par les sanctions internationales et les dysfonctionnements internes. Les interventions récentes, concentrées sur des zones sensibles comme la Bekaa, Beyrouth et le Nord, reflètent une stratégie nationale de lutte contre ces fléaux, avec une coordination accrue entre les différentes branches sécuritaires. Le ministre de l’Intérieur en exercice, Bassam Mawlawi, a réaffirmé lors d’une déclaration publique le 10 janvier 2026 l’engagement du gouvernement à prioriser la sécurité, citant des partenariats avec des agences internationales pour renforcer les capacités de renseignement.
Opération choc contre la contrefaçon : saisies massives dans les banlieues de Beyrouth
Parmi les actions les plus marquantes de cette semaine, la Direction générale de la Sûreté de l’État a lancé une vaste campagne contre le faux et l’usage de faux, ciblant spécifiquement les réseaux de fabrication et de distribution de produits contrefaits. Le 19 janvier 2026, des raids simultanés ont été menés dans les régions de Beyrouth et du Mont-Liban, aboutissant à la découverte de stocks impressionnants d’uils parfumés falsifiés. À Sin el Fil, dans le district du Metn, une patrouille de la direction régionale du Mont-Liban a perquisitionné un entrepôt appartenant à un ressortissant syrien identifié sous les initiales M. Q. Plus de 10 000 flacons d’uils parfumés contrefaits y ont été saisis, prêts à être écoulés sur le marché noir. L’entrepôt, équipé de machines artisanales pour la production et l’emballage, a été scellé avec du plomb rouge sur ordre judiciaire, et le propriétaire arrêté sur place.
Cette perquisition à Sin el Fil révèle les méthodes sophistiquées employées par ces réseaux : les flacons imitaient fidèlement des marques internationales, avec des étiquettes reproduites à l’identique pour tromper les consommateurs. Les matières premières, souvent importées illégalement via des circuits frontaliers poreux, incluaient des essences chimiques de qualité inférieure, posant des risques sanitaires potentiels. Dans le prolongement de cette opération, des fouilles complémentaires ont eu lieu à Ghobeiry, dans le district de Baabda, où des quantités supplémentaires de ces produits ont été confisquées dans des locaux commerciaux dissimulés. Ghobeiry, quartier densément peuplé de la banlieue sud de Beyrouth, est connu pour son activité économique informelle, facilitant la distribution via des revendeurs ambulants.
Parallèlement, à Bourj Hammoud, dans la zone industrielle de Beyrouth, la direction régionale a saisi d’autres stocks, incluant des échantillons de produits chimiques destinés à l’analyse. Ce quartier, historiquement marqué par une forte présence arménienne et une économie artisanale, abrite souvent des ateliers clandestins exploitant la main-d’œuvre immigrée. Les autorités ont procédé à l’arrestation des individus impliqués, avec des interrogatoires en cours pour identifier les ramifications de ce réseau. Le communiqué de la Sûreté de l’État précise que ces actions s’inscrivent dans une initiative nationale plus large, visant à protéger les consommateurs et à soutenir les industries légales face à une contrefaçon estimée à plusieurs millions de dollars annuels. Les expertises judiciaires, supervisées par le parquet compétent, examineront l’origine des composants, potentiellement liés à des importations depuis l’Asie ou des pays voisins.
Traque d’un fugitif dans le Nord : arrestation pour homicide à Anfeh
Au nord du pays, les Forces de sécurité intérieure ont marqué un coup d’éclat avec l’arrestation d’un suspect recherché pour meurtre. Le 15 janvier 2026, une opération rapide a permis de capturer M. K., un Libanais né en 1967, dans la localité côtière d’Anfeh, dans le district de Koura. Ce dernier était poursuivi pour un homicide commis le 27 août 2025 à Chekka, une petite ville industrielle connue pour ses cimenteries et son port. Les circonstances exactes du crime n’ont pas été détaillées dans le communiqué officiel, mais des sources judiciaires indiquent qu’il s’inscrivait dans un contexte de tensions locales, potentiellement liées à des différends personnels ou communautaires.
La branche des informations des FSI, après des mois d’enquêtes et de surveillance, a localisé le suspect grâce à des techniques de renseignement avancées. Des patrouilles spécialisées ont mené une intervention éclair, évitant toute résistance. M. K. faisait l’objet d’un mandat d’arrêt par contumace, émis par les autorités judiciaires. Une fois appréhendé, il a été transféré pour les procédures légales, incluant un interrogatoire approfondi. Chekka, située sur la côte méditerranéenne, a été le théâtre de cet événement qui avait mobilisé les forces locales dès l’été dernier, avec la collecte de témoignages et d’éléments balistiques sur la scène du crime.
Anfeh, avec ses falaises escarpées et ses villages isolés, offrait un refuge idéal pour les fugitifs, compliquant les poursuites dans cette région montagneuse. Les FSI soulignent que cette arrestation fait partie d’une campagne quotidienne contre les criminels dangereux, avec une emphase sur les zones frontalières et côtières. Le ministre de la Justice, Henry Khoury, a salué cette opération lors d’une session parlementaire le 18 janvier 2026, rappelant l’importance de la coopération interservices pour maintenir la stabilité dans le Nord, une région affectée par les influx migratoires et les trafics transfrontaliers.
Démantèlement de réseaux narcotiques en Bekaa : saisies de Captagon via tuk-tuks
Dans la vallée de la Bekaa, épicentre historique des trafics de drogue en raison de sa proximité avec la Syrie, la Sûreté de l’État a frappé fort le 17 janvier 2026. Trois ressortissants syriens, identifiés comme M. R., A. M. M. et S. A. B., ont été interpellés dans la région centrale, à Zahleh, avec une importante quantité de pilules de Captagon. Ce stupéfiant synthétique, une amphétamine produite en masse dans des laboratoires clandestins syriens, était distribué via des tuk-tuks, ces véhicules motorisés bon marché idéaux pour des livraisons discrètes dans les zones rurales.
Le bureau régional de la Bekaa a agi sur la base d’une surveillance minutieuse, interceptant les suspects en flagrant délit. La Bekaa centrale, avec ses vastes plaines agricoles, reste un hub pour le transit de narcotiques, malgré les efforts pour éradiquer les cultures illicites comme le cannabis. Les pilules saisies, destinées au marché local et potentiellement à l’export, illustrent les liens transfrontaliers persistants, facilités par des passages poreux malgré les contrôles renforcés. Les autorités ont procédé aux formalités judiciaires, avec une remise aux instances compétentes pour des enquêtes approfondies.
Zahleh, capitale de la Bekaa, avec ses marchés animés et ses routes secondaires, facilite ces opérations mobiles. Les tuk-tuks, omniprésents dans les villages, permettent d’éviter les barrages routiers traditionnels. Cette arrestation s’ajoute à une série d’interventions dans la région, où les forces luttent contre des réseaux souvent liés à des groupes armés ou à des économies parallèles. Le directeur de la Sûreté de l’État, Elias Baisari, a indiqué dans un briefing le 19 janvier 2026 que ces efforts visent à couper les routes d’approvisionnement, avec une collaboration accrue avec les agences onusiennes pour le monitoring frontalier.
Arrestations sur les axes urbains : dealers mobiles neutralisés à Beyrouth
À Beyrouth et dans ses environs, les FSI ont ciblé les trafiquants de rue le 15 janvier 2026, arrêtant deux Libanais impliqués dans la distribution de stupéfiants. M. A., né en 2003, a été capturé sur l’autoroute Sayyed Hadi Nasrallah, un axe vital reliant le sud de la capitale. Simultanément, A. M., né en 1991, a été interpellé à Borj Barajneh, près de la descente du Jamaa al-Arab. Les deux opéraient sur des motos, transportant des quantités variées de drogue prêtes à la vente.
L’unité d’investigation du Mont-Liban a déployé des patrouilles sur la base d’informations recueillies, saisissant les substances et les véhicules. L’autoroute Sayyed Hadi Nasrallah, souvent congestionnée, est un point chaud pour les activités illicites, tandis que Borj Barajneh, quartier populaire de la banlieue sud, abrite des réseaux informels. Les substances confisquées incluent un mélange de haschich, de cocaïne et d’amphétamines, reflétant la diversité du marché urbain. Les suspects ont été transférés pour enquêtes, sous supervision judiciaire.
Ces interceptions mettent en lumière les défis posés par les dealers mobiles, exploitant la densité urbaine pour opérer. Beyrouth, avec ses contrastes socio-économiques, voit une hausse des consommations liées au stress post-crise, amplifiant la demande.
Bilan mensuel à Beyrouth : 18 interpellations pour délits variés
Au cours de janvier 2026, l’unité d’investigation de Beyrouth a arrêté 18 individus pour une panoplie d’infractions, incluant vols, tentatives de meurtre, possession de drogue et détention illégale d’armes. Ces opérations, via patrouilles et barrages, ont couvert divers quartiers. Parmi les saisies : 178 motos, 13 voitures et 2 fourgonnettes pour infractions routières ou liens criminels.
Les FSI soulignent que ces efforts consolident la sécurité dans une capitale vulnérable aux crimes opportunistes. Les armes illégales, souvent issues de marchés régionaux, posent des risques accrus.



