Un an jour pour jour après son investiture le 20 janvier 2025, Donald Trump fait face à un bilan contrasté de sa seconde présidence. Ce 20 janvier 2026, alors que les États-Unis commémorent cette date symbolique, les politiques mises en œuvre par l’administration républicaine ont profondément remodelé les relations internationales et l’économie domestique. Des tariffs imposés sur l’Europe pour forcer la cession du Groenland aux échecs des négociations en Ukraine, en passant par l’invasion controversée du Venezuela et les tensions internes sur l’immigration, cette première année a été jalonnée de décisions audacieuses qui ont suscité autant d’approbations que de critiques. Les dernières statistiques économiques et sondages d’opinion révèlent un pays divisé, avec une inflation persistante et une approbation présidentielle en berne.
Les guerres commerciales, au cœur de la stratégie trumpienne, ont culminé avec les récentes mesures contre l’Europe. Le 17 janvier 2026, l’administration a annoncé des droits de douane de 10 % sur les importations provenant de huit pays européens, incluant le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni. Ces tariffs, qui passeront à 25 % au 1er juin si aucun accord n’est trouvé sur le Groenland, visent à exercer une pression économique directe. Trump a justifié cette décision en invoquant la section 232 du Trade Expansion Act de 1962, arguant que le contrôle du Groenland est essentiel pour la sécurité nationale américaine face aux ambitions chinoises et russes en Arctique. “Le Groenland n’est pas à vendre, mais nous devons le protéger des influences étrangères”, a déclaré le président lors d’un discours à la Maison Blanche le 18 janvier.
Cette escalade s’inscrit dans une série de mesures protectionnistes initiées dès les premiers mois de la présidence. En février 2025, des droits de 25 % ont été appliqués sur les importations mexicaines et canadiennes, et de 10 % sur les chinoises, dans le cadre de la lutte contre l’immigration illégale et le trafic de fentanyl. Ces tarifs ont été ajustés en mars, avec un doublement à 20 % sur les produits chinois, provoquant des représailles immédiates. Pékin a suspendu ses achats de soja et de maïs américains, entraînant une perte estimée à 15 milliards de dollars pour les agriculteurs du Midwest, selon le Department of Agriculture. Ottawa et Mexico ont riposté avec des taxes sur l’acier et l’aluminium, affectant les chaînes d’approvisionnement automobiles.
Les impacts macroéconomiques sont mesurables. Selon le Yale Budget Lab, les droits de douane moyens sur les importations américaines ont atteint 15,8 % en moyenne pondérée fin 2025, le niveau le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale. Les recettes douanières fédérales ont grimpé à 195 milliards de dollars pour l’exercice fiscal 2025, contre 100 milliards l’année précédente, représentant 6,1 % des recettes totales. Pourtant, cela n’a pas suffi à compenser l’augmentation du déficit budgétaire, qui a explosé à 1,8 trillion de dollars, aggravé par les baisses d’impôts du One Big Beautiful Bill Act, promulgué en avril 2025. Cette loi a réduit les taux d’imposition des entreprises de 21 % à 15 % et introduit des crédits d’impôt pour les investissements domestiques, mais elle a aussi creusé les inégalités, avec une hausse de 12 % des revenus des 1 % les plus riches, d’après l’Internal Revenue Service.
Les partenaires commerciaux ont réagi avec vigueur. L’Union européenne, réunie en urgence à Bruxelles le 18 janvier 2026, a activé son instrument anti-coercition pour contrer les tariffs sur le Groenland. Emmanuel Macron, président français, a qualifié ces mesures de “chantage économique inacceptable” lors d’une conférence de presse, annonçant des représailles potentielles sur les exportations américaines de technologies et de produits agricoles. De même, la Chine a imposé des contre-tarifs sur le bourbon et les motos en avril 2025, touchant des États républicains clés comme le Kentucky. Le Canada a taxé l’acier américain, tandis que le Mexique a menacé de perturber les usines automobiles transfrontalières.
Ces conflits ont perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les prix des biens de consommation aux États-Unis ont augmenté de 2 à 3 % en moyenne, selon le Bureau of Labor Statistics (BLS), contribuant à une inflation à 2,7 % en décembre 2025. Les secteurs automobile et électronique sont particulièrement touchés : les coûts des véhicules importés ont grimpé de 5 à 10 %, forçant Ford et General Motors à répercuter ces hausses sur les consommateurs. Dans l’agriculture, les exportations de soja vers la Chine ont chuté de 15 %, obligeant le gouvernement à débloquer 12 milliards de dollars d’aides d’urgence en juin 2025.
Les promesses de relocalisation industrielle tardent à se matérialiser. Si 10 000 emplois nets ont été créés dans l’acier et l’aluminium dans le Midwest, selon le Department of Labor, les pertes dans l’agriculture et la fabrication excèdent 50 000 postes. Le Peterson Institute for International Economics estime que les tariffs ont coûté 0,5 % de PIB en 2025, avant même les effets des représailles. En août 2025, des droits de 15 % sur les biens norvégiens ont été ajoutés, suivis en janvier 2026 par l’extension à d’autres pays européens, intensifiant les frictions.
Les tensions avec l’Europe sur le Groenland illustrent les divisions au sein de l’OTAN. Trump a réitéré son intérêt pour l’île, riche en terres rares et en positions stratégiques arctiques. Des sondages YouGov du 15 janvier 2026 montrent que seulement 8 % des Américains soutiennent une invasion potentielle, mais l’administration persiste. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré le 19 janvier que “la sécurité nationale prime sur les alliances obsolètes”, menaçant un retrait américain de l’Alliance si le Danemark ne cède pas. Des troupes européennes ont été déployées au Groenland en renfort, et l’UE prépare des sanctions collectives.
Au-delà de l’Europe, les “Liberation Day tariffs” d’avril 2025 ont imposé des droits sur la quasi-totalité des partenaires commerciaux, provoquant une chute de 5 % des indices boursiers. Trump a reporté certains tariffs en novembre face à la pression sur les prix alimentaires, mais les guerres persistent. L’Inde et le Brésil ont été ciblés en mai et juin avec des hausses sur l’acier et les produits agricoles, entraînant des pertes pour les exportateurs américains de viande bovine.
Sur le front chinois, les tariffs à 20 % en mars 2025 ont mené à une trêve temporaire en novembre, mais les tensions restent vives. Des accords bilatéraux ont été signés avec le Royaume-Uni et le Vietnam en été 2025, favorisant des relocalisations partielles, mais les négociations avec l’UE stagnent.
L’échec des négociations en Ukraine a marqué un autre revers diplomatique. Le sommet d’Alaska en août 2025 entre Trump et Vladimir Poutine s’est soldé par un échec, le président américain accusant son homologue russe de “folie absolue”. En octobre, des sanctions supplémentaires sur le pétrole russe ont été imposées, aggravant les tensions énergétiques mondiales. Les prix du brut ont grimpé à 85 dollars le baril en décembre 2025, selon l’Energy Information Administration, impactant les consommateurs américains avec une hausse de 10 % des prix à la pompe.
L’invasion du Venezuela, lancée le 3 janvier 2026, représente le point culminant des interventions étrangères. Les forces américaines ont capturé Nicolás Maduro, justifiant l’opération par des accusations de narcoterrorisme et de soutien au Hezbollah. Trump a annoncé que les États-Unis “géreraient” le pays jusqu’à une transition, avec un accent sur l’exploitation pétrolière par ExxonMobil et Chevron. Cette action a provoqué des condamnations à l’ONU, où le secrétaire général António Guterres a dénoncé une “violation flagrante du droit international” le 5 janvier. Le président colombien Gustavo Petro a qualifié l’invasion d’“agression impérialiste”, menaçant la stabilité régionale. Les implications pour les États-Unis incluent une potentielle hausse des prix du pétrole si les sanctions vénézuéliennes persistent, avec des estimations du Department of Energy prévoyant une augmentation de 5 % en 2026.
Le soutien de Trump à l’extrême droite européenne a mis en cause le respect du droit international. En janvier 2026, les États-Unis se sont retirés de plusieurs organisations onusiennes, dont le Conseil des droits de l’homme, arguant d’un biais anti-américain. Des alliances avec des leaders comme Viktor Orbán en Hongrie et Giorgia Meloni en Italie ont été renforcées, avec des accords commerciaux préférentiels signés en septembre 2025.
Sur Gaza, le plan “Riviera” annoncé en février 2025 propose de relocaliser 2 millions de Palestiniens pour transformer l’enclave en une “destination touristique de classe mondiale”. Trump a défendu cette idée en décembre, avec un budget de 112 milliards de dollars financé par des partenaires saoudiens et émiratis. La référence à “from the river to the sea” a suscité des controverses, qualifiée d’“appel au nettoyage ethnique” par des experts de l’ONU. Le porte-parole du département d’État a nié toute intention génocidaire, mais les tensions avec les alliés arabes persistent.
En politique locale, les tensions avec l’ICE ont dominé l’agenda immigratoire. Les raids massifs en 2025 ont conduit à 622 000 déportations et 1,9 million d’auto-expulsions, selon le Department of Homeland Security. Le budget de l’ICE a triplé à 28,7 milliards de dollars, doublant les agents à 22 000. L’opération à Minneapolis le 10 janvier 2026 a provoqué des émeutes, Trump menaçant d’invoquer l’Insurrection Act pour déployer la Garde nationale.
L’échec à contenir l’inflation pèse sur l’économie. Malgré les promesses, l’inflation reste à 2,7 % en décembre 2025, selon le BLS, avec des hausses de 3,1 % pour l’alimentation et 3,2 % pour le logement. Le chômage est bas à 4,4 %, mais les salaires réels stagnent, érodés par les coûts importés. Les hausses de tariffs sur l’acier à 50 % en juin 2025 ont causé 50 000 pertes d’emplois dans la fabrication.
Les derniers sondages reflètent ce malaise. Un sondage CNN/SSRS du 16 janvier 2026 indique que 58 % des Américains jugent cette première année un échec, avec une approbation à 39 %. Parmi les républicains, 90 % approuvent, mais les indépendants tombent à 29 %. L’AP-NORC du 15 janvier montre 37 % d’approbation pour la gestion économique, en baisse de 5 points depuis décembre.
Les implications immédiates de ces politiques se font sentir dans les chaînes d’approvisionnement. Les exportations américaines vers l’Europe pourraient chuter de 10 à 15 %, selon le Department of Commerce, tandis que les perturbations mexicaines affectent l’automobile avec des coûts en hausse de 5 %. Les tensions avec la Chine persistent, avec des négociations prévues en février 2026 pour un accord phase 2, mais les experts doutent d’un progrès rapide. Au Venezuela, les forces américaines maintiennent l’ordre dans Caracas, avec des rapports de l’ONU signalant des violations des droits humains lors des arrestations massives. En Ukraine, les livraisons d’armes américaines ont diminué de 20 % en décembre 2025, selon le Pentagone, reflétant les priorités budgétaires internes. Les débats au Congrès sur le budget 2026, débutés le 19 janvier, mettent en lumière les divisions partisanes, avec les démocrates critiquant les dépenses militaires accrues au détriment des programmes sociaux.



