La capitale libanaise est plongée dans le chaos après une nouvelle nuit de bombardements intenses de l’armée israélienne, visant particulièrement la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Malgré les rumeurs insistantes, le sort de Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, reste toujours incertain. Les frappes israéliennes, parmi les plus violentes depuis le début des hostilités, ont rasé des quartiers entiers avec des bombes de 2 tonnes, pourtant interdites par les conventions internationales lorsqu’elles sont utilisées sur des zones civiles. Même si les populations avaient été prévenues en amont, ces attaques dévastatrices en plusieurs vagues ont laissé des scènes de désolation à travers toute la capitale et de nombreuses victimes.
Dans plusieurs zones densément peuplées, des bâtiments résidentiels ont été littéralement soufflés par la puissance des explosions. Des familles entières se sont retrouvées sans abri, errant toute la nuit dans les rues de Beyrouth, désespérées et ne sachant plus vers quel refuge se tourner. « Nous avons tout perdu », murmure, en larmes, une mère de famille évacuée en catastrophe du quartier de Dahiyeh. « Il ne reste rien de notre maison. »
Des frappes d’une violence inouïe et un bilan humain en constante augmentation
L’armée israélienne a revendiqué la destruction de « dépôts d’armes stratégiques » dissimulés sous des immeubles civils, mais le Hezbollah a fermement démenti ces allégations. Selon le ministère libanais de la Santé, les bombardements ont fait au moins six morts et 91 blessés selon un premier bilan. Des secouristes indiquent qu’il ne faille pas s’étonner d’un bilan temporaire si bas, beaucoup de corps ayant été simplement vaporisés par le souffle des explosions. Parmi les victimes figurent des enfants extraits des décombres par les secouristes, tandis que les hôpitaux de la capitale, surchargés et sous pression, peinent à accueillir le flot continu de blessés. Certaines structures ont même été contraintes d’évacuer leurs patients par crainte de nouvelles frappes.
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Ces bombes de 2 tonnes, utilisées malgré leur interdiction dans des zones habitées, ont accentué la peur parmi la population civile. Bien que les habitants aient reçu des avertissements, ces derniers n’ont guère été suffisants pour éviter les lourdes pertes humaines et matérielles. « Nous sommes frappés par une brutalité sans précédent », déclare un responsable des services de secours, ajoutant que « les quartiers touchés sont méconnaissables. »
Beyrouth en proie à la désolation et à l’incertitude
Les Nations unies ont exprimé leur « vive inquiétude » face à cette escalade de violence. Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, a également déploré l’incapacité de la communauté internationale à stopper l’offensive israélienne. Pendant ce temps, les frappes israéliennes continuent de viser des positions à Tyr, Baalbek et dans la plaine de la Bekaa, tandis que l’armée israélienne affirme avoir éliminé plusieurs commandants du Hezbollah.
À l’aube, la ville de Beyrouth s’est réveillée dans un climat de tension extrême. Des quartiers autrefois animés ne sont plus que des amas de gravats, des voitures calcinées gisent dans les rues désertes, et les sirènes des ambulances résonnent en permanence. « Les civils sont devenus des cibles indirectes dans ce conflit », dénonce un observateur sur place, évoquant les violations répétées des lois internationales sur la conduite des hostilités.
Hassan Nasrallah, la cible principale ?
L’incertitude plane toujours sur le sort de Hassan Nasrallah. Des médias israéliens affirment qu’il aurait été visé par une frappe précise sur le quartier général du Hezbollah, mais aucune confirmation officielle n’a encore été donnée. Selon une source proche du Hezbollah, Nasrallah serait indemne, bien que certaines rumeurs continuent de circuler quant à sa possible blessure ou disparition. « Cela pourrait prendre des semaines avant que nous sachions s’il a été tué ou non », a confié un responsable israélien au New York Times.
Un conflit sans fin en vue
Alors que les affrontements entre Israël et le Hezbollah ne montrent aucun signe d’apaisement, la communauté internationale reste divisée sur la manière de réagir. Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a appelé à un cessez-le-feu immédiat, mais Israël rejette pour l’instant toute perspective de trêve, affirmant sa détermination à éradiquer les capacités militaires du Hezbollah.
Pour les habitants de Beyrouth, la situation est devenue insoutenable. Beaucoup craignent que les frappes israéliennes ne fassent qu’empirer au cours des prochains jours. « Nous vivons dans la peur constante », raconte un habitant de la banlieue sud. « Où que nous allions, nous ne sommes plus en sécurité. »
La capitale libanaise, meurtrie par des années de crise, se trouve à nouveau au cœur d’un conflit destructeur, dont les civils paient, une fois de plus, le prix le plus élevé. Les prochains jours s’annoncent critiques pour l’avenir de Beyrouth, alors que la ville continue de subir l’une des plus graves escalades militaires de ces dernières décennies.



