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Budget révisé 2025 : un excédent primaire de 1,3 % du PIB prévu au Liban

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Le Conseil des ministres libanais a récemment révisé les prévisions budgétaires pour 2025, anticipant des dépenses et des recettes publiques équilibrées à 445 214 milliards de livres libanaises (environ 4,96 milliards USD au taux de change réel de 89 500 LBP/USD). Le ministère des Finances prévoit un excédent primaire équivalant à 1,3 % du PIB, soit une tentative ambitieuse pour stabiliser les finances publiques dans un contexte économique fragile.

Analyse des dépenses publiques

Le budget révisé prévoit des dépenses totales de 393 858 milliards de LBP, réparties comme suit :

  • Dépenses courantes : 88,5 % des dépenses totales, soit 393 858 milliards de LBP.
    • Salaires, avantages sociaux et allocations : 54,4 % des dépenses courantes, équivalent à 214 343 milliards de LBP.
    • Biens et services : 14,2 %.
    • Transferts : 11,8 %.
    • Service de la dette : 8 %.
    • Dépenses d’urgence : 5 %.
  • Dépenses en capital : Représentant 11,5 %, soit 51 356 milliards de LBP, en légère augmentation par rapport à 2024.

Les allocations budgétaires pour les dépenses d’urgence, bien qu’augmentées, restent insuffisantes face aux défis infrastructurels du pays, notamment dans les secteurs de la santé et de l’énergie.

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Revenus projetés

Le budget table sur des recettes totales de 361 378 milliards de LBP, divisées comme suit :

  1. Recettes fiscales : 81,2 % du total, réparties entre :
    • Taxes sur les biens et services (TVA, accises) : 56,3 % des recettes fiscales.
    • Droits de douane : 20,3 % des recettes fiscales.
    • Revenus tirés des gains en capital, profits et salaires : 12 %.
    • Taxes foncières et autres : 11,4 %.
  2. Recettes non fiscales : 18,2 %, incluant les revenus des propriétés publiques, les frais administratifs, et d’autres taxes.

Évaluation critique

  1. Pression fiscale accrue :
    L’augmentation significative des recettes fiscales, notamment par le biais des accises (+8,2 % du PIB) et des douanes, risque d’aggraver le fardeau des citoyens et des entreprises déjà affectés par la crise économique.
  2. Excédent primaire illusoire :
    Bien que l’excédent primaire projeté semble positif, il repose principalement sur une compression des dépenses d’investissement et une augmentation des recettes fiscales, sans mesures claires pour réduire la dette publique massive qui dépasse 500 % du PIB.
  3. Dépendance à un taux de change incertain :
    Le budget est basé sur un taux de change fixe de 89 500 LBP/USD, ignorant les fluctuations possibles sur le marché parallèle. Une dévaluation supplémentaire pourrait rendre ces prévisions budgétaires obsolètes.
  4. Manque de transparence :
    L’absence de détails sur les réformes structurelles limite la crédibilité de ce budget, qui semble davantage conçu pour répondre aux exigences internationales, notamment celles du FMI, plutôt que pour adresser les besoins internes.

Le budget révisé, bien qu’ambitieux, reste une réponse insuffisante aux crises structurelles multiples. L’accent mis sur les recettes fiscales et l’absence de réforme des dépenses publiques profondes pourraient limiter son impact sur la reprise économique. La dette publique et l’absence de stratégie claire pour la relance restent des obstacles majeurs à la stabilisation économique.

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Newsdesk Libnanews
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