samedi, janvier 24, 2026

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Cérémonie de passation de commandement à la Direction générale de la Sûreté générale : Elias Baysari cède la place à Hassan Chokair

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Ce matin, une cérémonie solennelle de passation de commandement s’est déroulée au siège de la Direction générale de la Sûreté générale à Beyrouth, marquant la transition entre le général Elias Baysari, ancien directeur général, et son successeur, le général Hassan Chokair. L’événement s’est tenu en présence du ministre de l’Intérieur et des Municipalités, le général Ahmad Hajjar, ainsi que des officiers supérieurs de la direction. Cette passation intervient dans un contexte délicat pour le Liban, marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux, où la Sûreté générale joue un rôle clé dans la préservation de la stabilité nationale.

Une cérémonie empreinte de protocole

La journée a débuté par l’accueil du ministre Ahmad Hajjar à l’entrée du siège par les généraux Baysari et Chokair. Une unité de la Sûreté générale a rendu les honneurs au ministre, accompagnée par les notes de l’hymne interprété par la fanfare de l’institution. Cet accueil protocolaire a donné le ton à une cérémonie symbolique, reflétant la discipline et le prestige de cette institution essentielle à la sécurité du pays. Après ces honneurs, les officiers et le ministre se sont dirigés vers le lieu de la passation, où les discours officiels ont marqué le transfert de responsabilités.

Cette transition intervient dans un Liban en pleine reconstruction institutionnelle. L’élection de Joseph Aoun comme président de la République le 9 janvier 2025, suivie de la formation du gouvernement de Nawaf Salam en février, a mis fin à plus de deux ans de vide présidentiel et de gestion par une équipe en affaires courantes. La nomination du général Hassan Chokair comme nouveau directeur général s’inscrit dans cette dynamique de renouveau, visant à renforcer les institutions sécuritaires face aux défis persistants.

Le discours d’adieu d’Elias Baysari

Le général Elias Baysari a pris la parole en premier, saluant chaleureusement le ministre Hajjar et accueillant son successeur, le général Hassan Chokair. Dans son allocution, il a tenu à rendre hommage aux membres de la Sûreté générale – officiers, inspecteurs et agents – pour leur dévouement exceptionnel. « Je tiens à adresser mes plus sincères remerciements à tous les militaires de la Sûreté générale pour leur abnégation, leurs efforts illimités et leur coopération constante dans une période sensible et complexe, marquée par des défis et des difficultés », a-t-il déclaré. Il a loué leur professionnalisme, soulignant qu’ils ont honoré leur serment et leur loyauté envers l’État libanais, incarnant les valeurs de l’engagement national et de l’éthique pour maintenir des normes élevées de compétence.

Baysari a ensuite évoqué son mandat, qu’il a qualifié de particulièrement ardu. « Aujourd’hui, avec fierté et confiance, je transmets le flambeau de la responsabilité au général Hassan Chokair, en m’inspirant des valeurs et des principes que j’ai instaurés au sein de cette institution », a-t-il ajouté. Il a rappelé les nombreuses crises traversées sous sa direction : des menaces sécuritaires liées aux guerres régionales, les répercussions de la situation en Syrie, et la guerre au Liban en 2024, qui ont plongé le pays dans des conditions critiques à tous les niveaux. Malgré ces épreuves, la Sûreté générale a continué à fonctionner sans interruption, assurant la sécurité des frontières terrestres, aériennes et maritimes, ainsi que des services essentiels comme la délivrance de passeports et de permis de séjour.

Il a également mis en avant les efforts pour soutenir les militaires et leurs familles, notamment par des aides sociales durables et une couverture médicale substantielle face à l’effondrement de la livre libanaise et à l’augmentation des coûts de santé. Baysari a reconnu les contraintes d’un mandat exercé sous un vide présidentiel de plus de deux ans et une gestion gouvernementale limitée, mais a souligné que la collaboration responsable avec les autorités a permis des résultats constructifs pour les citoyens et la continuité des services.

Le général a conclu en exprimant son optimisme pour l’avenir sous la présidence de Joseph Aoun, dont le discours d’investiture a tracé une feuille de route salvatrice, soutenue par un gouvernement cohérent et un programme ministériel ambitieux. « J’espère que la Sûreté générale jouera un rôle central dans la réalisation des objectifs fixés pour le bien des Libanais et de leurs aspirations », a-t-il dit, souhaitant au général Chokair succès et réussite dans sa nouvelle mission, qu’il juge digne de la confiance accordée grâce à son expérience et sa vision.

Hassan Chokair : une prise de fonction sous le signe de l’engagement

Prenant la parole à son tour, le général Hassan Chokair a exprimé son honneur de succéder à Baysari dans un moment charnière pour l’institution. « C’est un privilège de me tenir devant vous aujourd’hui, assumant les responsabilités de directeur général avec la détermination et la volonté de servir le Liban avec dévouement », a-t-il déclaré. Il a reconnu l’ampleur des défis à venir, dans un contexte exigeant une vigilance accrue et une solidarité nationale pour préserver la sécurité et la stabilité.

Chokair a débuté par des remerciements à la direction politique, notamment au président Joseph Aoun, pour la confiance qui lui a été accordée. « Cette mission est davantage un devoir qu’un honneur, et je m’efforcerai de répondre aux attentes des Libanais en m’appuyant sur la transparence, l’intégrité et la discipline militaire qui sont au cœur de notre travail », a-t-il affirmé. Il a salué les efforts de son prédécesseur, Elias Baysari, et de tous ceux qui ont dirigé l’institution avant lui, soulignant leur contribution à la consolidation de la Sûreté générale et à la protection du pays.

Le nouveau directeur a exposé sa vision pour l’avenir, articulée autour de cinq priorités. Premièrement, renforcer la sécurité nationale par des efforts proactifs en matière de renseignement et de prévention des menaces terroristes, en coordination avec les autres forces armées et en développant des technologies de surveillance. Deuxièmement, améliorer le contrôle des frontières légales – terrestres, maritimes et aériennes – pour lutter contre l’immigration clandestine et les réseaux de trafic humain, tout en modernisant les systèmes électroniques de vérification pour faciliter les déplacements sans compromettre la sécurité.

Troisièmement, il s’est engagé à intensifier la lutte contre la corruption et à promouvoir la transparence au sein de l’institution, en perfectionnant les mécanismes de contrôle pour garantir un service administratif irréprochable et renforcer la confiance des citoyens. Quatrièmement, moderniser l’administration en élargissant les services numériques, accélérant les démarches et répondant aux risques croissants de cybersécurité. Enfin, il a promis de consolider les relations internationales et la coopération sécuritaire avec les organisations et les pays partenaires, plaçant les intérêts du Liban au centre de cette diplomatie.

Chokair a conclu en réaffirmant le rôle pionnier de la Sûreté générale dans la protection du pays, un rôle résumé par les mots « sacrifice et service ». « Je m’engage à être fidèle à cette institution, à travailler main dans la main avec vous tous pour atteindre l’excellence, appliquer la loi avec fermeté et justice, et servir le pays avec responsabilité », a-t-il assuré, promettant une gestion axée sur le progrès et la stabilité.

Ahmad Hajjar : un soutien affirmé aux forces de sécurité

Le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a clos les discours en saluant les généraux Baysari et Chokair, ainsi que les officiers présents. « Nous sommes réunis aujourd’hui dans cette institution historique pour célébrer une passation qui préserve un héritage d’accomplissements tout en ouvrant une nouvelle ère de développement », a-t-il déclaré. Il a souligné l’importance de la Sûreté générale, aux côtés des autres forces de sécurité, dans la surveillance des frontières et la lutte contre le terrorisme, la qualifiant de « vitrine du pays » par son rôle dans l’accueil des visiteurs et la gestion des étrangers sur le sol libanais.

Hajjar a rendu hommage à Baysari pour ses efforts considérables dans une période parmi les plus difficiles de l’histoire récente, marquée par des crises multiples. Il a félicité Chokair pour sa compétence et son patriotisme, exprimant son désir de collaborer étroitement avec lui pour répondre aux attentes des citoyens. « Sous la présidence de Joseph Aoun et avec le programme de notre gouvernement de réforme et de sauvetage, nous travaillons à des solutions immédiates et à long terme pour une renaissance nationale », a-t-il ajouté, citant parmi les priorités la libération des territoires occupés au Sud et la préparation des élections municipales.

Le ministre a promis un soutien constant à la Sûreté générale, visant à améliorer les conditions de vie de ses membres, à garantir leurs droits financiers et à moderniser leurs équipements pour hisser l’institution aux standards internationaux. La cérémonie s’est achevée par un geste symbolique : Chokair a offert à Baysari un bouclier honorifique en signe de gratitude pour son service, sous la présentation de la capitaine Jouwi Boustani.

Un tournant dans un contexte critique

Cette passation intervient alors que le Liban émerge d’années de chaos. La guerre de 2024 contre Israël, les répercussions de la crise syrienne et une économie dévastée – avec une population dont plus de 80 % vit sous le seuil de pauvreté en 2023 – ont mis les institutions à rude épreuve. La Sûreté générale, sous Baysari, a maintenu ses opérations malgré les attaques directes sur ses postes frontaliers, assurant la continuité des services essentiels. Sous Chokair, l’accent sur la modernisation et la cybersécurité reflète les défis d’un monde en mutation, où la sécurité numérique devient aussi cruciale que celle des frontières physiques.

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