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De la nécessité de séparer le religieux du politique

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L’histoire humaine est marquée par des périodes où le religieux et le politique se sont mélangés, engendrant souvent des conflits, des inégalités et des oppressions. À l’ère moderne, avec la diversification des sociétés et l’émergence des droits individuels, la séparation du religieux et du politique s’impose comme une nécessité pour garantir la justice, l’égalité et la paix sociale. Cet article examine les raisons impératives pour lesquelles cette séparation est cruciale et propose des stratégies concrètes pour y parvenir.

Pourquoi faut-il séparer le religieux du politique ?

1. Protéger la neutralité de l’État

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Un État mélangeant le religieux et le politique risque de favoriser une confession au détriment des autres, créant ainsi des inégalités structurelles. En revanche, un État neutre garantit l’égalité des citoyens devant la loi, quelles que soient leurs croyances. La neutralité évite que les institutions publiques deviennent les instruments d’une foi dominante.

2. Garantir les droits individuels et collectifs

Lorsque le religieux domine le politique, les lois civiles peuvent être subordonnées à des dogmes religieux, réduisant les libertés individuelles, notamment celles des minorités et des femmes. La séparation assure que les droits fondamentaux prévalent sur les préceptes religieux.

3. Prévenir les conflits interconfessionnels

Dans un État multiconfessionnel, le mélange entre politique et religion est une recette pour la discorde. La séparation crée un cadre où les décisions politiques sont prises au nom de l’intérêt général, et non d’une vision religieuse particulière.

4. Promouvoir l’universalité des lois

Un État laïque garantit que les lois s’appliquent à tous de manière uniforme, sans privilégier une croyance ou un système de valeurs religieux. Cela favorise l’unification des citoyens autour de principes communs.

5. Encourager le progrès et l’innovation

Les dogmes religieux, souvent ancrés dans des visions traditionnelles, peuvent freiner l’évolution des sociétés et des sciences. Une gouvernance laïque permet aux décisions d’être basées sur la raison, les faits et le progrès.

Comment séparer le religieux du politique ?

1. Inscrire la laïcité dans la constitution

Une première étape essentielle est d’ancrer la neutralité religieuse de l’État dans les textes fondateurs. Cela inclut : la reconnaissance de la liberté de conscience et de culte. La garantie de la séparation institutionnelle entre les Églises (ou autres confessions) et l’État.

2. Dépolitiser les institutions religieuses

Il est crucial de retirer toute ingérence religieuse des institutions publiques, notamment l’éducation, la justice et les forces de sécurité. Les chefs religieux doivent être des figures spirituelles et non des acteurs politiques.

3. Assurer une éducation laïque

L’éducation publique doit être neutre, enseignant les principes d’égalité, de tolérance et de rationalité. Les cours sur les religions peuvent être inclus pour promouvoir la compréhension mutuelle, mais sans prosélytisme.

4. Réguler le financement des institutions religieuses

Un financement transparent et limité des organisations religieuses par l’État évite les influences disproportionnées. Ces institutions doivent être indépendantes financièrement.

5. Favoriser un dialogue interconfessionnel dans un cadre laïque

Les différentes confessions peuvent collaborer sur des enjeux sociaux sans ingérer dans le processus politique. L’État peut servir de médiateur neutre.

6. Instaurer des lois universelles et non confessionnelles

Toutes les lois doivent être fondées sur des principes rationnels, applicables à tous les citoyens. Cela inclut le mariage, le divorce et l’héritage, qui doivent être désacralisés.

La séparation du religieux et du politique est une condition sine qua non pour construire des sociétés justes, équitables et modernes. Elle ne signifie pas l’exclusion du religieux, mais son repositionnement dans une sphère privée où il peut épanouir les individus sans contraindre la collectivité. En instaurant cette séparation, les nations peuvent préserver leur unité tout en respectant leur diversité. Le chemin vers la laïcité n’est pas sans défi, mais il est éclairé par la promesse d’une gouvernance plus juste et plus humaine, où chaque citoyen peut être libre de croire ou de ne pas croire, sans peur ni privilège.

Bernard Raymond Jabre

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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