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Début de la session parlementaire précédant le scrutin présidentiel sous le signe de la controverse

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Le Parlement libanais s’est réuni ce matin, à partir de 9 heures, pour entamer le processus de vote en vue de l’élection présidentielle. Cette séance, qui pourrait enfin mettre un terme à plus de deux ans de vacance présidentielle, se déroule dans un climat politique tendu, marqué par des divisions internes profondes et des interventions internationales.

Un scrutin attendu et sous observation internationale

L’élection de ce matin a attiré non seulement les députés, mais aussi des représentants étrangers de premier plan, tels que Jean-Yves Le Drian, envoyé spécial français pour le Liban. Sa présence reflète l’importance géopolitique de ce scrutin pour le pays et pour ses partenaires internationaux. En parallèle, plusieurs députés ont exprimé leurs positions avant et pendant la session, mettant en lumière les tensions et les désaccords autour du choix du futur président.

Joseph Aoun, favori malgré les controverses constitutionnelles

Le général Joseph Aoun, commandant en chef de l’armée, apparaît comme le candidat favori, bénéficiant d’un large soutien politique et international. Plusieurs députés ont confirmé leur intention de voter pour lui, soulignant son rôle unificateur et son potentiel à restaurer la stabilité. Par exemple :

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  • Le député Mark Daou prévoit qu’il pourrait obtenir jusqu’à 110 voix, témoignant d’un soutien significatif.
  • Le député Elias Jaradeh et d’autres membres du Parlement ont affirmé leur engagement envers sa candidature depuis plusieurs années.

Cependant, des voix critiques se sont élevées concernant la nécessité d’un amendement constitutionnel pour permettre son élection, en raison de son statut actuel de fonctionnaire de première catégorie. Ces amendements ont déjà eu lieu par le passé pour d’autres commandants de l’armée devenus présidents, mais ce précédent reste source de débats intenses.

Les débats autour de la légitimité constitutionnelle

Le cadre constitutionnel a été au cœur des interventions des députés lors de cette session :

  • Oussama Saad, député de Saïda, a dénoncé une instrumentalisation de la Constitution par des accords politiques momentanés, affirmant que toute autorité qui viole la Constitution perd sa légitimité.
  • Melhem Khalaf a critiqué les amendements répétés à la Constitution, estimant que ces pratiques ne font que fragiliser l’État de droit.

Certains députés, comme Bilal Abdallah, ont insisté sur l’importance de préserver l’intégrité constitutionnelle comme moyen de protéger l’État et ses institutions.

Positions des blocs politiques et des députés indépendants

Les positions des blocs parlementaires continuent de diverger sur le choix du président et sur le processus en lui-même. Plusieurs tendances se dégagent :

  • Le bloc soutenu par le Hezbollah et Amal envisage de voter blanc lors du premier tour avant de soutenir Joseph Aoun au second.
  • Le député Michel Moawad, principal opposant au système, appelle à un large consensus national pour garantir que le futur président réponde aux attentes des Libanais.
  • Les Forces Libanaises, représentées par Sethrida Geagea, soutiennent depuis longtemps la candidature de Joseph Aoun et espèrent que le scrutin sera une occasion de relancer l’État.

Cependant, le Courant patriotique libre (CPL) de Gebran Bassil s’oppose fermement à cette élection. Bassil a critiqué ce qu’il considère comme une imposition de l’extérieur, déclarant que « nous sommes revenus à l’époque des consuls et des instructions étrangères ». Il estime que l’élection de Joseph Aoun constituerait une violation flagrante des principes constitutionnels.

Une élection sous pression internationale et nationale

Cette élection intervient dans un contexte où le Liban est confronté à une crise multidimensionnelle : économique, politique et sociale. L’implication de figures internationales et le large soutien à Joseph Aoun traduisent une volonté de sortir le pays de l’impasse institutionnelle. Des députés, comme Nabil Badr, ont insisté sur l’urgence de mettre fin au vide présidentiel, affirmant que « la priorité est de préserver la nation et de garantir un État fonctionnel ».

D’autres, tels que Ziad Hawat, ont souligné l’intérêt exceptionnel de la communauté internationale pour ce scrutin, appelant les parlementaires à agir en conséquence pour restaurer la crédibilité des institutions.

Des perspectives incertaines

Malgré les nombreux appels au consensus, le processus reste incertain. Des figures comme Sami Gemayel, leader des Kataëb, ont exprimé leurs doutes quant à la capacité du Parlement à parvenir à un accord. Le premier tour, souvent considéré comme un tour exploratoire, pourrait refléter des divisions importantes avant un éventuel rapprochement au second tour.

Pour beaucoup, l’élection de Joseph Aoun représenterait une opportunité de stabiliser le pays et de redonner espoir à une population en souffrance. Cependant, les tensions internes, les critiques constitutionnelles et les dynamiques internationales complexes pourraient prolonger l’incertitude.

Le scrutin d’aujourd’hui sera déterminant pour l’avenir immédiat du Liban, mais aussi pour sa capacité à réformer son système politique et à restaurer une stabilité durable.

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Newsdesk Libnanews
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