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Edito: Kennedy voulait bâtir, Trump veut tout vendre

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Ne nous reposons pas sur nos acquis, mais efforçons-nous de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le cœur et dans l’esprit de chacun.

John Fitzgerald Kennedy

Ah, si seulement John F. Kennedy pouvait voir ce qu’est devenu le monde qu’il tentait de façonner, lui qui croyait en un avenir où la diplomatie aurait le dernier mot, où la paix ne serait pas un concept galvaudé mais une ambition commune. Aujourd’hui, le grand démantèlement de cet ordre mondial est en cours, orchestré par un président américain au nom bien connu : Donald Trump. Lui qui, au lieu de cultiver les valeurs prônées par ses prédécesseurs, semble avoir pris un malin plaisir à les piétiner.

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Détricoter l’ordre mondial, un passe-temps comme un autre

Là où certains dirigeants tentent de construire, Trump s’applique à déconstruire. C’est un artisan à sa manière, mais plutôt du genre à renverser la table après avoir jeté la nappe par-dessus bord. Son talent ? Défaire pierre par pierre les institutions censées stabiliser le monde. You name it: ONU, UNESCO, OMS, UNRWA même. On pourrait se demander s’il a un agenda caché ou s’il agit simplement comme un joueur de Monopoly qui, frustré de ne pas posséder la rue de la Paix, renverse le plateau de jeu.

USAID, par exemple. Cette agence, créée par Kennedy pour promouvoir le développement international et la coopération humanitaire, a été tout bonnement étranglée par Trump. Après tout, pourquoi envoyer de l’aide aux populations en difficulté quand on peut investir dans des baisses d’impôts pour les milliardaires ? Pourquoi tendre la main quand on peut la fermer en poing ? L’Amérique de Trump n’a plus besoin de sauver le monde ; elle préfère s’occuper de ses propres affaires. Ou plutôt, de celles de ses amis fortunés.

Gaza : un petit projet d’expulsion forcée

Mais le démantèlement ne s’arrête pas là. Gaza, territoire déjà martyrisé par les conflits successifs, est devenu le théâtre d’un projet des plus cyniques : le déplacement forcé des Palestiniens. Trump, toujours en quête d’une solution « simple », semble trouver qu’expulser un peuple entier est une idée pleine de bon sens. Après tout, dans son univers binaire, les solutions diplomatiques sont pour les faibles. La force brute et la négation des droits internationaux ? Voilà qui lui sied mieux.

Bien entendu, tout cela est emballé dans une rhétorique bien rodée : il ne s’agit pas d’une expulsion, non, mais d’une « réinstallation humanitaire ». Un bel euphémisme pour un projet aux relents historiques nauséabonds. Mais qu’importe, tant que cela permet de satisfaire ses alliés et de galvaniser une base électorale qui, visiblement, se fiche bien des subtilités du droit international.

L’Ukraine : en vente sur le grand marché des nations

Et puis il y a l’Ukraine, ce pays pris entre deux feux, dont le sort dépend aujourd’hui de la stratégie aussi versatile qu’inquiétante de Trump. Car voyez-vous, notre cher Donald ne sait pas encore s’il veut la vendre à la Russie ou lui refourguer des armes en échange de ses ressources. Un dilemme cornélien, en somme.

D’un côté, flatter Vladimir Poutine, son homologue autoritaire préféré, pourrait lui rapporter quelques bons points sur l’échiquier géopolitique. Après tout, une Ukraine affaiblie permettrait à la Russie de se renforcer, ce qui, pour Trump, signifie surtout moins de tracas et un bon sujet de conversation lors de ses prochaines entrevues amicales avec le Kremlin.

De l’autre, il y a l’opportunité juteuse de transformer l’Ukraine en immense bazar d’armement, où les dollars couleraient à flots. Car pourquoi chercher la paix quand on peut vendre la guerre ? L’industrie de l’armement, elle, ne s’en plaindra pas. Dans le fond, l’Ukraine n’est pour Trump qu’un terrain de jeu où il pourrait tester l’économie de guerre, un produit à marchander, un pion sur son échiquier personnel.

Une vision du monde taillée à coups de bulldozer

Trump ne croit pas à la paix, et encore moins à la diplomatie. Il croit au deal, au marchandage, à l’intérêt immédiat. La vision de Kennedy, celle d’un monde où la paix serait un effort collectif et constant, semble appartenir à une autre époque. À l’heure où la communauté internationale tente tant bien que mal de colmater les brèches, lui s’amuse à donner de grands coups de bélier dans les murs porteurs.

Mais rassurez-vous, tout cela n’est pas si grave. Après tout, il nous reste encore quelques institutions debout, quelques principes à défendre. Jusqu’au prochain tweet rageur du grand démolisseur en chef, prêt à pulvériser d’un simple message de 280 caractères ce qui a pris des décennies à bâtir.

Alors, ne nous reposons pas sur nos acquis, comme disait Kennedy. Car visiblement, il y a toujours un Donald Trump quelque part, prêt à les dynamiter.

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Newsdesk Libnanews
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