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Israël écarte l’offre libanaise et étend son opération au Liban

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La proposition libanaise d’ouvrir des négociations directes avec Israël n’a pas reçu de réponse favorable, selon plusieurs sources citées vendredi. Dans le même temps, les autorités israéliennes affichent leur volonté de poursuivre et d’élargir l’opération militaire en cours au Liban, alors que des troupes israéliennes sont déjà entrées dans le sud du pays et que les frappes se multiplient.  

L’offre de Beyrouth reste sans suite

Le président libanais Joseph Aoun a proposé cette semaine l’ouverture de négociations directes avec Israël pour tenter d’obtenir une issue au conflit déclenché le 2 mars. Mais cette initiative n’a, à ce stade, pas trouvé d’écho côté israélien ni américain, selon des sources libanaises et étrangères citées vendredi. Joseph Aoun a d’ailleurs indiqué au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qu’il n’avait reçu « aucune réponse » à son offre.  

Selon Reuters, Beyrouth a commencé à préparer une délégation de négociation, et, dans certains échanges privés, l’hypothèse d’une normalisation a même été évoquée. Une source proche du dossier a résumé la position libanaise par cette formule: « Everything is on the table. » Mais plusieurs interlocuteurs cités dans le même article estiment que le Liban arrive affaibli à cette séquence, faute d’avoir contenu le Hezbollah au cours des derniers mois.  

Israël juge qu’il ne peut pas négocier sous le feu

Les responsables israéliens ont publiquement lié toute discussion à l’arrêt des tirs depuis le territoire libanais. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré au Times of Israel que son pays était prêt au dialogue avec le gouvernement libanais pour normaliser les relations, mais a ajouté: « But the current problem is that dialogue with the Lebanese government cannot stop the fire from Lebanese territory. »  

Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur israélien Danny Danon a tenu une ligne similaire. « Israel could not negotiate with Lebanon while rockets are flying into our northern border », a-t-il affirmé, avant d’ajouter: « The time has come to decide: will Lebanon stick to declarations or actually act? » Selon la même source, Israël continue d’exiger que l’armée libanaise démantèle les sites de lancement de roquettes et de drones du Hezbollah et saisisse ses armes.  

Une opération appelée à s’élargir

Sur le terrain, les déclarations israéliennes vont dans le sens d’une poursuite de l’offensive. Jeudi, le ministre de la Défense Israel Katz a indiqué que l’armée avait reçu l’ordre d’élargir la campagne au Liban. « We promised quiet and security to the communities of the north, and that is exactly what we will deliver », a-t-il déclaré lors d’une réunion avec de hauts responsables militaires.  

Le chef d’état-major israélien Eyal Zamir a, lui aussi, annoncé une opération appelée à durer. « This operation will not be short. We will bring additional troops and capabilities to the north … We continue moving forward », a-t-il dit. Reuters a également filmé des forces et des blindés israéliens massés à la frontière libanaise, au moment où l’armée israélienne annonçait l’extension de ses opérations.  

Des troupes déjà engagées dans le sud du Liban

L’élargissement de l’opération intervient alors que des forces israéliennes sont déjà présentes en territoire libanais. La FINUL a confirmé qu’elles avaient avancé jusqu’à 7 kilomètres à l’intérieur du sud du Liban, où elles ont installé des barrages routiers, selon Reuters. Dans le même temps, les ordres d’évacuation israéliens couvrent désormais environ 14 % du territoire libanais, d’après le Norwegian Refugee Council.  

Un article de Reuters publié le 6 mars rapportait déjà, sur la base de sources sécuritaires libanaises et étrangères, qu’Israël devrait continuer ses opérations au Liban même après la fin des frappes sur l’Iran. L’une de ces sources résumait ainsi la logique israélienne: « This is about ending Hezbollah once and for all. » Les mêmes sources estimaient probable une occupation militaire durable de toute la bande frontalière du sud du Liban.  

Menaces israéliennes et pression croissante sur Beyrouth

Les responsables israéliens accentuent aussi la pression politique sur l’État libanais. Selon un communiqué cité par Reuters, Israel Katz a averti Joseph Aoun que si le gouvernement libanais ne pouvait pas empêcher le Hezbollah d’attaquer Israël, « we will take the territory and do it ourselves ». Cette déclaration est intervenue alors que les frappes israéliennes ont touché le centre de Beyrouth et que les ordres d’évacuation se sont étendus à de nouvelles zones du sud.  

Vendredi, la situation humanitaire continuait de se dégrader. Plus de 800 000 personnes ont été déplacées au Liban depuis le début de l’escalade, selon les agences humanitaires relayées par Reuters. Les autorités et les organisations internationales signalent aussi une pression croissante sur les hôpitaux, les centres d’hébergement et les infrastructures civiles.  

Une séquence diplomatique bloquée, un front militaire ouvert

À ce stade, la séquence est marquée par un double mouvement: d’un côté, une ouverture diplomatique libanaise restée sans réponse concrète; de l’autre, des signaux israéliens clairs en faveur d’une poursuite et d’un durcissement de l’opération au Liban. Les déclarations publiques de Gideon Saar, Danny Danon, Israel Katz et Eyal Zamir convergent sur un point: Israël ne veut pas entrer en négociation tant que les tirs depuis le Liban se poursuivent et affiche sa volonté de continuer l’action militaire sur le terrain.  

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