L’élection de Joseph Aoun, chef de l’armée libanaise, à la présidence de la République du Liban a suscité une vague de réactions internationales. Cette étape est perçue comme une avancée cruciale pour sortir le pays d’une longue impasse politique, caractérisée par une vacance institutionnelle prolongée et une crise socio-économique majeure.
Réactions internationales : Un espoir de stabilité
Israël
Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a salué l’élection de Joseph Aoun, exprimant l’espoir qu’elle contribue à la stabilité régionale. Sur la plateforme X, il a déclaré :
« J’espère que ce choix favorisera la stabilité, un avenir meilleur pour le Liban et son peuple, ainsi que des relations de bon voisinage. »
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Cette déclaration est notable dans un contexte où Israël et le Liban, bien qu’ayant signé un accord sur la délimitation maritime en 2022, restent officiellement en état de guerre. La perspective de relations apaisées est néanmoins conditionnée par la capacité de Joseph Aoun à gérer les tensions internes, notamment celles liées au Hezbollah.
Iran
L’ambassade d’Iran à Beyrouth a également réagi favorablement à cette élection. Dans un communiqué publié sur X, elle a félicité le Liban pour ce choix :
« Nous félicitons le Liban frère pour l’élection du général Joseph Aoun. Nous espérons une coopération étroite dans différents domaines, au service des intérêts communs de nos pays. »
L’Iran, allié majeur du Hezbollah, souligne ainsi son soutien tout en cherchant à consolider son influence dans la région à travers cette transition politique.
Arabie Saoudite
Le roi Salman et le prince héritier Mohammed ben Salmane ont adressé leurs félicitations à Joseph Aoun pour son accession à la présidence du Liban. Le message royal a mis en avant le soutien de l’Arabie Saoudite au peuple libanais et ses espoirs pour une ère de paix et de prospérité sous cette nouvelle administration.
États-Unis
L’ambassadrice des États-Unis au Liban, Lisa Johnson, a exprimé sa satisfaction suite à cette élection, la qualifiant de pas en avant pour le pays.
« Très satisfaite de l’élection de Joseph Aoun à la présidence, » a-t-elle déclaré, ajoutant que les États-Unis restent déterminés à soutenir le Liban dans ses efforts de stabilisation et de relance économique.
Nations Unies
Jeanine Hennis-Plasschaert, coordinatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, a qualifié cette élection de « première étape cruciale ». Dans un communiqué, elle a insisté sur l’urgence de désigner un Premier ministre et de former un gouvernement :
« Les tâches qui attendent l’État libanais sont trop monumentales pour perdre davantage de temps. C’est le moment pour chaque décideur de mettre l’intérêt du Liban au-dessus de toutes considérations personnelles ou politiques. »
Ligue des États arabes
Ahmed Aboul Gheit, secrétaire général de la Ligue des États arabes, a également salué cette élection :
« Mes sincères félicitations au Liban pour l’élection de Son Excellence le Président Joseph Aoun comme nouveau président du pays après une longue attente. Tous nos vœux de succès au nouveau Président dans ses nouvelles fonctions et au peuple libanais pour la paix, la stabilité et la prospérité. »
Ces réactions reflètent un consensus international sur la nécessité de renforcer la stabilité et de relancer les institutions libanaises après des années de paralysie politique.
Défis internes : Une présidence sous haute tension
Malgré les réactions positives sur la scène internationale, Joseph Aoun fait face à une situation intérieure complexe. La crise économique, qualifiée par la Banque mondiale de l’une des pires au monde depuis 1850, continue de ravager le pays. La monnaie nationale a perdu près de 98 % de sa valeur par rapport au dollar américain depuis 2019, et près de 80 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté.
Priorités économiques
La relance économique demeure la priorité absolue. Le Liban doit mettre en œuvre des réformes structurelles, notamment celles exigées par le Fonds monétaire international (FMI) en échange d’un plan de sauvetage. Ces réformes incluent :
- La restructuration du secteur bancaire.
- La lutte contre la corruption systémique.
- La réduction des déficits budgétaires.
Cependant, ces mesures se heurtent à des résistances politiques et sociales, exacerbées par les rivalités entre factions.
Sécurité et souveraineté
Sur le plan sécuritaire, l’autorité de Joseph Aoun sera scrutée, notamment en ce qui concerne sa gestion du Hezbollah. Bien que chef de l’armée, il devra naviguer entre les attentes internationales qui exigent un contrôle accru de l’État sur les milices armées et les dynamiques internes où le Hezbollah reste un acteur influent.
Réformes institutionnelles
L’élection d’un président ne suffira pas à elle seule à résoudre la paralysie institutionnelle. La formation rapide d’un gouvernement est essentielle pour restaurer la confiance de la population et des partenaires internationaux. L’accent devra être mis sur des mesures tangibles pour rétablir les services publics essentiels, tels que l’électricité, la santé et l’éducation.



