Indicateurs économiques du Liban
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
1993 : Nomination à la tête de la Banque du Liban
- Août 1993 : Riad Salamé, ancien banquier chez Merrill Lynch, est nommé gouverneur de la Banque du Liban (BDL) par le président Elias Hraoui, avec le soutien de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Salamé prend la direction de l’institution dans un Liban en reconstruction après la guerre civile, avec pour mission principale de stabiliser la livre libanaise.
Années 1990 : Stabilisation de la livre libanaise et ancrage au dollar
- 1994-1996 : Salamé met en œuvre une politique de taux d’intérêt élevés pour attirer des devises étrangères et stabiliser la livre libanaise. Ce mécanisme de gestion monétaire, associé à une plus grande ouverture du marché libanais, aide à rétablir la confiance des investisseurs.
- 1997 : Salamé décide d’ancrer la parité de la livre libanaise au dollar américain à un taux fixe de 1 507,5 LL pour 1 USD. Cette décision est motivée par le besoin de stabilité monétaire, après des années de volatilité de la livre. Bien que cette politique renforce la confiance immédiate des investisseurs et stabilise la monnaie, elle rend aussi l’économie libanaise extrêmement dépendante des flux de capitaux étrangers et des réserves de devises.
Années 2000 : Maintien de la stabilité financière et expansion de son rôle
- 2003 : Reconduit pour un second mandat, Salamé continue de maintenir la parité fixe de la livre avec le dollar et met en place des mesures monétaires strictes pour défendre ce taux de change. Il devient un acteur clé du système financier libanais, jouissant d’une grande réputation à l’international.
- 2005 : L’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri plonge le pays dans une profonde crise politique. Salamé réussit à éviter un effondrement financier immédiat et à maintenir la stabilité de la livre, renforçant ainsi son image de protecteur de la stabilité économique.
2007 : Révélations de WikiLeaks
- 2007 : WikiLeaks publie des câbles diplomatiques révélant des communications entre Salamé et les diplomates américains. Ces documents montrent que Salamé est perçu comme un allié stratégique des États-Unis au Liban, ce qui soulève des questions sur l’indépendance de ses décisions à la tête de la BDL.
2010-2016 : Ingénierie financière et critiques croissantes
- Juin 2016 : Salamé introduit des opérations d’ingénierie financière visant à attirer de nouvelles devises étrangères et à renforcer les réserves de la BDL. Ces opérations, bien qu’elles réussissent à court terme à stabiliser les réserves, sont vivement critiquées pour avoir accru l’endettement public et les déséquilibres macroéconomiques. La parité fixe commence à montrer ses limites, alors que l’économie libanaise est de plus en plus dépendante des flux extérieurs de capitaux.
2017 : Rumeurs de candidature présidentielle et pressions politiques
- 19 octobre 2017 : Salim Jreissati, conseiller du président Michel Aoun, met en garde contre une enquête parlementaire sur la Banque du Liban, soulignant que cela pourrait avoir des répercussions graves, alors que Salamé continue de jouer un rôle central dans la gestion financière du pays.
- 24 avril 2017 : Le président Michel Aoun propose officiellement de reconduire Riad Salamé pour un nouveau mandat lors d’une réunion du Conseil des ministres. Cette initiative est soutenue par des personnalités politiques comme Gebran Bassil et Salim Jreissati, malgré les critiques croissantes concernant la gestion de la BDL.
2019 : Effondrement économique et manifestations contre la corruption
- 09 avril 2019 : Samir Geagea, chef des Forces libanaises, défend Salamé en déclarant qu’il est imprudent de changer de gouverneur en pleine crise, soulignant que Salamé est perçu comme un élément de stabilité financière.
- Octobre 2019 : De vastes manifestations éclatent à travers le Liban contre la corruption généralisée et la mauvaise gestion économique. Salamé devient l’une des principales cibles des manifestants, accusé d’avoir prolongé un système financier corrompu et insoutenable. Les critiques se concentrent sur son insistance à maintenir la parité fixe de la livre avec le dollar, malgré l’effondrement économique imminent.
2020 : Enquêtes internationales et soutien local à Salamé
- 12 mars 2020 : Face aux rumeurs sur un éventuel limogeage de Salamé, le président du Parlement, Nabih Berri, déclare que le Liban a besoin de toutes les compétences disponibles pour faire face à la crise, y compris celles de Salamé.
- 26 avril 2020 : Béchara Raï, patriarche maronite, prend publiquement la défense de Salamé, affirmant que toute tentative de le destituer mettrait en péril la stabilité financière du pays. Il critique ceux qui cherchent à « déstabiliser la Banque du Liban ».
- 15 décembre 2020 : Saad Hariri, ancien Premier ministre, réaffirme son soutien à Salamé, déclarant que le gouverneur de la BDL bénéficie d’une immunité politique et que son rôle est crucial dans la gestion de la crise économique.
2021 : Pressions accrues et premières affaires judiciaires
- 18 mars 2021 : Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, évoque les discussions sur le remplacement de Salamé, mettant en garde contre les conséquences économiques de cette décision. Selon lui, un départ de Salamé pourrait provoquer une hausse spectaculaire du taux de change du dollar sur le marché noir.
- 28 décembre 2021 : Le Premier ministre par intérim, Najib Mikati, justifie le maintien de Salamé en poste, déclarant qu’il est risqué de changer les dirigeants financiers en pleine crise, comparant la situation à une guerre économique.
2022 : Isolement croissant et affaires judiciaires internationales
- Mars 2022 : Les autorités suisses lancent une enquête formelle sur les avoirs de Riad Salamé et son implication dans des détournements de fonds à travers la société Forry Associates Ltd, une entreprise soupçonnée d’avoir détourné des millions de dollars de la BDL.
- Avril 2022 : L’affaire Optimum Investments est révélée, montrant des transactions suspectes impliquant Salamé, qui aurait utilisé cette société pour dissimuler des fonds. Les critiques sur son rôle dans l’aggravation de la crise économique libanaise continuent de monter.
- Juin 2022 : Le procureur général du Liban, Ghassan Oueidat, annonce sa coopération avec les autorités internationales dans les enquêtes visant Salamé, marquant le début de l’isolement politique du gouverneur de la BDL.
2023 : Poursuites judiciaires et perte de soutien
- Janvier 2023 : Le Parquet européen intensifie son enquête sur les biens et les comptes bancaires de Salamé, suspecté de blanchiment d’argent à grande échelle. Des perquisitions sont menées dans ses bureaux à Paris et Beyrouth.
- Mars 2023 : Salamé est formellement inculpé pour détournement de fonds et blanchiment d’argent. Les enquêtes internationales se concentrent sur ses actifs en Europe, notamment en France et en Suisse, où des comptes bancaires suspects sont gelés.
2024 : Arrestation et fin de carrière
- Mars 2024 : Salamé est arrêté à Beyrouth, inculpé de détournement de fonds publics, de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite, mettant fin à une carrière de plus de trois décennies à la tête de la Banque du Liban. Son arrestation marque un tournant dans la lutte contre la corruption au Liban.
- Juin 2024 : Les affaires Forry et Optimum sont citées comme raisons principales de son arrestation. Les autorités libanaises et internationales intensifient les poursuites contre lui, tandis que son procès est annoncé pour l’automne 2024.





