samedi, janvier 24, 2026

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La déclaration de Jérusalem comme capitale par Israël en 1950 : Un jalon dans l’annexion progressive de la Palestine

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Le 23 janvier 1950, la Knesset israélienne adoptait une résolution proclamant Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël, une décision unilatérale qui ignorait les revendications arabes sur la ville et marqua le début d’une série de mesures consolidant la présence israélienne. Cette proclamation, votée par 60 voix contre 2 avec des abstentions des partis Mapam et Herut, répondait à une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies du 9 décembre 1949 réaffirmant le plan de partition de 1947, qui prévoyait un régime international pour Jérusalem en tant que corpus separatum. Le Premier ministre David Ben Gourion déclara alors que « Jérusalem juive est une partie organique et inséparable de l’État d’Israël, tout comme elle est une partie intégrante de l’histoire et de la foi juives ». Pour les Palestiniens, cette affirmation symbolisa une nouvelle dépossession après la Nakba de 1948, où plus de 750 000 d’entre eux avaient été expulsés ou avaient fui leurs foyers. À l’époque, plus de 100 000 Palestiniens vivaient dans la ville, et cette déclaration alimenta un sentiment d’injustice profonde, renforçant la mobilisation pour le droit au retour et posant les bases d’un conflit qui s’étendit au-delà des frontières locales.

Cette résolution intervint dans le sillage de la guerre de 1948-1949, qui avait divisé Jérusalem entre une partie occidentale sous contrôle israélien et une partie orientale annexée par la Jordanie. Les institutions gouvernementales israéliennes s’installèrent progressivement à Jérusalem-Ouest, malgré les objections internationales. Sur le plan régional, elle exacerba les tensions avec les États arabes voisins, perçue comme une violation du statu quo ante et un défi aux aspirations panarabes. Pour les Palestiniens dispersés, cette proclamation de 1950 représentait non seulement une perte territoriale, mais aussi une effacement culturel et historique, alors que leurs quartiers et sites sacrés restaient sous menace.

Les racines d’une division imposée

La proclamation de 1950 s’inscrivait dans un contexte de fragmentation post-mandat britannique. Le plan de partition de l’ONU en 1947 avait envisagé Jérusalem comme une zone internationale, séparée des États juif et arabe proposés, pour préserver son caractère sacré et multiconfessionnel. Cependant, les hostilités de 1948-1949 menèrent à une partition de facto : Israël contrôlait l’ouest, la Jordanie l’est, incluant la Vieille Ville. Les Palestiniens, qui constituaient la majorité de la population avant 1948, virent leurs communautés divisées et leurs propriétés confisquées. Dès les années 1950, Israël commença à consolider son emprise, transférant des institutions comme la Knesset et des ministères à Jérusalem-Ouest, en dépit des résolutions onusiennes appelant au respect du statut international.

Du point de vue palestinien, cette période marqua le début d’une politique systématique d’exclusion. Les réfugiés palestiniens, dont beaucoup originaires de Jérusalem et de ses environs, furent empêchés de retourner chez eux, tandis que la loi israélienne sur les biens des absents permettait la saisie de propriétés arabes. Régionalement, les États arabes, encore sous le choc de la défaite de 1948, virent dans cette déclaration un affront à l’unité arabe, renforçant les appels à la solidarité panarabe. Internationalement, la communauté des nations, via l’ONU, réaffirma à plusieurs reprises le statut spécial de Jérusalem, mais sans mesures coercitives, laissant les Palestiniens face à une réalité d’occupation croissante.

L’annexion de 1967 et ses conséquences immédiates

La guerre des Six Jours en juin 1967 transforma radicalement Jérusalem. Les forces israéliennes prirent le contrôle de Jérusalem-Est, y compris la Vieille Ville et ses sites sacrés, ainsi que des territoires environnants. À la fin du mois, Israël étendit sa juridiction sur 70 kilomètres carrés supplémentaires, incorporant Jérusalem-Est et des villages adjacents de Cisjordanie. Le ministre israélien de la Défense Moshe Dayan annonça que « nous avons réuni la ville divisée, la capitale d’Israël, pour ne plus jamais la diviser ». Cette annexion, non reconnue par la communauté internationale, entraîna le déplacement de milliers de Palestiniens et la construction de quartiers juifs dans les zones nouvellement contrôlées.

Pour les Palestiniens, cette conquête fut perçue comme une tentative d’effacer leur identité de la ville. Des démolitions systématiques et des restrictions sur les permis de construction pour les résidents arabes fragmentèrent les quartiers palestiniens. Au niveau international, la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en novembre 1967, appela au retrait israélien des territoires occupés en échange de la paix, sans mentionner explicitement Jérusalem. Les États arabes, lors du sommet de Khartoum en septembre 1967, réaffirmèrent leur refus de reconnaître Israël, de négocier ou de signer la paix, isolant davantage Israël régionalement. Cette ère vit la montée de la résistance palestinienne, avec la formation de factions au sein de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) visant à contester l’occupation.

L’évolution législative et les répercussions régionales

En 1980, la Knesset adopta la Loi fondamentale sur Jérusalem, déclarant la ville « complète et unie » comme capitale d’Israël. Amendée en 2000 pour inclure explicitement les territoires annexés en 1967, cette loi provoqua une condamnation unanime au Conseil de sécurité via la résolution 478, qui la déclara nulle et non avenue, appelant les États membres à retirer leurs missions diplomatiques de la ville. Le secrétaire général de l’ONU de l’époque, Kurt Waldheim, souligna que cette mesure « altère le caractère et le statut de Jérusalem sainte ».

Régionalement, cette loi exacerba les tensions avec la Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans depuis un accord avec Israël en 1994, et alimenta les discours anti-israéliens dans le monde arabe. Les Palestiniens, sous la direction de Yasser Arafat, intensifièrent leurs revendications pour Jérusalem-Est comme capitale d’un futur État, un point central des négociations d’Oslo en 1993. Pourtant, les accords intérimaires ne résolurent pas le statut final de la ville, laissant une incertitude qui persista lors des pourparlers de Camp David en 2000. Du point de vue palestinien, ces lois successives marginalisèrent systématiquement la population arabe, avec une augmentation des démolitions de maisons et une expansion des colonies fragmentant les quartiers palestiniens.

Les dynamiques du XXIe siècle et l’impact persistant sur les Palestiniens

Au début des années 2000, la seconde Intifada (2000-2005) éclata en partie due aux tensions autour de l’esplanade des Mosquées, site sacré pour les musulmans comme al-Aqsa et pour les juifs comme le Mont du Temple. La visite d’Ariel Sharon sur le site en septembre 2000 déclencha des émeutes qui firent plus de 4 000 morts, majoritairement palestiniens. Le ministre palestinien des Affaires étrangères de l’époque, Nabil Shaath, accusa Israël de « provocation délibérée visant à saper les aspirations palestiniennes à Jérusalem ».

Dans les années suivantes, les restrictions israéliennes sur l’accès des Palestiniens à Jérusalem-Est se multiplièrent, avec la construction du mur de séparation à partir de 2002, isolant des milliers de résidents de leurs terres et services. Régionalement, cela renforça les alliances anti-israéliennes, notamment avec l’Iran et le Hezbollah, voyant en Jérusalem un symbole de résistance. Internationalement, des résolutions onusiennes répétées, comme la 2334 de 2016, condamnèrent les colonies à Jérusalem-Est comme illégales, mais sans effet concret sur le terrain.

Les Palestiniens continuèrent à subir des expulsions et démolitions, avec plus de 1 700 structures détruites en Cisjordanie et Jérusalem-Est en 2024 seul, déplaçant environ 4 500 personnes. La reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale israélienne en 2017, suivie du transfert de l’ambassade en 2018, fut perçue comme un soutien à l’annexion, exacerbant le sentiment d’abandon international.

Les tensions récentes autour de l’UNRWA et l’escalade à Jérusalem

En 2024 et 2025, les événements à Jérusalem connurent une escalade marquée. En février 2025, les forces israéliennes entrèrent dans plusieurs écoles de l’UNRWA à Jérusalem-Est, ordonnant leur fermeture et perturbant l’éducation de centaines d’enfants palestiniens. En avril 2025, des ordres de fermeture visèrent six écoles de l’UNRWA, invoquant des liens présumés avec des groupes militants, réfutés par l’agence. Ces actions furent vues par les Palestiniens comme une tentative d’éradiquer les institutions soutenant les réfugiés.

En décembre 2025, une législation israélienne interdit les opérations de l’UNRWA en territoire contrôlé par Israël, menant à la saisie de biens et à la coupure de services essentiels. Le 8 décembre 2025, des forces israéliennes envahirent le complexe de l’UNRWA à Jérusalem-Est, remplaçant le drapeau de l’ONU par celui d’Israël, un acte condamné par l’Union européenne comme une violation du droit international. Le 15 janvier 2026, un centre de santé de l’UNRWA fut forcé à fermer pour 30 jours, privant les réfugiés de soins primaires.

L’incident du 20 janvier 2026 representa l’aboutissement de ces mesures. Des bulldozers israéliens démolirent des structures clés du complexe de Sheikh Jarrah, un site protégé par les immunités onusiennes. Parallèlement, des gaz lacrymogènes furent tirés sur une école professionnelle de l’UNRWA à Qalandia, marquant une seconde cible onusienne en une journée. Le commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, dénonça une « attaque sans précédent contre une agence des Nations unies et ses locaux », affirmant que les forces israéliennes forcèrent l’entrée vers 7 heures du matin, expulsèrent les gardes et procédèrent à la démolition. Le secrétaire général des Nations unies qualifia cet acte de « violation flagrante de l’inviolabilité des locaux des Nations unies », soulignant qu’il entrave la fourniture de services essentiels aux réfugiés palestiniens.

Du côté palestinien, le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne dénonça une « agression contre les institutions internationales », appelant à une intervention immédiate du Conseil de sécurité de l’ONU. Des sources palestiniennes rapportèrent que cette démolition prive directement des milliers de réfugiés de services éducatifs et sanitaires, exacerbant la précarité dans un quartier marqué par des expulsions et démolitions de maisons palestiniennes. Le ministère saoudien des Affaires étrangères condamna cette démolition, exprimant son soutien à l’UNRWA pour sa mission humanitaire auprès des Palestiniens. Pour les Palestiniens, ces actes s’inscrivent dans une stratégie d’expansion remontant à 1950, avec plus de 700 Palestiniens tués en Cisjordanie depuis 2024, dont une majorité par des forces israéliennes. Régionalement, cela ravive les craintes d’instabilité, tandis qu’internationalement, des appels se multiplient pour protéger les sites onusiens, sans sanctions concrètes pour l’instant.

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