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La publication des courriels de Jeffrey Epstein révèle les liens avec Thomas Barrack au sein du cercle trumpien

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Le 12 novembre 2025, la commission de surveillance de la Chambre des représentants aux États-Unis a rendu publics des milliers de pages de documents issus de la succession de Jeffrey Epstein, incluant des centaines de courriels qui mettent en évidence les réseaux d’influence du financier décédé. Parmi ces échanges, des mentions spécifiques à Thomas Barrack, un proche de Donald Trump, illustrent comment Epstein cherchait à s’insinuer dans l’entourage du magnat de l’immobilier devenu président. Ces révélations, survenues à peine une semaine après l’élection de Trump pour un second mandat, soulignent les connexions persistantes entre des figures du monde des affaires et Epstein, malgré les scandales qui ont entouré ce dernier depuis des années.

Ces courriels, datant principalement des années 2015 à 2019, montrent Epstein en train de suivre de près la montée en puissance de Trump, tout en entretenant des relations avec des personnalités comme l’auteur Michael Wolff, l’économiste Larry Summers ou l’investisseur Peter Thiel. Barrack, quant à lui, apparaît comme un maillon dans ce réseau, Epstein le reliant à d’autres associés éloignés. Sans accuser directement Barrack de tout acte répréhensible, ces documents rappellent comment le financier utilisait ses contacts pour naviguer dans les sphères politiques et économiques américaines.

Les échanges révèlent un Epstein obsédé par la trajectoire de Trump, recevant des alertes Google sur ses déplacements et suivant même la position d’Air Force One pour éviter des restrictions aériennes. Dans un courriel du 20 décembre 2018 adressé à l’avocat Reid Weingarten, Epstein décrit Trump comme « superficiel, inintelligent, needy » et « borderline insane », tout en le comparant à un « parrain de la mafia » doté d’un « grand pouvoir dangereux » en tant que commandant en chef. Il met en garde contre le risque de sous-estimer cet homme, notant que traiter Trump comme un simple mafieux ignore sa position unique.

D’autres messages montrent Epstein exprimant un optimisme quant aux opportunités sous la présidence Trump. En janvier 2017, il écrit à un correspondant : « tout va bien avec Trump, beaucoup d’opportunités ». Ces lignes contrastent avec des conseils prodigués par Wolff, qui, en décembre 2015, suggère à Epstein de « le laisser se pendre lui-même » en référence à Trump, et en octobre 2016, l’encourage à « se manifester cette semaine et parler de Trump de manière à susciter une grande sympathie et l’achever ».

Barrack est cité dans ces échanges comme faisant partie des associés que Epstein connecte, illustrant son rôle dans un réseau plus large incluant des figures du « Trump crowd ». Bien que les détails spécifiques sur Barrack dans ces courriels récents soient limités à des mentions de connexions, ils s’inscrivent dans un pattern où Epstein utilise ses relations pour influencer ou observer les cercles politiques.

Les réactions immédiates à cette publication ont été vives. La Maison Blanche a qualifié ces courriels de « hoax » orchestré par les démocrates pour distraire l’opinion publique, tandis que Trump a exhorté les républicains à cesser d’en discuter. De son côté, Wolff a publié une vidéo sur Instagram affirmant qu’Epstein et Trump entretenaient une relation étroite depuis plus d’une décennie, évoquant un possible « smoking gun » sans en préciser la nature.

Les républicains, qui contrôlent la commission, ont publié ces documents suite à une pression démocrate pour plus de transparence sur Epstein. Certains républicains envisagent de voter pour des divulgations supplémentaires, marquant une fissure potentielle au sein du parti.

Qui est Thomas Barrack ?

Thomas Joseph Barrack Jr., né en 1947 à Los Angeles, est un investisseur immobilier américain d’origine libanaise, fondateur et ancien PDG de Colony Capital, une société de gestion d’actifs qui s’est spécialisée dans les acquisitions distressed et les investissements internationaux. Diplômé en droit de l’Université de Southern California, Barrack a débuté sa carrière comme avocat avant de se tourner vers l’immobilier dans les années 1970. Il a bâti sa fortune en rachetant des propriétés en difficulté, notamment lors de la crise des savings and loans aux États-Unis.

Au fil des décennies, Barrack a étendu ses activités à l’international, investissant dans des hôtels de luxe, des casinos et des projets immobiliers en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. En 2010, Colony Capital a acquis une participation majoritaire dans Miramax Films, la société de production fondée par les frères Weinstein, avant de la revendre plus tard. Barrack a également été impliqué dans des transactions avec des fonds souverains, notamment ceux des Émirats arabes unis et du Qatar, ce qui lui a valu des liens étroits avec des leaders du Golfe.

Politiquement, Barrack est un républicain de longue date, connu pour sa proximité avec Donald Trump depuis les années 1980. Il a servi comme conseiller informel lors de la campagne de 2016 et a présidé le comité d’inauguration de Trump en 2017, levant plus de 107 millions de dollars pour les festivités – un record historique. Cette rôle l’a placé au cœur de l’administration naissante, où il a défendu des politiques pro-business et des alliances avec les pays arabes.

Cependant, cette proximité n’a pas été sans controverses. En juillet 2021, Barrack a été arrêté et inculpé pour avoir agi comme agent étranger non enregistré au profit des Émirats arabes unis, accusé d’avoir influencé la politique étrangère américaine sans déclaration. Les procureurs ont allégué qu’il avait transmis des informations sensibles et cherché à placer des alliés émiratis dans l’administration Trump. Barrack a plaidé non coupable et, après un procès en 2022, a été acquitté de toutes les charges, affirmant que ses actions étaient motivées par des intérêts commerciaux légitimes plutôt que par de l’espionnage.

Depuis son acquittement, Barrack s’est retiré de la direction quotidienne de Colony Capital – rebaptisée DigitalBridge Group en 2021 – pour se concentrer sur des investissements personnels et des philanthropies. Il reste une figure influente dans les cercles républicains, participant à des événements de fundraising et offrant des conseils sur les questions économiques. En 2025, sous la seconde administration Trump, Barrack a été nommé envoyé spécial pour la Syrie, un rôle qui l’a amené à s’impliquer dans les affaires régionales au Moyen-Orient, y compris au Liban. Lors d’une visite à Beyrouth en août 2025, il a provoqué une vive polémique en qualifiant des journalistes libanais d’« animalistic » lors d’une conférence de presse, les exhortant à agir de manière « civilisée ». Ces propos, perçus comme dégradants et empreints d’une supériorité coloniale, ont suscité un tollé général au Liban, avec des appels à des excuses officielles et des critiques de la part de figures politiques et médiatiques locales. Barrack a présenté des excuses le lendemain, regrettant l’usage du terme « animalistic » tout en expliquant qu’il visait à calmer un échange houleux. Plus récemment, en novembre 2025, il a qualifié le Liban d’État failli lors d’une déclaration sur la situation syrienne, ravivant les tensions et soulignant les défis diplomatiques dans une région marquée par des instabilités persistantes.

Les liens connus entre Barrack et Epstein

Les connexions entre Thomas Barrack et Jeffrey Epstein remontent aux années 1980 et 1990, une période où les deux hommes fréquentaient les mêmes milieux new-yorkais et floridiens de l’élite financière et mondaine. Selon des témoignages recueillis dans des livres comme « Fire and Fury » de Michael Wolff, Barrack, Trump et Epstein formaient un trio décrit comme des « mousquetaires de la vie nocturne », partageant des soirées et des événements sociaux. Cette amitié informelle s’inscrivait dans un contexte où Epstein, alors gestionnaire de fortune pour les ultra-riches, cultivait des relations avec des magnats de l’immobilier.

Le nom de Barrack figure dans le célèbre « black book » d’Epstein, un répertoire de contacts contenant des numéros de téléphone, adresses et emails de plus de 1500 personnes, incluant des célébrités, politiciens et hommes d’affaires. Ce carnet, saisi par les autorités lors des perquisitions en 2019, a été partiellement rendu public en versions redactées lors de procès ultérieurs, confirmant la présence de Barrack parmi les entrées.

En 2016, alors que Trump menait sa campagne présidentielle, Epstein a tenté de s’approcher de l’entourage du candidat républicain. Des documents examinés par le Wall Street Journal en 2023 révèlent qu’Epstein a invité Barrack et Peter Thiel à des rencontres avec une femme russe, dans le cadre d’efforts pour établir des liens avec des soutiens de Trump. Ces invitations, survenues avant l’élection de novembre 2016, visaient apparemment à faciliter des introductions, bien que les détails sur la participation effective de Barrack restent flous. Thiel, pour sa part, a nié toute visite sur l’île privée d’Epstein via ses représentants.

Aucune preuve n’a émergé indiquant que Barrack ait voyagé sur les avions d’Epstein, contrairement à d’autres figures comme Bill Clinton ou le prince Andrew, dont les noms apparaissent dans les logs de vol publiés en 2021 et 2024. Les logs, couvrant des centaines de vols entre 1991 et 2006, listent Trump à sept reprises entre 1993 et 1997, mais pas Barrack.

Malgré ces liens sociaux, Barrack n’a jamais été accusé d’implication dans les activités criminelles d’Epstein, qui impliquaient le trafic sexuel de mineures. Les enquêtes fédérales, menées par le FBI et le Département de la Justice, n’ont pas produit de charges contre lui dans ce dossier. Barrack a publiquement distancé de telles allégations, se concentrant sur sa défense lors de son propre procès en 2022.

Le contexte de l’affaire Epstein

Jeffrey Epstein, né en 1953 à Brooklyn, a commencé sa carrière comme professeur de mathématiques avant de rejoindre la banque d’investissement Bear Stearns en 1976. Il y a gravi les échelons rapidement, gérant des fortunes pour des clients comme Les Wexner, fondateur de L Brands. En 1996, Epstein a fondé sa propre firme, se spécialisant dans la gestion d’actifs pour milliardaires, avec une clause exigeant un minimum d’un milliard de dollars en actifs.

Son empire incluait des propriétés luxueuses : un manoir à Manhattan, une résidence à Palm Beach, un ranch au Nouveau-Mexique, et l’île privée de Little St. James aux Îles Vierges américaines, surnommée « l’île de la pédophilie » par certains médias après les révélations. Epstein voyageait fréquemment sur son Boeing 727, baptisé « Lolita Express », transportant des invités éminents.

Les premiers soupçons ont émergé en 2005, lorsque la police de Palm Beach a enquêté sur des allégations d’abus sur mineures. En 2008, Epstein a plaidé coupable à deux chefs de sollicitation de prostitution, évitant des accusations plus graves via un accord controversé négocié par Alexander Acosta, alors procureur fédéral. Il a purgé 13 mois en prison, avec des permissions de sortie quotidiennes.

L’affaire a rebondi en 2018 avec le mouvement #MeToo et des reportages du Miami Herald. Epstein a été arrêté en juillet 2019 pour trafic sexuel fédéral, accusé d’avoir exploité des dizaines de filles mineures entre 2002 et 2005. Il s’est suicidé en août 2019 dans sa cellule à New York, une mort qui a suscité des théories du complot.

Sa complice Ghislaine Maxwell a été condamnée en 2021 à 20 ans de prison pour recrutement et trafic. Des documents du procès Maxwell, déclassifiés en janvier 2024, ont nommé des centaines de personnes, sans preuves d’implication criminelle pour la plupart.

En 2025, les divulgations se sont accélérées. En février, le Département de la Justice a publié une première phase de fichiers, incluant des logs de vol et un carnet d’adresses redacté. En juillet, un mémo a conclu qu’aucune liste de clients n’existait et qu’aucune preuve de chantage n’avait été trouvée contre des tiers. Ces releases ont inclus des listes d’employés, des albums photos et des notes manuscrites saisis lors des perquisitions.

Les implications pour l’entourage de Trump

Les courriels du 12 novembre 2025 mettent particulièrement l’accent sur les efforts d’Epstein pour infiltrer le cercle de Trump durant la campagne 2016. En novembre 2016, Epstein écrit aux fondateurs du CORE Club : « je suis à Palm avec le crowd Trump », recevant en réponse : « Cool ! Allons à l’inauguration ensemble !!! ». Ce « crowd » inclut des figures comme Barrack, qui présidait le comité d’inauguration.

Epstein a également vanté son accès insider, affirmant dans un courriel avoir briefé un diplomate russe sur la gestion de Trump, offrant des conseils sur l’approche politique. Ces échanges soulignent comment Epstein positionnait comme intermédiaire entre des intérêts étrangers et l’entourage trumpien.

Barrack, en tant que lien clé, apparaît dans ce contexte comme un point de contact potentiel. Les invitations de 2016 à des réunions avec une Russe, aux côtés de Thiel, suggèrent des tentatives d’Epstein pour exploiter ces relations, bien que sans preuves de suites concrètes.

D’autres courriels révèlent des allégations plus troublantes. Dans un échange, Epstein affirme que Trump « savait pour les filles », sans préciser le contexte, et qu’il avait passé « des heures » avec une victime. Un message de 2016 mentionne Epstein demandant à un ambassadeur nommé par Trump d’envoyer « l’enfant », sans clarification sur l’identité.

Wolff, dans ses conseils à Epstein, propose de dépeindre Trump comme le « vrai villain » pour détourner l’attention des ennuis légaux d’Epstein, comme dans un courriel de décembre 2018.

La libération de ces documents par la commission de surveillance

La publication du 12 novembre 2025 par la commission républicaine de la Chambre marque une étape supplémentaire dans la déclassification des fichiers Epstein, suite à une subpoena d’août 2025 au Département de la Justice. Les démocrates ont poussé pour cette transparence, avec des représentants comme Ro Khanna et Marc Veasey introduisant des mesures pour forcer des votes sur les releases complètes.

Bien que rejetée par 211 voix contre 210, la mesure de Khanna a mis en lumière des divisions partisanes. Le républicain Thomas Massie a tenté de forcer un vote en septembre 2025 via une pétition de discharge, sans succès immédiat.

Ces fichiers incluent non seulement les courriels mais aussi des logs de vol, des listes de contacts et des preuves saisies, comme un passeport autrichien avec la photo d’Epstein et des documents financiers. Les implications immédiates voient des appels à des enquêtes supplémentaires, avec l’attorney general Pam Bondi ordonnant au FBI de livrer les documents restants d’ici le 14 novembre 2025, et chargeant le directeur Kash Patel d’expliquer les retards.

Des réactions au sein du Congrès indiquent que des républicains ont confidemment exprimé des doutes sur la défense continue de Trump face à ces révélations, selon Eric Swalwell. Les documents soulignent également des connexions avec d’autres figures, comme un courriel où Epstein discute de Woody Allen et Soon-Yi Previn, ou invite Thiel sur son île.

Barrack, mentionné dans ce réseau, reste une figure périphérique dans ces releases récentes, ses liens se limitant à des connexions sociales et professionnelles sans éléments nouveaux incriminants. Les échanges confirment toutefois comment Epstein utilisait des personnalités comme lui pour observer et influencer les dynamiques autour de Trump, avec des messages datant jusqu’à 2019 montrant une surveillance continue des déplacements présidentiels.

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