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La Syrie au cœur des discussions de la réunion de la commission ministérielle arabe à Aqaba

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Le 15 décembre 2024, la ville d’Aqaba en Jordanie a accueilli une réunion cruciale de la commission ministérielle arabe sur la Syrie. Organisée dans un contexte de recomposition régionale, cette rencontre visait à relancer le dialogue autour de l’avenir de la Syrie post-Assad. Les discussions, marquées par des positions divergentes, reflètent les défis complexes de la réintégration de Damas dans le giron arabe, tout en abordant des enjeux humanitaires et sécuritaires.

Une réintégration controversée de la Syrie dans la Ligue arabe

La question de la réintégration de la Syrie dans la Ligue arabe a dominé les débats. Al Sharq Al Awsat (15 décembre 2024) rapporte que plusieurs pays, notamment l’Égypte et l’Algérie, plaident pour un retour complet de la Syrie afin de normaliser les relations avec Damas et de stabiliser la région.

Cependant, cette approche suscite des réticences parmi d’autres États membres, comme l’Arabie saoudite et le Qatar, qui conditionnent cette réintégration à des garanties sur la sécurité régionale et une transition politique crédible. Al Arabi Al Jadid (15 décembre 2024) souligne que ces divergences freinent tout consensus clair, malgré les efforts diplomatiques de la Jordanie pour servir de médiateur.

La situation humanitaire en priorité

Un autre point central des discussions a été la situation humanitaire en Syrie. Selon Al Quds (15 décembre 2024), les participants ont exprimé leur inquiétude face à l’aggravation de la crise humanitaire, notamment dans les zones contrôlées par Hay’at Tahrir al-Sham (HTS) et d’autres groupes armés. Les Nations Unies estiment que plus de 14 millions de Syriens ont besoin d’une aide urgente, un chiffre en constante augmentation.

Les représentants arabes ont proposé de renforcer la coordination avec les agences humanitaires internationales pour faciliter l’accès à ces zones. Cependant, des désaccords subsistent sur le rôle que devrait jouer Damas dans la distribution de l’aide, certains accusant le régime syrien de détourner les ressources à des fins politiques.

Les enjeux sécuritaires et la lutte contre le terrorisme

La sécurité régionale et la lutte contre le terrorisme ont également occupé une place centrale dans les discussions. Ad Diyar (15 décembre 2024) rapporte que plusieurs participants ont exprimé leur préoccupation face à la résurgence de l’État islamique dans certaines parties de la Syrie et de l’Irak.

En parallèle, la question de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), soutenu indirectement par la Turquie, a été abordée. Certains États arabes, dont l’Arabie saoudite, ont appelé à une pression accrue sur Ankara pour limiter son soutien à des groupes extrémistes. Al Sharq Al Awsat (15 décembre 2024) souligne que cette question reste sensible, Ankara considérant HTS comme un outil stratégique pour protéger ses intérêts dans le nord de la Syrie.

Un rôle croissant de la Jordanie

La Jordanie, en tant qu’hôte de la réunion, a joué un rôle actif dans les discussions. Selon Al Arabi Al Jadid (15 décembre 2024), Amman cherche à renforcer sa position en tant qu’acteur diplomatique clé dans la région, en particulier sur la question syrienne.

Le roi Abdallah II a rappelé l’importance d’une approche unifiée pour résoudre la crise syrienne, insistant sur la nécessité de protéger les frontières jordaniennes contre les infiltrations de groupes armés et les flux de drogue en provenance de Syrie. Cette position est partagée par plusieurs États, notamment l’Irak et le Liban, qui subissent également les conséquences directes de l’instabilité syrienne.

Les limites du consensus arabe

Malgré les efforts déployés, la réunion d’Aqaba a révélé les limites du consensus arabe sur la Syrie. Les divisions entre les pays favorables à une normalisation rapide avec Damas et ceux exigeant des garanties politiques illustrent la complexité des dynamiques régionales.

Al Quds (15 décembre 2024) souligne que ces divergences reflètent des intérêts parfois opposés. Tandis que certains États privilégient une approche pragmatique pour contrer l’influence iranienne et turque en Syrie, d’autres craignent que la réintégration de Damas ne légitime les actions controversées du régime Assad.

Perspectives et défis à venir

La réunion d’Aqaba marque une étape importante dans les discussions sur l’avenir de la Syrie, mais elle soulève également de nombreuses questions. Les États arabes parviendront-ils à surmonter leurs désaccords pour adopter une position commune ? Comment garantir une distribution équitable de l’aide humanitaire sans renforcer les divisions internes en Syrie ? Et surtout, quel rôle la communauté internationale pourrait-elle jouer pour compléter les efforts arabes ?

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Newsdesk Libnanews
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