Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, doit se rendre à Téhéran mercredi pour des discussions essentielles sur le programme nucléaire iranien. Avant son voyage, il a averti que les marges de manœuvre diplomatiques s’amenuisaient, soulignant l’urgence de trouver des solutions pacifiques.
Cette visite intervient seulement deux jours après qu’Israël a rappelé la vulnérabilité accrue de l’Iran face à des frappes sur ses installations nucléaires. Israël accuse de longue date l’Iran de chercher à acquérir des armes nucléaires, accusation que l’Iran nie, affirmant que ses activités nucléaires sont uniquement pacifiques. Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées cette année, avec des échanges de tirs de missiles et une guerre d’ombre de plus en plus visible.
Grossi appelle à davantage de transparence
En amont de sa visite, Grossi a insisté sur la nécessité pour l’AIEA d’obtenir une « meilleure visibilité » sur le programme nucléaire iranien, en raison de l’ampleur du matériel nucléaire détenu par l’Iran. Bien que le pays permette des inspections, Grossi a précisé que ce matériel pourrait potentiellement servir à la fabrication d’une arme nucléaire, même si l’Iran n’en possède pas actuellement.
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L’impact du retour de Donald Trump
Ce déplacement se fait dans un climat politique complexe, marqué par le retour au pouvoir de Donald Trump, qui avait retiré les États-Unis de l’accord nucléaire de 2015 en 2018, et réimposé des sanctions sur l’Iran. Trump a récemment déclaré qu’il souhaitait un Iran prospère, mais sans arme nucléaire.
L’accord nucléaire de 2015 en péril
L’accord de 2015 avait permis de lever des sanctions internationales contre l’Iran en échange de garanties sur son programme nucléaire, limitant l’enrichissement d’uranium à 3,65%. Cependant, en réponse aux sanctions de 2018, l’Iran a graduellement cessé de respecter ses engagements, atteignant un enrichissement de 60%, proche du niveau nécessaire pour une arme nucléaire.
Réduction de la coopération de l’Iran avec l’AIEA
L’Iran a réduit sa coopération avec l’AIEA, notamment en désactivant des dispositifs de surveillance et en restreignant l’accès des inspecteurs. Cette diminution des interactions rend les vérifications plus complexes pour l’agence.
Un retour aux négociations ?
Le président iranien, Masoud Pezeshkian, en fonction depuis juillet, soutient une reprise de l’accord nucléaire et espère un allègement des sanctions. Néanmoins, les appels à relancer l’accord se heurtent à la pression interne, certains législateurs iraniens appelant même à une révision de la doctrine nucléaire pour permettre la poursuite d’armes nucléaires. En réponse, les autorités iraniennes ont maintenu leur position contre l’acquisition d’armes nucléaires, soulignant le caractère pacifique de leur programme.
La visite de Grossi vise donc à réduire les tensions et à explorer des moyens de coopérer avec l’Iran pour obtenir davantage de transparence, tout en espérant raviver un dialogue diplomatique face à des tensions régionales croissantes.



