La crise des déplacés internes au Liban est le résultat direct du conflit israélo-libanais de 2024, marqué par l’invasion partielle du territoire libanais par Israël. Les hostilités, déclenchées en octobre 2023, ont culminé en 2024 avec des affrontements intenses dans le Sud et le Nabatieh, où l’armée israélienne a mené des opérations militaires, provoquant la destruction massive de domiciles et l’exode de centaines de milliers de Libanais. Bien que le cessez-le-feu signé fin novembre 2024 impose à Israël d’évacuer les zones occupées d’ici au 26 janvier 2025, des destructions persistantes dans ces régions continuent de compliquer le retour des populations déplacées.
chiffres et répartition des déplacés
Au 15 janvier 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 113 578 personnes demeurent déplacées, une diminution notable par rapport au pic de 896 315 atteint en novembre 2024. Toutefois, la majorité de ces déplacés sont encore concentrés dans les régions les plus touchées par l’occupation et les combats, notamment dans le Sud et le Nabatieh.
| Répartition des déplacés internes (IDPs) | Nombre | Part (%) |
|---|---|---|
| Nabatieh | 72 324 | 63,7 % |
| Sud | 31 614 | 27,8 % |
| Mont-Liban | 7 006 | 6,2 % |
| Baalbek-Hermel | 1 914 | 1,7 % |
| Beyrouth | 473 | 0,4 % |
| Bekaa | 247 | 0,2 % |
destruction massive et conditions de vie précaires
Les attaques israéliennes dans les régions occupées ont laissé un lourd bilan : des milliers de maisons détruites, des infrastructures vitales endommagées, et un accès limité à l’eau, à l’électricité et aux soins médicaux. La lenteur du processus de reconstruction, entravée par le manque de financements et de coordination, exacerbe les conditions de vie des déplacés. Parmi eux, 38,8 % louent des logements temporaires, tandis que 39 % dépendent de familles d’accueil. Une minorité réside dans des abris collectifs ou des bâtiments inachevés.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
L’accord de cessez-le-feu, soutenu par la communauté internationale, impose à Israël de retirer ses troupes d’ici le 26 janvier 2025. Cependant, les ONG locales rapportent que des actes de destruction ciblée dans les zones sous occupation se poursuivent, retardant encore davantage le retour des déplacés dans leurs villages.
une réponse humanitaire insuffisante
Malgré l’ampleur de la crise, la réponse humanitaire reste largement insuffisante. L’appel éclair lancé en octobre 2024 par le gouvernement libanais et les Nations unies visait à lever 426 millions USD pour répondre aux besoins immédiats des déplacés. À ce jour, seulement 245 millions USD, soit 57,5 % de l’objectif, ont été collectés. Ce déficit de financement reflète une méfiance croissante des donateurs internationaux envers la gestion des fonds par les autorités libanaises.
La situation des déplacés internes met en lumière les fractures profondes du système libanais. Les régions du Sud et du Nabatieh, historiquement marginalisées, peinent à absorber les conséquences du conflit et à assurer des conditions de vie décentes aux déplacés. Le retrait des troupes israéliennes, bien qu’essentiel, ne suffira pas à résoudre les problèmes systémiques : des infrastructures détruites, un accès limité aux services publics, et une population traumatisée par des mois de violence.
Face à ces défis, les experts appellent à une gestion transparente des fonds collectés et à une meilleure coordination entre les acteurs internationaux et locaux. Sans un engagement sérieux pour reconstruire les zones touchées et garantir des conditions de vie décentes aux déplacés, cette crise humanitaire pourrait se transformer en un fardeau social durable pour le Liban.s.



