Le Conseil de sécurité des Nations unies a exhorté les dirigeants libanais à accélérer la formation d’un nouveau gouvernement, soulignant que cette étape est « critique » pour assurer la stabilité du pays, déjà durement éprouvé par les crises, et de la région.
Dans une déclaration adoptée à l’unanimité, le Conseil a salué l’élection, le 9 janvier, du président Joseph Aoun, qui met fin à plus de deux ans de vacance à la tête de l’État libanais. Il a également accueilli favorablement la nomination du Premier ministre Nawaf Salam, appelant les nouvelles autorités libanaises à « travailler de manière constructive pour promouvoir la stabilité du pays » et à « former rapidement un gouvernement ».
Une vacance politique prolongée
Le Liban est sans gouvernement pleinement fonctionnel depuis la démission de Najib Mikati, qui a conduit un cabinet de transition après les élections législatives de mai 2022. Cette instabilité s’est aggravée avec la fin du mandat présidentiel de Michel Aoun le 31 octobre 2022, plongeant le pays dans une double vacance de pouvoir exécutif. Pendant cette période, l’absence d’un président et d’un gouvernement actif a bloqué toute capacité de décision au sommet de l’État.
Depuis, les crises se sont multipliées : une inflation galopante, un effondrement des services publics et des tensions croissantes avec Israël. Cette vacance prolongée a également freiné les réformes essentielles attendues par la communauté internationale, condition indispensable pour débloquer des aides financières cruciales.
« Le Conseil de sécurité souligne que la formation d’un gouvernement est essentielle pour la stabilité et la résilience du Liban face aux défis régionaux et internes. Il encourage toutes les parties au Liban à démontrer une unité renouvelée en ce sens », précise le communiqué. Cette déclaration souligne l’urgence d’un leadership capable de réagir aux crises multiples.
Tensions croissantes avec Israël
En parallèle, le climat tendu entre le Liban et Israël reste une source d’inquiétude majeure. En septembre dernier, Israël a intensifié ses campagnes de bombardements et déployé des troupes au Liban, suite à près d’un an d’échanges transfrontaliers avec le Hezbollah. Un fragile cessez-le-feu instauré le 27 novembre a permis de calmer temporairement les affrontements, mais des violations récurrentes de l’accord ont été rapportées.
Le Conseil de sécurité a exprimé jeudi ses « préoccupations » concernant ces violations. Par ailleurs, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a accusé Israël de « violations flagrantes » de la résolution qui constitue la base du cessez-le-feu. Le maintien de cette trêve reste une priorité pour éviter une nouvelle escalade.
Une mission politique et économique cruciale
La tâche qui attend le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam est immense. Le Liban traverse l’une des pires crises économiques de son histoire contemporaine, marquée par un effondrement de sa monnaie, une pauvreté croissante et des infrastructures au bord de l’effondrement. À cela s’ajoutent des pressions de la communauté internationale pour engager des réformes structurelles, notamment dans les secteurs bancaire et énergétique.
Pour répondre à ces défis, un gouvernement actif et inclusif est indispensable. L’absence de mesures concrètes jusqu’à présent a exacerbé la défiance de la population envers les institutions politiques, déjà affaiblies par des années de corruption et de mauvaise gestion.
Un appel à l’unité nationale
Dans son communiqué, le Conseil de sécurité a appelé les dirigeants libanais à surmonter leurs divisions politiques et à œuvrer collectivement pour stabiliser le pays. Ce message fait écho aux attentes des citoyens libanais, désabusés par l’immobilisme politique et les luttes de pouvoir internes.
L’élection d’un président et la nomination d’un Premier ministre marquent une étape cruciale pour le Liban, mais elles ne sont que les premières étapes. La formation rapide d’un gouvernement pleinement fonctionnel sera déterminante pour restaurer la confiance et entamer la reconstruction du pays.



