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Le Hezbollah évoque une « victoire historique » et demande aux déplacés de ne pas rentrer

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Le Hezbollah a affirmé mercredi être « proche d’une victoire historique » et a demandé aux habitants déplacés du Sud, de la Békaa et de la banlieue sud de Beyrouth de ne pas regagner leurs localités avant une « annonce officielle et définitive » d’un cessez-le-feu au Liban. Cette prise de position intervient alors que le mouvement ne s’est pas encore exprimé officiellement sur la trêve de deux semaines annoncée entre les États-Unis et l’Iran, mais qu’il n’a plus revendiqué d’attaque contre Israël depuis la nuit de mardi à mercredi. Dans le même temps, Israël poursuit ses frappes au Liban et affirme que le front libanais n’est pas couvert par le cessez-le-feu conclu avec Téhéran.  

Un appel clair aux déplacés du Sud, de la Békaa et de la banlieue sud

Dans un communiqué en arabe diffusé mercredi, le Hezbollah s’est adressé « aux habitants du Sud, de la Békaa et de la banlieue sud » et leur a demandé de ne pas se rendre dans « les villages, villes et zones ciblées » avant l’annonce officielle finale d’un cessez-le-feu au Liban. Le mouvement a invoqué le risque de nouvelles attaques israéliennes de dernière minute, en accusant Israël de pouvoir chercher à produire une image artificielle de succès militaire avant l’arrêt des combats. Cette consigne vise donc à empêcher un retour précipité des civils dans des zones encore exposées aux frappes ou aux munitions non explosées.  

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Le message concerne explicitement trois espaces : le Sud-Liban, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth. Ce point est important, car il montre que le Hezbollah ne limite pas son avertissement aux seuls villages frontaliers. Il l’étend aussi à des régions intérieures et à la Dahiyé, qui restent sous menace d’attaques israéliennes ou d’ordres d’évacuation. Ces dernières heures, Israël a en effet multiplié les avertissements et maintenu la pression militaire sur plusieurs zones libanaises, en expliquant que sa campagne contre le Hezbollah se poursuivait indépendamment de la trêve avec l’Iran.  

« Nous sommes proches d’une victoire historique »

Le second volet du communiqué est politique. Le Hezbollah affirme se tenir « aux portes d’une grande victoire historique », qu’il attribue aux sacrifices des combattants, au sang des morts et à la patience de sa base sociale. La formule s’inscrit dans le registre habituel du mouvement, qui présente la capacité à tenir face à Israël comme une forme de victoire, même en l’absence d’annonce militaire décisive sur le terrain. Le texte appelle en parallèle à davantage de patience, de fermeté et d’attente, en insistant sur le fait que le moment reste « décisif ».  

Dans l’immédiat, cette déclaration remplit surtout trois fonctions factuelles. D’abord, elle maintient la cohésion de la base du mouvement alors que les déplacements et les destructions se poursuivent. Ensuite, elle encadre politiquement l’absence de revendications militaires du Hezbollah depuis plusieurs heures. Enfin, elle prépare un éventuel arrêt des hostilités au Liban sans donner l’impression d’un recul. Le mouvement ne parle pas d’une retraite, ni d’un compromis. Il parle d’une victoire en approche, tout en demandant aux civils d’attendre encore avant de rentrer.  

Pas de position officielle sur la trêve Washington-Téhéran

À ce stade, le Hezbollah ne s’est pas officiellement prononcé sur le cessez-le-feu annoncé entre les États-Unis et l’Iran. C’est un élément central de la séquence. Le mouvement n’a pas publié de soutien formel au texte annoncé par Donald Trump et confirmé ensuite par Téhéran. En revanche, plusieurs sources proches du Hezbollah ont indiqué qu’il avait suspendu ses attaques contre le nord d’Israël et contre les forces israéliennes au Liban après l’annonce de la trêve. Cette suspension de fait, sans déclaration politique complète, laisse au mouvement une marge d’ajustement sur la suite.  

Cette prudence s’explique aussi par le flou qui continue d’entourer le Liban dans le dispositif régional. Le Pakistan a présenté la trêve comme incluant aussi le Liban, tandis qu’Israël affirme exactement l’inverse. Le Hezbollah se trouve donc dans une situation intermédiaire : il peut laisser entendre qu’il respecte l’esprit d’une désescalade plus large, tout en évitant d’entériner publiquement un accord dont le périmètre reste contesté. La déclaration de mercredi s’inscrit dans cette ligne : pas d’adhésion explicite à la trêve irano-américaine, mais un comportement plus retenu sur le terrain et un message préparant un éventuel cessez-le-feu libanais distinct.  

Israël maintient que « la bataille continue » au Liban

En face, la position israélienne reste inchangée. Les autorités israéliennes ont déclaré que la trêve de deux semaines avec l’Iran ne s’appliquait pas au Liban. Le bureau de Benyamin Netanyahu a soutenu le plan américain sur le front iranien, mais a clairement indiqué que la guerre contre le Hezbollah se poursuivait. Le même jour, l’armée israélienne a continué ses opérations au Liban et a maintenu des avertissements d’évacuation vers plusieurs zones du pays.  

Cette position israélienne explique en grande partie le ton du communiqué du Hezbollah. Tant qu’Israël affirme publiquement que le Liban est exclu du cessez-le-feu, le mouvement chiite ne peut pas présenter la situation comme un arrêt acquis des hostilités. L’appel à ne pas rentrer dans les villages et quartiers visés reflète cette réalité immédiate : sur le terrain libanais, la guerre n’est pas formellement arrêtée, même si l’axe Washington-Téhéran est entré dans une pause négociée.  

Un retour des déplacés toujours suspendu à une annonce officielle

Le point le plus concret du communiqué concerne finalement les déplacés. Le Hezbollah demande expressément aux habitants de ne pas regagner les localités visées avant l’annonce officielle finale d’un cessez-le-feu au Liban. Cela signifie que, dans la lecture du mouvement, une trêve libanaise distincte ou explicitement confirmée reste nécessaire. En l’état, ni les habitants du Sud, ni ceux de la Békaa, ni ceux de la banlieue sud ne disposent, selon le mouvement, de garanties suffisantes pour rentrer en sécurité.  

Cet appel rejoint d’ailleurs une réalité déjà soulignée par d’autres acteurs. Les autorités libanaises et plusieurs organismes ont averti, ces derniers jours, que de nombreuses zones restaient dangereuses en raison des frappes persistantes, des routes endommagées et des munitions non explosées. Le Hezbollah, dans son communiqué, transforme cette prudence sécuritaire en consigne politique collective. En promettant aux déplacés qu’ils reviendront bientôt « la tête haute », il cherche à tenir ensemble deux impératifs : éviter un retour immédiat sous les bombes et maintenir l’idée que ce retour se fera dans une logique de victoire, pas de fuite prolongée.  

Une communication de guerre dans une phase d’incertitude

La déclaration de mercredi apparaît donc comme un texte de transition. Elle ne proclame pas un cessez-le-feu libanais, mais elle prépare le terrain à une éventuelle annonce. Elle ne valide pas explicitement la trêve irano-américaine, mais elle accompagne de fait la suspension des revendications d’attaques du Hezbollah. Elle ne dit pas que la guerre est finie, mais elle affirme qu’une « victoire historique » est proche. En pratique, le mouvement cherche à occuper l’espace politique de l’entre-deux : celui où la guerre n’est pas officiellement close, mais où une partie des acteurs se prépare déjà à un changement de séquence.  

Pour le Liban, cela signifie que la situation reste suspendue à deux annonces distinctes : d’une part, la consolidation ou non de la trêve entre Washington et Téhéran ; d’autre part, l’existence ou non d’un cessez-le-feu clairement reconnu sur le front libanais. Tant qu’Israël affirme que « la bataille continue » et tant que le Hezbollah appelle ses partisans à ne pas rentrer, l’état réel du front reste celui d’une attente armée, pas encore celui d’une sortie de guerre.  

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Newsdesk Libnanews
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