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Le Liban grimpe au 90e rang mondial dans l’indice global de l’innovation 2025

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Le 16 septembre 2025, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), en collaboration avec l’Insead et l’université Cornell, a dévoilé l’édition 2025 de l’indice global de l’innovation (GII), plaçant le Liban au 90e rang sur 139 économies évaluées. Ce classement, qui marque une progression de quatre positions par rapport à l’année précédente, intervient dans un contexte de crise économique persistante au Liban, où les investissements en recherche et développement restent contraints. L’indice, qui mesure la capacité d’innovation à travers 78 variables regroupées en deux sous-indices – les inputs et les outputs –, attribue au Liban un score global non précisé dans le rapport principal mais estimé autour de 23,6 points selon des analyses complémentaires, contre 21,5 en 2024. Cette amélioration relative, bien que modeste, reflète une résilience dans certains domaines comme la sophistication du marché, malgré les défis structurels.

Le GII 2025 évalue les économies sur une échelle de 0 à 100, où 100 représente l’économie la plus innovante. Le Liban se positionne dans le 35e percentile mondial, signifiant que 65 % des pays affichent un niveau d’innovation supérieur. Parmi les 37 économies à revenu intermédiaire inférieur (LMIC), le pays du Cèdre occupe le 10e rang, une avancée d’une place par rapport à 2024. Dans la région Afrique du Nord et Asie occidentale, qui compte 18 économies, le Liban arrive au 16e rang, derrière des pays comme les Émirats arabes unis (1er régional, 30e mondial) ou l’Arabie saoudite (3e régional, 46e mondial), mais devant la Mauritanie (18e régional, 131e mondial). Cette position régionale, inchangée par rapport à l’année précédente si l’on ajuste pour le même échantillon, souligne les disparités au sein du monde arabe, où le Liban devance l’Algérie (13e arabe, 115e mondial) mais reste distancé par le Maroc (8e arabe, 62e mondial).

Le directeur général de l’OMPI, Daren Tang, a commenté lors de la publication : « Bien que nous observions des signes encourageants de reprise dans des domaines comme l’adoption et l’impact de l’innovation, le moteur mondial de l’innovation ne tourne pas à plein régime. La croissance plus lente des investissements en R&D et le déclin de l’activité de capital-risque nous rappellent que l’innovation nécessite un engagement soutenu en amont et financier. » Cette déclaration met en lumière les défis globaux, particulièrement pertinents pour le Liban, où les restrictions budgétaires et la crise financière depuis 2019 ont limité les flux d’investissements.

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Une progression modérée dans un contexte de crise

Le Liban a amélioré son rang global de cinq places par rapport à 2024, en tenant compte du même ensemble de pays. Cependant, comparé à 2015, où il occupait la 74e position mondiale et la 6e régionale avec un score de 33,8 points, le recul est net : une perte de 15 places au niveau mondial et de cinq au niveau régional. Ce déclin s’explique en partie par la crise économique, qui a vu le PIB chuter de plus de 50 % depuis 2019 selon les estimations de la Banque mondiale, impactant les investissements en éducation et en infrastructure. En 2025, le score du Liban reste inférieur à la moyenne mondiale de 31,5 points et à la moyenne arabe de 28,6 points, mais supérieur à la moyenne des LMIC (21,7 points). Il est également en deçà de la moyenne des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à 33,6 points et de celle des pays arabes non-CCG à 24,3 points.

Globalement, le Liban performe mieux en outputs d’innovation (83e rang) qu’en inputs (100e rang), une tendance qui s’est accentuée depuis 2024 (outputs 88e, inputs 101e). Les outputs, qui mesurent les résultats concrets comme les brevets ou les exportations créatives, ont progressé de cinq places, tandis que les inputs, couvrant les éléments habilitants comme les institutions ou les infrastructures, n’ont gagné qu’une position. Cette asymétrie reflète une capacité résiduelle à produire de l’innovation malgré des投入 limités, comme en témoigne le rang élevé en sophistication du marché (42e mondial).

Les piliers de l’innovation : une analyse détaillée

L’indice repose sur sept piliers, chacun composé de sous-indicateurs. Pour le Liban, les scores varient fortement, révélant des forces dans la sophistication et des faiblesses institutionnelles.

Institutions : un pilier faible avec un score de 18,28 points (133e rang)

Ce pilier évalue la qualité de l’environnement institutionnel, réglementaire et entrepreneurial. Le Liban obtient 2,5 points en environnement institutionnel (138e), avec une stabilité opérationnelle pour les entreprises à 0,7 (138e) et une efficacité gouvernementale à 4,2 (137e). L’environnement réglementaire score 23,6 (128e), incluant une qualité réglementaire à 23,3 (128e) et un état de droit à 24 (129e). Le sous-pilier environnement des affaires atteint 28,7 (103e), avec une stabilité des politiques pour les affaires à 8,4 (131e) mais une culture entrepreneuriale à 49,1 (33e). Ces chiffres soulignent les impacts de l’instabilité politique, avec des données de 2020-2023 montrant une détérioration due à la crise.

Capital humain et recherche : 32,78 points (63e rang)

Ici, le Liban excelle relativement. L’éducation score 41,1 (102e), avec des dépenses éducatives à 2,4 % du PIB (123e, données 2020), une espérance de vie scolaire à 11,2 ans (102e), des scores PISA à 376,8 (72e) et un ratio élèves-enseignants à 9,4 (24e). L’enseignement tertiaire atteint 43,3 (25e), avec un taux d’inscription brute à 54,4 % (67e), des diplômés en sciences et ingénierie à 30,56 % (18e, +2,13 points depuis 2023) et une mobilité entrante à 12,9 % (20e). La R&D score 13,9 (54e, couverture minimale non atteinte), avec zéro en investisseurs R&D corporate (44e) et un classement QS des universités à 27,9 (48e, +0,85 % depuis 2024). Ce pilier bénéficie du système éducatif historiquement fort, malgré les coupes budgétaires.

Infrastructure : 27,04 points (120e rang)

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) scorent 58,8 (102e), avec un accès TIC à 81,6 (81e), une utilisation à 61,1 (102e) et des services en ligne gouvernementaux à 33,7 (116e). L’infrastructure générale est à 3,1 (139e, couverture minimale non atteinte), avec une production électrique à 788,7 GWh par million d’habitants (113e) et une performance logistique à 2,2 (107e). L’infrastructure écologique score 19,2 (124e), avec un PIB par unité d’énergie à 4,7 (124e) et une certification ISO 14001 à 0,2 (110e). Ces bas scores reflètent les pannes électriques chroniques, avec des données 2021-2023 indiquant une aggravation.

Sophistication du marché : 41,8 points (42e rang)

Un point fort. Le crédit score 19,5 (110e), avec un crédit privé à 26,9 % du PIB (110e) et un microcrédit à 0,2 % (56e). L’investissement atteint 51,5 (19e), avec des fusions-acquisitions à 0,3 % du PIB (40e) et du capital-risque à 0,028 % (52e). La concurrence score 54,3 (46e), avec une intensité concurrentielle à 49,9 (80e) et une domination du marché à 58,7 (30e). Ce pilier illustre la résilience du secteur privé libanais.

Sophistication des affaires : 28,0 points (71e rang)

Les liens entreprises-universités scorent 22,7 (77e), avec des clusters à 22,7 (77e). L’absorption de connaissances atteint 22,3 (91e), avec des paiements de propriété intellectuelle à 1,7 % du commerce (90e) et des importations high-tech à 12,7 % (62e). La création de connaissances score 39,1 (36e), avec des brevets à 1,8 (79e) et des publications scientifiques à 453,3 (41e).

Outputs de connaissances et technologie : 27,7 points (59e rang)

La création de connaissances score 11,1 (100e), avec des brevets PCT à 0,4 (92e) et des modèles d’utilité à 0,7 (55e). L’impact des connaissances atteint 40,1 (33e), avec une productivité du travail à 1,1 % (92e) et des exportations high-tech à 8,8 % (53e). La diffusion des connaissances score 31,8 (56e), avec des redevances de propriété intellectuelle à 0,1 % (90e) et des exportations TIC à 9,6 % (40e).

Outputs créatifs : 12,6 points (102e rang)

Les biens intangibles scorent 9,8 (119e), avec des marques à 2,8 (116e). Les biens créatifs atteignent 11,6 (81e), avec des exportations créatives à 0,5 % (87e). Les outputs en ligne score 16,5 (83e), avec des applications mobiles à 0,4 (105e) et une édition Wikipédia à 50,7 (58e).

Forces et faiblesses relatives

Parmi les forces du Liban figurent le ratio élèves-enseignants (24e), les diplômés en sciences (18e), la mobilité tertiaire (20e), les fusions-acquisitions (40e), la domination du marché (30e), les publications scientifiques (41e), les exportations TIC (40e) et la culture entrepreneuriale (33e). Les faiblesses incluent la stabilité opérationnelle (138e), l’efficacité gouvernementale (137e), les dépenses éducatives (123e), les services en ligne (116e), le PIB par énergie (124e) et les brevets PCT (92e). Comparé à 2024, des gains sont notés en diplômés scientifiques (+2,13 points) et en classement QS (+0,85 %).

Implications immédiates des indicateurs régionaux

Dans la région, le Liban surpasse l’Algérie en outputs créatifs (102e vs 111e) mais est devancé par l’Égypte en infrastructure (86e vs 120e). Les données 2023-2025 montrent une hausse des publications scientifiques à 453,3 par million d’habitants (41e), contre 400 en 2021, reflétant une activité académique persistante malgré les contraintes. Les importations high-tech à 12,7 % (62e) ont augmenté de 1,2 point depuis 2023, indiquant une dépendance accrue aux technologies étrangères pour soutenir les secteurs locaux. Les exportations créatives à 0,5 % (87e) restent stables, avec une contribution des services TIC à 9,6 % (40e), inchangée depuis deux ans.

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