mardi, janvier 27, 2026

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Le ministre de l’Industrie relance la polémique sur la liquidation des réserves d’or libanaises

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Au cœur des débats sur le budget et la loi relative à l’écart financier, une proposition controversée émane du ministre de l’Industrie, Joe Issa El Khoury. Ce dernier suggère de liquider environ 15 milliards de dollars des réserves d’or détenues par la Banque du Liban pour acquérir des obligations d’investissement et les distribuer aux déposants dont les avoirs excèdent 100 000 dollars. Cette idée, rapportée ce 27 janvier 2026, ravive les tensions autour de la gestion des dépôts gelés depuis la crise de 2019, dans un contexte où la valeur des réserves aurifères a plus que triplé.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts pour améliorer le cadre de la « fajwa », terme désignant l’écart financier colossal accumulé par le système bancaire libanais. Le ministre argue que cette mesure permettrait une indemnisation plus équitable et plus rapide des déposants lésés, sans recourir à des mécanismes complexes qui ont jusqu’ici échoué à restaurer la confiance. Mais elle suscite immédiatement des critiques virulentes, tant sur le plan politique que juridique, soulignant les risques pour la souveraineté nationale et l’égalité entre citoyens.

Une proposition ancrée dans l’évolution des prix de l’or

Joe Issa El Khoury met en avant l’appréciation spectaculaire de la valeur des réserves d’or libanaises. En 2019, au début de la crise économique, ces réserves étaient évaluées à environ 14 milliards de dollars. Aujourd’hui, avec la flambée des cours mondiaux de l’or, elles dépassent les 45 milliards de dollars. Cette hausse est attribuable à plusieurs facteurs géopolitiques : les tensions au Moyen-Orient, les incertitudes liées aux politiques monétaires des grandes puissances, et une demande accrue pour les actifs refuges. Le Liban détient environ 286,8 tonnes d’or, soit près de 9,25 millions d’onces, ce qui en fait l’un des plus importants détenteurs par habitant au monde.

Selon le ministre, liquider une partie de ces réserves – précisément 15 milliards de dollars – permettrait d’acheter des obligations d’investissement à coupon zéro, des instruments financiers qui garantissent un remboursement à échéance sans intérêts intermédiaires. Ces obligations seraient remises directement aux déposants dont les comptes excèdent 100 000 dollars, une catégorie particulièrement touchée par les restrictions bancaires imposées depuis octobre 2019. Cette approche, argue-t-il, améliorerait le projet de loi sur l’écart financier en offrant une solution concrète et immédiate, évitant les retards inhérents aux obligations adossées aux revenus qui avaient été envisagées précédemment.

Le ministre insiste sur le fait que cette mesure ne compromettrait pas la stabilité monétaire du pays. Les réserves restantes, évaluées à plus de 30 milliards de dollars après liquidation, suffiraient amplement à couvrir les besoins en devises étrangères et à maintenir la confiance des marchés internationaux. Il compare cette opération à des pratiques adoptées par d’autres nations en crise, où la vente partielle d’actifs stratégiques a permis de relancer l’économie sans entraîner de dévaluation massive.

Les réactions politiques : un front d’opposition se forme

La proposition n’a pas tardé à provoquer un tollé au sein de la classe politique. Le député Georges Atallah a été l’un des premiers à réagir, accusant le ministre de défendre les intérêts des banques au détriment des citoyens ordinaires. Selon lui, la priorité doit être donnée au contrôle des flux financiers, à la récupération des fonds transférés illégalement à l’étranger depuis 2019, et à l’établissement de mécanismes de garantie solides pour tous les déposants, pas seulement les plus fortunés. Il estime que liquider l’or reviendrait à brader un actif national inaliénable, hérité des générations passées, pour combler les trous creusés par une gestion bancaire irresponsable.

D’autres voix parlementaires se joignent à cette critique. Des députés issus de diverses formations soulignent que cette mesure risque d’exacerber les divisions sociales. Les petits déposants, dont les avoirs inférieurs à 100 000 dollars sont déjà partiellement protégés par des mécanismes comme la lirification forcée, se sentiraient exclus d’un processus qui privilégie les élites. De plus, des représentants de partis traditionnels rappellent que l’or représente un symbole de souveraineté, protégé par la Constitution et les résolutions internationales. Toute liquidation, même partielle, nécessiterait un débat approfondi au Parlement et un consensus national, ce qui semble improbable dans le climat actuel de polarisation.

Au sein du gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, cette proposition divise. Si certains ministres, comme ceux chargés des Affaires économiques, y voient une opportunité pour injecter de la liquidité dans l’économie réelle, d’autres, plus prudents, craignent un effet domino. Le ministre des Finances, par exemple, a exprimé des réserves sur l’impact budgétaire, soulignant que le budget 2026, en cours d’examen, repose déjà sur des hypothèses fragiles en matière de recettes fiscales et d’aides internationales.

Un débat juridique et de souveraineté qui s’intensifie

Au-delà des réactions politiques, la proposition soulève de graves questions juridiques. Des experts constitutionnels rappellent que les réserves d’or sont considérées comme un bien public inaliénable, régi par la loi monétaire et de crédit de 1963. Toute décision de liquidation exigerait non seulement l’approbation du Parlement, mais aussi une modification législative pour contourner les clauses de protection. Des réserves sont émises sur l’égalité devant la loi : pourquoi privilégier les déposants aisés alors que des millions de Libanais ont vu leurs économies érodées par l’inflation galopante, atteignant plus de 200 % en 2020-2021 ?

La notion de justice intergénérationnelle est également invoquée. L’or, accumulé au fil des décennies grâce à une politique prudente de la Banque du Liban sous divers gouverneurs, représente un legs pour les futures générations. Le vendre aujourd’hui pour combler les erreurs du passé reviendrait à hypothéquer l’avenir, argue-t-on. De plus, des juristes mettent en garde contre un « effet d’appel » : si l’or est touché pour indemniser les déposants, les détenteurs d’eurobonds – ces obligations d’État libanaises en défaut depuis mars 2020 – pourraient réclamer leur part, entraînant une cascade de litiges internationaux.

Sur le plan de la souveraineté, la proposition intervient dans un contexte régional tendu. Le Liban, fragilisé par les conflits voisins et les pressions géopolitiques, dépend de ses réserves pour maintenir une certaine autonomie vis-à-vis des institutions internationales comme le Fonds monétaire international. Ce dernier, dans ses rapports récents, insiste sur la restructuration bancaire sans toucher aux actifs stratégiques, préférant une recapitalisation des banques via des injections privées ou des fusions.

Le contexte de la crise bancaire : un rappel des faits

Pour comprendre l’ampleur de cette polémique, il faut replonger dans les origines de la crise libanaise. En octobre 2019, des manifestations massives éclatent contre la corruption et la mauvaise gestion économique. Les banques imposent alors des contrôles de capitaux informels, gelant les dépôts en devises et limitant les retraits à quelques centaines de dollars par mois. Cette « fajwa » financière est estimée à plus de 70 milliards de dollars, résultant d’un système pyramidal où les banques prêtaient massivement à l’État et à la Banque centrale, finançant un déficit chronique.

La dette publique, culminant à 92 milliards de dollars en 2019, soit 170 % du PIB, a entraîné un défaut souverain en mars 2020. Les déposants, majoritairement des particuliers et des PME, ont perdu l’accès à leurs fonds, exacerbant la pauvreté : plus de 80 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, selon les estimations récentes. Les tentatives de résolution, comme le plan de restructuration proposé en 2022, ont échoué face aux résistances politiques et aux négociations avec les créanciers.

Dans ce cadre, les réserves d’or ont toujours été un tabou. Accumulées depuis les années 1960, elles ont servi de bouclier lors des crises passées, comme la guerre civile de 1975-1990. Sous le gouvernorat de Riad Salamé, elles ont été maintenues intactes, malgré les pressions. Aujourd’hui, avec un prix de l’or avoisinant les 4 800 dollars l’once, leur valeur atteint des sommets inédits, rendant la tentation de liquidation plus forte.

Les implications économiques immédiates

Si la proposition était adoptée, elle pourrait injecter des liquidités substantielles dans l’économie. Les obligations distribuées aux déposants permettraient un remboursement échelonné, potentiellement sur 10 à 15 ans, soulageant les banques d’une partie de leurs obligations. Cela pourrait relancer la consommation et l’investissement, dans un pays où le PIB a chuté de plus de 60 % depuis 2019.

Cependant, les risques sont multiples. Une vente massive d’or pourrait déprimer les cours locaux et internationaux, réduisant la valeur effective des réserves restantes. De plus, sans réformes structurelles – comme la lutte contre la corruption ou la réforme du secteur électrique, qui draine annuellement des milliards – cette mesure ne ferait que reporter le problème. Le budget 2026, soumis en juillet 2025 et en débat actuellement, prévoit déjà des dépenses élevées en subventions et salaires publics, sans surplus significatifs pour combler l’écart.

Les réactions de la société civile et des experts

Des associations de déposants, actives depuis 2019, se divisent sur la question. Certaines y voient une opportunité pour récupérer une partie de leurs fonds, tandis que d’autres craignent une discrimination. Des économistes indépendants soulignent que l’or n’est pas une solution miracle : il faudrait d’abord auditer les banques pour identifier les actifs récupérables, estimés à 20-30 milliards de dollars en prêts non performants.

Dans les milieux industriels, que représente Joe Issa El Khoury, la proposition est vue comme un moyen de relancer le secteur productif. Le ministre, qui a récemment plaidé pour des investissements verts et une restructuration administrative, argue que libérer des fonds pour les déposants stimulerait la demande interne.

Les perspectives parlementaires et les enjeux à court terme

Au Parlement, où la loi sur l’écart financier est en examen, la proposition sera débattue dans les prochaines semaines. Des commissions ad hoc analysent déjà les chiffres : les dépôts gelés s’élèvent à plus de 100 milliards de dollars, dont une grande partie en devises. Les députés exigent des données précises sur la capacité de remboursement des banques, évaluée à 10-15 milliards de dollars liquides.

Dans ce contexte, la polémique sur l’or s’inscrit dans une dynamique plus large de reconstruction. Le gouvernement Salam, soutenu par des figures comme Ghassan Salamé aux Affaires étrangères, vise à stabiliser l’économie avant les élections prévues en 2026. Mais les tensions avec des acteurs comme le Hezbollah, sur fond de désarmement, compliquent le tableau.

Les implications pour les déposants et l’économie réelle

Les déposants au-dessus de 100 000 dollars, souvent des entrepreneurs ou des expatriés, attendent une résolution depuis des années. La proposition pourrait leur offrir un horizon, mais à condition que les obligations soient garanties par l’État. Sinon, elle risque de n’être qu’un mirage de plus dans une crise qui a déjà coûté des vies et des fortunes.

Sur le terrain, l’inflation persiste à deux chiffres, et le taux de change officieux oscille autour de 90 000 livres pour un dollar. La liquidation partielle de l’or pourrait stabiliser la monnaie, mais seulement si accompagnée de réformes fiscales. Les secteurs clés, comme l’agriculture et l’industrie, souffrent d’un manque de financement, et une injection via les déposants pourrait les revigorer.

Les défis internationaux et régionaux

Le Liban négocie toujours avec le FMI pour un programme d’aide, conditionné à des réformes. Toucher à l’or pourrait être perçu comme un signe de désespoir, affaiblissant la position du pays. Régionalement, avec les tensions au Sud et la mise en œuvre de la résolution 1701 de l’ONU, la stabilité économique est cruciale pour éviter une escalade.

Dans les cercles diplomatiques, des discussions sur une conférence internationale pour le Liban se profilent, potentiellement en 2026. L’or, en tant qu’actif, pourrait servir de garantie pour des prêts, plutôt que d’être liquidé.

Les détails techniques de la proposition

Joe Issa El Khoury précise que les obligations seraient émises par une entité dédiée, avec une maturité fixe. Les déposants recevraient un prorata basé sur leurs avoirs, évitant une faillite généralisée des banques. Cette mécanique, inspirée de modèles grecs ou chypriotes, vise à préserver le système financier tout en indemnisant les victimes.

Critiques et contre-propositions émergentes

Des alternatives émergent : certains proposent de monétiser d’autres actifs, comme les ports ou les télécoms. D’autres insistent sur la poursuite des responsables de la crise, avec des enquêtes sur les transferts illicites estimés à 5-10 milliards de dollars.

Au final, cette polémique illustre les dilemmes du Liban post-crise : préserver les actifs nationaux tout en réparant les injustices. Les débats au Parlement, attendus pour fin février, détermineront si l’or reste intouchable ou devient un outil de sauvetage. Les implications immédiates touchent les déposants, qui surveillent de près ces évolutions, dans un pays où chaque décision économique porte les stigmates d’une décennie de tourments.

L’or comme ultime garantie : les arguments contre la vente

La proposition de liquider une partie des réserves d’or libanaises soulève un débat fondamental sur la nature même de cet actif. Considéré comme l’ultime garantie monétaire du pays, l’or représente bien plus qu’une simple valeur marchande. Il incarne une stabilité historique, accumulée au fil des décennies pour protéger le Liban contre les chocs externes. Vendre une portion significative, comme les 15 milliards de dollars suggérés, équivaudrait à dilapider un bouclier qui a résisté à des crises passées, y compris la guerre civile et les instabilités régionales. Des économistes soulignent que, dans un contexte où les devises étrangères sont rares et la confiance internationale fragile, l’or assure une crédibilité indispensable auprès des créanciers et des institutions multilatérales.

De plus, la liquidation risquerait de compromettre la souveraineté économique à long terme. Contrairement aux obligations ou aux actifs financiers volatils, l’or offre une protection contre l’inflation et les fluctuations monétaires, comme l’a démontré sa triplication de valeur depuis 2019. Le FMI, dans ses évaluations récentes, a insisté sur la préservation des actifs stratégiques pour toute restructuration viable, arguant que toucher à l’or pourrait signaler une détresse profonde, décourageant les investissements étrangers. Des porte-parole officiels, comme ceux du ministère de l’Économie, ont rappelé que les réserves aurifères, évaluées à plus de 45 milliards de dollars en janvier 2026, constituent un legs intergénérationnel, destiné à reconstruire plutôt qu’à combler des déficits immédiats.

Critiquer cette vente, c’est aussi pointer du doigt l’absence de réformes alternatives. Au lieu de brader l’or, des experts proposent de renforcer les audits des banques pour récupérer les prêts non performants, estimés à 20-30 milliards de dollars, ou de restructurer la dette publique sans hypothéquer les actifs inaliénables. La loi monétaire de 1963 protège explicitement ces réserves, exigeant une autorisation parlementaire préalable, ce qui rend toute décision hâtive illégitime. En outre, une vente massive pourrait déstabiliser les marchés locaux, avec un impact sur les cours de l’or et une perte potentielle de valeur pour les réserves restantes.

Les banques au cœur de la controverse : un historique accablant

Depuis le début de la crise en 2019, les banques libanaises n’ont cessé de pousser pour un recours aux réserves d’or de la Banque du Liban, afin de collectiviser les pertes accumulées. Cette stratégie, réitérée dans divers rapports et propositions, vise à répartir le fardeau financier sur l’ensemble de la société, y compris sur les actifs publics, plutôt que d’assumer pleinement les conséquences de leurs propres pratiques. Des documents internes et des déclarations publiques montrent que, dès les premiers mois de la crise, l’Association des banques du Liban (ABL) a plaidé pour une utilisation partielle de l’or comme garantie pour des émissions d’obligations, arguant que cela soulagerait leurs bilans sans nécessiter de recapitalisation immédiate.

Pourtant, ces mêmes institutions ont largement bénéficié des détournements de fonds opérés via la Banque du Liban. Avant le gel des dépôts, des flux massifs ont été transférés à l’étranger, souvent par des actionnaires et des dirigeants bancaires, estimés à plusieurs milliards de dollars. Des enquêtes judiciaires, lancées en 2020 et renforcées en 2025, révèlent que les banques ont profité d’un système pyramidal où elles prêtaient à l’État et à la centrale à des taux élevés, accumulant des profits records tout en exposant les déposants à des risques systémiques. Le gouverneur par intérim de la Banque du Liban a admis, lors d’une audition parlementaire en décembre 2025, que des irrégularités dans les transferts ont permis à certains établissements de sécuriser leurs actifs offshore, laissant les déposants ordinaires porter le poids des pertes.

Cette attitude des banques est particulièrement critiquée pour son manque de transparence. Alors qu’elles ont perçu des intérêts substantiels sur les prêts à l’État – totalisant des dizaines de milliards de dollars entre 2010 et 2019 – elles résistent aujourd’hui à tout mécanisme de bail-in qui les obligerait à absorber une part équitable des pertes. Des associations de déposants rapportent que, depuis 2019, les banques ont bloqué l’accès aux fonds tout en continuant à facturer des frais, aggravant la situation des ménages. Le ministre des Finances, dans une déclaration du 23 janvier 2026, a souligné que les négociations avec le FMI exigent une hiérarchie claire des créances, où les banques devraient contribuer en premier lieu, plutôt que de se défausser sur les réserves publiques.

Une collectivisation des pertes qui masque les responsabilités

La proposition de recourir à l’or pour collectiviser les pertes n’est pas nouvelle. Dès 2020, lors des premiers plans de sauvetage, les banques ont suggéré d’utiliser les réserves aurifères comme collatéral pour des émissions d’obligations, évitant ainsi une restructuration profonde de leurs portefeuilles. Cette approche, critiquée par des économistes comme ceux du Carnegie Endowment, privilégie les intérêts des actionnaires au détriment des citoyens. Vendre l’or pour rembourser les déposants reviendrait à socialiser les erreurs du secteur bancaire, qui a accumulé des profits pendant des années grâce à des prêts risqués à l’État, tout en transférant des fonds illicites à l’étranger.

Des chiffres récents, publiés par la Banque du Liban en janvier 2026, indiquent que les actifs des banques incluent encore des prêts non performants d’une valeur de 25 milliards de dollars, dont une partie pourrait être récupérée via des poursuites judiciaires. Au lieu de cela, les banques plaident pour une mutualisation via l’or, arguant que cela accélérerait les remboursements. Mais des experts soulignent que cette méthode ignore les bénéfices passés : entre 2015 et 2019, les profits nets des banques ont dépassé 10 milliards de dollars, largement issus des intérêts sur la dette publique. Le porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse le 7 janvier 2026, a déclaré que préserver l’or est essentiel pour une « troisième république », plutôt que de le dilapider pour effacer les legs de la crise.

Critique de l’attitude des banques : un manque de solidarité flagrant

L’attitude des banques libanaises est sévèrement jugée pour son opportunisme. Alors qu’elles ont bénéficié d’un système où la Banque du Liban subventionnait leurs opérations via des ingénieries financières, elles refusent aujourd’hui de partager équitablement les pertes. Des rapports du FMI, datés de janvier 2026, pointent du doigt cette réticence, notant que les banques disposent d’actifs suffisants pour couvrir une partie des dépôts sans toucher aux réserves publiques. Le ministre de l’Économie a affirmé, le 6 janvier 2026, que la Banque centrale est « assez riche en actifs » pour rembourser sans vente d’or, soulignant que les réserves à 40 milliards de dollars en décembre 2025 offrent une confiance aux créanciers sans liquidation.

Cette critique s’étend aux transferts illicites : des enquêtes révèlent que, avant le gel des dépôts, des milliards ont été exfiltrés par des entités liées aux banques, souvent vers des paradis fiscaux. Le juge chargé des affaires financières, en janvier 2026, a gelé des comptes de plusieurs dirigeants bancaires, estimant les détournements à 5-10 milliards de dollars. Les banques, au lieu de coopérer pleinement, ont multiplié les recours judiciaires, retardant les audits forensiques promis depuis 2022. Des déposants, dans des manifestations récentes à Beyrouth, dénoncent cette « grande évasion », où les institutions ont orchestré la fuite de capitaux tout en imposant des restrictions draconiennes aux clients ordinaires.

Les implications immédiates des audits en cours

Les audits forensiques, lancés en janvier 2026 sur les banques, révèlent des irrégularités persistantes. Des prêts accordés sans garanties adéquates à des entités liées à l’État ont gonflé les bilans, tandis que les transferts post-2019 ont vidé les réserves en devises. Le gouvernement, sous pression du FMI, examine une hiérarchie des créances où les actionnaires bancaires absorbent les premières pertes. Des chiffres du 15 janvier 2026 indiquent que les dépôts gelés totalisent 100 milliards de dollars, avec une capacité de récupération estimée à 55 milliards via des bonds et des actifs, sans or. Les débats parlementaires, intensifiés ce 27 janvier, portent sur ces mécanismes, avec des députés exigeant la poursuite des responsables bancaires pour détournements.

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