Ce matin, 7 octobre 2024, la situation au Liban est marquée par une intensification sans précédent des frappes israéliennes, tandis que le Hezbollah et les factions armées palestiniennes ripostent avec des tirs de roquettes constants en direction d’Israël. Les combats se concentrent particulièrement dans le sud du Liban et les banlieues sud de Beyrouth, mais également sur d’autres fronts, notamment à Gaza et le long de la frontière libano-israélienne. Parallèlement, l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth devient une préoccupation majeure, tant pour sa sécurité que pour son rôle critique dans l’acheminement de l’aide humanitaire.
L’intensification des frappes israéliennes au Liban et au-delà
Depuis les premières heures du jour, des frappes israéliennes ont frappé de manière intensive diverses localités libanaises. Vers 12h50, des roquettes sont tombées dans la région de Kfar Vardim et Karmiel, dans le nord d’Israël, activant les sirènes d’alerte et provoquant des recherches par les services d’urgence israéliens pour détecter des victimes. Peu avant, une série de frappes aériennes avait touché les villages de Bazourieh, Zohtar, Sijd, Zefta et Khiam au sud du Liban, aggravant une situation déjà catastrophique. Selon les autorités locales, plus de 600 frappes ont été menées par Israël sur le Liban ces dernières 24 heures, causant la mort de près de 250 personnes. Le gouverneur de Baalbek-Hermel, Bashir Khodr, a déclaré que des dizaines de civils sont toujours piégés sous les décombres et que les efforts de secours sont entravés par l’intensité des bombardements.
Dans le même temps, la situation à Gaza est également critique. Les Brigades Al-Qassam du Hamas ont revendiqué des combats rapprochés contre les forces israéliennes à Jabaliya, dans le nord de Gaza, provoquant des pertes dans les rangs israéliens. Le nombre de morts à Gaza depuis le début du conflit dépasse désormais les 41 000, avec plus de 60 % de ces victimes étant des femmes et des enfants. Le ministère de la Santé de Gaza continue d’appeler à l’aide internationale pour faire face à cette catastrophe humanitaire.
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Riposte du Hezbollah et des factions palestiniennes
Le Hezbollah poursuit ses représailles en tirant des roquettes sur plusieurs positions israéliennes dans le nord du pays. Vers 12h08, le groupe a annoncé avoir visé la base de Nimra, une installation militaire clé située à l’ouest de Tibériade, avec une série de roquettes « Fadi 1 ». En parallèle, des roquettes ont également été tirées sur la région de Karmiel et Maalot Tarshiha dans le nord d’Israël, provoquant de nouveaux déclenchements d’alertes dans tout le Galilée occidental. Ces attaques interviennent en réponse aux frappes israéliennes continues sur les bastions du Hezbollah dans le sud de Beyrouth et dans la région frontalière sud du Liban.
La veille, des frappes israéliennes avaient déjà touché des positions militaires présumées du Hezbollah à Maroun al-Ras, tandis que des affrontements se poursuivaient dans d’autres localités proches de la frontière, notamment à Srifa, où quatre civils ont été tués lors d’une frappe sur une maison. Les affrontements s’étendent également au-delà de la frontière libanaise, avec des frappes israéliennes visant des positions militaires en Syrie, entraînant la mort d’au moins 30 soldats du régime d’Assad.
Le rôle critique de l’aéroport de Beyrouth
L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, l’une des infrastructures stratégiques du pays, fait face à des menaces croissantes alors que les frappes israéliennes continuent de se rapprocher de la capitale. Ali Hamie, ministre des Transports et des Travaux publics, a souligné l’importance de maintenir l’aéroport opérationnel malgré les conditions de guerre. Sous la supervision des forces armées libanaises, des mesures de sécurité renforcées ont été mises en place pour assurer que les vols, y compris ceux acheminant de l’aide humanitaire, puissent continuer.
Les inspections des cargaisons sont systématiquement renforcées à chaque arrivée, avec un contrôle accru des avions et du fret par l’armée libanaise, qui vérifie la conformité avec les lois de sécurité nationale. Le ministre de l’Intérieur, Bassam Mawlawi, a également déclaré que des instructions strictes ont été données à l’unité de sécurité de l’aéroport pour éviter toute faille qui pourrait permettre une infiltration ou une attaque.
Malgré ces précautions, la crainte que l’aéroport devienne une cible majeure des frappes israéliennes reste présente. Les discussions tenues au Grand Sérail ont notamment abordé la possibilité de suspendre temporairement les vols commerciaux si les attaques se rapprochent davantage de la capitale. Cependant, jusqu’à présent, l’aéroport continue de fonctionner, recevant notamment des vols humanitaires en provenance des Émirats arabes unis, avec six nouvelles rotations organisées pour livrer des fournitures essentielles.
La crise humanitaire au Liban et l’impact des déplacements massifs
La crise humanitaire s’aggrave de jour en jour alors que les civils fuient en masse les zones touchées par les bombardements. Des milliers de Libanais ont trouvé refuge dans des centres d’accueil improvisés, notamment dans la région de Dair Al-Ahmar, où la population de déplacés a explosé, atteignant près de cinq fois la capacité initialement prévue. Les infrastructures sanitaires sont sous pression, et les autorités locales avertissent du risque croissant de maladies dans ces centres surpeuplés. Le député Antoine Habchi a souligné l’importance d’une intervention urgente pour éviter une catastrophe sanitaire, alors que le gouvernement peine à fournir suffisamment de ressources, y compris du carburant pour alimenter les générateurs des hôpitaux.
éropLes discussions au sein du gouvernement libanais, avec la participation de représentants de la communauté internationale, sont en cours pour coordonner les efforts d’aide humanitaire. Le Premier ministre sortant, Najib Mikati, a multiplié les réunions d’urgence avec les chefs militaires et les responsables des infrastructures pour garantir que des mesures adéquates soient prises pour protéger les civils et maintenir les infrastructures vitales, y compris l’aéroport.


