mercredi, janvier 28, 2026

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Le premier ministre canadien Mark Carney affirme qu’il n’y a « presque rien de normal » aux États-Unis sous Donald Trump

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Devant la Chambre des communes, le premier ministre canadien Mark Carney a livré une déclaration sans ambiguïté sur l’état des relations avec les États-Unis. Répondant à une question sur l’avenir des négociations commerciales avec Washington, il a affirmé : « Le monde a changé, Washington a changé, et il n’y a presque rien de normal aux États-Unis maintenant, c’est la vérité. » Ces mots, prononcés lors d’une séance parlementaire animée, interviennent alors que les tensions entre Ottawa et la Maison-Blanche s’intensifient, marquées par des menaces de tarifs douaniers et des échanges diplomatiques tendus. Cette intervention de Carney, qui refuse de reculer sur ses positions antérieures, illustre les défis posés par le retour de Donald Trump à la présidence américaine, inauguré le 20 janvier 2025.

Les propos du premier ministre ne sont pas isolés. Ils font écho à un discours prononcé une semaine plus tôt, le 20 janvier 2026, lors du Forum économique mondial de Davos. Devant un parterre de dirigeants internationaux, Carney a décrit un monde en pleine « rupture », loin d’une simple transition. Il a insisté sur la nécessité pour les puissances moyennes de s’unir face aux pressions des grandes nations. « Les puissances moyennes doivent agir ensemble parce que si nous ne sommes pas à la table, nous sommes sur le menu », a-t-il déclaré, une formule qui a résonné comme un avertissement clair contre les dynamiques unilatérales imposées par certains acteurs globaux. Sans nommer explicitement les États-Unis, le contexte de ses remarques pointe vers les politiques protectionnistes et les menaces récurrentes émanant de Washington.

Ce discours a immédiatement suscité des réactions vives de la part de l’administration Trump. Le président américain, connu pour ses répliques directes sur les réseaux sociaux et lors de conférences de presse, a qualifié le Canada de pays qui « n’existe que grâce aux États-Unis ». Il a menacé d’imposer des tarifs de 100 % sur les importations canadiennes si Ottawa poursuivait ses négociations commerciales avec la Chine. Ces avertissements ne sont pas nouveaux dans le répertoire de Trump, qui avait déjà employé des tactiques similaires lors de son premier mandat, entre 2017 et 2021, notamment lors de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain, rebaptisé CUSMA (Canada-United States-Mexico Agreement). Mais en 2026, avec une économie mondiale encore fragilisée par les répercussions de la pandémie et les conflits géopolitiques, ces menaces prennent une dimension accrue.

Un appel téléphonique entre Carney et Trump

Au cœur de cette escalade, un appel téléphonique entre Mark Carney et Donald Trump, survenu le 26 janvier 2026, a cristallisé les divergences. Selon des déclarations du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, Carney aurait « vigoureusement » retraité ses propos de Davos lors de cette conversation. Bessent a décrit l’échange comme une tentative du premier ministre canadien de calmer les eaux, en expliquant que ses remarques n’étaient pas dirigées contre les États-Unis. Pourtant, Carney a fermement démenti cette version des faits. Devant les parlementaires canadiens, il a affirmé : « Non, je n’ai pas retraité mes commentaires. J’ai dit ce que je pensais. » Il a précisé que la discussion portait sur les initiatives positives du Canada pour diversifier ses partenariats internationaux, y compris son arrangement récent avec la Chine.

Cet épisode met en lumière les stratégies divergentes des deux leaders. Trump, fidèle à son approche transactionnelle, utilise les menaces tarifaires comme levier de négociation, particulièrement à l’approche de la révision du CUSMA, prévue pour juillet 2026. De son côté, Carney adopte une posture plus multilatérale, influencée par son expérience en tant qu’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre. Élu premier ministre en octobre 2025 après la démission de Justin Trudeau suite à des scandales internes au Parti libéral, Carney a rapidement orienté la politique étrangère canadienne vers une plus grande autonomie. En six mois, son gouvernement a conclu douze nouveaux accords commerciaux sur quatre continents, un rythme inédit qui reflète une volonté de réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis, qui absorbent traditionnellement plus de 75 % des exportations canadiennes.

Les implications économiques des tensions actuelles

Les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis, évalués à plus de 600 milliards de dollars annuels, sont au cœur de ces frictions. Les secteurs de l’automobile, du bois d’œuvre et de l’énergie sont particulièrement vulnérables aux tarifs douaniers. En 2018, lors de la première administration Trump, des taxes sur l’acier et l’aluminium canadiens avaient provoqué une riposte d’Ottawa, avec des contre-tarifs sur des produits américains comme le bourbon et les motos. Aujourd’hui, avec Trump de retour au pouvoir, les analystes prévoient un scénario similaire. Carney a qualifié ces menaces de « positionnement préalable aux négociations », soulignant que le Canada reste ouvert à une refonte de ses relations avec les États-Unis, mais pas au prix de sa souveraineté économique.

Dans ce contexte, la diversification commerciale apparaît comme une priorité absolue pour Ottawa. L’arrangement avec la Chine, annoncé en décembre 2025, vise à faciliter les investissements dans les technologies vertes et les ressources naturelles, sans pour autant constituer un accord de libre-échange complet. Carney a expliqué lors de l’appel avec Trump : « J’ai décrit ce que nous faisons – construire des partenariats à l’étranger et investir chez nous – et nous sommes prêts à remodeler notre relation avec les États-Unis. » Cette approche est saluée par certains alliés canadiens, mais critiquée par l’opposition conservatrice, qui craint une détérioration des liens avec Washington.

Une visite en Inde pour consolider les alliances

Parmi les initiatives récentes, la visite programmée de Mark Carney en Inde en mars 2026 marque un tournant dans la stratégie canadienne. Après plus de deux ans de relations tendues avec New Delhi, liées à des allégations d’ingérence et à des différends sur l’extradition, Ottawa cherche à relancer le commerce bilatéral. Les discussions porteront sur l’expansion des échanges dans les secteurs agricoles, technologiques et énergétiques. Carney a lié cette démarche à la nécessité de s’adapter à un monde où « l’ancien ordre ne reviendra pas », une référence directe à ses propos de Davos. Cette visite intervient alors que l’Inde émerge comme un partenaire clé pour les puissances moyennes, offrant un contrepoids aux influences américaines et chinoises.

Les réactions internationales à ces développements sont variées. En Europe, des dirigeants comme le président français Emmanuel Macron ont exprimé leur soutien à l’approche multilatérale de Carney, voyant dans ses déclarations un écho à leurs propres préoccupations face au protectionnisme américain. À l’ONU, le secrétaire général António Guterres a appelé à un dialogue constructif entre les nations nord-américaines, rappelant la résolution 2025 sur la stabilité économique régionale. Du côté américain, des sénateurs républicains ont défendu les positions de Trump, arguant que les États-Unis doivent protéger leurs intérêts nationaux face à la concurrence chinoise.

Les antécédents de Carney face à Trump

Mark Carney n’en est pas à son premier accrochage avec Donald Trump. Lors de son mandat à la Banque d’Angleterre, entre 2013 et 2020, il avait critiqué les politiques commerciales de l’administration Trump, particulièrement en matière de changements climatiques et de stabilité financière. En 2019, Carney avait averti que les guerres commerciales pourraient entraîner une récession globale, une prédiction qui s’est partiellement réalisée avec les disruptions de 2020. Aujourd’hui, en tant que premier ministre, il applique ces leçons en promouvant une « autonomie stratégique » pour le Canada, incluant des investissements massifs dans les infrastructures domestiques et les énergies renouvelables.

Les insultes personnelles de Trump, qui a qualifié Carney de « gouverneur » – une référence moqueuse à son passé bancaire – n’ont pas déstabilisé le leader canadien. Répondant à des questions de journalistes le 27 janvier, Carney a déclaré : « Dans ce rôle, on se fait appeler beaucoup de choses tout le temps. Je peux le gérer. » Cette résilience s’inscrit dans une tradition canadienne de diplomatie pragmatique, équilibrant fermeté et ouverture. Sous Trudeau, les relations avec Trump avaient déjà connu des hauts et des bas, culminant avec la signature du CUSMA en 2020 après des mois de négociations ardues.

Les enjeux de la révision du CUSMA

La révision imminente du CUSMA, fixée à juillet 2026, ajoute une couche d’urgence à ces tensions. L’accord, qui régit le commerce trilatéral entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, inclut une clause de réexamen tous les six ans. Trump a indiqué son intention de durcir les termes, particulièrement en matière de contenu régional pour l’automobile et de protections pour les travailleurs américains. Pour le Canada, dont l’économie dépend fortement des exportations automobiles vers les États-Unis – environ 2 millions de véhicules par an –, toute augmentation de tarifs pourrait entraîner des pertes estimées à 20 milliards de dollars annuels, selon des rapports du ministère canadien des Finances.

Carney a insisté sur la préparation d’Ottawa : « Nous répondons en construisant des partenariats à l’étranger et en investissant chez nous. » Parmi les mesures récentes, un plan d’investissement de 50 milliards de dollars dans les infrastructures, annoncé en novembre 2025, vise à renforcer la résilience économique. Ce programme inclut des projets dans les provinces de l’Ouest, riches en ressources pétrolières, et dans l’Ontario, hub manufacturier. Parallèlement, le gouvernement canadien a renforcé ses liens avec l’Union européenne via l’Accord économique et commercial global (AECG), en vigueur depuis 2017, avec une augmentation de 20 % des échanges en 2025.

Les dynamiques internes au Canada

Au niveau domestique, les déclarations de Carney ont reçu un accueil mitigé. Dans les sondages publiés le 27 janvier 2026, 55 % des Canadiens soutiennent sa fermeté face à Trump, particulièrement dans les provinces atlantiques et au Québec, où les industries de la pêche et de l’aéronautique sont sensibles aux fluctuations commerciales. Cependant, dans l’Alberta, bastion conservateur, des voix s’élèvent contre ce qu’elles perçoivent comme une provocation inutile. Le chef de l’opposition, Pierre Poilievre, a accusé Carney de « jouer avec le feu », arguant que le Canada ne peut se permettre une guerre commerciale.

Cette polarisation reflète les fractures plus larges au sein de la société canadienne. Les communautés autochtones, impliquées dans les pipelines et les ressources naturelles, surveillent de près ces développements, craignant des impacts sur leurs territoires. De même, les syndicats ouvriers, comme ceux de l’automobile, appellent à une protection accrue des emplois, avec des manifestations prévues à Windsor, point de passage clé vers les États-Unis.

Les perspectives immédiates des relations bilatérales

Dans les jours suivant la déclaration de Carney, des signes de dégel ont émergé. Des officiels canadiens et américains ont convenu de réunions préparatoires pour la révision du CUSMA, avec un focus sur la sécurité énergétique et la chaîne d’approvisionnement. Trump, lors d’une conférence de presse le 27 janvier, a tempéré ses menaces, indiquant que « le Canada est un bon voisin, mais les affaires sont les affaires ». Carney, de son côté, a réitéré son engagement pour un partenariat équilibré, tout en poursuivant la diversification.

Ces échanges soulignent les implications immédiates pour la sécurité régionale. Avec des exercices militaires conjoints sous le NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord) prévus en février 2026, les deux pays doivent naviguer entre coopération et concurrence. Les questions arctiques, où la Russie et la Chine étendent leur influence, ajoutent une dimension stratégique, Carney ayant plaidé pour une présence accrue du Canada dans le Nord.

Les développements les plus récents, au 28 janvier 2026, incluent une déclaration du ministre canadien des Affaires étrangères, Mélanie Joly, affirmant que Ottawa reste vigilant face aux « bluffs » de Washington. Parallèlement, des analystes chinois ont interprété les remarques de Carney comme un signe de réduction de la dépendance envers les États-Unis, renforçant les perspectives d’un partenariat accru avec Pékin. Ces évolutions immédiates, ancrées dans les négociations en cours, illustrent les ajustements constants requis dans un paysage géopolitique en mutation.

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