lundi, janvier 26, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Le relogement d’urgence, angle mort de l’État libanais : pourquoi évacuer les immeubles à risque reste impossible à Tripoli

- Advertisement -

Dans le quartier de Qobbeh, à Tripoli, la nuit du 24 janvier 2026 s’est transformée en cauchemar pour les habitants d’un immeuble de cinq étages qui s’est effondré sans avertissement préalable. Les décombres, un amas chaotique de béton armé et de ferraille tordue, ont englouti une famille syrienne de cinq personnes, laissant derrière eux un bilan provisoire de deux morts confirmés et plusieurs blessés. Les équipes de secours, composées de pompiers de la Défense civile, de volontaires de la Croix-Rouge libanaise et de militaires dépêchés par le ministère de la Défense, ont travaillé sans relâche pendant plus de 48 heures pour extraire les survivants. Une mère et sa fille ont été sorties vivantes des ruines dans la soirée du 24 janvier, mais le père a été retrouvé mort le lendemain, et les recherches se poursuivaient pour localiser les deux enfants – un garçon et une fille âgés de moins de dix ans – encore piégés sous les gravats au matin du 26 janvier. Les opérations, menées avec des chiens de recherche et des équipements manuels pour éviter d’aggraver l’instabilité des décombres, ont résonné dans les rues étroites de ce quartier populaire, où les bâtiments anciens, souvent surchargés et mal entretenus, défient quotidiennement la gravité.

Parmi les premiers à arriver sur les lieux, un technicien en génie civil mandaté par la municipalité de Tripoli, qui préfère garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, décrit la scène avec une précision froide. « L’immeuble datait des années 1970, avec des fondations affaiblies par les infiltrations d’eau et les vibrations cumulées des tremblements de terre passés. On voit souvent cela ici : des piliers fissurés, des balcons instables, et des ajouts illégaux qui alourdissent la structure. Quand ça lâche, c’est brutal. » Ce témoignage fait écho à la peur viscérale qui s’est emparée des riverains. Une habitante voisine, mère de trois enfants, confie son angoisse : « Chaque craquement dans les murs nous réveille la nuit. On sait que le nôtre pourrait être le prochain. Mais où aller ? » Les familles attendent, suspendues aux annonces des autorités, tandis que les experts inspectent les décombres pour déterminer les causes exactes – un mélange probable de vétusté, de négligence et d’absence de normes sismiques respectées. Selon les premiers rapports, le bâtiment n’était pas répertorié parmi les structures prioritaires pour évacuation, bien que des inspections récentes aient révélé des faiblesses similaires dans le quartier, exacerbées par les pluies hivernales abondantes de janvier 2026.

Ce drame local, survenu à l’aube du 25 janvier sur la rue Al-Jadeed, n’est pas isolé et a rapidement basculé dans le débat public national, propulsant la question des immeubles à risque au cœur des préoccupations sécuritaires du Liban. Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karameh, a tenu une conférence de presse improvisée sur le site même de l’effondrement, déclarant que les autorités locales « courent contre la montre ». Il a révélé un chiffre alarmant : 105 bâtiments dans la ville nécessitent une évacuation immédiate, tandis que près de 700 autres présentent des risques modérés à élevés, selon les recensements municipaux actualisés en 2025. Ces données, compilées par des ingénieurs du syndicat des ordres des ingénieurs et architectes du Liban nord, s’appuient sur des inspections postérieures au séisme dévastateur de février 2023, dont les répliques avaient été ressenties jusqu’à Tripoli. À l’époque, le tremblement de terre originaire de Turquie et de Syrie avait causé des fissures visibles dans des centaines de structures, exacerbant une vulnérabilité déjà latente due à des décennies de constructions anarchiques pendant la guerre civile et les périodes d’instabilité économique. Le député de Tripoli Ashraf Rifi a quant à lui évoqué au moins 500 bâtiments à risque, appelant à une action urgente du gouvernement.

Les chiffres qui structurent le débat public

Les recensements municipaux, actualisés en 2025 suite aux secousses sismiques de février 2023, dressent un tableau alarmant. Selon ces données, compilées par des ingénieurs de l’Ordre des ingénieurs et architectes du Liban-Nord en collaboration avec le ministère des Travaux publics et des Transports, 105 bâtiments à Tripoli nécessitent une évacuation immédiate en raison de risques imminents de collapse. Près de 700 autres présentent des vulnérabilités modérées à élevées, avec des fissures structurelles, des fondations érodées et un non-respect des normes introduites en 2005 pour la résistance sismique. À l’échelle nationale, un rapport de l’Autorité immobilière de 2024 identifie plus de 16 000 structures à risque, dont une concentration notable à Tripoli, où 63 des 162 immeubles les plus critiques du pays sont localisés, selon des évaluations croisées avec des organisations internationales.

Ces statistiques ne sont pas abstraites pour les habitants. Dans les quartiers comme Bab al-Tabbaneh ou Mina, des familles vivent dans des bâtiments datant des années 1950-1980, construits dans l’anarchie de la guerre civile (1975-1990) et aggravés par l’instabilité économique postérieure. Les pluies hivernales, particulièrement abondantes en janvier 2026, accélèrent la dégradation en infiltrant les fissures, tandis que les vibrations des routes surchargées ajoutent à la pression. Un ingénieur du syndicat, interrogé sur place, note que « les inspections post-2023 ont révélé des ajouts illégaux sur 40 % des immeubles examinés, augmentant le poids de 20 à 30 % au-delà des capacités originales ». Le Haut Comité de secours, réuni à Tripoli le 25 janvier, a évalué la situation et planifié des mesures d’urgence, confirmant que les 105 immeubles prioritaires exigent l’émission immédiate d’avertissements pour évacuation.

Les normes sismiques, un cadre théorique souvent ignoré

Au cœur de ces vulnérabilités structurelles se trouve l’application lacunaire des normes antisismiques au Liban, un pays classé en zone sismique modérée à élevée, où l’aléa sismique est considéré comme uniforme sur l’ensemble du territoire. Introduites en 2005 et renforcées par le décret 7964 du 7 avril 2012, ces normes fixent une accélération sismique de base à 0,25 g, soit 2,5 m/s², pour les calculs de conception des bâtiments. Elles s’inspirent de codes internationaux, tels que l’Eurocode 8 ou l’Uniform Building Code américain, mais le recours à quatre références étrangères différentes – comme mentionné dans des études techniques récentes – génère une confusion parmi les ingénieurs, menant à des choix de conception conflictuels et une application inégale. Le décret 14293, relatif aux exigences de sécurité générale dans les bâtiments et incluant la prévention des tremblements de terre, impose des mesures comme le renforcement des fondations, l’utilisation de matériaux résistants et des dispositifs d’amortissement, mais ces prescriptions restent souvent lettre morte pour les constructions antérieures à 2005, qui représentent la majorité du parc immobilier à Tripoli et ailleurs.

Selon des experts de l’Ordre des ingénieurs, ces normes devraient théoriquement protéger les structures édifiées depuis 2005 contre un séisme de magnitude 6 sur l’échelle de Richter, en intégrant des facteurs comme la ductilité des matériaux et la répartition des charges. Pourtant, dans la pratique, les ajouts illégaux – tels que des étages supplémentaires sans permis – et le manque de maintenance contrecarrent ces protections. À Tripoli, où de nombreux immeubles datent des années 1970, l’absence de conformité aux normes parasismiques expose les habitants à des risques accrus, comme l’ont démontré les fissures apparues après les répliques de février 2023. Des études instrumentales sur les vibrations ambiantes, menées par des institutions scientifiques, soulignent que le sol libanais, particulièrement dans les zones côtières, amplifie les ondes sismiques, rendant impérative une révision stricte des normes pour les réhabilitations. Le ministère des Travaux publics, dans un communiqué du 20 janvier 2026, a rappelé que toute nouvelle construction doit respecter ces standards, mais sans allocations budgétaires spécifiques, les inspections restent superficielles.

La mécanique administrative en question

Le processus d’identification et d’intervention suit un protocole complexe, souvent entravé par des chevauchements de compétences et des retards bureaucratiques. Les services techniques de la municipalité de Tripoli initient les recensements, en partenariat avec le ministère des Travaux publics et des Transports, dirigé par Fayez Rasamny sous le cabinet de Nawaf Salam formé en février 2025. Ces équipes évaluent les structures selon des critères précis : état des fondations, présence de lézardes porteuses, âge et conformité aux normes antisismiques. Une fois un risque confirmé, un avertissement officiel est émis, signé par le maire ou son délégué, notifiant propriétaires et locataires.

L’évacuation relève en théorie du gouverneur du Liban-Nord, Ramzi Nohra, qui peut ordonner des mesures d’urgence via le ministère de l’Intérieur, tenu par Ahmad Al-Hajjar. En pratique, les forces de sécurité intérieure, y compris la police municipale, interviennent pour sceller les accès et prévenir les réoccupations, comme observé dans plusieurs cas en 2024 et début 2026. Le ministre de l’Intérieur s’est rendu à Tripoli le 25 janvier pour une réunion élargie au Sérail, où il a coordonné avec les autorités locales les réponses immédiates. Cependant, l’exécution bute sur le financement du relogement. Les autorités ont exploré des solutions d’urgence, telles que l’installation de logements préfabriqués – appelés « bayut jahiza » – sur des terrains publics à la périphérie de la ville. Cette option, inspirée des réponses post-catastrophes, pourrait héberger temporairement des centaines de familles. Une allocation de logement, ou « badal iwa », est également à l’étude, avec des montants estimés entre 200 et 400 dollars par mois par foyer, discutés au Conseil des ministres.

En termes sociaux concrets, ces mesures soulèvent des interrogations pressantes : où implanter ces préfabriqués dans une ville où le foncier est rare et souvent sujet à des litiges confessionnels, Tripoli étant majoritairement sunnite ? Quelle durée pour ce relogement provisoire, alors que les familles redoutent une précarité étendue ? Et qui finance, dans un contexte de dette publique dépassant les 100 milliards de dollars, d’inflation ayant érodé les salaires de plus de 90 % depuis 2019, et de chômage frôlant les 40 % dans la région, selon les rapports de la Banque mondiale de 2025 ? L’inflation annuelle s’est stabilisée autour de 12,2 % en décembre 2025, mais les effets cumulés restent dévastateurs, avec une projection de 8,6 % pour 2026 selon des estimations récentes.

L’impuissance municipale face à la crise

La municipalité de Tripoli, avec un budget annuel limité à environ 50 millions de dollars – en grande partie consacré aux salaires et aux services de base –, manque cruellement de ressources pour des opérations d’envergure. Les élus locaux répètent que « le dossier est transmis au gouvernement central », pointant du doigt l’absence de transferts financiers adéquats. En 2025, un plan d’urgence a été soumis au ministère des Finances, qui a alloué une enveloppe modeste de 10 millions de dollars pour des réparations urgentes dans le nord, jugée insuffisante. Cette impuissance se manifeste sur le terrain : malgré les listes de 105 immeubles prioritaires, seules une vingtaine d’évacuations ont été menées depuis 2023, souvent contestées par les résidents faute d’alternatives. Le syndicat des ingénieurs a briefé les médias sur des bâtiments menacés à Tabbaneh, évacués partiellement, mais sans rapports exhaustifs transmis aux autorités supérieures.

Vers une inspection systématique et des garde-fous

L’après-drame implique une priorisation rigoureuse des inspections. Les autorités prévoient un indice de risque pour classer les structures, avec des contrôles indépendants par des bureaux d’études accrédités. Un calendrier de travaux, prévu pour 2026-2028, cible le renforcement via injections de béton et renforts métalliques sur les immeubles viables. Pour éviter l’abandon une fois l’émotion retombée, des rapports trimestriels au Parlement et une implication de la société civile – via des associations d’habitants – visent à assurer la transparence des audits. Ce drame n’est pas isolé : il survient moins de trois semaines après un autre effondrement, le 7 janvier 2026, dans le quartier de Dhar al-Maghr, où deux immeubles adjacents se sont écroulés, menaçant un troisième et forçant l’évacuation d’une dizaine de familles. Dans les jours suivant l’effondrement du 24 janvier, les inspections se multiplient, avec des équipes évaluant 50 bâtiments supplémentaires quotidiennement, tandis que les résidents de Qobbeh renforcent eux-mêmes leurs habitations avec des moyens improvisés, en attendant une intervention étatique plus structurée.

Tripoli, la ville des immeubles à risque : comment 105 bâtiments sont devenus un sujet politique national

À hauteur d’habitants, la bascule d’un drame local vers une crise nationale se mesure dans les regards inquiets des résidents de Qobbeh, qui scrutent désormais chaque fissure comme un présage. Une famille voisine de l’immeuble effondré raconte comment, depuis les secousses de 2023, ils ont vu les murs se lézarder sans que les autorités n’interviennent concrètement. « Nous avons signalé les problèmes, mais les inspections se limitent à des rapports papier », témoigne un père de famille, ouvrier dans un atelier local. Les techniciens sur place, armés de lasers et de sondes, confirment : des ajouts illégaux sur 40 % des structures examinées augmentent le poids de 20 à 30 % au-delà des capacités originales. Dans les quartiers comme Bab al-Tabbaneh ou Mina, construits dans l’anarchie des années 1950-1980, les pluies hivernales de janvier 2026, particulièrement abondantes, accélèrent la dégradation en infiltrant les fissures.

Les chiffres structurent le débat public : 105 bâtiments à évacuer rapidement, selon les recensements municipaux, et l’idée de centaines d’immeubles dangereux plane sur la ville. À l’échelle nationale, 162 structures sont listées comme à risque, dont 63 à Tripoli seul, selon des rapports d’organisations internationales. Le Premier ministre Nawaf Salam, lors de sa visite sur le site de Qobbeh le 25 janvier, a inspecté les opérations de secours et déclaré que le gouvernement « ne ménagera aucun effort pour sécuriser les citoyens », insistant sur la coopération entre instances locales et nationales pour élargir les inspections.

La mécanique administrative met en scène un processus laborieux : les services municipaux initient les recensements, le ministère des Travaux publics valide, et le gouverneur ordonne. Le ministère de l’Intérieur coordonne les forces pour les évacuations. Mais le relogement financier reste le maillon faible, avec des propositions comme les « bayut jahiza » et le « badal iwa » qui peinent à se concrétiser face aux litiges fonciers et aux budgets limités. Le ministre des Affaires sociales, Hector Hajjar, a mentionné dans un communiqué du 15 janvier 2026 l’allocation de terrains publics près de Mina pour 200 unités, mais le foncier disponible reste contesté.

L’impuissance municipale est palpable : avec des ressources absorbées par l’essentiel, Tripoli dépend du central. Le ministère des Finances a promis des allocations, mais les transferts tardent, dans un contexte où le budget national 2026, de 505 720 milliards de livres libanaises, affiche un équilibre formel en excluant les intérêts sur la dette en devises.

L’après se dessine avec des priorisations et des calendriers, mais les inspections quotidiennes de 50 bâtiments supplémentaires montrent l’urgence persistante dans Qobbeh, où les résidents bricolent des renforts.

Beyrouth, un parc immobilier sous haute tension

Si Tripoli concentre l’attention immédiate avec ses 105 immeubles prioritaires, la capitale Beyrouth n’est pas épargnée par ces menaces structurelles, formant un miroir amplifié du problème national. Selon des évaluations de l’Association libanaise des propriétés, entre 16 000 et 18 000 bâtiments à Beyrouth ont subi des dommages depuis l’explosion massive du port le 4 août 2020, qui a fragilisé des quartiers entiers comme Gemmayzeh et Mar Mikhael, avec des fissures profondes et des affaissements de fondations. Ces structures, souvent datant du mandat français ou des années postwar, cumulent les vulnérabilités : matériaux dégradés par l’humidité côtière, surcharges dues à des extensions non autorisées, et un manque criant de maintenance dans un contexte économique où les propriétaires, appauvris par la crise depuis 2019, ne peuvent financer les réparations.

Les risques immobiliers à Beyrouth se sont accrus après le séisme de février 2023, qui a révélé plus de 10 460 bâtiments à risque de collapse dans la capitale, selon des rapports techniques croisés avec des données internationales. Des incidents récents, comme l’effondrement partiel d’un immeuble historique en avril 2025 dans le quartier de Achrafieh, ont ravivé les craintes, forçant l’évacuation de dizaines de familles et soulignant l’impact combiné des facteurs naturels et humains. L’explosion de 2020, couplée aux intempéries et aux vibrations sismiques, a accéléré la détérioration, avec des experts notant que 60 bâtiments patrimoniaux restent menacés d’effondrement imminent. Le ministère des Travaux publics, dans un audit de 2024, a identifié des zones comme Bourj Hammoud ou Basta comme particulièrement exposées, où les constructions anarchiques des années 1980-1990, sans respect des normes sismiques, exposent des milliers d’habitants. Des mesures comme des injections de résine pour stabiliser les fondations ont été tentées dans certains cas, mais les fonds alloués – environ 15 millions de dollars pour Beyrouth en 2025 – couvrent à peine 5 % des besoins estimés.

Le relogement d’urgence, angle mort de l’État : pourquoi évacuer est souvent impossible à Tripoli

Partons d’un cas-type : la famille syrienne piégée dans l’effondrement de Qobbeh savait le danger mais ne pouvait partir, avec un salaire de 200 dollars face à un loyer alternatif de 300 dollars. Le coût social inclut transport, rupture scolaire et perte de revenus. Le père, ouvrier dans un atelier de mécanique, gagnait à peine de quoi subsister dans cette région appauvrie, marquée par des clivages confessionnels sunnites majoritaires.

Cette contradiction entre injonction d’évacuer et absence d’alternatives financières expose un dysfonctionnement structurel de l’État libanais. Les solutions temporaires, comme les logements préfabriqués, se heurtent à des obstacles pratiques : délais de trois mois minimum pour l’importation et l’assemblage, selon les estimations du ministère des Affaires sociales. Des terrains près de Mina ont été alloués pour 200 unités, mais le foncier reste contesté, avec des risques de favoritisme liés aux affiliations politiques – des cas similaires en 2024 au sud du pays ont vu des distributions prioriser des familles connectées à des partis influents. Des accusations de népotisme ont émergé lors de distributions d’aides post-guerre au sud, où des familles liées à des partis influents ont été priorisées.

Revenons sur l’idée d’un fonds dédié à la réhabilitation, débattue au sein du Conseil des ministres. Ce mécanisme, inspiré des recommandations du Fonds monétaire international dans son rapport de 2025 sur la résilience libanaise, viserait à collecter 500 millions de dollars via des dons internationaux et des taxes sur les promoteurs immobiliers. Il permettrait de renforcer des milliers de bâtiments, comme les 16 000 identifiés à risque national par la Real Estate Authority en 2024. À Tripoli, l’hypothèse de centaines d’immeubles à évacuer post-secousses de 2023, rapportée par des organisations internationales, souligne une ville « parquée » dans le risque : des quartiers entiers, construits dans les années 1950-1980 sans normes modernes, accumulent les vulnérabilités dues à la pauvreté endémique, avec un taux de chômage frôlant les 40 % et une dette publique brute dépassant 150 % du PIB en projections pour 2026.

Un cadre d’action émergent propose des critères d’urgence clairs : priorité aux immeubles occupés par plus de 20 familles, ou situés près d’écoles et hôpitaux. Des contrôles techniques indépendants, confiés à des firmes privées sous supervision de l’Ordre des ingénieurs, assureraient l’objectivité. Le financement transparent passerait par un compte dédié au ministère des Finances, avec audits annuels par la Cour des comptes. L’articulation entre État, municipalité et société civile impliquerait des comités mixtes, comme ceux formés en 2025 pour la reconstruction post-guerre au sud, où des ONG locales ont supervisé les distributions d’aides.

Dans les semaines suivant l’effondrement du 24 janvier, les inspections se multiplient à Tripoli, avec des équipes du ministère des Travaux publics évaluant 50 bâtiments supplémentaires par jour. Les familles évacuées provisoirement, hébergées dans des écoles vides ou chez des proches, attendent des décisions concrètes sur les allocations promises. Les débats au Parlement, prévus pour février 2026, porteront sur l’extension du fonds d’urgence, tandis que les experts alertent sur les risques accrus par les pluies hivernales, qui infiltrent les fissures et accélèrent la dégradation des structures. Les implications immédiates se font sentir dans les quartiers comme Qobbeh, où les résidents renforcent eux-mêmes leurs habitations avec des moyens de fortune, en attendant une intervention étatique qui tarde à se matérialiser, et dans Dhar al-Maghr, où un troisième immeuble menacé a été partiellement évacué le 25 janvier 2026.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi