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Les générations Assad : des générations perdues ?

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La guerre civile syrienne, qui a duré plus d’une décennie, a marqué plusieurs générations, bouleversant leur éducation, leur avenir économique et leur stabilité sociale. Alors que le régime de Bachar al-Assad s’est effondré, la transition politique amorcée en Syrie pose la question du sort de ces « générations Assad », souvent décrites comme sacrifiées par les conflits, les privations et les exils forcés.

Un système éducatif en ruines
L’éducation, pilier fondamental de toute société, a été l’une des premières victimes du conflit syrien. Selon Al Nahar(édition du 11 décembre 2024), plus de 40 % des écoles syriennes ont été détruites ou gravement endommagées depuis le début de la guerre. Dans les zones encore contrôlées par le régime Assad avant sa chute, les infrastructures éducatives avaient été instrumentalisées pour diffuser la propagande du régime, compromettant la qualité de l’enseignement.

Pour les enfants réfugiés dans les pays voisins comme le Liban et la Turquie, l’accès à l’éducation reste un défi majeur. Al Sharq Al-Awsat rapporte que moins de la moitié des enfants syriens réfugiés sont inscrits dans des établissements scolaires, souvent en raison de barrières linguistiques, financières ou administratives. Ces lacunes risquent de créer une « génération perdue » privée des compétences nécessaires pour contribuer à la reconstruction de leur pays.

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Des opportunités économiques inexistantes
L’effondrement de l’économie syrienne a également privé les jeunes de perspectives d’emploi. Selon Al Akhbar, le chômage parmi les jeunes Syriens dépasse les 80 %, un taux parmi les plus élevés au monde. Ce manque d’opportunités pousse de nombreux jeunes à chercher des emplois précaires dans des pays d’accueil ou à s’engager dans des activités informelles, souvent illégales.

Le secteur agricole, autrefois un moteur clé de l’économie syrienne, a été particulièrement touché par le conflit. Les terres agricoles, détruites ou abandonnées, ne permettent plus de fournir des emplois stables. Al Joumhouriyat souligne que la reprise économique en Syrie nécessitera des décennies d’efforts coordonnés pour restaurer les secteurs productifs et créer de nouvelles opportunités pour les jeunes.

Les traumatismes psychologiques
Au-delà des pertes matérielles, les générations Assad portent les cicatrices psychologiques d’une décennie de guerre. Al Bina’ rapporte que les enfants ayant grandi sous les bombardements ou dans des camps de réfugiés souffrent souvent de troubles post-traumatiques. Ces traumatismes, combinés à l’absence de services de santé mentale en Syrie, posent un défi majeur pour la reconstruction sociale du pays.

Des ONG internationales, comme Save the Children, travaillent sur le terrain pour offrir des programmes de soutien psychosocial aux jeunes Syriens. Cependant, comme le note Al Sharq Al-Awsat, ces initiatives restent limitées par un manque de financement et des obstacles logistiques, notamment dans les zones rurales isolées.

L’exode des compétences
La guerre a provoqué un exode massif des compétences syriennes, aggravant la crise pour les générations futures. Selon Al Nahar, des millions de jeunes diplômés et professionnels qualifiés ont quitté le pays pour chercher des opportunités à l’étranger. Cette fuite des cerveaux, combinée à la destruction des infrastructures, laisse la Syrie avec une pénurie de talents nécessaires pour reconstruire l’économie et les institutions.

Certains expatriés souhaitent revenir pour contribuer à la reconstruction, mais les incertitudes politiques et économiques freinent ces initiatives. Al Akhbar rapporte que le gouvernement de transition envisage des programmes incitatifs pour encourager les retours, notamment des subventions et des exonérations fiscales pour les professionnels qualifiés.

Un avenir incertain mais prometteur
Malgré ces défis, les générations Assad pourraient également jouer un rôle clé dans la reconstruction de la Syrie. Si les efforts internationaux et locaux se concentrent sur l’éducation, l’emploi et le soutien psychologique, ces jeunes pourraient devenir des moteurs du renouveau national.

Le gouvernement de transition, dirigé par Mohamed Al-Bachir, a promis de placer les jeunes au cœur des priorités de la reconstruction. Selon Al Joumhouriyat, des initiatives pour développer des programmes de formation professionnelle et relancer les institutions éducatives sont en cours. Cependant, ces projets nécessitent des financements massifs et une coopération internationale renforcée.

Vers une génération d’espoir
Les générations Assad, bien qu’ayant vécu les pires horreurs de la guerre, pourraient incarner un avenir meilleur pour la Syrie. Avec des politiques adaptées, des soutiens ciblés et une volonté collective, ces jeunes pourraient surmonter les traumatismes du passé et construire un pays plus stable et prospère.

Pour cela, il est essentiel que les acteurs syriens et internationaux collaborent pour offrir à ces générations une éducation de qualité, des opportunités économiques et un environnement sécurisé. Le destin de la Syrie dépend en grande partie de leur capacité à transformer une décennie de souffrances en un moteur de résilience et de progrès.

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Newsdesk Libnanews
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