En 2024, les réserves de change du Liban ont atteint 9,9 milliards USD, marquant une légère hausse par rapport aux 9,7 milliards USD de 2023. Ce maintien résulte non pas de politiques monétaires proactives, mais de deux dynamiques majeures : une inflation galopante, qui a freiné les importations, et l’entrée du Liban dans la liste grise de la GAFI (Groupe d’action financière), limitant les flux financiers internationaux. Ces contraintes ont eu pour effet de réduire la sortie des devises étrangères.
analyse des réserves de change et des importations en 2024
| indicateur | 2023 (USD) | 2024 (USD) | variation (%) |
|---|---|---|---|
| Réserves totales | 9,7 milliards | 9,9 milliards | +2,1 % |
| Importations annuelles | 15,6 milliards | 14,2 milliards | -8,9 % |
| Envois de fonds des expatriés | 6,4 milliards | 6,8 milliards | +6,2 % |
Les réserves de change ont progressé de 2,1 %, grâce à une baisse de 8,9 % des importations. L’inflation, qui dépasse 148 % en 2024, a réduit le pouvoir d’achat local, entraînant une chute de la demande pour des produits importés. Par ailleurs, l’entrée du Liban dans la liste grise de la GAFI a freiné les transferts financiers internationaux, forçant les opérateurs économiques à privilégier les circuits internes.
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facteurs externes influençant les réserves de change
- inflation galopante : La hausse des prix, combinée à une dévaluation continue de la livre libanaise, a fortement limité les capacités d’achat des ménages et des entreprises, réduisant mécaniquement la demande pour les biens importés.
- liste grise de la GAFI : En 2024, le Liban a été inscrit sur la liste grise du Groupe d’action financière en raison de manquements dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette mesure a restreint les transferts financiers internationaux et réduit les flux sortants, préservant temporairement les réserves.
fragilités structurelles et dépendances persistantes
- dépendance aux envois de fonds : Les expatriés libanais, estimés à environ 12 millions, ont envoyé 6,8 milliards USD en 2024, représentant près de 16 % du PIB. Cette dépendance aux flux de la diaspora reste une faiblesse structurelle.
- manque de diversification économique : L’absence de secteurs exportateurs compétitifs empêche le Liban de générer des revenus en devises étrangères, exacerbant sa vulnérabilité économique.
- instabilité monétaire : Bien que les réserves soient stabilisées, la volatilité du taux de change continue de miner la confiance des investisseurs et du public.
institutions impliquées dans la gestion des réserves et des flux financiers
- Groupe d’action financière (GAFI) : Organisation internationale fondée en 1989, regroupant 39 membres, dont des pays et des institutions régionales. Sa mission est de promouvoir des normes pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En entrant dans la liste grise, le Liban voit ses flux financiers surveillés de près, ce qui complique l’accès aux capitaux internationaux.
- Banque centrale du Liban (BDL) : Créée en 1963, la BDL est responsable de la gestion des réserves et de la politique monétaire. Cependant, elle est critiquée pour le manque de transparence dans ses opérations, notamment concernant l’utilisation des devises étrangères.



