vendredi, janvier 23, 2026

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L’Homme, la Machine et l’Avenir : Qui Reste Maître ?

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À mesure que l’intelligence artificielle et la robotisation se déploient dans nos sociétés, une question devient brûlante : que devient l’homme dans ce nouvel ordre technique ? Est-il encore le maître de l’outil ou devient-il l’esclave d’un système qu’il ne comprend plus ? Cette réflexion engage bien plus que l’économie ou la productivité. Elle interroge le cœur même de ce que nous appelons démocratie, vérité, justice, affect, pensée.

La technique, depuis ses débuts, n’a jamais été neutre. Elle incarne un rapport au monde. Or l’IA, par sa capacité à apprendre, simuler, remplacer, déstabilise nos repères : qui pense ? qui décide ? qui ressent ? Lorsque les décisions judiciaires sont automatisées, que la parole politique est influencée par des algorithmes, que la vérité est noyée dans un océan de données, c’est la structure même de nos sociétés qui vacille. La démocratie suppose une liberté humaine éclairée. Mais que devient cette liberté quand elle est capturée, prédite, influencée, effacée ?

La justice devient gestion. La vérité, statistique. La pensée, calcul. L’affect, un signal biologique capturé, répertorié, analysé. L’homme n’est plus un être sentant, il est une machine parmi les machines, perdant peu à peu ce qui faisait sa singularité.

Si nous voulons rester les maîtres de la technique et ne pas en devenir les esclaves, il faudra plus que des régulations juridiques ou des protocoles éthiques. Il faudra un sursaut de conscience. Être maître signifie d’abord savoir dire non. Refuser que tout soit possible. Garder le désir d’être pleinement humain. Et cela, aucune machine ne le fera pour nous.

Ce désir de rester humain, profondément, rejoint une interrogation spirituelle : quel est le lien entre cette résistance et la figure du Christ ? En Jésus-Christ, s’incarne une humanité vulnérable mais libre, affective mais ferme. Il est l’homme total, qui assume douleur, tendresse, solitude, et don de soi. Face à la froideur des systèmes, il oppose la chaleur du cœur. Il ne calcule pas, il aime. Il ne programme pas, il pardonne. Dans un monde fasciné par la puissance, il rappelle la force de la faiblesse.

Le philosophe Michel Henry développe une vision bouleversante et complémentaire : la vie n’est pas un objet extérieur. Elle est éprouvée de l’intérieur. Ce n’est pas ce que je vois qui me rend vivant, mais ce que je ressens, en moi, sans image, sans extériorité. L’IA, elle, ne sent rien. Elle ne vit pas. Elle ne souffre pas. Elle ne peut donc ni aimer, ni haïr, ni espérer. La vraie vie, selon Henry, est affective avant d’être cognitive. L’homme est fondamentalement pathos. Et c’est cela qu’il faut préserver.

Dans cette logique, Jean-Jacques Rousseau résonne fortement. Dès le XVIIIe siècle, dans ses discours, il avertissait : le progrès technique, loin de libérer l’homme, le pervertit. L’amour-propre, alimenté par les apparences sociales et la compétition, détruit l’amour de soi. Le retour à la nature, à la vie intérieure, à la conscience authentique, devient la seule issue. Il voit dans le Christ l’homme libre par excellence, qui ne suit ni les modes ni les algorithmes, mais sa propre lumière intérieure.

Ainsi, si nous voulons être les maîtres futurs de ce monstre froid qu’est la technique, il nous faut réapprendre l’humilité du silence, la force de la conscience, la noblesse de la sensibilité. Maîtriser la technique ne signifie pas la dominer comme un tyran, mais l’ordonner au service du vivant, du fragile, du vrai. Il s’agit d’un combat éthique, philosophique et spirituel. Un combat pour préserver ce que nous avons de plus précieux : notre humanité.

Car si nous perdons cela, que nous restera-t-il, même entourés de toutes les machines du monde ?

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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