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Liban : frappes, bilan et tractations au matin du 16 mars

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Une nouvelle étape militaire au sud du Liban

Le fait le plus marquant de la nuit et du début de matinée tient à l’annonce, par l’armée israélienne, du lancement d’« opérations limitées » de ses troupes contre des positions du Hezbollah dans le sud du Liban. Israël précise que ces actions ont commencé « ces derniers jours » et les présente comme un renforcement de son dispositif avancé le long de la frontière nord. Cette communication officialise un palier supplémentaire dans l’engagement terrestre israélien, après plusieurs jours de frappes aériennes, d’artillerie et d’ordres d’évacuation touchant le sud libanais et certaines zones de Beyrouth.  

Cette séquence s’inscrit dans une guerre relancée début mars, quand le Hezbollah a repris les tirs contre Israël dans le contexte de l’affrontement régional avec l’Iran. Depuis, l’armée israélienne a multiplié les frappes sur le territoire libanais, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth, dans le Sud et dans la Bekaa. Reuters rapportait encore ces derniers jours des bombardements nourris sur la capitale et ses abords, ainsi que la progression de forces israéliennes à l’intérieur du sud du Liban. La Force intérimaire des Nations unies au Liban a, elle aussi, signalé des pénétrations israéliennes à l’intérieur du territoire libanais.  

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Bombardements et bilan humain : ce que l’on sait à cette heure

À 9 h 42, le bilan cumulé le plus cité par Reuters pour le Liban fait état d’au moins 850 morts et de plus de 2 100 blessés depuis le 2 mars. Parmi les personnes tuées figurent plus de 170 femmes et enfants, selon ce même décompte repris dans un reportage publié dimanche. D’autres dépêches, antérieures de quelques jours, évoquaient déjà près de 700 morts puis plus de 800 morts, ce qui confirme une aggravation rapide du bilan au fil de la semaine.  

Il faut toutefois distinguer le bilan global de la guerre du décompte strict des dernières 24 heures. Sur ce second point, les sources ouvertes disponibles au moment de ce point de situation ne publient pas encore un chiffre consolidé unique. Les dépêches consultées permettent surtout d’établir la poursuite des bombardements, l’extension des opérations israéliennes au sol et la dégradation continue de la situation humanitaire. Dire davantage sur un total précis des morts et blessés entre dimanche matin et lundi à 9 h 42 reviendrait, à cette heure, à aller au-delà de ce qui est publiquement confirmé.  

La crise humanitaire se creuse en parallèle. Plus de 800 000 personnes ont été déplacées au Liban depuis le début de cette nouvelle phase du conflit, soit environ 15 % de la population du pays, selon Reuters. Les abris collectifs n’hébergent qu’une fraction des déplacés, environ 132 000 personnes, le reste se répartissant entre voitures, bâtiments inachevés, rues, tentes de fortune et logements saturés chez des proches. Les pluies ont encore aggravé la situation au cours des dernières 24 heures, notamment autour de Saïda et à Beyrouth, où des familles déplacées se retrouvent sans hébergement stable.  

Un pays sous pression, entre front militaire et urgence civile

L’ampleur des déplacements et des destructions pèse sur des infrastructures déjà fragiles. L’Organisation mondiale de la santé a indiqué, quelques jours plus tôt, avoir confirmé 25 attaques contre des sites de santé au Liban depuis le début de cette séquence de guerre, causant 16 morts et 29 blessés. L’OMS signalait aussi la fermeture de 49 centres de soins primaires et de cinq hôpitaux en raison des ordres d’évacuation et des combats. À mesure que les frappes s’étendent et que les populations descendent vers le nord ou gagnent Beyrouth, la pression augmente sur les établissements de santé, les écoles transformées en centres d’accueil et les réseaux d’aide.  

Les ordres d’évacuation israéliens couvriraient désormais environ 14 % du territoire libanais, d’après le Norwegian Refugee Council cité par Reuters. Cette donnée donne la mesure de la zone affectée par les injonctions à partir, souvent à très court préavis. En pratique, cela alimente un déplacement massif et rapide, sans solution d’accueil suffisante. Les agences onusiennes et les ONG décrivent une urgence à grande échelle, avec des besoins immédiats en abri, en nourriture, en eau, en soins et en protection pour les enfants.  

Les initiatives politiques : entre contacts annoncés, démentis et pressions diplomatiques

Sur le terrain diplomatique, la journée de dimanche a été marquée par des signaux contradictoires. Reuters a rapporté que des responsables israéliens disaient s’attendre à l’ouverture prochaine de discussions entre Israël et le Liban en vue d’un cessez-le-feu durable et du désarmement du Hezbollah. Selon cette version, la France jouerait un rôle de médiation et Beyrouth serait en train de composer sa délégation, tout en exigeant un cessez-le-feu complet comme préalable. Mais, presque au même moment, le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Saar, a nié l’existence de projets de discussions avec le gouvernement libanais. Côté libanais, des responsables cités par Reuters affirmaient ne pas avoir reçu de notification formelle.  

Autrement dit, au matin du 16 mars, il existe bien des informations sur des préparatifs ou des contacts envisagés, mais pas de confirmation publique d’un mécanisme formel déjà enclenché. Le nom de Ron Dermer, proche de Benyamin Nétanyahou, revient dans les informations publiées sur le pilotage israélien de ce dossier. La France est mentionnée comme médiatrice possible. En parallèle, la position libanaise rapportée par Reuters reste claire : pas de négociation sans arrêt préalable des hostilités.  

D’autres capitales ont cherché à peser. Londres a annoncé dimanche plus de 5 millions de livres d’aide humanitaire d’urgence pour le Liban, au profit notamment de la Croix-Rouge libanaise, du fonds humanitaire de l’ONU au Liban et du Programme alimentaire mondial. La cheffe de la diplomatie britannique a dit soutenir les efforts du gouvernement libanais et de l’armée libanaise, tout en condamnant les attaques du Hezbollah contre Israël. Cette annonce relève à la fois de l’assistance immédiate et du signal politique adressé à Beyrouth dans un moment de grande fragilité.  

Emmanuel Macron, lui, a demandé dimanche au président iranien Massoud Pezeshkian de faire cesser les attaques régionales, qu’elles soient directes ou menées par des relais en Irak ou au Liban, et de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Le président français a également plaidé pour un nouveau cadre politique et sécuritaire régional. Dans le même temps, le pape Léon a dénoncé la « violence atroce » de la guerre et appelé à un cessez-le-feu, en mentionnant explicitement le Liban parmi les foyers d’inquiétude.  

Ce qui s’est passé en Israël au cours des dernières heures

Du côté israélien, l’accent est mis sur la poursuite des opérations contre le Hezbollah et sur la capacité du pays à tenir dans la durée. Gideon Saar a rejeté les informations faisant état d’une pénurie d’intercepteurs antimissiles. Un responsable militaire israélien cité par Reuters a assuré que l’armée restait préparée à une guerre prolongée. Selon l’Institute for National Security Studies, repris par Reuters, l’Iran a lancé près de 300 missiles balistiques et des centaines de drones depuis la fin février. Dans ce contexte, Israël cherche à afficher une continuité opérationnelle malgré l’ouverture simultanée de plusieurs fronts.  

Les dernières dépêches AP et Reuters montrent aussi qu’Israël poursuit ses frappes au-delà du seul théâtre libanais, dans le cadre de l’affrontement régional avec l’Iran. AP rapportait lundi que de nouvelles attaques avaient visé Beyrouth et Téhéran, tandis que les systèmes de défense israéliens continuaient d’être sollicités face aux salves iraniennes. À l’intérieur d’Israël, les autorités s’attachent publiquement à rassurer sur l’endurance du dispositif militaire et sur l’absence de rupture majeure dans la défense antiaérienne.  

Ce qui s’est passé en Iran dans les dernières 24 heures

En Iran, la journée de dimanche a été marquée par un double message : fermeté militaire et durcissement intérieur. Reuters a rapporté que la police iranienne annonçait l’arrestation de 500 personnes accusées d’avoir fourni des informations à « l’ennemi », en particulier à Israël et aux États-Unis. Les autorités iraniennes parlent d’un effort pour couper les réseaux de renseignement supposés qui faciliteraient les frappes étrangères. Cette campagne d’arrestations touche plusieurs régions du pays, dans un contexte de guerre ouverte et de forte tension politique intérieure.  

Sur le plan diplomatique, l’ambassadeur d’Iran en Arabie saoudite a affirmé à Reuters que les relations entre Téhéran et les monarchies du Golfe devaient faire l’objet d’un « examen sérieux ». Il a nié l’implication iranienne dans certaines attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, tout en soutenant que l’Iran ne visait que des intérêts américains et israéliens. Dans le même temps, Téhéran maintient une ligne de refus face aux pressions occidentales et américaines pour un cessez-le-feu immédiat dans les conditions réclamées par Washington.  

La guerre continue également d’alourdir le bilan humain sur le territoire iranien. Reuters avait déjà rapporté, dès le 6 mars, que l’ambassadeur iranien à l’ONU faisait état d’au moins 1 332 civils tués en Iran depuis le début de la guerre. D’autres sources plus récentes, comme AP, évoquent un total iranien supérieur à 1 300 morts. Ce chiffre n’est pas un bilan des dernières 24 heures, mais il rappelle l’intensité des frappes et leur coût humain à l’échelle régionale.  

Le reste du Moyen-Orient : Ormuz, Golfe et trafic aérien perturbé

Au-delà du Liban, les dernières 24 heures ont été dominées par les répercussions régionales de la guerre avec l’Iran. À Dubaï, l’aéroport international a commencé lundi à reprendre progressivement ses vols après une attaque de drone qui a provoqué un incendie à proximité. Reuters souligne qu’il s’agit d’un nouvel épisode de la campagne iranienne contre des infrastructures du Golfe depuis le début de la guerre, avec des effets immédiats sur le trafic aérien, la sécurité régionale et les marchés de l’énergie. Aucun blessé n’a été signalé dans cet épisode précis, mais la fermeture temporaire d’un hub aérien mondial illustre le degré d’extension du conflit.  

Le détroit d’Ormuz reste au centre des préoccupations. Donald Trump a appelé d’autres pays à contribuer à la sécurisation de cette voie maritime essentielle, tandis que l’Agence internationale de l’énergie a annoncé une mise à disposition de plus de 400 millions de barils issus de stocks d’urgence pour tenter d’amortir le choc sur les marchés. Reuters rappelle qu’environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux transitent par cette zone. Dans ce contexte, la crise militaire déborde très clairement la seule question libanaise : elle pèse déjà sur l’aviation civile, sur la navigation commerciale et sur les prix de l’énergie.  

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