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Libération de Georges Ibrahim Abdallah : la cour d’appel reporte sa décision

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Un report inattendu après 40 ans de détention

Le jeudi 20 février 2025, la cour d’appel de Paris devait rendre sa décision tant attendue sur la libération de Georges Ibrahim Abdallah, militant pro-palestinien libanais incarcéré en France depuis 1984. À la surprise générale, la cour a annoncé le report du verdict au 19 juin, invoquant la nécessité d’examiner un point encore en suspens.

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1987 pour complicité dans les assassinats du militaire américain Charles Robert Ray et du diplomate israélien Yacov Barsimantov en 1982, Abdallah a déjà purgé plus de 40 ans de prison. Sa libération conditionnelle, qui lui avait été accordée en novembre sous réserve d’expulsion immédiate du territoire français, avait été suspendue par un recours du parquet national antiterroriste (PNAT).

La cour a précisé que l’examen de la demande de libération restait en attente d’un élément précis : la preuve du versement d’indemnités aux parties civiles, notamment aux autorités américaines et israéliennes. Cette exigence constitue un obstacle de taille, car Abdallah a toujours refusé de verser ces compensations, considérant qu’il n’était pas un criminel mais un combattant politique.

Une bataille judiciaire sous pression politique

Les autorités américaines suivent de près l’évolution de cette affaire et ont systématiquement exprimé leur opposition à une libération. Les États-Unis sont parties civiles dans le dossier et ont pesé sur plusieurs décisions judiciaires précédentes, retardant la sortie de prison d’Abdallah malgré sa libération accordée par les juges à plusieurs reprises.

L’opposition du parquet repose également sur l’absence de reniement des convictions politiques du détenu. Selon le PNAT, Georges Ibrahim Abdallah reste un fervent militant et n’a pas exprimé de regrets sur ses actes passés. Son avocat, Jean-Louis Chalanset, dénonce une « détention à perpétuité de facto » et pointe du doigt un traitement discriminatoire par rapport à d’autres militants incarcérés pour des faits similaires dans les années 1970 et 1980, notamment ceux d’Action Directe, du mouvement basque ETA ou des groupes indépendantistes corses, qui ont depuis recouvré la liberté.

La justice française se retrouve une nouvelle fois face à une affaire où le juridique et le politique s’entremêlent. Si la décision de novembre avait pu laisser entrevoir une issue favorable pour Abdallah, le recours du PNAT et les exigences liées aux indemnisations prolongent un dossier qui divise profondément.

Mobilisation en France et au Liban

L’annonce du report a suscité des réactions immédiates. À Toulouse, où Abdallah est détenu à la prison de Lannemezan, plusieurs centaines de manifestants ont exprimé leur soutien au militant et dénoncé « une justice aux ordres des intérêts étrangers ». Les autorités avaient interdit toute manifestation à Paris, évoquant un « contexte international et social tendu ».

Au Liban, des appels à la libération se sont multipliés. Le gouvernement libanais, qui réclame son extradition depuis des années, a exprimé sa déception face à cette nouvelle attente. Des responsables politiques de divers bords continuent de plaider pour son retour au pays. Plusieurs figures du Hezbollah et d’autres mouvements pro-palestiniens ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un acharnement judiciaire dicté par des pressions américaines.

Des personnalités françaises de gauche, dont certains députés et la lauréate du prix Nobel de littérature Annie Ernaux, ont exprimé leur soutien à Abdallah et dénoncent une instrumentalisation politique de la justice.

Le poids des États-Unis et les enjeux de la prochaine audience

Le report de la décision intervient dans un contexte international marqué par des tensions croissantes autour de la question palestinienne et des relations franco-américaines. L’implication des États-Unis dans le maintien en détention de Georges Ibrahim Abdallah est un facteur majeur. Depuis des décennies, Washington n’a cessé d’exercer des pressions pour empêcher sa libération.

Le 19 juin, la cour d’appel devra statuer en tenant compte du critère controversé de l’indemnisation des victimes. Ce point juridique pourrait s’avérer être le dernier obstacle à une libération. En cas de refus de la part d’Abdallah de s’y conformer, il risque de demeurer incarcéré indéfiniment, ce que ses partisans dénoncent comme une peine illimitée déguisée.

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Newsdesk Libnanews
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