Les derniers articles

Articles liés

L’impact de l’inflation mondiale sur les pays en développement : cas du Liban et de la région MENA

- Advertisement -

Une inflation mondiale qui frappe durement les économies vulnérables
Depuis le début de la pandémie de COVID-19 et les perturbations engendrées par la guerre en Ukraine, l’inflation mondiale a atteint des niveaux sans précédent. Les chaînes d’approvisionnement mondiales fragilisées, l’envolée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que le resserrement des politiques monétaires par les grandes économies ont exacerbé la situation.

Dans ce contexte, les pays en développement, et en particulier ceux de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), font face à des défis majeurs. Le Liban, déjà confronté à une crise économique historique, illustre parfaitement les effets dévastateurs de l’inflation mondiale sur des économies fragilisées. Ces phénomènes, loin de se limiter à un seul État, traduisent une dynamique régionale complexe où le contraste entre les nations riches en hydrocarbures et les autres se creuse davantage.

Le Liban : une économie à genoux sous le poids de l’inflation
La crise économique au Liban, qualifiée par la Banque mondiale comme l’une des plus graves au monde depuis 1850, a été exacerbée par les pressions inflationnistes globales. Selon Al Quds (22 décembre 2024), le taux d’inflation annuel a dépassé les 250 %, alimenté par l’effondrement de la livre libanaise et la dépendance accrue aux importations de produits de base.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Les familles libanaises peinent à faire face à la flambée des prix, en particulier pour les produits alimentaires et les carburants. Les subventions sur ces produits ayant été largement supprimées, le pouvoir d’achat des ménages a été gravement réduit, plongeant plus de 80 % de la population dans la pauvreté. La dépendance aux importations est une des causes structurelles de cette situation : près de 85 % des besoins alimentaires du Liban sont couverts par des produits importés, rendant l’économie extrêmement vulnérable aux fluctuations des prix internationaux.

Les conséquences sociales de cette inflation sont visibles à travers une détérioration rapide des conditions de vie. L’accès à des soins de santé de base, à l’éducation et même à l’eau potable devient de plus en plus limité pour une grande partie de la population. Cette situation critique souligne l’incapacité des autorités à stabiliser la monnaie et à relancer une économie en chute libre, malgré les appels à l’aide internationale et les tentatives sporadiques de réforme.

Les pays du Golfe : résilience face à l’inflation mondiale
Contrairement au Liban, les États du Golfe, riches en hydrocarbures, ont mieux résisté à l’inflation grâce aux recettes générées par la hausse des prix du pétrole. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, par exemple, ont profité de la flambée des cours pour renforcer leurs budgets et lancer des projets de diversification économique.

Cependant, ces pays ne sont pas totalement épargnés. Les consommateurs des classes moyennes et basses ressentent l’impact des prix élevés, notamment dans des secteurs comme l’immobilier et l’alimentation. Selon Al Sharq Al Awsat (22 décembre 2024), l’Arabie saoudite a adopté des mesures ciblées, telles que des subventions temporaires, pour amortir le choc pour les ménages à faibles revenus.

Les investissements massifs dans des secteurs non pétroliers, tels que le tourisme et les énergies renouvelables, témoignent de la volonté de ces pays d’atténuer leur dépendance aux hydrocarbures. Cependant, la transition économique prend du temps, et les bénéfices pour les populations les plus vulnérables tardent souvent à se concrétiser.

Les économies émergentes de la région : entre pressions internes et externes
Dans des pays comme l’Égypte, la Tunisie et le Maroc, l’inflation mondiale a exacerbé des fragilités économiques déjà existantes. En Égypte, où les importations couvrent une grande partie des besoins alimentaires, la dépréciation de la livre égyptienne a rendu les produits essentiels inabordables pour une large partie de la population.

Selon Al Arabi Al Jadid (22 décembre 2024), le Maroc a vu son taux d’inflation atteindre un niveau record de 6,5 %, alimenté par la hausse des prix des engrais et des céréales. Ces augmentations, combinées à une sécheresse prolongée, ont aggravé l’insécurité alimentaire et accentué les tensions sociales.

La Tunisie, de son côté, peine à stabiliser ses finances publiques. La dépendance aux aides internationales, combinée à un déficit budgétaire chronique, limite la marge de manœuvre pour atténuer les effets de l’inflation. La hausse des prix des carburants, imposée dans le cadre de réformes exigées par le FMI, a suscité des protestations massives, témoignant du malaise social grandissant.

Les institutions financières internationales face à la crise
Face à cette crise inflationniste, des institutions telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont appelé à une action concertée pour stabiliser les économies vulnérables. Cependant, les aides proposées s’accompagnent souvent de conditions strictes, telles que des réductions des subventions et des réformes fiscales, qui alimentent le mécontentement social.

Au Liban, les négociations avec le FMI sont au point mort, les réformes exigées, telles que la restructuration du secteur bancaire, rencontrant une opposition politique forte. Dans d’autres pays comme la Tunisie, les protestations contre la hausse des prix ont ralenti la mise en œuvre des réformes nécessaires pour débloquer les financements internationaux.

Les solutions possibles : un équilibre délicat à trouver
Pour surmonter cette crise, les pays de la région MENA devront adopter une approche équilibrée, alliant mesures immédiates pour protéger les plus vulnérables et réformes structurelles pour renforcer la résilience économique à long terme.

Des politiques telles que la diversification économique, l’investissement dans les énergies renouvelables et le soutien à l’agriculture locale pourraient réduire la dépendance aux importations et limiter l’impact des chocs externes. Par ailleurs, une coopération régionale accrue pourrait permettre de mieux gérer les défis communs, notamment la sécurité alimentaire et énergétique.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi