Dans un marché marqué par une volatilité accrue, l’or a franchi un nouveau seuil symbolique ce mercredi 28 janvier 2026, atteignant 5 296,90 dollars l’once en milieu de matinée, voire les 5300 USD, selon les dernières cotations en temps réel. Cette ascension, qui prolonge une hausse ininterrompue depuis plusieurs semaines, intervient au moment où les investisseurs se tournent massivement vers cet actif refuge face à un cocktail d’incertitudes économiques et géopolitiques. Le métal jaune, dont le prix a plus que doublé en l’espace de deux ans, reflète les tensions globales qui agitent les marchés financiers, des conflits régionaux aux ajustements monétaires des grandes banques centrales. Cette progression, bien que modérée sur la séance (+1,9 % avec une hausse de 98,60 dollars), s’inscrit dans une dynamique haussière qui a vu l’or pulvériser plusieurs records successifs depuis le début de l’année.
Le franchissement de ce niveau intervient précisément à un moment où les opérateurs scrutent les indicateurs macroéconomiques avec une attention accrue. À 8h47 CET, l’or spot s’échangeait à 5 296,90 dollars, marquant un pic intraday qui dépasse le précédent record établi le 26 janvier à 5 111,51 dollars l’once. Cette évolution n’est pas isolée : elle fait suite à une série de séances positives, avec une progression de plus de 21 % sur le mois écoulé et une hausse annuelle dépassant les 90 % par rapport à janvier 2025. Les analystes soulignent que cette trajectoire est soutenue par une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels, qui renforcent le rôle de l’or comme valeur refuge par excellence.
Un contexte géopolitique chargé de risques
Les tensions internationales constituent l’un des principaux moteurs de cette flambée des cours. Depuis le début de l’année 2026, plusieurs événements ont exacerbé l’aversion au risque des investisseurs. Parmi eux, la capture par les États-Unis du président vénézuélien Nicolás Maduro, survenue fin décembre 2025, a provoqué une onde de choc dans les marchés émergents, avec des répercussions sur les devises et les matières premières. Cette opération, justifiée par Washington comme une mesure contre le narcotrafic et la corruption, a entraîné des sanctions supplémentaires contre le Venezuela, affectant les chaînes d’approvisionnement en pétrole et en minéraux. Selon un porte-parole du Département d’État américain, « cette action vise à restaurer la stabilité régionale, mais elle expose les marchés à de nouvelles volatilités ».
Parallèlement, les menaces proférées par le président Donald Trump contre le régime iranien, dans le cadre d’un conflit sanglant au Moyen-Orient, ont amplifié les craintes d’une escalade militaire. Trump, réélu en novembre 2024, a déclaré lors d’une conférence de presse le 15 janvier 2026 : « Si l’Iran continue ses provocations, nous répondrons avec une force sans précédent, et cela inclut des mesures économiques qui pourraient perturber les flux énergétiques mondiaux ». Ces déclarations ont immédiatement propulsé l’or vers de nouveaux sommets, les investisseurs anticipant une hausse des prix du pétrole et une instabilité accrue dans la région du Golfe. Les flashpoints en Groenland et au Venezuela, mentionnés par plusieurs observateurs, soulignent un risque géopolitique élevé, qui pousse les capitaux vers des actifs non corrélés aux marchés actions.
À cela s’ajoutent les tensions commerciales persistantes. Les annonces de tariffs supplémentaires sur les importations chinoises, promises par l’administration Trump pour contrer ce qu’elle qualifie de « pratiques déloyales », ont affaibli le dollar américain, rendant l’or plus attractif pour les détenteurs de devises étrangères. Le secrétaire au Trésor des États-Unis, dans un communiqué du 20 janvier, a affirmé : « Ces mesures protégeront l’économie américaine, mais elles nécessitent une vigilance accrue face aux fluctuations monétaires ». Cette dépréciation du billet vert, couplée à une inflation qui reste élevée aux États-Unis (autour de 4,5 % en glissement annuel), renforce l’attrait de l’or comme hedge contre l’érosion du pouvoir d’achat.
Les politiques monétaires des banques centrales en soutien
Les décisions des institutions monétaires jouent un rôle pivotal dans cette hausse. La Réserve fédérale américaine (Fed) a procédé à plusieurs baisses de taux d’intérêt depuis mi-2025, ramenant le taux directeur à 2,5-2,75 % lors de sa dernière réunion du 18 décembre 2025. Jerome Powell, président de la Fed, a expliqué lors de la conférence de presse suivante : « Ces ajustements sont nécessaires pour soutenir la croissance face à des risques persistants, y compris les tensions commerciales et les chocs géopolitiques ». Ces taux bas diminuent l’attrait des obligations d’État, qui offrent des rendements négatifs en termes réels, poussant les investisseurs institutionnels vers l’or, qui ne verse pas de coupon mais offre un potentiel d’appréciation significatif.
De leur côté, les banques centrales émergentes ont accéléré leurs achats d’or, un phénomène observé depuis 2024. La Banque populaire de Chine a annoncé le 10 janvier 2026 une augmentation de ses réserves de 50 tonnes au quatrième trimestre 2025, portant le total à plus de 2 500 tonnes. Un responsable de la banque a déclaré : « L’or reste un pilier de notre stratégie de diversification, face à la volatilité des devises et des titres souverains ». De même, la Banque centrale de Russie et celle de l’Inde ont continué leurs acquisitions massives, avec des volumes records en 2025. Selon des données officielles de l’ONU sur les réserves mondiales, les achats nets des banques centrales ont dépassé 1 200 tonnes en 2025, un niveau historique qui soutient directement les cours.
En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) maintient une politique accommodante, avec des taux négatifs persistants. Christine Lagarde, présidente de la BCE, a indiqué lors d’une intervention au Parlement européen le 22 janvier : « Nous surveillons de près l’inflation et les risques systémiques, et l’or fait partie des actifs que les marchés considèrent comme stabilisateurs ». Cette environnement de liquidités abondantes, combiné à des programmes de quantitative easing prolongés, favorise l’inflation des actifs refuges comme l’or.
La demande des investisseurs institutionnels et particuliers
La demande physique et financière pour l’or a explosé, contribuant à la poussée des prix. Les fonds négociés en bourse (ETF) adossés à l’or ont vu leurs encours grimper de 30 % depuis septembre 2025, atteignant plus de 4 000 tonnes selon les rapports du World Gold Council. Cette afflux est driven par des investisseurs institutionnels cherchant à hedger leurs portefeuilles contre les risques de récession. Un porte-parole du Fonds monétaire international (FMI), dans un rapport publié le 15 janvier, a noté : « La demande d’ETF reflète une aversion au risque accrue, avec des flux nets positifs de 500 tonnes en 2025 ».
Au niveau particulier, la demande en bijoux et en lingots reste robuste, particulièrement en Asie. En Inde, les importations d’or ont augmenté de 15 % en décembre 2025, malgré les fêtes traditionnelles, en raison des craintes d’inflation. Le gouvernement indien a déclaré via son ministère des Finances : « L’or reste un investissement culturel, mais sa hausse récente souligne des préoccupations économiques globales ». En Chine, les achats en ligne de pièces d’or ont bondi de 25 %, selon les plateformes comme Alibaba, reflétant une confiance érodée dans les actifs traditionnels.
Les inventaires des échanges, comme ceux du Comex à New York, ont chuté à des niveaux bas, avec une réduction de 20 % depuis juin 2025. Cela crée une pression à la hausse sur les prix spot, car les livraisons physiques deviennent plus tendues. Les taux de lease pour l’or, qui mesurent le coût d’emprunt du métal, ont grimpé à 1,5 %, un signe de rareté sur le marché physique.
L’impact sur les marchés financiers et les économies
Cette hausse de l’or a des répercussions immédiates sur d’autres classes d’actifs. Les actions des sociétés minières, comme Barrick Gold ou Newmont, ont progressé de 15 % en janvier, surpassant les indices boursiers. Le S&P 500, en revanche, a reculé de 2 % sur la même période, illustrant le découplage entre l’or et les marchés risqués. Les obligations souveraines américaines, avec des rendements à 10 ans autour de 3 %, perdent de leur attrait, poussant les fonds de pension à réallouer vers le métal jaune.
Sur le plan économique, les pays producteurs d’or comme l’Australie et l’Afrique du Sud bénéficient de cette flambée. L’Australie a vu ses exportations minières augmenter de 10 % en valeur au quatrième trimestre 2025, selon le Bureau des statistiques. Le ministre australien des Ressources a commenté : « Cette hausse soutient notre économie, mais elle reflète aussi des instabilités mondiales que nous surveillons ». À l’inverse, les importateurs nets comme l’Inde font face à une facture alourdie, avec des implications pour leur balance commerciale.
Les autres métaux précieux suivent la tendance. L’argent a grimpé à 107,80 dollars l’once, en hausse de 4,5 % sur la séance, profitant du même statut de refuge. Le platine et le palladium, utilisés dans l’industrie, subissent une pression mixte due à la demande automobile ralentie.
Les implications immédiates pour les secteurs stratégiques
Dans les secteurs critiques comme l’énergie et les technologies, la hausse de l’or influence les coûts indirects. Les fabricants de semi-conducteurs, qui utilisent l’or dans les circuits, voient leurs marges se resserrer. Une entreprise comme Intel a rapporté dans son dernier bilan que les coûts des matières premières ont augmenté de 5 % au quatrième trimestre 2025, en partie due à l’or. Les gouvernements, quant à eux, ajustent leurs stratégies de réserves : le Trésor américain a indiqué le 25 janvier une revue de ses holdings en or, sans préciser de ventes.
Les marchés des changes sont également affectés, avec un euro renforcé face au dollar, passant sous 1,05. La Banque du Japon, confrontée à un yen affaibli, a intervenu verbalement le 27 janvier, son gouverneur déclarant : « Nous observons les mouvements des actifs refuges comme l’or, qui impactent la stabilité monétaire ». Ces ajustements immédiats soulignent comment la progression de l’or, atteignant 5 296,90 dollars ce matin, continue de remodeler les dynamiques financières mondiales sans signe d’essoufflement apparent.



