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L’or franchit les 5 500 dollars alors que le dollar s’effondre face à l’euro

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Les marchés financiers mondiaux ont été secoués ce 29 janvier 2026 par une nouvelle flambée du prix de l’or, qui a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 5 500 dollars l’once, tandis que le dollar américain continuait sa chute libre face à l’euro, atteignant un taux de change de 1,24 euro pour un dollar. Ce mouvement, qui s’inscrit dans un contexte de turbulences économiques et géopolitiques exacerbées par les politiques de l’administration Trump, reflète une quête accrue de valeurs refuges par les investisseurs. Le métal jaune, traditionnellement perçu comme un rempart contre l’instabilité, a enregistré une hausse de plus de 3 % en une seule séance, alimentée par des craintes persistantes liées à la stabilité du système financier américain.

Cette ascension de l’or intervient alors que les tensions intérieures aux États-Unis s’intensifient, avec la menace imminente d’un shutdown partiel du gouvernement fédéral. Les négociations au Congrès sur le financement du Département de la Sécurité intérieure (DHS) et de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) piétinent, suite à des incidents récents à Minneapolis impliquant des agents fédéraux. Le sénateur démocrate Chuck Schumer a déclaré lors d’une conférence de presse le 28 janvier : « Si les républicains persistent à bloquer des réformes essentielles, ils seront responsables d’un nouveau shutdown qui affectera des millions d’Américains. » Cette impasse budgétaire, prévue pour entrer en vigueur ce samedi si aucun accord n’est trouvé, pourrait perturber les paiements de salaires fédéraux et les services essentiels, renforçant l’image d’une administration dysfonctionnelle.

Une dévaluation du dollar orchestrée par la Maison-Blanche ?

Au cœur de cette dégringolade du dollar se trouve une série de mesures controversées émanant de la Maison-Blanche. Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le président Donald Trump n’a cessé de plaider pour une dévaluation contrôlée du billet vert, visant à relancer les exportations américaines et à réduire le déficit commercial. Lors d’un discours à Davos le 21 janvier 2026, Trump a affirmé : « Le dollar est en train de faire un travail formidable, mais nous devons le rendre plus compétitif. Personne ne pense que ça va aller bien sauf moi. » Cette rhétorique, couplée à des pressions sur la Réserve fédérale (Fed), a érodé la confiance des investisseurs internationaux.

La Fed, sous la houlette de son président Jerome Powell, fait face à une ingérence sans précédent. Le Département de la Justice a ouvert une enquête criminelle sur Powell pour des allégations liées à la rénovation des bureaux de la banque centrale, une mesure qualifiée de « prétexte » par Powell lui-même dans une déclaration vidéo du 11 janvier : « Ces subpoenas sont une tentative flagrante d’intimider la Fed pour qu’elle baisse les taux plus rapidement. » Trump a nommé Stephen Miran, ancien conseiller économique, au conseil des gouverneurs de la Fed, et envisage de remplacer Powell par Kevin Warsh dès la fin de son mandat en mai. Ces manœuvres ont conduit à une anticipation de baisses de taux plus agressives, affaiblissant davantage le dollar.

Les tensions géopolitiques, un catalyseur pour l’or

Les incertitudes géopolitiques amplifient cette dynamique. Les menaces répétées de Trump contre l’Iran ont propulsé les cours du pétrole brut au-dessus de 65 dollars le baril Brent, avec une hausse de 1,8 % ce 29 janvier. Le président américain a posté sur Truth Social le 28 janvier : « L’Iran doit venir à la table pour un accord équitable – pas d’armes nucléaires – ou l’attaque suivante sera bien pire. Le temps presse. » Cette escalade, accompagnée du déploiement d’une armada navale américaine dans le Golfe, incluant le porte-avions USS Abraham Lincoln, fait craindre une perturbation des approvisionnements pétroliers via le détroit d’Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rétorqué lors d’une conférence de presse à Téhéran le 14 janvier : « L’Iran est prêt à répondre immédiatement et avec force à toute agression contre son territoire. Nos doigts sont sur la gâchette. » Ces échanges belliqueux ont injecté une prime de risque géopolitique dans les marchés, estimée à 3-4 dollars par baril par les analystes de Citi. Si une frappe américaine sur l’Iran se concrétisait, les prix du pétrole pourraient grimper à 91 dollars le baril d’ici la fin 2026, selon les projections de BloombergNEF, en cas de blocage total des exportations iraniennes, qui s’élèvent à 3,2 millions de barils par jour.

Les échecs en politique étrangère alimentent l’incertitude

Les revers de la diplomatie américaine sous Trump contribuent également à cette instabilité. L’opération militaire du 3 janvier 2026 au Venezuela, qui a abouti à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, a été saluée par Trump comme une victoire contre le narcotrafic, avec des indictations pour narco-terrorisme annoncées par la procureure générale Pam Bondi. Pourtant, les déclarations contradictoires de l’administration – Trump affirmant que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela, tandis que le secrétaire d’État Marco Rubio précisait qu’il s’agissait d’un « blocus pétrolier » pour influencer la politique intérieure – ont semé la confusion.

Le ministre vénézuélien de l’Intérieur a rapporté plus de 100 morts lors des frappes à Caracas, incluant 32 agents de sécurité cubains. La Cour suprême vénézuélienne a nommé Delcy Rodríguez présidente par intérim, qui a dénoncé une « agression militaire » américaine. Rubio a clarifié lors d’une interview sur ABC le 4 janvier : « Nous utiliserons le blocus pétrolier comme levier pour diriger la politique vénézuélienne, en nous concentrant sur l’éradication du narcotrafic et la prévention de l’enrichissement de nos adversaires par l’industrie pétrolière. » Ces événements ont renforcé les craintes d’une balkanisation des marchés pétroliers, avec la Chine et la Russie condamnant l’intervention et appelant à la libération de Maduro.

Parallèlement, la saga du Groenland illustre un autre fiasco. Trump a menacé d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations européennes si le Danemark ne cédait pas la souveraineté sur l’île, riche en minéraux stratégiques. Lors d’une réunion à la Maison-Blanche le 15 janvier, Rubio a déclaré : « Nous explorerons des voies communes pour aborder les préoccupations de sécurité américaines relatives au Groenland. » Pourtant, la première ministre danoise Mette Frederiksen a réaffirmé dans un communiqué du 22 janvier : « Nous pouvons négocier sur la sécurité, les investissements, l’économie, mais pas sur notre souveraineté. » Un cadre d’accord avec le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, annoncé par Trump le 21 janvier, inclut des droits miniers pour les États-Unis et ses alliés, mais exclut l’usage de la force.

Les guerres commerciales persistent

Les guerres commerciales initiées par Trump aggravent la chute du dollar. Des tarifs de 25 % sur les importations mexicaines et canadiennes, sauf pour l’énergie taxée à 10 %, ont été imposés le 4 mars 2025, en réponse à des accords perçus comme insuffisants. Le ministre canadien des Affaires étrangères a annoncé de nouveaux fonds frontaliers le 16 décembre 2025, tandis que Trump a menacé des tarifs de 100 % si le Canada signait un accord avec la Chine. Ces mesures ont poussé les alliés américains à diversifier leurs échanges, avec le Royaume-Uni et le Canada renforçant leurs liens avec Pékin, provoquant l’ire de Washington.

Le ministre britannique des Affaires étrangères a visité Pékin en janvier 2026 pour booster le commerce, malgré les avertissements de Trump. Carney, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, a averti lors d’une interview : « Si le Canada signe avec la Chine, des tarifs de 100 % s’appliqueront. » Ces frictions ont conduit à une réévaluation des actifs américains, avec des investisseurs européens détenant 8 billions de dollars en obligations et actions américaines, dont plus de la moitié non couverts contre une dépréciation du dollar.

Les implications immédiates de la dévaluation du dollar

La dévaluation du dollar, si elle se poursuit, pourrait entraîner une liquidation des obligations américaines par les opérateurs étrangers, augmentant les coûts d’emprunt pour les États-Unis. Le secrétaire au Trésor a noté lors d’une audition au Congrès le 29 janvier : « Une dépréciation rapide pourrait mener à une inflation plus élevée, compliquant notre gestion de la dette. » Les rendements des Treasuries à 10 ans ont déjà grimpé de 50 points de base depuis avril 2025, reflétant une prime de risque accrue.

Avec l’Iran et les prix du pétrole en toile de fond, les marchés surveillent de près les implications pour les coûts du crédit. Rubio a déclaré sur NBC le 4 janvier : « Nous ne sommes pas inquiets par la valeur du dollar ; elle est formidable. » Pourtant, les analystes de Morgan Stanley estiment que la convergence des taux d’intérêt américains avec ceux du reste du monde pourrait entraîner une chute supplémentaire de 10-20 % du dollar face à l’euro et au yen d’ici fin 2026.

Les prises de bénéfices sur l’or, attendues après cette hausse spectaculaire, ne devraient pas altérer les fondamentaux. Le Conseil mondial de l’or a rapporté dans son outlook 2026 que « les incertitudes géopolitiques et économiques persistantes soutiennent l’attrait de l’or comme assurance de portefeuille. » Les achats des banques centrales, notamment en Chine et en Inde, ont atteint des niveaux records, diversifiant les réserves pour réduire la dépendance au dollar.

Les dynamiques régionales et leurs répercussions

Les tensions avec l’Iran persistent, avec Araghchi avertissant le 28 janvier que Téhéran ciblerait « le cœur de Tel-Aviv » en cas d’attaque américaine. Le chef d’état-major israélien a répliqué : « L’Iran finance l’étranglement d’Israël ; nous frapperons où nécessaire. » Ces échanges ont maintenu les prix du pétrole élevés, avec le WTI à 60,44 dollars.

Au Venezuela, Rodríguez a posté sur Instagram le 4 janvier : « Le Venezuela et les États-Unis devraient travailler ensemble vers un développement partagé. » Mais Machado, leader de l’opposition, a appelé González à assumer le pouvoir. La Chine, principal acheteur de pétrole vénézuélien, a exigé la libération de Maduro, tout comme la Russie.

Le Groenland reste un point chaud, avec le représentant Randy Fine introduisant un projet de loi pour l’annexion le 12 janvier : « Le Groenland est un atout vital pour la sécurité nationale ; nous ne pouvons le laisser à des régimes hostiles. » Frederiksen a réitéré : « La souveraineté du Royaume du Danemark continue de chercher un dialogue constructif avec les alliés sur la sécurité arctique. »

Les marchés ont réagi à ces développements, avec l’or atteignant 5 500 dollars l’once ce matin, reflétant les achats massifs d’investisseurs institutionnels et de banques centrales. Le rapport de BMO Capital Markets du 29 janvier note : « L’or reflète un changement fondamental dans l’ordre financier mondial, avec une incertitude croissante sur la résilience des bilans gouvernementaux. »

Les implications pour les coûts du crédit persistent, avec les rendements des Treasuries influencés par la perception d’un risque fiscal accru. Le FMI a averti dans son rapport de janvier 2026 que « une dépréciation soutenue du dollar pourrait mener à une réévaluation des actifs mondiaux, augmentant les coûts d’emprunt pour les États-Unis. »

Les tensions commerciales avec le Canada et le Mexique, sous l’accord États-Unis-Mexique-Canada, ont vu les tarifs douaniers différés pour les biens conformes, mais les menaces persistent. Le ministre mexicain des Affaires étrangères a déclaré le 4 février 2025 : « La réponse mexicaine est retardée, mais nous protègerons nos intérêts. »

Ces événements interconnectés maintiennent les marchés en alerte, avec l’or comme baromètre de l’anxiété globale. Les achats structurels des banques centrales soutiennent les prix, tandis que les menaces d’un shutdown et d’escalades géopolitiques pèsent sur le dollar. Les opérateurs surveillent les prochaines réunions de la Fed et les développements en Iran pour anticiper les mouvements futurs.

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Newsdesk Libnanews
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