vendredi, février 20, 2026

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Mémoire oubliée: Les batailles de la Première Guerre mondiale au Liban

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La Première Guerre mondiale, qui s’est déroulée de 1914 à 1918, a été un conflit d’une ampleur mondiale, bouleversant non seulement les puissances européennes, mais également les régions du Moyen-Orient. Si le Liban n’a pas été un front majeur comparé à d’autres théâtres de guerre comme ceux d’Europe ou d’Asie, il a cependant joué un rôle stratégique de taille, à la fois en raison de sa position géographique et des affrontements militaires qui s’y sont produits. Le Liban, sous domination ottomane, a été le lieu de plusieurs batailles importantes, chacune marquant l’évolution du conflit au Moyen-Orient et préparant le terrain pour des transformations géopolitiques durables.

Le Liban sous domination ottomane : un carrefour stratégique au cœur du conflit

Avant la guerre, le Liban faisait partie de l’Empire ottoman, et plus particulièrement du vilayet de Syrie. Bien que perçu comme périphérique par l’Empire ottoman, le Liban revêtait une importance stratégique en raison de sa position géographique au carrefour des mondes arabe, européen et méditerranéen. La ville de Beyrouth, en particulier, était un centre commercial crucial pour l’Empire, et son port représentait un point névralgique pour les routes commerciales et les approvisionnements militaires.

Lorsque la guerre éclate en 1914, l’Empire ottoman se range du côté des Puissances centrales (l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie), ce qui met le Liban dans le viseur des forces alliées. Les Britanniques, suivis des Français, ont rapidement cherché à affaiblir l’Empire ottoman en attaquant ses positions stratégiques, en particulier au Levant, où le Liban occupait une place centrale dans les échanges entre les deux puissances. Dès lors, la région est devenue un terrain d’affrontement entre les Alliés et les Ottomans.

Les premières escarmouches et l’entrée en guerre des puissances européennes

Au début du conflit, les opérations militaires au Liban se limitaient à des escarmouches de petite envergure. Cependant, ces batailles ont marqué le début d’une série d’attaques qui ont permis aux forces alliées de tester la réactivité des Ottomans sur leurs lignes de défense au Levant. Des tensions se sont rapidement intensifiées, notamment à cause de l’intérêt stratégique que représentait le Liban pour les Alliés, et les premiers combats ont eu lieu dans les zones côtières et montagneuses du pays.

Les forces britanniques et françaises ont progressivement établi des bases d’opérations sur le territoire libanais, exploitant la position géographique du Liban pour mener des offensives militaires contre les positions ottomanes. L’armée ottomane, bien qu’affaiblie, a montré une forte résistance dans les montagnes du Liban, utilisant le terrain escarpé à son avantage pour limiter les avancées alliées. Le contrôle de ces montagnes a permis aux Ottomans de maintenir une présence stratégique dans la région tout en combattant pour la survie de l’Empire ottoman.

La campagne de la vallée de la Bekaa (1917) : un tournant militaire

Un tournant majeur des combats au Liban s’est produit en 1917, lors de la bataille pour le contrôle de la vallée de la Bekaa. Cette vallée, située entre les montagnes du Liban et du Mont Hermon, a été un point stratégique de grande importance. Sa capture par les Alliés permettait de couper les lignes de ravitaillement ottomanes reliant la Palestine et la Syrie, un objectif essentiel pour affaiblir l’Empire ottoman. Les forces alliées, composées de troupes britanniques et françaises, ont commencé à mener une série d’offensives dans cette région, appuyées par des bombardements aériens et des stratégies de siège.

Les troupes ottomanes, bien que disposant de positions fortifiées, ont eu du mal à résister à la pression constante exercée par les Alliés. Après des combats intenses, la vallée de la Bekaa est tombée sous contrôle allié en 1917, marquant un moment clé dans le processus de libération du Liban du joug ottoman. Ce succès a permis aux forces alliées de préparer une nouvelle avancée vers Damas et, finalement, Beyrouth.

La prise de Beyrouth (1918) : la fin de l’Empire ottoman au Liban

Le 1er octobre 1918, après une série d’avancées militaires décisives à travers la Syrie et la Palestine, les forces françaises ont lancé une offensive finale sur Beyrouth. Cette ville, stratégique en raison de son port et de sa position géographique, représentait un bastion de l’Empire ottoman dans la région. La prise de Beyrouth a été une étape majeure de la guerre au Liban, car elle a non seulement permis aux forces françaises de sécuriser le Liban, mais elle a également marqué la fin de l’Empire ottoman dans la région.

Les troupes françaises, sous le commandement du général Henri Gouraud, ont mené l’assaut final contre les positions ottomanes à Beyrouth, soutenues par les forces britanniques qui avançaient depuis la Palestine. Les combats pour Beyrouth ont été acharnés, mais la ville est finalement tombée aux mains des Alliés, et l’occupation française a été officiellement instaurée. Cette victoire a mis fin à l’occupation ottomane du Liban et a ouvert la voie à l’établissement du mandat français, qui durerait jusqu’en 1943.

La guerre de guérilla et l’implication des volontaires libanais

Outre les batailles conventionnelles, le Liban a également été le théâtre de guerres de guérilla menées par des groupes locaux. Ces guérilleros, souvent composés de Libanais et de communautés voisines, ont cherché à résister à l’occupation ottomane en profitant du terrain montagneux pour mener des attaques asymétriques. Ces actions ont fortement perturbé les lignes de ravitaillement ottomanes et ont forcé l’Empire à disperser ses troupes pour maintenir le contrôle des territoires stratégiques.

De plus, les communautés arménienne et assyrienne, particulièrement touchées par les persécutions ottomanes, ont rejoint les Alliés en espérant obtenir leur soutien dans la lutte contre l’Empire ottoman. Les troupes arméniennes ont joué un rôle crucial dans la campagne au Liban, où elles ont participé aux combats contre les forces ottomanes. Ces batailles de guérilla ont non seulement soutenu l’effort de guerre des Alliés, mais elles ont également posé les bases de la future indépendance de certaines communautés du Moyen-Orient.

Les souffrances de la population libanaise : famine, maladies et répression

Les conséquences de la guerre sur la population libanaise ont été dévastatrices. La Première Guerre mondiale a exacerbé une crise alimentaire déjà présente dans le pays. En raison du blocus naval imposé par les forces alliées et de l’effondrement des réseaux de production et de distribution, le Liban a souffert d’une grave famine. Des milliers de Libanais ont péri, non pas à cause des combats, mais à cause du manque de nourriture, des épidémies de typhus, de choléra et d’autres maladies. Les conditions sanitaires étaient catastrophiques, et l’Empire ottoman, déjà affaibli, n’a pas pu fournir l’aide nécessaire à la population libanaise.

De plus, le Liban a vu une forte mobilisation de ses jeunes hommes dans l’armée ottomane, souvent contre leur volonté. Les Libanais ont été enrôlés pour combattre sur divers fronts, y compris en Palestine et en Syrie, tandis que d’autres ont été contraints de travailler pour soutenir l’effort de guerre ottoman. Ces conditions de vie difficiles ont contribué à un sentiment de révolte parmi les Libanais, qui ont cherché à se libérer de l’Empire ottoman tout en espérant un futur plus stable.

La France et la mémoire des batailles libanaises

Après la guerre, la France a cherché à préserver la mémoire des sacrifices consentis par les Libanais et les Français pendant le conflit. Cela s’est traduit par la construction de monuments commémoratifs et de cimetières militaires, comme le cimetière militaire français de Beyrouth, où reposent des soldats tombés au combat. Ces lieux de mémoire sont devenus des symboles d’un héritage commun entre le Liban et la France, et ils continuent d’être des points de ralliement lors des cérémonies du 11 novembre, jour de commémoration de l’armistice.

La mémoire des batailles de la Première Guerre mondiale au Liban a également joué un rôle dans la construction de l’identité nationale libanaise, surtout après l’établissement du mandat français en 1920. Le Liban, désormais sous administration française, a vu ses liens avec la France se renforcer, et la guerre est devenue un élément central dans la construction de la mémoire collective du pays.

Le rôle du Liban dans la guerre et son héritage

Les batailles de la Première Guerre mondiale ont eu un impact durable sur l’histoire du Liban. Le pays, bien que périphérique sur le plan militaire, a joué un rôle stratégique majeur en raison de sa situation géographique. Les Libanais, malgré leur statut de sujets sous domination ottomane, ont joué un rôle actif dans le conflit, notamment en soutenant les Alliés et en menant des résistances locales.

Le Liban a été le théâtre de batailles décisives qui ont contribué à l’effondrement de l’Empire ottoman et ont préparé le terrain pour l’arrivée de la France dans la région. L’occupation française a laissé une empreinte indélébile sur la politique, l’économie et la culture libanaises. Aujourd’hui, les monuments de la Première Guerre mondiale, les cimetières et les cérémonies commémoratives rappellent cet héritage complexe et douloureux.

Une question ouverte : Le Liban peut-il tirer parti de son passé de guerre pour surmonter ses défis contemporains ?

Aujourd’hui, alors que le Liban est confronté à des crises politiques et économiques majeures, la mémoire de la Première Guerre mondiale et des batailles qui se sont déroulées sur son territoire peut-elle offrir une voie vers la réconciliation et la reconstruction nationale ? Le Liban, entre mémoire et reconstruction, peut-il réconcilier son passé tumultueux avec les défis géopolitiques et économiques actuels ? La France et d’autres anciennes puissances mandatées ont-elles encore un rôle à jouer dans cette réconciliation ?

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