L’Iran a confirmé, ce lundi 9 mars 2026, la nomination de Mojtaba Hosseini Khamenei comme troisième Guide suprême de la République islamique. L’annonce, diffusée en direct par la télévision d’État aux premières heures de la matinée, intervient au lendemain du vote décisif de l’Assemblée des experts et au dixième jour d’un conflit ouvert avec les États-Unis et Israël qui a coûté la vie à son père, l’ayatollah Ali Khamenei, assassiné le 28 février lors de frappes aériennes conjointes sur Téhéran. Le corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a immédiatement publié un communiqué officiel d’allégeance totale, marquant ainsi l’unité des forces armées derrière le nouveau leader en pleine escalade militaire régionale.
Cette succession, la première de nature héréditaire depuis la révolution de 1979, survient alors que le pays affronte une offensive aérienne sans précédent. Les frappes américano-israéliennes ont visé des sites nucléaires, militaires et résidentiels, provoquant au moins 1 230 morts en Iran selon les estimations provisoires du Croissant-Rouge iranien, dont plusieurs membres de la famille du défunt Guide. En riposte, Téhéran a multiplié les attaques par missiles balistiques et drones contre Israël, le Liban, l’Irak et des installations pétrolières dans le Golfe, touchant notamment des dépôts à Bahreïn et des sites saoudiens. Les marchés mondiaux réagissent avec violence : le baril de Brent a dépassé les 115 dollars, atteignant par moments 117 dollars, tandis que les Bourses asiatiques et européennes accusent des pertes supérieures à 4 %.
Le choix de Mojtaba Khamenei, 56 ans, clerc discret mais influent au sein de l’appareil sécuritaire, reflète la volonté de maintenir une ligne dure face à l’adversaire extérieur. L’Assemblée des experts, composée de 88 membres, a validé sa nomination par un vote qualifié de « décisif » afin, selon le communiqué officiel, de permettre au nouveau Guide de « poursuivre la guerre avec détermination ». Dès l’annonce, les commandants de l’IRGC ont prêté serment d’obéissance absolue, soulignant que la chaîne de commandement restait intacte malgré les pertes subies.
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Un clerc formé dans l’ombre, aux liens étroits avec les forces révolutionnaires
Né le 8 septembre 1969 à Machhad, Mojtaba Hosseini Khamenei est le deuxième fils de l’ayatollah Ali Khamenei et de Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh. Issu d’une lignée chiite prestigieuse, il suit une formation théologique rigoureuse à Qom, où il étudie auprès de son père et de maîtres comme l’ayatollah Mesbah-Yazdi. Devenu hojjatoleslam puis ayatollah, il enseigne dans les séminaires de la ville sainte tout en cultivant un profil public minimaliste. Son engagement remonte à la guerre Iran-Irak, où il sert au sein de la 27e division Mohammad Rasulullah des Gardiens de la révolution, participant à des opérations clés comme l’offensive Mersad en 1988.
À partir des années 2000, il occupe des postes stratégiques au sein de l’état-major du Guide suprême, supervisant notamment les affaires politiques et de sécurité. Proche des Basij et des unités de renseignement de l’IRGC, il est accusé par l’opposition d’avoir joué un rôle central dans la répression des manifestations de 2009 après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad. Les États-Unis l’ont sanctionné dès 2019 pour son implication présumée dans le soutien aux réseaux proxies iraniens, dont le Hezbollah libanais et les Houthis yéménites. Des rapports d’enquête ont également mis en lumière son contrôle indirect sur d’importants actifs économiques via les fondations du régime, notamment la Fondation Mostazafan et le quartier général de construction Khatam al-Anbiya, qui dominent des secteurs entiers de l’économie iranienne.
Marié à Zahra Haddad-Adel, fille de l’ancien président du Parlement Gholam-Ali Haddad-Adel, Mojtaba Khamenei a eu plusieurs enfants. Sa famille a été directement touchée par les frappes du 28 février : son épouse Zahra Haddad-Adel et plusieurs proches, dont un fils, ont péri dans l’attaque sur le complexe résidentiel du Guide suprême. Ce parcours dessine celui d’un homme de l’ombre, formé à la loyauté absolue envers le système velayat-e faqih, et dont l’ascension marque une continuité idéologique renforcée par les liens personnels avec l’appareil militaire.
La procédure constitutionnelle accélérée par l’Assemblée des experts
L’article 111 de la Constitution iranienne prévoit que l’Assemblée des experts, élue en 2024 et présidée par l’ayatollah Movahedi Kermani, désigne le successeur en cas de vacance. Immédiatement après la confirmation du décès d’Ali Khamenei le 1er mars, un conseil de direction intérimaire a été constitué, associant le président Masoud Pezeshkian, le chef du judiciaire Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf. Des sessions extraordinaires ont débuté le 3 mars, d’abord en visioconférence depuis Qom pour des raisons de sécurité aérienne.
Huit membres ont boycotté la réunion physique prévue le 5 mars près du sanctuaire de Fatima Masumeh en raison des risques de frappes. Des débats internes ont porté sur le caractère héréditaire de la succession, certains craignant un précédent monarchique au sein du clergé. Pourtant, la majorité s’est rapidement ralliée à Mojtaba Khamenei, jugé le plus apte à diriger en temps de guerre. Le vote final, exigeant au moins 59 voix, a été acquis le 8 mars dans la soirée. Le communiqué officiel de l’Assemblée, lu à l’antenne de la télévision d’État le 9 mars aux alentours de 5 heures du matin heure de Téhéran, précise : « Par un vote décisif, l’Assemblée des experts a nommé l’ayatollah Seyyed Mojtaba Hosseini Khamenei troisième Leader du système sacré de la République islamique d’Iran afin qu’il poursuive la guerre avec détermination. »
Cette rapidité inédite s’explique par la pression exercée par l’IRGC et la nécessité de préserver l’unité nationale face à l’agression extérieure. Le nouveau Guide hérite immédiatement des prérogatives constitutionnelles : commandant en chef des forces armées, superviseur de la politique étrangère, du pouvoir judiciaire et des médias d’État, avec un droit de regard absolu sur toutes les décisions stratégiques.
L’assassinat d’Ali Khamenei : le déclencheur d’une succession sous les bombes
L’assassinat du précédent Guide, le 28 février 2026 à 8 h 10 heure locale, constitue le tournant du conflit. Des frappes israéliennes, soutenues par des renseignements américains et une opération baptisée Epic Fury, ont visé le complexe résidentiel de Khamenei dans le nord de Téhéran. Trente bombes et missiles air-sol ont été largués, détruisant partiellement le site selon des images satellites. Le Conseil suprême de sécurité nationale a confirmé le décès le lendemain, après des heures de déni initial de la part du ministère des Affaires étrangères.
Outre Ali Khamenei, sept autres personnes ont péri sur le coup, dont plusieurs membres de la famille : sa fille Hoda, son gendre Mesbah Bagheri Kani, trois petits-enfants et une belle-fille. L’épouse du Guide, Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh, a succombé à ses blessures le 2 mars. L’opération, préparée de longue date selon des sources israéliennes, reposait sur un suivi précis des mouvements du leader via des caméras de circulation piratées et des renseignements humains.
Ce coup a déclenché une riposte immédiate iranienne : des salves de missiles Fateh-110 et Zolfaghar vers Tel-Aviv, des drones Shahed vers les bases américaines en Irak et au Kurdistan, et des attaques contre des installations pétrolières dans le Golfe. Au 9 mars, le bilan s’élève à plus de 1 230 morts en Iran, 397 au Liban et 11 en Israël. Sept militaires américains ont été tués, dont un le 1er mars lors d’une attaque sur des troupes stationnées en Arabie saoudite. Deux soldats israéliens ont péri le 8 mars dans le sud du Liban.
Le contexte géopolitique : une guerre qui s’étend du Golfe à la Méditerranée
Le conflit, entré dans sa deuxième semaine, oppose frontalement l’Iran aux États-Unis et à Israël. Téhéran a élargi ses frappes à des cibles civiles et économiques : dépôts pétroliers à Bahreïn endommagés, usines de dessalement touchées, provoquant des coupures d’eau dans plusieurs îles du Golfe. L’Arabie saoudite a intercepté un drone iranien au-dessus de son champ pétrolifère de Shaybah et a durci son discours, affirmant son droit à la légitime défense. Le Qatar a réduit sa production de gaz naturel, accentuant la crise énergétique mondiale.
Du côté israélien, de nouvelles vagues aériennes ont visé le centre de l’Iran et les positions du Hezbollah à Beyrouth. Des hélicoptères ont tenté des incursions limitées au Liban-Est. Plus de 517 000 Libanais ont été déplacés, selon les autorités de Beyrouth. Les États-Unis ont ordonné l’évacuation du personnel non essentiel et des familles de plusieurs ambassades dans la région, dont celle d’Arabie saoudite. Le Croissant-Rouge iranien a alerté sur les risques de pollution toxique et de pluies acides à Téhéran, avec près de 10 000 structures civiles endommagées, dont des écoles et 36 établissements de santé.
Les réactions internationales : condamnations et mises en garde
Dès l’annonce de la nomination, les institutions iraniennes ont affiché leur cohésion. Le Conseil de défense a déclaré que les forces obéiraient « jusqu’à la dernière goutte de sang ». Le président Masoud Pezeshkian a qualifié le choix de « sage et nécessaire pour la résistance nationale ». L’ayatollah Sadeq Amoli-Larijani, figure du clergé, a salué une décision qui « apaise la souffrance du peuple ».
À l’extérieur, les positions sont tranchées. Le président américain Donald Trump a réagi dès le 8 mars sur ABC News : « Le fils de Khamenei est inacceptable pour moi. L’Iran a besoin de quelqu’un qui apporte harmonie et paix. Sans mon approbation, un nouveau leader ne durera pas longtemps. » Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti que toute personne dirigeant l’Iran resterait une cible légitime. L’Arabie saoudite a condamné les « agressions iraniennes répréhensibles » contre les États du Golfe. Le pape Léon a appelé à un cessez-le-feu immédiat, évoquant une « tragédie aux proportions énormes ».
L’allégeance des forces armées et la continuité du commandement
Le communiqué de l’IRGC, diffusé quelques heures après l’annonce, exprime « un soutien total, une loyauté éternelle et une obéissance absolue » au nouveau Guide. Des rassemblements de soutien ont été organisés à Téhéran et dans plusieurs provinces, bien que les images restent strictement contrôlées. Le nouveau commandant en chef supervise désormais toutes les opérations en cours, y compris le renforcement des défenses autour des sites nucléaires et pétroliers.
Sur le terrain, les échanges se poursuivent. L’armée israélienne a signalé de nouvelles interceptions de drones iraniens au-dessus du Néguev. L’Iran revendique des frappes réussies contre des cibles américaines en Irak. Le port de Beyrouth a subi une attaque ciblant des responsables iraniens, causant au moins quatre morts supplémentaires. Ces incidents illustrent la régionalisation du conflit, qui s’étend désormais du détroit d’Ormuz jusqu’à la frontière libano-israélienne.
Les enjeux immédiats pour la stabilité intérieure et la gestion de crise
La nomination intervient pendant la période de deuil national de quarante jours décrétée après la mort d’Ali Khamenei. Les médias d’État diffusent en continu des images d’archive du défunt leader et des appels à l’unité derrière son fils. Le contrôle des fondations économiques par Mojtaba Khamenei lui confère un levier financier majeur pour maintenir la cohésion sociale malgré les sanctions et les destructions.
Les réseaux chiites régionaux, du sud du Liban à l’Irak, ont réaffirmé leur fidélité au nouveau leadership. À l’intérieur, le maintien de l’ordre repose sur les forces de sécurité, dont Mojtaba supervise depuis longtemps les dossiers politiques. Le gouvernement Pezeshkian a annoncé un suivi étroit des prix des carburants et des denrées de base pour éviter toute explosion sociale.
Au 9 mars 2026, les autorités iraniennes ont confirmé que les opérations militaires se poursuivaient sous les directives directes du nouveau Guide. L’IRGC a annoncé le renforcement des défenses autour des sites stratégiques de Qeshm et de Bushehr. Des mouvements de troupes ont été observés dans les provinces frontalières avec l’Irak et l’Afghanistan. Le Croissant-Rouge a signalé une dégradation de la qualité de l’air à Téhéran due aux fumées des frappes, tandis que l’Arabie saoudite a procédé à de nouvelles interceptions de drones iraniens au nord de son territoire. Les évacuations diplomatiques américaines se poursuivent dans plusieurs capitales du Golfe, et le bilan des déplacés libanais dépasse désormais les 517 000 personnes selon les dernières estimations officielles de Beyrouth. Ces développements immédiats soulignent la persistance des tensions militaires et humanitaires dans la région.



