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Mounir Younes dénonce la fuite de 8,3 milliards de dollars en 2020 alors qu’il fait face à une campagne de déstabilisation

En 2020, Riyad Salameh, alors gouverneur de la Banque du Liban (BdL), a distribué 8,3 milliards de dollars à plusieurs banques libanaises. Mounir Younes, observateur des affaires financières libanaises, a récemment publié sur X une critique virulente de cette distribution et de ses conséquences. Les banques qui ont bénéficié le plus de ces fonds étaient la Banque Audi, la SGBL, BankMed et la Blom Bank, qui à elles seules ont reçu environ 6,4 milliards de dollars.

Ce transfert massif de fonds a eu lieu alors que les déposants libanais faisaient face à des restrictions extrêmes sur leurs comptes bancaires, dues à l’imposition de contrôles informels des capitaux, sans cadre juridique officiel. Les citoyens ordinaires ne pouvaient retirer que des montants limités de leurs économies en dollars américains, souvent à hauteur de 100 dollars par semaine, et subissaient des humiliations en essayant d’accéder à leur propre argent. Pendant ce temps, ces mêmes banques ont pu profiter d’injections massives de liquidités, que Younes affirme avoir été rapidement transférées à l’étranger, aggravant ainsi la fuite des réserves financières du pays.

Le secteur bancaire libanais, longtemps perçu comme un pilier de stabilité, est devenu le centre de la colère publique à mesure que la crise économique s’aggravait. L’absence de lois formelles sur les contrôles de capitaux a permis aux propriétaires de banques et aux gros déposants de transférer des fonds à l’étranger, tandis que les petits déposants étaient victimes de l’effondrement financier.

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Younes appelle à une enquête judiciaire sur les propriétaires de ces banques, qui ont tiré profit de ces milliards. Il souligne que si ces fonds avaient été gérés de manière adéquate, ils auraient pu être utilisés pour soulager la souffrance de centaines de milliers de déposants. Au lieu de cela, ils ont été injectés sur les comptes d’un nombre restreint de banques, aggravant ainsi l’injustice et les inégalités. Younes avertit que bien que cette injustice continue, le règne de la « mafia » financière ne pourra pas durer éternellement, prédisant une révolte à venir.

Cependant, depuis ses prises de position, Mounir Younes fait face à une campagne médiatique contre lui orchestrée par des médias proches des banques. Cette campagne, visant à le déstabiliser, cherche à discréditer son travail et ses déclarations en le présentant comme un fauteur de troubles. Malgré cela, Younes reste déterminé à dénoncer ce qu’il considère comme une injustice flagrante à l’égard des déposants libanais, tout en pointant du doigt les pratiques corrompues du secteur bancaire.

Cet épisode s’inscrit dans un schéma plus large de corruption et de mauvaise gestion dans le secteur financier libanais. Depuis l’effondrement économique qui a débuté en 2019, le gouvernement libanais a été accusé de ne pas avoir protégé ses citoyens, en permettant que des contrôles informels des capitaux restent en vigueur sans fournir de cadre juridique. Cela a permis aux élites et aux personnes bien connectées de déplacer leurs fonds à l’étranger, tandis que la population perdait l’accès à ses économies.

En 2020, la crise de la dette publique et financière au Liban a atteint son apogée, l’État faisant défaut sur le paiement de ses Eurobonds pour la première fois de son histoire. Les 8,3 milliards de dollars mentionnés par Younes illustrent les problèmes profonds du système bancaire libanais et les inégalités massives qui ont empiré à cause de la crise.

Newsdesk Libnanews
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