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Nabih Berri affirme la tenue des élections législatives en mai selon la loi en vigueur

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Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a réaffirmé lors d’une récente rencontre avec le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, son engagement pour la tenue des élections législatives au début du mois de mai, conformément à la loi électorale actuelle. Cette position, exprimée au cœur des discussions sur les préparatifs législatifs et les défis techniques posés par le scrutin, intervient dans un contexte de tensions persistantes autour du vote des expatriés et des ajustements potentiels au cadre juridique. La réunion, tenue au siège de la seconde présidence à Aïn el-Tineh, a également porté sur d’autres dossiers urgents, tels que le budget de l’État et la restructuration bancaire, soulignant les enjeux multiples qui pèsent sur le processus électoral.

Les détails de cette entrevue, rapportés par l’Agence nationale d’information (ANI), mettent en lumière les préoccupations immédiates des acteurs politiques libanais. Elias Bou Saab a déclaré après la rencontre : « Le président Berri a insisté sur le fait que les élections se tiendront en mai selon la loi actuelle. » Cette affirmation reflète une volonté de maintenir le calendrier constitutionnel, alors que le gouvernement doit convoquer les corps électoraux en février, comme le prévoit la législation en vigueur. Le débat s’est cristallisé autour de la circonscription 16, dédiée aux expatriés, que le gouvernement a proposé de suspendre ou d’annuler temporairement, invoquant des obstacles logistiques. Cependant, un rapport conjoint des ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur et des Municipalités indique que plus de 100 000 solutions existent pour appliquer cette circonscription, tout en signalant certains défis.

des préparatifs électoraux sous tension

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Les élections législatives de 2026, prévues pour élire les 128 membres du Parlement, se déroulent dans un paysage politique marqué par les séquelles du conflit avec Israël et la crise économique persistante. Le scrutin précédent, en 2022, avait introduit un système proportionnel avec des circonscriptions multiples, incluant une représentation spécifique pour la diaspora. Cette année, le nombre d’électeurs enregistrés à l’étranger a augmenté, atteignant environ 225 000 selon les données du ministère de l’Intérieur, contre 200 000 en 2022. Cette hausse reflète l’intérêt croissant des Libanais expatriés pour les affaires de leur pays d’origine, particulièrement après les événements récents qui ont exacerbé l’émigration.

Nabih Berri, qui occupe le poste de président du Parlement depuis 1992, a souvent défendu la stabilité du cadre électoral existant. Dans des déclarations antérieures rapportées par des médias locaux, il a qualifié la loi actuelle de « parfaite », allant jusqu’à la comparer aux textes sacrés. Cette posture s’inscrit dans une stratégie plus large visant à éviter les retards qui pourraient prolonger le mandat actuel du Parlement, élu en 2022 et dont le terme expire en mai 2026. Pourtant, les critiques soulignent que le refus d’amender la loi pourrait exclure une partie significative de l’électorat, notamment les expatriés qui souhaitent voter pour l’ensemble des 128 sièges plutôt que pour les six réservés à la diaspora.

Elias Bou Saab, allié historique de Berri et membre du bloc de développement et de libération, a détaillé les échanges : « Nous avons discuté des lois en commission, y compris celles relatives aux élections. Le gouvernement a envoyé un projet urgent proposant l’annulation de la circonscription 16 ou sa suspension pour une session, ainsi que la création de méga-centres de vote. » Il a ajouté que Berri refuse d’entrer dans des modifications substantielles, préférant s’en tenir à la loi en vigueur pour respecter les délais constitutionnels. Cette position écarte, pour l’instant, les propositions d’extension du vote expatrié à tous les sièges, une demande portée par des blocs d’opposition comme les Forces libanaises et le Kataëb, qui y voient un moyen de diluer l’influence des partis traditionnels.

le contexte régional et les implications sécuritaires

Les discussions sur les élections ne peuvent être isolées des dynamiques régionales. Le Liban sort d’une période de tensions accrues avec Israël, marquée par des violations récurrentes du cessez-le-feu et des incursions au sud du Litani. Berri, en tant que leader du mouvement Amal et figure clé de la communauté chiite, a souvent lié la stabilité électorale à la consolidation de l’autorité de l’État. Dans la même rencontre, Bou Saab a rapporté que Berri insiste sur l’application intégrale de l’accord de Taëf, adopté en 1989 pour mettre fin à la guerre civile. Cet accord prévoit l’extension de la souveraineté de l’État sur tout le territoire, la création d’un Sénat et une loi électorale non confessionnelle.

« Il n’y a pas de solution sans l’application complète de Taëf », a déclaré Bou Saab, citant Berri. Cela inclut le déploiement des forces armées libanaises sur l’ensemble du pays, y compris au sud, où les mécanismes de surveillance de la résolution 1701 de l’ONU restent ineffectifs face aux non-respects israéliens. Berri a exprimé son scepticisme vis-à-vis des intentions israéliennes, notant que Tel-Aviv n’a pas respecté les termes de l’accord depuis son adoption. Ces remarques soulignent les craintes d’une interférence extérieure qui pourrait perturber le processus électoral, particulièrement dans les régions frontalières où la sécurité reste précaire.

Par ailleurs, les échanges ont porté sur la commission d’enquête parlementaire relative au ministère des Télécommunications. Bou Saab a révélé que plus de 12 auditions ont été menées avec des ministres et des experts, mettant en évidence des pertes financières estimées à des centaines de millions de dollars sur deux décennies. « Le ministère des Télécommunications est une opportunité perdue pour l’État libanais », a-t-il affirmé, pointant du doigt les bénéfices excessifs accordés aux entreprises privées au détriment des caisses publiques. Berri, selon Bou Saab, encourage la poursuite de l’enquête sans interférence, visant à produire un rapport dans les mois à venir pour renforcer la transparence avant les élections.

les défis logistiques et gouvernementaux

Le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, fait face à des contraintes logistiques pour organiser le scrutin. Le cabinet, composé de figures comme le ministre des Finances (confirmé comme étant Abdallah Bou Habib selon les communiqués officiels du Conseil des ministres) et le ministre de l’Intérieur Bassam Mawlawi, doit préparer les corps électoraux d’ici février. Le rapport interministériel, bien que non transmis au Parlement, identifie des obstacles à l’application de la circonscription 16, tels que la coordination avec les ambassades et la sécurisation des urnes électroniques.

Berri a insisté pour que le gouvernement clarifie sa capacité à implémenter la loi actuelle. « Si le gouvernement a des obstacles, qu’il les communique maintenant », a rapporté Bou Saab. Cette exigence vise à éviter un scénario où les élections se tiendraient partout sauf dans une circonscription, ouvrant la porte à des contestations judiciaires. Le projet de loi urgent envoyé par le gouvernement propose des alternatives comme des méga-centres, mais Berri les considère comme des retards déguisés. Salam, dans des déclarations officielles, a réaffirmé l’engagement du cabinet pour un scrutin transparent, aligné sur les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) pour restaurer la crédibilité institutionnelle.

La dette publique libanaise, estimée à plus de 100 milliards de dollars selon les rapports récents de la Banque mondiale, pèse sur les préparatifs. Les dépenses électorales, évaluées à environ 50 millions de dollars, doivent être intégrées au budget 2026, en discussion au Parlement. Berri a poussé pour l’approbation rapide du budget lors de la prochaine session de l’assemblée générale, soulignant les lacunes financières et la nécessité de restructurer le secteur bancaire, conformément aux exigences internationales.

les dynamiques confessionnelles et politiques

Le système électoral libanais, basé sur le confessionnalisme, répartit les sièges selon les communautés : 64 pour les musulmans (27 chiites, 27 sunnites, 8 druzes, 2 alaouites) et 64 pour les chrétiens (34 maronites, 14 orthodoxes, etc.). Berri, en tant que chiite, défend un équilibre qui préserve l’unité nationale. Bou Saab a relayé ses propos : « La création d’un Sénat, comme prévu par Taëf, rassurerait toutes les parties sur la coexistence. » Berri se dit prêt à céder des pouvoirs au Sénat si cela garantit la stabilité, évitant les crises récurrentes tous les quatre ans.

Les alliances se forment déjà. Berri, allié à Hezbollah, pourrait consolider les sièges chiites, tandis que l’opposition, incluant les Forces libanaises de Samir Geagea, vise à capitaliser sur le mécontentement post-guerre. Les expatriés, majoritairement chrétiens et sunnites, pourraient influencer les résultats si leur vote est élargi. Berri résiste à cette extension, arguant qu’elle nécessite une réouverture des inscriptions, entraînant un report technique.

les enjeux économiques immédiats

Les élections interviennent alors que l’inflation dépasse 50 % selon les statistiques du ministère des Finances (mises à jour en décembre 2025), et que le PIB a chuté de 40 % depuis 2019. Berri a critiqué les pertes dans les télécommunications, appelant à l’application de lois existantes pour générer des revenus. « Liban Télécom est un trésor inexploité », a dit Bou Saab, citant Berri. Le rapport de la commission révélera des irrégularités, potentiellement impactant la campagne.

les perspectives législatives

La session parlementaire prochaine examinera le budget et les lois en suspens. Berri pousse pour une productivité accrue, malgré les boycotts passés sur le vote expatrié. Bou Saab a averti : « Sans clarté du gouvernement, nous risquons des élections incomplètes. » Les implications immédiates incluent une possible contestation si la circonscription 16 est mal gérée, affectant la légitimité du futur Parlement.

Les rencontres de Berri avec l’ancien Premier ministre Najib Mikati et le président des chambres économiques Mohammad Choucair ont porté sur les évolutions régionales. Mikati a discuté des affaires générales, tandis que Choucair a abordé les réformes économiques. Ces échanges soulignent l’interconnexion entre stabilité politique et relance, avec Berri insistant sur l’application de Taëf pour un Liban unifié.

les tensions frontalières persistantes

Au sud, les mécanismes de l’ONU peinent face aux violations israéliennes. Berri, via Bou Saab, a noté : « Israël ne veut pas de solution et n’a pas respecté l’accord. » Cela renforce l’appel à une autorité étatique forte, avec l’armée libanaise comme pilier. Les préparatifs électoraux dans ces zones exigent une coordination accrue, évitant les disruptions sécuritaires.

Les données économiques récentes du FMI indiquent une croissance négative de -2 % pour 2025, rendant les élections cruciales pour les réformes. Berri pousse pour une législation sur la restructuration bancaire, visant à combler un écart financier estimé à 70 milliards de dollars. Ces mesures, si adoptées, pourraient stabiliser le climat pré-électoral.

les préparatifs administratifs en cours

Le ministère de l’Intérieur a finalisé les listes électorales, avec une augmentation de 8 % des électeurs chiites enregistrés. Berri, conscient des dynamiques démographiques, défend une application stricte de la loi pour éviter les manipulations. Les alliances potentielles, comme avec des indépendants, pourraient redessiner la carte parlementaire.

Les implications immédiates des positions de Berri incluent une pression sur le gouvernement pour clarifier ses capacités logistiques, évitant ainsi des scénarios de vide institutionnel.

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Newsdesk Libnanews
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