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Nawaf Salam: la priorité du Liban est d’arrêter la guerre, les destructions et l’exode

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Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé jeudi soir que la priorité du Liban était d’obtenir l’arrêt de la guerre, des destructions et du déplacement des populations, tout en protégeant les civils, en assurant leur retour et en lançant la reconstruction. Dans une allocution prononcée depuis le Grand Sérail à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, il a dressé le tableau d’un pays plongé dans une guerre qu’il n’a pas choisie et a plaidé pour le rétablissement plein et entier de l’autorité de l’État.

Un pays sous le poids de la guerre

Dans son discours, Nawaf Salam a déclaré que l’Aïd intervenait cette année alors que « les cœurs des Libanais sont lourds d’inquiétude », dans un contexte de guerre violente ayant poussé des centaines de milliers de personnes à l’exode et détruit des maisons ainsi que des terres agricoles.

Il a insisté sur le fait que cette guerre n’était « pas la guerre des Libanais ni leur choix », et plus particulièrement pas celle des habitants du Sud, qui en paient, selon lui, le prix le plus lourd en vies humaines, en moyens de subsistance, en sécurité et en stabilité. Il a ajouté que ce qui a touché le Sud, la Békaa, Beyrouth et sa banlieue n’avait pas atteint des régions isolées, mais le Liban tout entier.

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Critique des « aventures inconsidérées » et des attaques israéliennes

Le chef du gouvernement a estimé que le Liban se trouvait aujourd’hui pris dans « une équation extrêmement cruelle », entre, d’un côté, des « aventures inconsidérées » et des « liens régionaux » qui l’ont entraîné dans des conflits contraires à son intérêt national, et, de l’autre, des attaques israéliennes répétées qui violent la souveraineté du pays et aggravent les souffrances de la population.

Il a affirmé que le premier devoir des autorités était de protéger le Liban et l’ensemble des Libanais, et de s’en tenir à l’intérêt national supérieur. Nawaf Salam a également jugé que cette phase ne pouvait être abordée ni par l’évitement des réalités ni en exigeant le silence lorsque se pose la question de savoir comment le pays en est arrivé là et comment il peut en sortir.

L’État au travail sur le terrain et à l’étranger

Le Premier ministre a assuré que l’État libanais restait présent dans toutes les régions du pays. Il a indiqué que les autorités œuvraient à mettre en place des centres d’accueil pour les déplacés, à les équiper, à leur acheminer carburant, eau et repas, ainsi qu’à y assurer une couverture sanitaire permanente.

Il a ajouté que l’État menait aussi des efforts avec les pays arabes et dans les capitales étrangères afin de mobiliser toutes les capacités possibles pour faire cesser la guerre au plus vite et réunir les moyens nécessaires à l’aide d’urgence. Selon lui, toutes les institutions et tous les ministères sont entrés dans une phase de mobilisation générale pour accompagner cette période critique.

Nawaf Salam a par ailleurs rejeté les accusations visant l’État pour insuffisance ou abandon, affirmant que ces attaques constituaient une tentative de détourner l’attention de la responsabilité première dans l’entraînement du pays dans cette guerre et dans les conséquences destructrices qui en ont découlé.

« La décision de guerre n’a pas été prise par l’État »

Le chef du gouvernement a clairement déclaré qu’il n’était plus acceptable d’inverser les faits ni de faire porter à l’État la responsabilité d’une guerre alors que, selon lui, l’État n’est pas celui qui a pris la décision initiale d’entrer dans la logique de soutien, puis de soutien renouvelé, qui a conduit à davantage de ruines, de destructions, de déplacements et de vulnérabilité.

Il a estimé que l’État et l’ensemble des Libanais ont ensuite été laissés seuls pour assumer les conséquences de choix qu’ils n’avaient pas arrêtés eux-mêmes.

Mise en garde contre la haine, la menace et la fitna

Une large part du discours a été consacrée à la situation intérieure. Nawaf Salam a dénoncé la montée du discours de haine et de la jubilation malsaine face au malheur des autres, qu’il a attribuée à des « âmes malades » et qu’il a appelé à combattre par tous les moyens.

Il a aussi mis en garde contre la progression d’un langage de trahison et de menace, qu’il a qualifié de comportement mettant gravement en cause l’État, la loi et les institutions, et exposant la vie des citoyens. Il a dénoncé les propos diffusés sur certaines chaînes et certains sites, les jugeant totalement inacceptables.

Selon lui, cette dérive a pris des formes de plus en plus graves, allant de la menace de violence à la menace de mort et d’exécutions, jusqu’à l’incitation à la fitna et à la guerre civile, sans oublier les tentatives de saper l’autorité même de l’État.

Il a affirmé que ce discours n’était pas seulement problématique parce qu’il vise le gouvernement, mais surtout parce qu’il menace la paix civile. « La menace de violence n’est pas une politique, l’évocation de la guerre civile n’est pas une opinion, et la tentative de faire tomber l’État par l’intimidation n’est un choix légitime dans aucun pays du monde », a-t-il déclaré en substance.

Défense de l’État et rejet des logiques parallèles

Nawaf Salam a insisté sur le fait que l’État n’est pas une partie qui menace, mais la référence à laquelle tous doivent se rapporter. Il a jugé inacceptable que le pays soit entraîné dans la guerre puis que les Libanais soient empêchés de poser la question de l’utilité et du sens de cette guerre.

Il a aussi estimé qu’il n’était pas admissible de se substituer à l’État pour décider de la guerre et de la paix, puis d’exiger de lui qu’il assume seul les conséquences de décisions qu’il n’a pas prises. Il a ajouté qu’il n’était pas acceptable d’imposer aux Libanais l’exode, la destruction, la peur et l’exposition au danger, puis de qualifier de trahison toute interrogation sur les responsabilités.

Le Premier ministre a affirmé que le discours de trahison ouvrait une fracture intérieure dont Israël est, selon lui, le premier bénéficiaire. Il a estimé que rien ne sert davantage Israël qu’un Liban divisé, un État affaibli et des institutions paralysées, soulignant que défendre l’État ne relevait pas seulement d’un choix intérieur mais faisait partie de la défense du Liban lui-même.

« Restaurer l’État » comme priorité politique

Le chef du gouvernement a déclaré que la protection du Liban passait par la récupération de la décision de guerre et de paix ainsi que par la rupture avec la logique d’un pays transformé en terrain ouvert pour les guerres des autres. Il a jugé que l’arrimage du Liban à des calculs régionaux dépassant sa taille ne le protège pas, mais alourdit au contraire le prix qu’il paie et offre à Israël un prétexte pour élargir son offensive.

Il a alors défini ce qu’il a présenté comme les priorités immédiates du pays: arrêter la guerre, arrêter la destruction, arrêter l’exode, protéger les civils, assurer le retour des déplacés et lancer la reconstruction.

Nawaf Salam a affirmé clairement que la restauration de l’État n’était dirigée contre personne et ne constituait une menace pour personne, mais qu’elle représentait une protection pour tous. Il a estimé qu’il n’y avait pas d’avenir pour le Liban s’il restait « moitié État, moitié terrain », et a expliqué que restaurer l’État signifiait remettre la décision à sa place naturelle, sous un seul toit, une seule référence, une seule loi et une seule armée.

« Personne au-dessus de l’État »

Dans la dernière partie de son allocution, le Premier ministre a rappelé que le Liban n’appartient à personne en particulier, mais à l’ensemble de ses fils. Il a affirmé qu’il doit demeurer un pays pour tous, fondé sur l’égalité des droits et des devoirs, et non sur la logique du privilège ou de la domination.

Il a martelé que personne n’est au-dessus de l’État, personne n’est en dehors de lui, et que nul ne peut monopoliser le patriotisme ni prétendre résumer le Liban à sa seule personne ou à son seul discours.

Nawaf Salam a enfin assuré que l’État poursuivait la reprise de son rôle, le rétablissement de son autorité et l’application de la loi à tous sans distinction. Il a présenté ce moment comme une étape de responsabilité, de protection du Liban et de réaffirmation de l’État comme unique référence pour la sécurité, l’avenir et la souveraineté du pays.

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