Un appel à la transparence et à la réforme
Dans l’un de ses premiers discours en tant que Premier ministre désigné, Nawaf Salam a déclaré : « Nous devons restaurer la confiance dans nos institutions pour avancer. » Ces mots résonnent fortement dans un pays où les institutions publiques sont largement discréditées par des années de corruption, de clientélisme et de gestion inefficace. Pour Salam, cette confiance est une condition préalable à toute réforme économique, politique ou sociale.
Un contexte de crise institutionnelle
Le Liban est classé au 154e rang sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, un chiffre qui illustre la profondeur du dysfonctionnement institutionnel. Les enquêtes menées sur des scandales majeurs, notamment la gestion des fonds publics et les projets d’infrastructure, ont révélé des pratiques systématiques de détournement et d’abus de pouvoir. Salam a souligné que « sans institutions solides et responsables, il est impossible d’apporter des solutions durables à la crise actuelle. »
Les priorités pour restaurer la confiance
Dans son discours, Salam a défini plusieurs axes prioritaires pour restaurer la confiance dans les institutions :
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
- Transparence budgétaire : Publier les audits des finances publiques, notamment ceux de la Banque centrale, afin d’éclairer les pertes bancaires estimées à 70 milliards de dollars.
- Réforme du système judiciaire : Instaurer une autorité judiciaire indépendante pour garantir que les responsables de corruption soient traduits en justice.
- Technocratie et compétence : Mettre en place un gouvernement composé de technocrates, capable de prendre des décisions en dehors des logiques confessionnelles.
Un engagement face à la méfiance populaire
Selon Al Nahar (14 janvier 2025), Salam a reconnu que la méfiance populaire envers la classe politique est l’un des principaux défis de son mandat. « Nous avons l’obligation de prouver que ce gouvernement est différent des précédents, » a-t-il affirmé. Cette déclaration fait écho aux revendications des mouvements sociaux, qui appellent depuis 2019 à un renouvellement complet de la classe dirigeante.
Le rôle des partenaires internationaux
Salam a également insisté sur l’importance de la transparence pour regagner la confiance des partenaires internationaux. Selon lui, la mise en œuvre de réformes crédibles est essentielle pour débloquer les 3 milliards de dollars d’aide promise par le FMI et encourager les investissements étrangers. Cependant, Salam a averti que « cette transparence doit commencer chez nous, dans nos propres institutions. »
Des défis monumentaux
Malgré son appel à la transparence, Salam devra naviguer dans un environnement politique marqué par des résistances internes. Amal et le Hezbollah, tout en critiquant son orientation pro-occidentale, ont exprimé leur méfiance envers les réformes imposées par l’étranger. Par ailleurs, les divisions au sein du Courant Patriotique Libre et des Forces Libanaises pourraient également compliquer la formation d’un gouvernement technocratique.
Un pari risqué pour Salam
En s’engageant à restaurer la confiance dans les institutions, Salam joue sa crédibilité sur la scène nationale et internationale. Ses priorités devront être traduites en actions rapides pour répondre aux attentes pressantes des citoyens et des bailleurs de fonds.



