vendredi, février 20, 2026

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Noël 2025 au Liban : le meghli, pudding épicé qui enchante les veillées beyrouthines

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À Beyrouth, en cette fin décembre 2025, les quartiers chrétiens d’Achrafieh et de Gemmayzeh s’animent de lumières et de parfums familiers, avec le meghli qui retrouve pleinement sa place sur les tables de Noël. Ce pudding de riz épicé, préparé avec soin pour célébrer la naissance du Christ, connaît un retour en force cette année dans les foyers et les marchés de la capitale. Le 15 décembre, lors de la grande parade festive dans les rues du centre-ville, des stands ont distribué des bols fumants de meghli frais, attirant des familles entières venues déguster cette douceur traditionnelle. Dans les maisons beyrouthines, des générations se réunissent autour de ce dessert onctueux garni de noix et de noix de coco râpée, perpétuant un rituel qui unit les cœurs et ravive les souvenirs d’enfance, tandis que la ville vibre au son des chants de Noël et des décorations scintillantes.

Un dessert aux racines millénaires de renaissance et de joie

Le meghli, parfois appelé karawiyah dans les régions du Levant, trouve ses origines dans les traditions culinaires ancestrales du Proche-Orient, où les puddings à base de céréales marquaient les grandes occasions familiales. Composé de farine de riz cuite avec du sucre et un mélange d’épices – carvi, cannelle, anis et clous de girofle –, ce dessert vegan et sans gluten offre une texture crémeuse et un arôme envoûtant. Sa couleur brune évoque la terre fertile, tandis que les noix, amandes et pistaches disposées sur le dessus symbolisent les graines qui germent, représentant la fertilité et la vie nouvelle.

Dès le XIIIe siècle, des écrits historiques mentionnent des préparations similaires dans les villages du Mont-Liban, où les communautés chrétiennes adaptaient ces recettes pour honorer la Nativité. Le meghli est devenu un pilier des fêtes de Noël chez les maronites et les orthodoxes, car il célèbre la naissance de Jésus avec une douceur qui rappelle la douceur de la vie. Dans les monastères comme celui de Saint-Élie à Zahlé, des chroniques anciennes décrivent des veillées où ce pudding était partagé après la messe de minuit, accompagné de prières et de chants qui unissaient les fidèles autour de la joie de la venue du Sauveur. À Beyrouth, influencée par les échanges méditerranéens, la recette s’est enrichie de nuances locales, comme l’utilisation de pistaches grillées ou d’amandes effilées, tirées des souks animés de la ville.

Au fil des siècles, le meghli a évolué en un symbole de partage et d’hospitalité. Dans les villages du Nord comme Bcharré, les femmes préparaient de grandes quantités pour les offrir aux voisins, renforçant les liens communautaires lors des fêtes. Ce rituel s’inscrivait dans le calendrier de l’Avent, où les préparations sucrées annonçaient la grande célébration. Des voyageurs européens du XVIIIe siècle ont noté avec émerveillement ces desserts épicés servis lors des repas de Noël, soulignant leur rôle central dans l’accueil chaleureux libanais. Aujourd’hui, des chefs contemporains revisitent la recette avec des ingrédients de qualité, comme du riz bio ou des épices fraîchement moulues, tout en respectant son essence festive et traditionnelle.

Une présence fidèle qui a su traverser les époques

Au XXe siècle, le meghli a conservé une présence fidèle dans les célébrations libanaises, même face à l’urbanisation croissante. Dans les années 1990, alors que les influences occidentales introduisaient des desserts comme les bûches ou les panettones, il restait un incontournable dans de nombreux foyers chrétiens. Des enquêtes auprès des communautés montraient qu’il continuait d’être préparé lors des fêtes religieuses, particulièrement dans les villages du Mont-Liban et de la Békaa.

Dans les monastères orthodoxes de la Békaa, les moines préparaient le meghli pour les pèlerins de Noël, utilisant des ingrédients locaux pour souligner son lien avec le terroir. À Zahlé, il demeurait un élément central des festivités paroissiales, tandis qu’à Beyrouth, il était servi lors des rassemblements familiaux. Des livres de cuisine patrimoniale publiés dans les années 2000 ont contribué à maintenir sa visibilité, le présentant comme un joyau de la gastronomie levantine. Des associations culturelles organisaient des démonstrations dans les écoles, enseignant la recette aux enfants pour qu’elle se transmette de génération en génération.

Un retour triomphal dans les foyers et les marchés de Noël 2025

En décembre 2025, le meghli connaît un essor remarquable à Beyrouth, pleinement intégré aux festivités de la capitale. Le 10 décembre, lors de l’illumination du sapin géant place des Martyrs, des chefs locaux ont offert des dégustations gratuites, attirant des milliers de participants. Cette initiative, soutenue par des associations communautaires, a encouragé les familles à préparer le dessert chez elles, avec des recettes partagées en ligne qui ont rencontré un vif succès. Les ateliers culinaires organisés dans les quartiers comme Hamra et Achrafieh ont vu des foules venir apprendre la préparation traditionnelle : dissoudre une tasse de farine de riz dans huit tasses d’eau, ajouter une tasse et demie de sucre, incorporer une cuillère à soupe chacun de carvi, cannelle et anis, puis remuer sur feu moyen jusqu’à obtenir une crème épaisse. Garni de noix de coco râpée, d’amandes, de noix et de pistaches, le meghli est servi froid, offrant une touche rafraîchissante aux repas festifs.

Les réseaux sociaux ont amplifié cet enthousiasme, avec des influenceurs beyrouthins publiant des tutoriels vidéo dès le 12 décembre, reliant le meghli à la joie des retrouvailles familiales. Dans les églises comme celle de Saint-Marc, des messes adventistes intègrent des bénédictions de desserts préparés par les paroissiens, où le meghli occupe une place d’honneur. À Gemmayzeh, la parade du 16 décembre a présenté des chars décorés distribuant des portions, mêlant musique et saveurs pour créer une atmosphère enchantée. Les marchés de Noël ouverts depuis le 7 décembre proposent des ingrédients frais, favorisant une préparation collective qui renforce l’esprit de communauté.

Le meghli au cœur des réjouissances festives libanaises

En cette saison 2025, le meghli s’harmonise parfaitement avec les autres traditions, comme les crèches vivantes installées sur les places publiques de Beyrouth, où des bols sont offerts aux visiteurs pour prolonger la fête. Des chefs renommés expérimentent des variantes subtiles, telles que l’ajout d’une pincée de cardamome pour une note exotique, tout en respectant la recette originelle. À Zahlé, les festivals vinicoles du 18 décembre associent le meghli à des dégustations de vins locaux, créant des accords gustatifs appréciés des amateurs.

Sur le plan familial, ce dessert favorise les moments de partage précieux, avec des grands-mères enseignant la recette à leurs petits-enfants lors des préparatifs du 24 décembre. Des événements comme le marché de Noël de Dbayeh, ouvert depuis le 27 novembre, mettent en vedette le meghli parmi d’autres spécialités, attirant des visiteurs curieux de découvrir ces saveurs uniques. À Beyrouth, des restaurants de la rue Bliss proposent des menus spéciaux incluant ce pudding, enrichissant l’offre gastronomique festive.

Culturellement, le meghli souligne la richesse du patrimoine levantin, avec des expositions au musée national présentant des objets liés à ses origines, ouvertes au public depuis le 5 décembre. Des chorales beyrouthines, lors de concerts le 19 décembre, accompagnent leurs performances de distributions de meghli, fusionnant musique et gastronomie. Dans les écoles chrétiennes, des ateliers du 13 décembre initient les élèves à la préparation, favorisant une transmission joyeuse des coutumes.

Les implications immédiates se manifestent dans les souks animés, où les ventes d’épices comme le carvi ont sensiblement augmenté, soutenant les producteurs locaux. Des initiatives communautaires intègrent le meghli à leurs expositions de Noël, promouvant la convivialité. À Beyrouth, le 20 décembre marque l’ouverture d’un festival dédié aux desserts traditionnels, avec le meghli en tête d’affiche, attirant des familles pour des dégustations collectives. Des pâtissiers innovent en créant des versions miniatures pour les cadeaux, emballées dans des boîtes ornées de motifs festifs, étendant sa présence au-delà des tables familiales. Lors des messes de minuit prévues pour le 24 décembre dans les cathédrales beyrouthines, des paroissiens partageront le meghli après la célébration, prolongeant la joie de la Nativité dans un geste de communion sucrée.

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Newsdesk Libnanews
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