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Point du Matin : douze membres du personnel médical tués dans une frappe israélienne sur un centre de santé à Burj Qalawiya

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Une nouvelle frappe aérienne israélienne a visé, vendredi 13 mars, un centre de soins de santé primaires à Burj Qalawiya, dans le sud du Liban. Selon le ministère de la Santé libanais, douze personnes ont péri : des médecins, des infirmiers et des ambulanciers qui assuraient des services essentiels dans une zone déjà fragilisée par les combats. L’attaque, survenue dans le cadre d’une intensification des opérations israéliennes, a frappé un établissement civil dédié aux soins de base, sans lien apparent avec des infrastructures militaires revendiquées par Tsahal.

Cet incident, rapporté en fin de journée, s’inscrit dans une série de raids qui ont touché plusieurs localités du sud-Liban au cours des dernières heures. Les autorités libanaises ont immédiatement dénoncé une violation des règles humanitaires, soulignant que le centre accueillait des patients civils et du personnel médical non armé. Aucun commentaire immédiat de l’armée israélienne n’a précisé la cible exacte, mais les opérations aériennes se poursuivent dans la région, avec des survols fréquents au-dessus de la ligne bleue.

Au total, 773 personnes auraient été tuées depuis le 2 mars, indique le ministère de la santé libanais. Ce bilan reste cependant provisoire, puisqu’une dépêche annonce déjà le décès de 4 personnes ce matin.

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Une opération qui s’ajoute à une escalade généralisée depuis le 2 mars

Le conflit actuel a repris de manière brutale le 2 mars 2026, lorsque le Hezbollah a lancé une salve importante de roquettes vers le nord d’Israël, en réponse à des développements liés à la confrontation israélo-iranienne. Cette initiative a rompu le cessez-le-feu fragile établi en novembre 2024, après des mois de tensions contenues. Depuis, l’armée israélienne a multiplié les frappes aériennes et d’artillerie, visant des positions attribuées au mouvement chiite mais touchant aussi des zones résidentielles, des routes et des infrastructures civiles.

Au cours des onze derniers jours, plus de sept cents Libanais ont perdu la vie, dont une centaine d’enfants, selon les bilans officiels cumulés. Près de deux mille blessés ont été recensés, et plus de huit cent mille personnes ont été déplacées vers le nord du pays ou des zones relativement épargnées. Les localités les plus touchées restent le sud, de Tyr à Nabatiyeh, la banlieue sud de Beyrouth dite Dahiyeh, ainsi que des secteurs de la Békaa. Des ordres d’évacuation ont été diffusés par Tsahal dans plusieurs villages frontaliers, invitant les habitants à quitter des zones déclarées à risque.

Vendredi 13 mars encore, des raids ont visé des axes de communication et des ponts stratégiques. L’un d’eux, sur le Litani près de Zrarieh, a été entièrement détruit. L’armée israélienne a justifié l’opération par l’usage supposé de cet ouvrage par le Hezbollah pour déplacer combattants et matériels entre le nord et le sud du pays. Des frappes supplémentaires ont touché des routes secondaires autour de Kfardounine, Shaqra et Aytit, provoquant des dommages matériels importants sans bilan humain immédiat rapporté dans ces secteurs précis.

Des tracts largués sur Beyrouth pour une campagne de mise en garde directe

Dans un geste sans précédent depuis le début de cette phase du conflit, l’aviation israélienne a largué, en milieu de journée vendredi, des milliers de tracts sur plusieurs quartiers de la capitale, dont Verdun, Hamra et la corniche. Les messages, rédigés en arabe et accompagnés parfois de codes QR, appellent explicitement la population à œuvrer au désarmement du Hezbollah, qualifié de « bouclier de l’Iran au Liban ». « Le Liban relève de ta décision et de personne d’autre », peut-on lire sur ces feuilles volantes qui évoquent le « succès » obtenu à Gaza et annoncent une « nouvelle réalité » pour le pays du Cèdre.

Certains tracts reproduisent le format d’une une de journal, avec des photos de destructions et des avertissements clairs sur les conséquences d’un maintien des armes hors du contrôle de l’État. Les survols à basse altitude ont provoqué un mouvement de panique dans les rues, les résidents se précipitant pour ramasser les documents avant que les forces de sécurité libanaises n’interviennent. L’armée libanaise a rapidement mis en garde contre tout scan des codes QR, évoquant des risques sécuritaires et légaux liés à un contact direct avec les services de renseignement israéliens, notamment l’Unité 504.

Cette opération psychologique s’accompagne de déclarations officielles israéliennes de plus en plus fermes. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a réaffirmé que le gouvernement libanais paierait « un prix de plus en plus élevé en dommages aux infrastructures et en perte de territoire » tant que le Hezbollah ne serait pas désarmé. Ces propos font écho à des menaces répétées de création de zones tampons ou d’occupation prolongée dans le sud, en cas de non-respect des exigences de Tel Aviv.

L’appel pressant de l’ONU depuis Beyrouth

Au même moment, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, effectuait une visite à Beyrouth qualifiée de « solidarité ». Arrivé dans la capitale libanaise, il a multiplié les rencontres avec les plus hautes autorités, dont le président Joseph Aoun. Devant la presse, il a lancé un appel clair : « J’appelle avec force les deux parties, le Hezbollah et Israël, à conclure un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre. » Il a ajouté que « ce n’est plus le temps des groupes armés, c’est l’époque des États forts », soulignant que « le Liban n’a pas choisi cette guerre » et qu’il y a été « entraîné ».

Parallèlement, l’ONU a activé un appel humanitaire flash de 308 millions de dollars pour les trois prochains mois, destiné à couvrir les besoins en nourriture, eau, santé et abris pour les déplacés. « La solidarité dans les mots doit être accompagnée par la solidarité dans l’action », a insisté le secrétaire général, en référence aux centaines de milliers de familles contraintes de fuir leurs villages du sud et de la Békaa. L’organisation a également relevé des incidents impliquant ses casques bleus de la FINUL. Vendredi, des obus israéliens ont touché le quartier général du bataillon népalais à Mays al-Jabal, sans faire de blessés immédiats mais en soulignant la vulnérabilité des positions onusiennes près de la frontière.

Le président libanais Joseph Aoun, de son côté, a réitéré son initiative de négociations directes avec Israël sous parrainage international. Il a insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat pour permettre à l’État de reprendre le contrôle du territoire et de discuter des étapes suivantes, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui prévoit le déploiement exclusif de l’armée libanaise au sud du Litani.

La réponse du Hezbollah : une confrontation longue et existentielle

Face à cette pression accrue, le Hezbollah a maintenu une posture de défiance. Naim Qassem, figure de la direction du mouvement, a déclaré vendredi que le groupe « s’était préparé à une longue confrontation » et que « les menaces de l’ennemi ne nous effraient pas ». Il a qualifié la situation de « bataille existentielle », promettant que les forces israéliennes seraient « surprises sur le champ de bataille » en cas de poursuite des opérations. Le mouvement a revendiqué plusieurs tirs de missiles vers des bases israéliennes, dont une attaque contre une installation de drones près de Safed, en riposte aux raids aériens.

Ces déclarations interviennent alors que Tsahal a annoncé, dans la journée, l’élimination d’un responsable du Hezbollah, Murtada Hussein Srour, membre de l’unité aérienne et expert en fabrication d’armes. L’opération, menée selon l’armée israélienne dans la zone de l’Université libanaise à Beyrouth, visait un individu présenté comme un « terroriste » impliqué dans des activités militaires. L’annonce a été faite vendredi, confirmant la poursuite de la campagne de ciblage des cadres du mouvement.

Un bilan humanitaire qui s’alourdit dans un pays déjà exsangue

Depuis le 2 mars, le ministère de la Santé libanais recense 773 morts, dont 103 enfants, et 1933 blessés. Les hôpitaux du sud et de la banlieue sud de Beyrouth fonctionnent au ralenti, avec des pénuries de médicaments et de carburant pour les générateurs. Plus de 816 000 personnes sont enregistrées comme déplacées internes, hébergées dans des écoles, des centres communautaires ou chez des proches au nord de Beyrouth et dans la montagne. Les organisations internationales rapportent des besoins croissants en eau potable et en soins psychologiques, particulièrement pour les familles séparées de leurs villages frontaliers.

Les infrastructures routières et énergétiques subissent également les conséquences des frappes. Outre le pont du Litani, plusieurs axes secondaires ont été endommagés, compliquant l’acheminement de l’aide. L’électricité, déjà intermittente avant le conflit, est désormais rationnée dans de nombreuses régions, avec des coupures prolongées qui affectent les services de santé et les communications.

Des opérations militaires qui se poursuivent sur plusieurs fronts

Dans la soirée de vendredi, des explosions ont encore été entendues dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la vallée de la Békaa, où des positions supposées du Hezbollah ont été visées. L’armée israélienne a confirmé mener des opérations ciblées contre des infrastructures utilisées pour le transfert d’armes. De son côté, la FINUL a signalé plus de cent vingt projectiles lancés depuis le Liban vers Israël au cours des dernières semaines, tout en appelant au strict respect de la résolution 1701 pour protéger les civils et les peacekeepers.

Les survols israéliens se sont intensifiés au-dessus de la capitale et du sud, avec des drones et des avions de combat opérant presque en continu. Des témoins rapportent des ordres d’évacuation supplémentaires diffusés par haut-parleurs ou messages téléphoniques dans des villages comme Ma’arka et Ein Ebel. Les autorités libanaises maintiennent un dispositif de sécurité renforcé dans Beyrouth, où la présence militaire est visible autour des sites sensibles.

La situation reste tendue sur la ligne de front, avec des échanges sporadiques d’artillerie et de missiles. L’armée libanaise a déployé des unités supplémentaires pour encadrer les déplacés et sécuriser les zones d’accueil, tout en évitant toute confrontation directe avec les belligérants. Les observateurs onusiens continuent de documenter les violations des deux côtés, sans pouvoir intervenir au-delà de leur mandat de monitoring.

Les opérations de secours se poursuivent sous coordination du gouvernement libanais et des agences internationales. Des convois humanitaires ont été acheminés vers le sud malgré les risques, transportant du matériel médical et des denrées de première nécessité. Des équipes d’urgence restent mobilisées pour évaluer les dommages dans les zones récemment frappées, notamment autour de Burj Qalawiya et des localités avoisinantes. La navigation aérienne civile reste suspendue, et les ports fonctionnent à capacité réduite pour prioriser l’arrivée d’aide.

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Newsdesk Libnanews
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